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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2108456

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2108456

mardi 26 septembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2108456
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation2ème Chambre
Avocat requérantMARIENNE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des pièces complémentaires enregistrées le 30 juin 2021 et le 30 septembre 2021, M. A E, représenté par Me Marienne, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision de rejet du 30 avril 2021 du préfet du Val-d'Oise de sa demande de titre de séjour temporaire ;

2°) d'enjoindre au préfet, sous astreinte de 150 euros par jour de retard à compter d'un délai de 15 jours suivant la notification du jugement à intervenir, de lui délivrer un titre de séjour sur le fondement de son pouvoir exceptionnel de régularisation ou de l'article L.313-11 7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, à défaut, un titre de séjour provisoire en attendant le réexamen de sa situation en application de l'article L.991-1 et L.911-3 du code de justice administrative ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision de rejet est entachée d'incompétence ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de la vie privée et familiale.

Par deux mémoires en défense, enregistrés le 30 septembre 2021 et le 12 octobre 2021, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens invoqués ne sont pas fondés.

Par ordonnance du 14 octobre 2021, la clôture de l'instruction a été prononcée le 27 octobre 2021.

Des pièces ont été produites par le requérant le 12 novembre 2021 postérieurement à la clôture et n'ont pas été communiquées.

Vu :

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. Viain, premier conseiller, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A E, ressortissant de nationalité marocaine né le 15 décembre 1995, arrivé en France à l'âge de 10 ans, a demandé le 4 octobre 2018 un titre de séjour sur le fondement de l'article L.313-11-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par arrêté du 30 avril 2021, le préfet du Val d'Oise a rejeté cette demande au motif que l'intéressé, qui avait fait l'objet de nombreuses condamnations pénales et était défavorablement connu par les services de police, représentait une menace pour l'ordre public. Par la présente requête, M. E demande l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, par arrêté n°21-008 du 31 mars 2021, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture du Val-d'Oise du 1er avril 2021, Mme F G, adjointe au directeur des migrations et de l'intégration, a reçu délégation en cas d'absence ou d'empêchement de M. D B, directeur des migrations et de l'intégration, à l'effet de signer notamment les actes relatifs au séjour ainsi que les obligations de quitter le territoire français. En outre, il n'est ni établi ni même allégué que ce dernier n'était ni absent, ni empêché à la date des décisions attaquées. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de la décision litigieuse, qui manque en fait, doit être écarté.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors applicable : " Sauf si sa présence constitue une menace pour l'ordre public, la carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " est délivrée de plein droit : () 2° A l'étranger dans l'année qui suit son dix-huitième anniversaire ou entrant dans les prévisions de l'article L. 311-3, qui justifie par tout moyen avoir résidé habituellement en France avec au moins un de ses parents légitimes, naturels ou adoptifs depuis qu'il a atteint au plus l'âge de treize ans ou, à Mayotte, depuis qu'il a atteint au plus l'âge de treize ans, avec au moins un de ses parents légitimes, naturels ou adoptifs titulaire de la carte de séjour temporaire ou de la carte de résident, la filiation étant établie dans les conditions prévues à l'article L. 314-11 ; la condition prévue à l'article L. 313-2 n'est pas exigée ".

4. Il ressort des pièces du dossier que M. E est entré en France en 2005 alors qu'il était âgé de 10 ans et qu'il y a été scolarisé de 2007 à 2011. Toutefois, le requérant ne conteste pas avoir été condamné à de nombreuses reprises, notamment par le tribunal correctionnel de Pontoise le 30 septembre 2015 à 3 mois d'emprisonnement avec sursis pour refus d'obtempérer, par le tribunal correctionnel de Pontoise le 11 mai 2016 à 1 an d'emprisonnement pour vol avec violence, par la chambre des appels correctionnels de la cour d'appel de Bordeaux le 14 septembre 2017 à 3 ans d'emprisonnement assortie d'une interdiction de séjour pendant 5 ans pour vol avec violence ayant entraîné une incapacité totale de travail n'excédant pas 8 jours, par le Tribunal correctionnel de Périgueux le 26 juin 2018 à 1 an d'emprisonnement dont 6 mois avec sursis pour vol en réunion et destruction du bien d'autrui, et par le tribunal correctionnel de Tulle le 25 septembre 2018 à 3 mois d'emprisonnement pour conduite d'un véhicule sans permis. Compte tenu de ces circonstances le préfet a pu, à juste titre, considéré que la présence de l'intéressé constituait une menace pour l'ordre public au sens de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

5. M. E fait valoir qu'il cherche à se réinsérer et allègue avoir travaillé en tant qu'agent d'entretien puis avoir cherché à intégrer une formation en électronique qu'il n'aurait pas obtenue faute de titre de séjour. Il soutient également avoir sa compagne en France, enceinte à la date de la décision en litige, et son enfant. Toutefois, outre qu'il ne justifie pas d'une insertion professionnelle ancienne et stable, il ne ressort pas des pièces du dossier ni que le requérant vivrait avec sa compagne, ni qu'il entretiendrait des liens avec son enfant ou qu'il subviendrait à son entretien et à son éducation. Ainsi, au regard des infractions graves, répétées et récentes dont s'est rendu coupable M. E, la décision attaquée, qui, par elle-même, n'a du reste ni pour objet ni pour effet de séparer le requérant de sa compagne et de son enfant, n'est pas entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et n'a pas porté une atteinte disproportionnée au respect de sa vie privée et familiale au regard des buts qu'elle poursuit, notamment celui de prévenir le trouble à l'ordre public.

6. Il résulte de tout ce qui précède que M. E n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté attaqué du 30 avril 2021 par lequel le préfet du Val-d'Oise a rejeté sa demande de titre de séjour. Par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte, ainsi que celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ne peuvent qu'être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. E est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A E et au préfet du Val-d'Oise.

Délibéré après l'audience du 12 septembre 2023, à laquelle siégeaient :

M. Huon, président ;

M. C et M. Viain, premiers conseillers ;

assistés de Mme Tainsa, greffière.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 26 septembre 2023.

Le rapporteur,

signé

T. VIAIN

Le président,

signé

C.HUON

La greffière,

signé

A. TAINSA

La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.

N°2108456

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