mercredi 13 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2108340 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | MIABOULA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 28 juin 2021 et 14 février 2022, Mme A, représentée par Me Miaboula, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du préfet du Val-d'Oise rejetant sa demande de délivrance d'un titre de séjour ;
2°) d'annuler l'arrêté du préfet du Val-d'Oise, en date du 25 juin 2021, portant obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours qui lui a été notifié à la suite de sa demande de titre de séjour ;
3°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat, la somme de 2500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'un défaut de motivation dès lorsqu'il se fonde exclusivement sur des considérations de fait et de droit qui intéressent un autre demandeur de titre de séjour ;
- il est entaché d'un défaut (d'une erreur) de base légale dès lors que le préfet se fonde, pour rejeter sa demande de titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " présentée sur le fondement du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sur les circonstances de fait et de droit propres à la demande de titre de séjour portant la mention " salarié " présentée par un autre ressortissant étranger ;
- il est entaché d'erreur sur l'exactitude matérielle des faits, en l'occurrence d'une erreur sur la personne du demandeur ;
- il est entaché d'un défaut d'examen particulier et sérieux de sa demande ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
Une pièce complémentaire, enregistrée le 12 juillet 2021, a été produite pour Mme A.
Une mise en demeure a été adressée le 15 février 2022 au préfet du Val-d'Oise.
Par ordonnance du 10 juin 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 30 juin 2022.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office tiré de l'irrecevabilité des conclusions tendant à l'annulation de la décision du préfet du Val-d'Oise du 25 juin 2021 prononçant à l'encontre de M. B une obligation de quitter le territoire français en tant qu'elles sont dirigées contre une décision ne faisant pas grief à Mme A.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7-3 du code de justice administrative, que le tribunal était susceptible, en cas d'annulation de la décision refusant à la requérante la délivrance d'un titre de séjour, de prononcer d'office une injonction adressée au préfet du Val-d'Oise de procéder au réexamen de la situation administrative de Mme A, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. D, a été entendu au cours de l'audience publique.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Louvel, premier conseiller,
- et les observations de Me Miaboula, représentant Mme A.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, ressortissante de la République du Congo, a formé devant les services de la préfecture du Val-d'Oise une demande d'admission exceptionnelle au séjour sur le fondement du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté, du 25 juin 2017, qui lui a été notifié, le préfet du Val-d'Oise rejette la demande de délivrance d'un titre de séjour présentée par M. B, oblige ce dernier à quitter le territoire français dans le délai de 30 jours et fixe le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit d'office. Mme A demande l'annulation de cet arrêté.
Sur la recevabilité des conclusions de la requête :
2. Il ressort de l'examen de l'arrêté attaqué joint à la requête, dont l'authenticité et l'exactitude sont, en vertu de l'article R. 612-6 du code de justice administrative, réputées admises par le préfet du Val-d'Oise qui n'a produit aucun mémoire en dépit de la mise en demeure qui lui a été adressée le 15 février 2022, que celui-ci comporte les éléments relatifs à l'état civil de Mme A et l'indication qu'elle " est entrée en France le 30/12/2017, munie d'un visa Schengen valable du 27/12/2017 au 17/01/2018 ". Dans ces circonstances, l'arrêté du 25 juin 2021 peut, alors même qu'il ne comporte dans son dispositif aucune décision sur la demande de titre de séjour déposée par Mme A, être regardé comme révélant l'existence d'une décision de rejet de cette demande. Il s'ensuit que Mme A est fondée à se prévaloir d'une décision de refus de titre de séjour la concernant.
3. En revanche, l'arrêté attaqué ne comporte aucune décision obligeant Mme A à quitter le territoire français. La décision concernant M. B, bien qu'elle lui ait été adressée, ne lui fait pas grief. Les conclusions de Mme A dirigées contre cette décision sont ainsi irrecevables et doivent être rejetées.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision rejetant la demande de délivrance d'un titre de séjour :
Sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête
4. Il ressort de la lecture de la décision attaquée que le préfet du Val-d'Oise s'est fondé pour rejeter la demande d'admission exceptionnelle au séjour déposée par Mme A sur des considérations de fait et de droit intéressant non pas l'intéressée mais un tiers. Le préfet du Val-d'Oise, qui n'a pas produit d'observation en défense ainsi qu'il a été dit précédemment, est réputé avoir effectivement commis cette erreur. Dans ces conditions, Mme A est fondée à soutenir que le préfet du Val-d'Oise n'a pas procédé à un examen particulier et sérieux de sa demande.
5. Il résulte de ce qui précède que la décision du préfet du Val-d'Oise rejetant la demande de titre de séjour de Mme A, révélée par l'arrêté du 25 juin 2021, doit être annulée.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
6. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 911-2 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public () prenne à nouveau une décision après une nouvelle instruction, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision juridictionnelle, que cette nouvelle décision doit intervenir dans un délai déterminé. ".
7. L'exécution du présent jugement implique nécessairement, par application des dispositions législatives précitées, qu'il soit enjoint au préfet du Val-d'Oise, ou au préfet territorialement compétent au regard du lieu actuel de résidence de la requérante, de procéder à un nouvel examen de la situation administrative de Mme A. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de fixer au préfet du Val-d'Oise, ou au préfet territorialement compétent, un délai de deux mois, à compter de la notification du présent jugement, pour procéder à ce réexamen, et de délivrer, dans cette attente, à Mme A une autorisation provisoire de séjour lui permettant de travailler. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de fixer au préfet du Val-d'Oise, ou au préfet territorialement compétent au regard du lieu actuel de résidence du requérant, un délai de quinze jours, à compter de la notification du présent jugement, pour procéder à la délivrance de ce document.
Sur les conclusions relatives aux frais non compris dans les dépens :
8. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement à Me A d'une somme de 1200 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : La décision du préfet du Val-d'Oise, révélée par l'arrêté du 25 juin 2021, rejetant la demande de délivrance d'un titre de séjour déposée par Mme A, est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au préfet du Val-d'Oise, ou au préfet territorialement compétent au regard du lieu actuel de résidence de Mme A, de procéder à un nouvel examen de la situation administrative de l'intéressée, dans un délai de deux mois, à compter de la notification du présent jugement et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour lui permettant de travailler, dans un délai de quinze jours, à compter de cette même notification.
Article 4 : l'Etat versera à la requérante la somme de 1200 euros en application des dispositions de l'articles L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 6 : Le surplus des conclusions de la requête de Mme A est rejeté.
Article 7 : Le présent jugement sera notifié à Mme A et au préfet du Val-d'Oise.
Copie en sera transmise à Monsieur le Procureur de la République près le tribunal judiciaire de Pontoise.
Délibéré après l'audience du 5 juillet 2022, à laquelle siégeaient :
M. Thierry, président,
Mme Ferrand, première conseillère,
M. Louvel, premier conseiller.
Assistés de M. Lux, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juillet 2022.
Le rapporteur,
signé
T. D
Le président,
signé
P. ThierryLe greffier,
signé
F. Lux
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise, ou au préfet territorialement compétent en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.2/
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026