LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2108681

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2108681

mercredi 4 décembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2108681
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation10ème Chambre
Avocat requérantBAZIN & ASSOCIES

Texte intégral

Vu les procédures suivantes :

I- Par une requête, enregistrée le 2 juillet 2021 sous le numéro 2108681, M. B, représenté par Me Cottignies, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 28 mai 2021 par laquelle la présidente du département du Val-d'Oise l'a suspendu de ses fonctions à titre conservatoire ;

2°) de mettre à la charge du département du Val-d'Oise la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;

- elle souffre d'erreurs de droit, dès lors qu'il n'a commis aucune faute grave justifiant son éviction et que le département du Val-d'Oise n'a mis en œuvre aucune procédure disciplinaire ;

- elle est entachée d'un détournement de procédure.

Par un mémoire en défense, enregistré le 16 septembre 2021, le département du Val-d'Oise, représenté par Me Bazin, conclut au rejet de la requête et demande que soit mise à la charge de M. B la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

II- Par une requête, enregistrée le 24 août 2021 sous le numéro 2110781, M. B, représenté par Me Cottignies, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 24 juin 2021 par laquelle la présidente du département du Val-d'Oise a mis fin à son détachement sur l'emploi de directeur général des services ;

2°) de mettre à la charge du département du Val-d'Oise la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision attaquée est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation, dès lors que la perte de confiance n'est pas établie ;

- elle repose sur des faits matériellement inexacts, dès lors qu'il n'a pas eu un " comportement cavalier et discourtois ".

Par un mémoire en défense, enregistré le 30 novembre 2021, le département du Val-d'Oise, représenté par Me Bazin, conclut au rejet de la requête et demande que soit mise à la charge de M. B la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. B ne sont pas fondés.

III- Par une requête, enregistrée le 20 septembre 2021 sous le numéro 2111850, M. B, représenté par Me Cottignies, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite de rejet née du silence gardé par le département du Val-d'Oise à la suite de la réception de sa demande de protection fonctionnelle du 17 mai 2021 ;

2°) d'annuler l'arrêté du 30 juillet 2021 du département du Val-d'Oise portant cessation du versement de son régime indemnitaire à compter du 1er août 2021 ;

3°) d'annuler la décision implicite de rejet née du silence gardé par le département du Val-d'Oise à la suite de la réception de sa demande indemnitaire préalable du 16 septembre 2021 ;

4°) d'enjoindre au département du Val-d'Oise de lui accorder le bénéfice de la protection fonctionnelle en raison du harcèlement moral subi ;

5°) de condamner le département du Val-d'Oise à lui verser la somme de 11 119 euros au titre de son préjudice financier ;

6°) de condamner le département du Val-d'Oise à lui verser la somme de 40 000 euros au titre de son préjudice moral ;

7°) de mettre à la charge du département du Val-d'Oise la somme de 3 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- les décisions prises à son encontre, contestées dans le cadre des requêtes n° 2108681 et n° 2110781 sont illégales et leur illégalité constitue une faute du département du Val-d'Oise ;

- l'arrêté du 30 juillet 2021 portant cessation du versement de son régime indemnitaire à compter du 1er août 2021 est illégal et le département du Val-d'Oise demeure, en tout état de cause, débiteur du paiement de son entière rémunération jusqu'au 31 août 2021 inclus, date correspondant au terme de son détachement ; cette illégalité et cette circonstance constitue une faute du département du Val-d'Oise ;

- il a subi des agissements de harcèlement moral et le département du Val-d'Oise a mis en œuvre toute une série de décisions dont l'objectif était de l'évincer, de réduire sa rémunération et de lui porter atteinte de sorte que la protection fonctionnelle devait lui être accordée ; les agissements du département du Val-d'Oise constituent des sanctions déguisées et un harcèlement moral ; le harcèlement moral et le refus implicite opposé à sa demande de protection fonctionnelle constituent des fautes du département du Val-d'Oise ;

- les préjudices résultant des fautes commises par le département du Val-d'Oise doivent être indemnisés à hauteur de 11 119 euros s'agissant du préjudice financier et 40 000 euros s'agissant du préjudice moral.

Par un mémoire en défense, enregistré le 26 avril 2022, le département du Val-d'Oise, représenté par Me Bazin, conclut au rejet de la requête de M. B et demande que soit mise à la charge du requérant la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir :

- à titre principal que la requête est irrecevable, faute de lien suffisant entre les décisions contestées ;

- les conclusions dirigées contre la décision implicite de rejet de la demande de protection fonctionnelle intervenue le 18 juillet 2021 sont tardives ;

- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par M. B contre cette décision et contre la décision du 30 juillet 2021 relative au régime indemnitaire du requérant à compter du 1er août 2021 ne sont pas fondés et les préjudices invoqués par l'intéressé ne peuvent qu'être écartés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général de la fonction publique ;

- le code général des collectivités territoriales ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n°84-53 du 26 janvier 1984 ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Louvel, rapporteur ;

- les conclusions de M. Belhadj, rapporteur public ;

- les observations de Me Garaudet, substituant Me Cottignies, représentant M. B, et celles de M. B ;

- et les observations de Me Mercier, substituant Me Bazin, représentant le département du Val-d'Oise.

Considérant ce qui suit :

1. Les requêtes nos 2108681, 2110781 et 2111850 présentées pour M. B, qui se rapportent à la situation d'un même agent, présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

2. M. B, ingénieur général des ponts, des eaux et des forêts, a été détaché auprès du département du Val-d'Oise pour y occuper l'emploi fonctionnel de directeur général des services. Son détachement a été renouvelé jusqu'au 31 août 2021 par un arrêté des ministres de l'environnement et de l'agriculture du 10 juin 2016. Par un courriel du 2 mars 2021, la présidente du conseil départemental du Val-d'Oise a annoncé, avec l'accord de l'intéressé, aux élus et agents du département que M. B quitterait prochainement ses fonctions pour diriger les services de la collectivité européenne d'Alsace. Le 20 avril 2021, M. B a toutefois informé la présidente du conseil départemental qu'il renonçait à rejoindre la collectivité européenne d'Alsace. Par un courrier du 2 mai 2021, celle-ci lui a indiqué qu'elle considérait qu'il avait volontairement mis fin à son détachement à compter du 1er mai 2021, avant son terme normal fixé au 31 août 2021, qu'il ne pourrait reprendre ses fonctions, lesquelles seraient assurées provisoirement par le directeur général des services adjoint et que sa rémunération serait maintenue le temps qu'il trouve un autre emploi ou qu'il soit réintégré dans son corps d'origine. Par un courrier du 4 mai 2021, elle lui a confirmé qu'elle s'opposait à ce qu'il reprenne ses fonctions de directeur général des services. Le 10 mai 2021, alors que l'intéressé n'était plus en mesure d'exercer ses missions, une procédure de décharge de fonctions pour perte de confiance a été engagée en application de l'article 53 de la loi du 26 janvier 1984. Par une ordonnance n°2106478 du 19 mai 2021, le juge des référés du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a enjoint au département du Val-d'Oise de rétablir le requérant dans ses fonctions dans un délai de huit jours à compter de la notification de l'ordonnance. Par une décision du 28 mai 2021, la présidente du conseil départemental du Val-d'Oise a prononcé la suspension de ses fonctions à titre provisoire et conservatoire. Par une ordonnance n° 453245 du 21 juin 2021, le Conseil d'État a annulé l'ordonnance de référé du 19 mai 2021. Par un arrêté du 24 juin 2021, la présidente du conseil départemental du Val-d'Oise a mis fin au détachement de M. B sur l'emploi de directeur général des services.

3. Par la présente requête, M. B demande l'annulation de la décision du 28 mai 2021 par laquelle la présidente du conseil départemental du Val-d'Oise l'a suspendu de ses fonctions, de l'arrêté du 24 juin 2021 mettant fin à son détachement sur l'emploi de directeur général des services, de la décision implicite rejetant la demande de protection fonctionnelle présentée le 17 mai 2021, de l'arrêté du 30 juillet 2021 portant cessation du versement de son régime indemnitaire à compter du 1er août 2021, et de la décision implicite rejetant sa demande indemnitaire préalable. M. B demande, en outre, la condamnation du département du Val-d'Oise à l'indemniser de ses préjudices financier et moral.

Sur la recevabilité des conclusions de la requête n° 2111850 :

4. En premier lieu, les conclusions d'une requête collective, qu'elles émanent d'un requérant qui attaque plusieurs décisions ou de plusieurs requérants qui attaquent plusieurs décisions, sont recevables dans leur totalité si elles présentent entre elles un lien suffisant.

5. Par la requête n°2111850, M. B conteste la décision rejetant la demande de protection fonctionnelle qu'il a formulée à raison des faits de harcèlement dont il s'estime victime de la part de la présidente du conseil départemental du Val-d'Oise, l'arrêté du 30 juillet 2021 portant cessation du versement de son régime indemnitaire à compter du 1er août 2021 et la décision implicite de rejet de sa demande indemnitaire préalable. Les conclusions dirigées contre ces décisions présentent entre elles, eu égard à leur objet, un lien suffisant. Par suite, la fin de non-recevoir opposée en défense, tirée de l'irrecevabilité de la requête n° 2111850 en l'absence de lien suffisant entre les décisions en litige, doit être écartée.

6. En second lieu, d'une part, aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée () ". Selon l'article R. 421-2 du même code : " Sauf disposition législative ou réglementaire contraire, dans les cas où le silence gardé par l'autorité administrative sur une demande vaut décision de rejet, l'intéressé dispose, pour former un recours, d'un délai de deux mois à compter de la date à laquelle est née une décision implicite de rejet. Toutefois, lorsqu'une décision explicite de rejet intervient avant l'expiration de cette période, elle fait à nouveau courir le délai de recours () ". Aux termes de l'article R. 421-5 du code précité : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision. ".

7. D'autre part, en vertu de l'article L. 112-2 du code des relations entre le public et l'administration, les dispositions de l'article L. 112-3 de ce code, aux termes desquelles : " Toute demande adressée à l'administration fait l'objet d'un accusé de réception () ", et celles de son article L. 112-6, qui dispose que : " les délais de recours ne sont pas opposables à l'auteur d'une demande lorsque l'accusé de réception ne lui a pas été transmis () ", ne sont pas applicables aux relations entre l'administration et ses agents.

8. Enfin, le 5° de l'article L. 231-4 du code des relations entre le public et l'administration prévoit que le silence gardé par l'administration pendant deux mois vaut décision de rejet dans les relations entre les autorités administratives et leurs agents.

9. Il résulte de l'ensemble de ces dispositions qu'en cas de naissance d'une décision implicite de rejet du fait du silence gardé par l'administration pendant la période de deux mois suivant la réception d'une demande, le délai de deux mois pour se pourvoir contre une telle décision implicite court dès sa naissance à l'encontre d'un agent public, alors même que l'administration n'a pas accusé réception de la demande de cet agent. Ce n'est qu'au cas où, dans le délai de deux mois ainsi décompté, l'auteur de la demande adressée à l'administration reçoit notification d'une décision expresse de rejet qu'il dispose alors, à compter de cette notification, d'un nouveau délai pour se pourvoir.

10. Il ressort des pièces du dossier que M. B a sollicité du département du Val-d'Oise, par une demande datée du 17 mai 2021, reçue le 18 mai 2021, le bénéfice de la protection fonctionnelle. Le silence gardé par le département du Val-d'Oise sur cette demande a fait naître une décision implicite de rejet le 18 juillet 2021. Dès lors, en application des dispositions rappelées aux points 6 à 8, le délai de recours contentieux de deux mois dont disposait M. B pour contester cette décision a couru à compter du 18 juillet 2021 et a expiré le 19 septembre 2021. Les conclusions de la requête de M. B dirigées contre cette décision, enregistrées le 20 septembre 2021, sont ainsi tardives. Par suite, il y a lieu d'accueillir la fin de non-recevoir opposée par le département du Val-d'Oise, tirée de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation de la décision implicite lui refusant le bénéfice de la protection fonctionnelle.

11. En troisième lieu, la décision du département du Val-d'Oise rejetant implicitement la demande préalable indemnitaire présentée par M. B, le 17 mai 2021, a eu pour seul effet de lier le contentieux à l'égard de cette demande. Par suite, les conclusions à fin d'annulation de cette décision sont irrecevables et ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

En ce qui concerne la décision du 28 mai 2021 portant suspension de fonction à titre provisoire et conservatoire :

12. Aux termes de l'article 30 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, aujourd'hui codifié à l'article L. 531-1 du code général de la fonction publique : " En cas de faute grave commise par un fonctionnaire, qu'il s'agisse d'un manquement à ses obligations professionnelles ou d'une infraction de droit commun, l'auteur de cette faute peut être suspendu par l'autorité ayant pouvoir disciplinaire qui saisit, sans délai, le conseil de discipline. / Le fonctionnaire suspendu conserve son traitement, l'indemnité de résidence, le supplément familial de traitement et les prestations familiales obligatoires. Sa situation doit être définitivement réglée dans le délai de quatre mois () ".

13. Une décision de suspension des fonctions prise à l'encontre d'un fonctionnaire est une mesure conservatoire prise dans l'intérêt du service. Elle ne peut être prononcée que lorsque les faits imputables à l'intéressé présentent un caractère suffisant de vraisemblance et de gravité et que l'éloignement de l'intéressé se justifie au regard de l'intérêt du service. Eu égard à la nature conservatoire d'une mesure de suspension et à la nécessité d'apprécier, à la date à laquelle cet acte a été pris, la condition tenant au caractère vraisemblable des faits, il appartient au juge de l'excès de pouvoir de statuer au vu des informations dont disposait effectivement l'autorité administrative au jour de sa décision.

14. Pour suspendre M. B de ses fonctions, la présidente du conseil départemental du Val-d'Oise a estimé qu'il y avait lieu d'écarter temporairement l'intéressé de ses fonctions, dans l'intérêt du service, au motif que, ayant annoncé quitter le département quatre mois avant la fin de son détachement sur l'emploi fonctionnel de directeur général des services, alors que son départ n'était pas certain, il a fait preuve de légèreté, de nature à porter atteinte à l'image du département, qui avait annoncé officiellement son départ et mis en œuvre sa succession et que, témoignant de l'absence manifeste de prise en compte des intérêts du département, il a provoqué une perte de confiance " totale et définitive " à son égard. Toutefois, les faits reprochés à M. B, s'ils ont pu créer un désagrément et une incompréhension au sein de la collectivité territoriale qui l'employait, ne peuvent être regardés comme constituant une faute d'une gravité telle qu'elle exigeait l'éloignement de l'intéressé dans l'intérêt du service. Par suite, la présidente du département du Val-d'Oise ne pouvait, sans entacher sa décision d'une erreur d'appréciation, suspendre M. B.

15. Il suit de là, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête n° 2108681, que M. B est fondé à demander l'annulation de la décision de la présidente du conseil départemental du Val-d'Oise du 28 mai 2021 portant suspension de fonction à titre provisoire et conservatoire.

En ce qui concerne l'arrêté du 24 juin 2021 mettant fin au détachement sur l'emploi de directeur général des services :

16. Aux termes de l'article 53 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale, dans sa rédaction applicable au litige : " Lorsqu'il est mis fin au détachement d'un fonctionnaire occupant un emploi fonctionnel aux alinéas ci-dessous et que la collectivité ou l'établissement ne peut lui offrir un emploi correspondant à son grade, celui-ci peut demander à la collectivité ou l'établissement dans lequel il occupait l'emploi fonctionnel soit à être reclassé dans les conditions prévues aux articles 97 et 97 bis, soit à bénéficier, de droit, du congé spécial mentionné à l'article 99, soit à percevoir une indemnité de licenciement dans les conditions prévues à l'article 98. / Ces dispositions s'appliquent aux emplois : / - de directeur général des services () des départements et des régions () Il ne peut être mis fin aux fonctions des agents occupant les emplois mentionnés ci-dessus () qu'après un délai de six mois suivant soit leur nomination dans l'emploi, soit la désignation de l'autorité territoriale. La fin des fonctions de ces agents est précédée d'un entretien de l'autorité territoriale avec les intéressés et fait l'objet d'une information de l'assemblée délibérante et du Centre national de la fonction publique territoriale ou du centre de gestion ; la fin des fonctions de ces agents prend effet le premier jour du troisième mois suivant l'information de l'assemblée délibérante. ".

17. Il peut être mis fin au détachement des agents occupant les emplois fonctionnels mentionnés à l'article 53 de la loi du 26 janvier 1984, de façon anticipée, pour des motifs tirés de l'intérêt du service. Eu égard à l'importance du rôle des titulaires de ces emplois et à la nature particulière des responsabilités qui leur incombent, le fait pour le directeur général des services d'un département de ne plus disposer de la part de l'autorité territoriale de la confiance nécessaire au bon accomplissement de ses missions peut légalement justifier qu'il soit, pour ce motif, déchargé de ses fonctions. Si la perte de confiance est invoquée, le juge vérifie l'existence dans le dossier de l'agent d'éléments factuels permettant d'accréditer cette perte de confiance.

18. En l'espèce, le département du Val-d'Oise a mis fin de manière anticipée au détachement de M. B au motif de la perte de confiance de la présidente du conseil départemental en M. B et sa capacité à diriger les services du département. Toutefois, le seul élément factuel invoqué pour démontrer la réalité de ce motif est la circonstance que le requérant, après avoir informé la présidente du conseil départemental du Val-d'Oise, le 1er mars 2021, de son intention de quitter ses fonctions de directeur général des services pour diriger les services de la collectivité européenne d'Alsace, est revenu sur son annonce initiale, le 20 avril 2021, en informant la présidente du conseil départemental qu'il renonçait finalement à rejoindre la collectivité européenne d'Alsace, les termes de son recrutement, notamment du point de vue financier, s'avérant moins favorables qu'il ne le pensait. Or, cet évènement n'a pas été de nature à entrainer une perte de confiance de la présidente du conseil départemental du Val-d'Oise envers M. B, faisant obstacle à ce que l'intéressé, qui occupait l'emploi de directeur général des services depuis dix ans, continue d'exercer ses fonctions dans des conditions normales du 1er août au 31 août 2021. Dans ces conditions, le département du Val-d'Oise, en mettant fin au détachement du requérant sur l'emploi de directeur général des services à compter du 1er août 2021, un mois avant son terme normal, a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.

19. Par suite, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête n°2110781, M. B est fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 24 juin 2021 de la présidente du conseil départemental du Val-d'Oise mettant fin à son détachement sur l'emploi de directeur général des services.

En ce qui concerne l'arrêté du 30 juillet 2021 portant cessation du versement du régime indemnitaire à compter du 1er août 2021.

20. M. B étant fondé, ainsi qu'il vient d'être indiqué, à demander l'annulation de l'arrêté du 24 juin 2021 mettant fin à son détachement sur l'emploi de directeur général des services à compter du 1er août 2021, il est fondé, par voie de conséquence, à demander l'annulation de l'arrêté en date du 30 juillet 2021 de la présidente du conseil départemental du Val-d'Oise en tant qu'il prévoit la cessation du versement de son régime indemnitaire à compter du 1er août 2021.

Sur les conclusions indemnitaires :

21. En premier lieu, il résulte de ce qui a été énoncé aux points 14, 18 et 20 du présent jugement que la décision du 28 mai 2021 portant suspension de fonctions, l'arrêté du 24 juin 2021 mettant fin au détachement sur l'emploi de directeur général des services et l'arrêté du 30 juillet 2021 portant cessation du versement du régime indemnitaire à compter du 1er août 2021, pris à l'encontre de M. B par la présidente du conseil départemental du Val-d'Oise sont illégaux. Ces illégalités constituent des fautes de nature à engager la responsabilité du département du Val-d'Oise.

22. Il résulte de l'instruction, par ailleurs, qu'à compter du 4 mai 2021, avant même qu'il fasse l'objet d'une suspension conservatoire et d'une décharge de fonctions, le requérant n'a plus été autorisé à accéder à son bureau. Il a été privé des moyens téléphoniques et informatiques indispensables pour exercer ses fonctions et a été exclu de la chaine de décision. Il est également constant qu'à cette date un autre agent a été désigné pour assurer son intérim. M. B, privé par la présidente du conseil départemental du Val-d'Oise de la possibilité effective d'exercer ses fonctions, a ainsi été évincé illégalement de l'emploi de directeur général des services du département. Ce comportement de la collectivité territoriale, qui a empêché M. B d'occuper effectivement le poste sur lequel il a été régulièrement nommé, constitue une faute qui est, elle aussi, de nature à engager la responsabilité du département.

23. En vertu des principes généraux qui régissent la responsabilité de la puissance publique, un agent public irrégulièrement évincé a droit à la réparation intégrale du préjudice qu'il a effectivement subi du fait de la mesure illégalement prise à son encontre. Sont ainsi indemnisables les préjudices de toute nature avec lesquels l'illégalité commise présente, compte tenu de l'importance respective de cette illégalité et des fautes relevées à l'encontre de l'intéressé, un lien direct de causalité. Pour l'évaluation du montant de l'indemnité due, doit être prise en compte la perte du traitement ainsi que celle des primes et indemnités dont l'intéressé avait, pour la période en cause, une chance sérieuse de bénéficier, à l'exception de celles qui, eu égard à leur nature, à leur objet et aux conditions dans lesquelles elles sont versées, sont seulement destinées à compenser des frais, charges ou contraintes liés à l'exercice effectif des fonctions. Enfin, il y a lieu de déduire, le cas échéant, le montant des rémunérations que l'agent a pu se procurer par son travail au cours de la période d'éviction.

24. M. B est en droit d'obtenir l'indemnisation du préjudice financier qui est résulté de son éviction de fait et des décisions prises à son encontre, mentionnées aux points 21 et 22, pour la période du 4 mai 2021, date à laquelle il a été évincé illégalement de ses fonctions au 31 août 2021, terme de son détachement pour occuper l'emploi fonctionnel de directeur général des services, tel que fixé par l'arrêté des ministres de l'environnement et de l'agriculture du 10 juin 2016.

25. D'une part, le requérant soutient qu'il a subi une réduction de sa rémunération mensuelle de 1276 euros, pendant trois mois, du mois de mai au mois de juillet 2021, en raison de son éviction de fait puis de la décision prononçant la suspension de ses fonctions. Cette baisse de rémunération n'est pas contestée par le département du Val-d'Oise qui se borne à indiquer que si l'article 30 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires prévoit que l'agent suspendu conserve son traitement, l'indemnité de résidence, le supplément familial de traitement et les prestations familiales obligatoires, la règle du service fait s'oppose au maintien de tout autre élément de rémunération. La règle du service fait ne saurait avoir pour effet de priver l'agent de son droit à être indemnisé des préjudices résultant des fautes commises par l'administration à son égard. Par suite, il y a lieu d'indemniser le préjudice subi par M. B en raison de l'illégalité de son éviction de fait et de la décision du 28 mai 2021 le suspendant de ses fonctions à hauteur de la somme de 3 828 euros.

26. D'autre part, il résulte de l'instruction que la décharge de fonction à compter du 1er août 2021 de M. B a eu pour effet de le priver d'une partie de sa rémunération du mois d'août 2021, à hauteur d'un montant de 7 291 euros, seul le traitement indiciaire et l'indemnité de résidence lui ayant été versés pour cette période. Il y a lieu d'indemniser le préjudice subi par M. B, en lien direct et certain avec la fin anticipée de son détachement décidée illégalement par le département du Val-d'Oise, en condamnant ce dernier à lui verser la somme de 7 291 euros.

27. En deuxième lieu, le requérant invoque un préjudice moral résultant de l'illégalité des décisions prises à son encontre après qu'il a annoncé qu'il abandonnait son projet de rejoindre la collectivité européenne d'Alsace et des conditions dans lesquelles il a été privé des moyens de remplir ses missions à compter du mois de mai 2021. Il sera fait une juste appréciation de ce préjudice en l'évaluant à la somme de 3 000 euros.

28. En troisième lieu, aux termes de l'article 6 quinquies de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, issu de la loi du 17 janvier 2002 de modernisation sociale : " Aucun fonctionnaire ne doit subir les agissements répétés de harcèlement moral qui ont pour objet ou pour effet une dégradation des conditions de travail susceptible de porter atteinte à ses droits et à sa dignité, d'altérer sa santé physique ou mentale ou de compromettre son avenir professionnel. Aucune mesure concernant notamment le recrutement, la titularisation, la formation, la notation, la discipline, la promotion, l'affectation et la mutation ne peut être prise à l'égard d'un fonctionnaire en prenant en considération : /1° Le fait qu'il ait subi ou refusé de subir les agissements de harcèlement moral visés au premier alinéa ; / 2° Le fait qu'il ait exercé un recours auprès d'un supérieur hiérarchique ou engagé une action en justice visant à faire cesser ces agissements ; / 3° Ou bien le fait qu'il ait témoigné de tels agissements ou qu'il les ait relatés. / Est passible d'une sanction disciplinaire tout agent ayant procédé ou ayant enjoint de procéder aux agissements définis ci-dessus () ". Il appartient à un agent public qui soutient avoir été victime d'agissements constitutifs de harcèlement moral, de soumettre au juge des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence d'un tel harcèlement. Il incombe à l'administration de produire, en sens contraire, une argumentation de nature à démontrer que les agissements en cause sont justifiés par des considérations étrangères à tout harcèlement. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si les agissements de harcèlement sont ou non établis, se détermine au vu de ces échanges contradictoires, qu'il peut compléter, en cas de doute, en ordonnant toute mesure d'instruction utile. Par ailleurs, pour apprécier si des agissements dont il est allégué qu'ils sont constitutifs d'un harcèlement moral revêtent un tel caractère, le juge administratif doit tenir compte des comportements respectifs de l'agent auquel il est reproché d'avoir exercé de tels agissements et de l'agent qui estime avoir été victime d'un harcèlement moral. En revanche, la nature même des agissements en cause exclut, lorsque l'existence d'un harcèlement moral est établie, qu'il puisse être tenu compte du comportement de l'agent qui en a été victime pour atténuer les conséquences dommageables qui en ont résulté pour lui. Le préjudice résultant de ces agissements pour l'agent victime doit alors être intégralement réparé.

29. M. B fait valoir qu'il a fait l'objet de harcèlement moral résultant d'une série de décisions dont l'objectif était de l'évincer, de réduire sa rémunération et de lui porter atteinte de sorte que la protection fonctionnelle devait lui être accordée. Le département du Val-d'Oise souligne en défense le rôle joué par M. B dans la situation, en précisant que son départ a été présenté comme une certitude, qu'il a lui-même participé à la communication entourant son départ, que des pots de départ ont été organisés, des cadeaux lui ont été remis et une collecte de fonds a été organisée. Il soutient, en outre, que des solutions ont été recherchées, que M. B a refusées. Dans ces conditions, l'ensemble des faits, lesquels ne peuvent être appréciés sans tenir compte du comportement de M. B et de l'intérêt du département, ne permet pas de conclure à l'existence d'un harcèlement moral exercé à l'encontre du requérant, au sens des dispositions précitées de l'article 6 quinquies de la loi du 13 juillet 1983. Dès lors, il ne présente pas le caractère d'une faute de nature à engager la responsabilité de l'administration. Par suite, les prétentions indemnitaires de M. B fondées sur une faute de nature à engager la responsabilité du département du Val-d'Oise en raison du harcèlement moral doivent être rejetées.

30. Il résulte de ce qui précède qu'il y a lieu de condamner le département du Val-d'Oise à verser la somme totale de 14 119 euros à M. B en réparation des préjudices subis.

Sur les conclusions relatives aux frais non compris dans les dépens :

31. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du département du Val-d'Oise la somme de 1 500 euros à verser à M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

32. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative faisant obstacle à ce que soit mise à la charge de M. B, qui n'est pas la partie perdante, une somme à ce titre, les conclusions du département du Val-d'Oise en ce sens doivent être rejetées.

D É C I D E :

Article 1er : La décision du 28 mai 2021 par laquelle la présidente du conseil départemental du Val-d'Oise a suspendu M. B de ses fonctions à titre provisoire et conservatoire, l'arrêté du 24 juin 2021 de la présidente du conseil départemental du Val-d'Oise mettant fin au détachement de M. B sur l'emploi de directeur général des services à compter du 1er août 2021 et l'arrêté du 30 juillet 2021 de la présidente du conseil départemental du Val-d'Oise en tant qu'il prévoit la cessation du versement du régime indemnitaire de M. B à compter du 1er août 2021, sont annulés.

Article 2 : Le département du Val-d'Oise est condamné à verser la somme de 14 119 euros à M. B au titre du préjudice financier et du préjudice moral qu'il a subis.

Article 3 : Le département du Val-d'Oise versera une somme de 1 500 euros à M. B en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Article 4 : Le surplus des conclusions des requêtes de M. B est rejeté.

Article 5 : Les conclusions du département du Val-d'Oise présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au département du Val-d'Oise.

Délibéré après l'audience du 20 novembre 2024 à laquelle siégeaient :

M. Ouillon, président,

M. Louvel, premier conseiller,

Mme Colin, première conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 décembre 2024.

Le rapporteur,

signé

T. Louvel

Le président,

signé

S. Ouillon La greffière,

signé

M-J. Ambroise

La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions