mercredi 17 juillet 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2108236 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre (JU) |
| Avocat requérant | SELARL LEHMANN & ALAIMO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 23 juin 2021 et le 6 avril 2022, M. A B, représenté par Me Delarue, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le maire de la commune de Gonesse a rejeté sa demande de communication de documents administratifs ;
2°) d'enjoindre à la commune de Gonesse de lui communiquer les documents demandés dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Gonesse le versement de la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les documents demandés sont des documents administratifs communicables ;
- l'avis de la commission d'accès aux documents administratifs du 27 mai 2021 a expressément confirmé que les documents demandés sont parfaitement communicables ;
- le silence de l'administration doit être considéré comme un refus de communication de son dossier qui n'a toujours pas eu la copie de celui-ci à ce jour ;
- le refus de communication de son dossier médical est irrégulier dès lors que ces informations peuvent être communiquées à son conseil, et qu'elle aurait dû faire suivre la demande aux administrations compétentes si elle ne disposait pas de ce document ;
- le centre de gestion a confirmé l'absence de convention relative à la médiation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 mars 2022, la commune de Gonesse, représenté par Me Alaimo, demande au tribunal :
1°) de rejeter la requête ;
2°) de statuer ce que de droit quant aux dépens.
Elle soutient que :
- le dossier personnel du requérant est assez volumineux et que la commune de Gonesse laisse à disposition du requérant son entier dossier ;
- la demande de consultation de ses dossiers médicaux adressée par son conseil méconnait les dispositions de l'article L. 311-6 du code des relations entre le public et l'administration ;
- aucune convention conclue entre a commune de Gonesse et le centre de gestion portant expérimentation d'une procédure de médiation obligatoire en matière de litiges de la fonction publique et de litiges sociaux n'existe.
Par une ordonnance du 19 octobre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 10 novembre 2022.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président du tribunal a désigné M. Buisson, vice-président, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Buisson, magistrat désigné ;
- les conclusions de M. Gabarda, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Par un courriel du 5 mars 2021, M. A B a saisi la commune de Gonesse d'une demande tendant à la communication de son dossier individuel, des dossiers médicaux détenus par la médecine de prévention et le secrétariat de la commission de réforme ou du comité médical, et de la convention conclue avec le centre de gestion, en application du décret n°2018-101 du 16 février 2018 portant expérimentation d'une procédure de médiation préalable obligatoire en matière de litiges de la fonction publique et des litiges sociaux. A la suite du rejet implicite né du silence gardé par l'administration sur cette demande, le requérant a saisi, le 14 avril 2021, la commission d'accès aux documents administratifs qui a rendu un avis favorable à la communication de ces documents, le 27 mai 2021. Par une décision implicite du 14 juin 2021, dont le requérant demande l'annulation, le maire de la commune de Gonesse a confirmé son refus initial de communication.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 300-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Le droit de toute personne à l'information est précisé et garanti par les dispositions des titres Ier, III et IV du présent livre en ce qui concerne la liberté d'accès aux documents administratifs. ". Aux termes de l'article L. 300-2 de ce code : " Sont considérés comme documents administratifs, au sens des titres Ier, III et IV du présent livre, quels que soient leur date, leur lieu de conservation, leur forme et leur support, les documents produits ou reçus, dans le cadre de leur mission de service public, par l'Etat, les collectivités territoriales ainsi que par les autres personnes de droit public ou les personnes de droit privé chargées d'une telle mission. Constituent de tels documents notamment les dossiers, rapports, études, comptes rendus, procès-verbaux, statistiques, instructions, circulaires, notes et réponses ministérielles, correspondances, avis, prévisions, codes sources et décisions. ". Aux termes de l'article L. 311-1 du même code : " Sous réserve des dispositions des articles L. 311-5 et L. 311-6, les administrations mentionnées à l'article L. 300-2 sont tenues de publier en ligne ou de communiquer les documents administratifs qu'elles détiennent aux personnes qui en font la demande, dans les conditions prévues par le présent livre. ". Aux termes de l'article L. 137-4 du code de la fonction publique : " Tout agent public a accès à son dossier individuel ".
3. D'autre part, aux termes de l'article L. 311-6 du code des relations entre le public et l'administration : " Ne sont communicables qu'à l'intéressé les documents administratifs : 1° Dont la communication porterait atteinte à la protection de la vie privée, au secret médical et au secret des affaires, lequel comprend le secret des procédés, des informations économiques et financières et des stratégies commerciales ou industrielles et est apprécié en tenant compte, le cas échéant, du fait que la mission de service public de l'administration mentionnée au premier alinéa de l'article L. 300-2 est soumise à la concurrence ; 2° Portant une appréciation ou un jugement de valeur sur une personne physique, nommément désignée ou facilement identifiable ; 3° Faisant apparaître le comportement d'une personne, dès lors que la divulgation de ce comportement pourrait lui porter préjudice. Les informations à caractère médical sont communiquées à l'intéressé, selon son choix, directement ou par l'intermédiaire d'un médecin qu'il désigne à cet effet, dans le respect des dispositions de l'article L. 1111-7 du code de la santé publique. ". Aux termes de l'article L. 1111-7 du code de la santé publique : " Toute personne a accès à l'ensemble des informations concernant sa santé détenues, à quelque titre que ce soit, par des professionnels et établissements de santé (), qui sont formalisées ou ont fait l'objet d'échanges écrits entre professionnels de santé, notamment des résultats d'examen, comptes rendus de consultation, d'intervention, d'exploration ou d'hospitalisation, des protocoles et prescriptions thérapeutiques mis en œuvre, feuilles de surveillance, correspondances entre professionnels de santé, à l'exception des informations mentionnant qu'elles ont été recueillies auprès de tiers n'intervenant pas dans la prise en charge thérapeutique ou concernant un tel tiers () Elle peut accéder à ces informations directement ou par l'intermédiaire d'un médecin qu'elle désigne () ".
4. En premier lieu, d'une part, les dispositions de l'article L. 1111-7 du code de la santé publique reconnaissent à toute personne le droit d'accéder, par elle-même ou par l'intermédiaire de leur conseil, à l'ensemble des informations concernant sa santé détenues par des professionnels et établissements de santé, les documents sollicités par M. B, à savoir l'intégralité des dossiers médicaux détenus par la médecine de prévention et le secrétariat de la commission de réforme ou du comité social, doivent être regardés comme des documents administratifs au sens de l'article L. 300-2 du code des relations entre le public et l'administration. Ces documents sont communicables à M. B dans les conditions fixées par les dispositions des articles L. 311-6 du code des relations entre le public et l'administration et L. 1111-7 du code de la santé publique.
5. D'autre part, la circonstance, à la supposer établie, que les documents demandés seraient détenus par le service de médecine de prévention, le secrétariat de la commission de réforme ou le comité médical ne peut justifier le refus de communication dès lors que la commune de Gonesse, qui ne démontre pas ne pas être en possession des documents susvisés, notamment de l'avis du 14 mai 2019 par lequel le comité médical prononçait l'inaptitude définitive de M. B à l'exercice de son poste d'éducateur sportif, n'a pas, conformément aux prescriptions énoncées par l'article L. 300-2 du code des relations entre le public et l'administration, transmis la demande de communication aux administrations compétentes.
6. En second lieu, M. B a demandé à la commune de Gonesse de communiquer la convention conclus entre la commune et le centre de gestion en application du décret n°2018-101 du 16 février 2018 portant expérimentation d'une procédure de médiation préalable obligatoire en matière de litiges de la fonction publique et des litiges sociaux. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que l'intéressé ne rapporte pas la preuve que ce document existe. Dans ces conditions, et dès lors qu'aucune disposition du code des relations entre le public et l'administration n'oblige l'administration à communiquer un document qui n'existe pas, ni à élaborer un document particulier pour satisfaire à une demande de communication, la commune de Gonesse n'a pas méconnu les dispositions de l'article L. 311-1 du code des relations entre le public et l'administration et le moyen doit être écarté.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la décision implicite par laquelle le maire de la commune de Gonesse a refusé de lui communiquer son dossier individuel et l'intégralité des dossiers médicaux détenus par la médecine de prévention et le secrétariat de la commission de réforme ou du comité social doit être annulée.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
8. Aux termes de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. ".
9. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu d'enjoindre à la commune de Gonesse la communication à M. B de son dossier individuel et l'intégralité des dossiers médicaux détenus par la médecine de prévention et le secrétariat de la commission de réforme ou du comité social, dans un délai de deux mois à compter de la notification de la présente décision. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
10. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Gonesse une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par M. B.
D E C I D E :
Article 1er : La décision implicite du maire de la commune de Gonesse rejetant la demande de communication des documents administratifs sollicités par M. B en tant qu'elle concerne son dossier individuel et médical est annulée.
Article 2 : Il est enjoint à la commune de Gonesse de communiquer, dans un délai de deux mois à compter de la date de notification du présent jugement, à M. B, la copie de son dossier individuel et médical.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune de Gonesse.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 17 juillet 2024.
Le magistrat désigné,
signé
L. Buisson
La greffière,
signé
C. Duroux
La République mande et ordonne au préfet du Val d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2108236
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026