mardi 28 mars 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2108275 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | MBOMBO MULUMBA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 28 juin 2021, Mme D C, représentée par Me Mbombo Mulumba, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision de refus de regroupement familial au bénéfice de Maho E A, prise par le préfet du Val-d'Oise le 12 février 2021 ;
2°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise d'autoriser le regroupement familial et de délivrer à l'enfant Maho E A une carte de séjour dans le délai d'un mois sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) à titre subsidiaire d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de réexaminer sa situation de dans un délai d'un mois à compter du présent jugement, sous astreinte de 50 euros par jour de retard et de délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour à l'enfant Maho E A ;
4°) de condamner le préfet du Val-d'Oise à verser à Me Mbombo Mulumba la somme de 1 200 euros au titre de l'article L.761-1 du Code de justice administrative.
Elle soutient que la décision du préfet :
- est entachée d'une erreur de droit ;
- méconnaît l'article 8 de la CESDH.
Par un mémoire en défense enregistré le 27 août 2021, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête et fait valoir que les moyens de celle-ci ne sont pas fondés.
Par un courrier, enregistré le 24 novembre 2022, Mme D C, représentée par Me Mbombo Mulumba, a confirmé maintenir sa requête.
Par une décision en date du 15 mars 2021, Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Vu :
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Viain, premier conseiller,
- et les conclusions de Me Mbombo Mulumba pour Mme C.
Considérant ce qui suit :
1. Mme D C, ressortissante ivoirienne entrée en France le 26 décembre 2011, titulaire d'une carte de résident valable jusqu'au 2 septembre 2022, a sollicité auprès de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII), par une demande enregistrée le 7 décembre 2020, le bénéfice du regroupement familial pour son fils B E A, entré et scolarisé en France depuis 2019. Par une décision du 12 février 2021, le préfet du Val-d'Oise a rejeté la demande de regroupement familial, au motif que l'enfant était déjà sur le territoire français au moment de la demande. Par la requête susvisée, Mme C demande au tribunal d'annuler cette décision et d'enjoindre au préfet de lui accorder le regroupement familial.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 411-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors en vigueur : " Le ressortissant étranger qui séjourne régulièrement en France depuis au moins un an, sous couvert d'un des titres d'une durée de validité d'au moins un an prévus par le présent code ou par des conventions internationales, peut demander à bénéficier de son droit à être rejoint, au titre du regroupement familial, par son conjoint et les enfants du couple mineurs de dix-huit ans ". Aux termes de l'article L. 411-6 du même code alors en vigueur : " Peut être exclu du regroupement familial : () 3° Un membre de la famille résidant en France ".
3. Si les dispositions de l'article L. 411-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoient qu'un membre de la famille résidant en France peut être exclu du regroupement familial, il appartient à l'autorité préfectorale de s'assurer qu'une décision refusant le bénéfice du regroupement familial ne porte pas une atteinte excessive au droit des intéressés au respect de leur vie privée et familiale en violation de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
4. En l'espèce, il ressort des termes de la décision attaquée du 12 février 2021 que, pour refuser à Mme C le bénéfice du regroupement familial au profit de son enfant, le préfet du Val-d'Oise s'est exclusivement fondé sur la circonstance que l'enfant Maho E A résidait déjà en France. Si la présence en France de l'enfant de la requérante pouvait constituer un motif de refus du regroupement familial en application des dispositions précitées de l'article L. 411-6, il appartenait toutefois au préfet du Val-d'Oise, qui n'était pas en situation de compétence liée, de procéder à un examen de l'ensemble des circonstances de l'espèce, et notamment des incidences de son refus sur la situation personnelle et familiale de M. C au regard du droit au respect de sa vie privée et familiale protégé par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par conséquent, en se bornant à constater dans sa décision que la demande de M. C n'était pas recevable du seul fait de la présence en France à cette date de son enfant, le préfet du Val-d'Oise, qui n'allègue pas qu'il aurait examiné la possibilité de déroger s'est, à tort, estimé lié par le séjour irrégulier de l'intéressée sur le territoire français pour rejeter la demande dont il était saisi, et a ainsi méconnu l'étendue de son pouvoir d'appréciation. Dès lors, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, M. C est fondée à soutenir que la décision du préfet du Val-d'Oise du 12 février 2021 portant refus de sa demande de regroupement familial est entachée d'erreur de droit.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
5. Aux termes de l'article L. 911-2 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé ".
6. D'une part, eu égard au motif de l'annulation prononcée, l'exécution du présent jugement implique seulement que la demande de Mme C soit réexaminée. Il y a lieu, par suite, d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de procéder à ce réexamen dans un délai de 2 mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il y ait lieu, dans les circonstances de l'espèce, de prononcer une astreinte.
7. D'autre part, les conclusions aux fins de délivrance d'une autorisation provisoire de séjour pour l'enfant de Mme C ne peuvent qu'être rejetées, dès lors qu'un tel titre n'est pas requis pour un enfant mineur sur le territoire national et que l'enfant est par ailleurs en possession d'un document de circulation pour étranger mineur valable jusqu'au 12 novembre 2024.
Sur les frais d'instance :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros à verser à Me Mbombo Mulumba, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, à condition qu'elle renonce à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du préfet du Val-d'Oise du 12 février 2021, refusant à Mme C le regroupement familial au bénéfice de son enfant, est annulé.
Article 2 : Il est enjoint au préfet du Val-d'Oise de procéder au réexamen de la demande de Mme C dans un délai de 2 mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : L'Etat versera à Me Mbombo Mulumba, conseil de la requérante, la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique, à condition qu'elle renonce à la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à Mme D C, à Me Mbombo Mulumba, représentant Mme C, et au préfet du Val-d'Oise.
Délibéré après l'audience du 7 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Huon, président,
Mme Edert, vice-présidente,
M. Viain, premier conseiller.
Lu en audience publique le 28 mars 2023.
Le rapporteur,
signé
T. VIAIN
Le président,
signé
C.HUON
La greffière,
signé
A. TAINSA
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026