lundi 28 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2109138 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 4ème Chambre (JU) |
| Avocat requérant | CABINET D'AVOCATS IOSCA |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 13 juillet 2021, M. A, représenté par Me Iosca, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite rejetant le recours gracieux formé le 26 février 2021 contre la décision par laquelle le ministre de l'intérieur a refusé de lui attribuer huit points pour les deux stages suivis entre le 21 et 24 septembre 2021 ainsi que la décision " 48 SI " en date du 10 septembre 2018 constatant la perte de validité de son permis de conduire ;
2°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur de reconstituer le capital affecté à son permis de conduire en lui attribuant huit points ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que la décision " 48 SI " ne lui a pas été notifiée et ne lui était ainsi pas opposable, ce qui justifie que lui soit attribué le bénéfice des stages.
Par un mémoire en défense, enregistré le 10 février 2022, le ministre de l'intérieur conclut au rejet de la requête en faisant valoir qu'aucun des moyens n'est fondé.
Vu les pièces du dossier.
Vu :
- le code de la route ;
- le code justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le président du tribunal a désigné Mme Van Muylder, vice-présidente, en application de l'article R. 222-13 du code de justice administrative, pour statuer sur les litiges mentionnés à cet article.
La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Le rapport de Mme Van Muylder, vice-présidente, a été entendu au cours de l'audience publique, les parties n'étant ni présentes ni représentées.
Considérant ce qui suit :
1. Après avoir constaté que le nombre de points du permis de conduire de M. A, initialement crédité de douze points, était nul, le ministre de l'intérieur a prononcé l'invalidation de ce permis et ordonné à M. A de restituer son titre de conduite. Par la décision implicite rejetant le recours gracieux formé le 26 février 2021, le ministre de l'intérieur a refusé d'attribuer à M. A huit points pour deux stages de sensibilisation à la sécurité routière effectués les 21 et 22 septembre et les 23 et 24 septembre 2021, au motif que la décision d'invalidation de son permis de conduire lui a été notifiée le 10 septembre 2018. M. A demande l'annulation de ces deux décisions et l'attribution de huit points sur le capital de son permis de conduire.
Sur le non-lieu partiel :
2. Il résulte des écritures du ministre que le permis de conduire de M. A a retrouvé sa validité à la suite de la restitution de quatre points consécutivement à la réalisation d'un stage de sensibilisation à la sécurité routière les 23 et 24 septembre 2021. Ainsi, le ministre de l'intérieur doit être regardé comme ayant retiré la décision " 48SI " du 10 septembre 2018, qui n'est plus au demeurant mentionnée sur son relevé d'information intégral du 9 février 2022, en tant qu'elle constate l'invalidité du permis de conduire du requérant. Dès lors, les conclusions à fin d'annulation de cette décision sont devenues sans objet. Il n'y a plus lieu d'y statuer.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
3. Aux termes du troisième alinéa de l'article L. 223-6 du code de la route: " Le titulaire du permis de conduire qui a commis une infraction ayant donné lieu à retrait de points peut obtenir une récupération de points s'il suit un stage de sensibilisation à la sécurité routière qui peut être effectué dans la limite d'une fois par an. ".
4. Tant que le retrait de l'ensemble des points du permis ne lui a pas été rendu opposable, l'intéressé peut prétendre au bénéfice des dispositions précitées de l'article L. 223-6 du code de la route prévoyant des reconstitutions de points notamment lorsque le titulaire du permis a accompli un stage de sensibilisation à la sécurité routière.
5. Il appartient au juge administratif, saisi d'une contestation portant sur un retrait de points du permis de conduire, lequel constitue une sanction que l'administration inflige à un administré, de se prononcer sur cette contestation comme juge de plein contentieux. Il en va de même lorsque le juge est saisi d'un recours contre une décision constatant la perte de validité d'un permis de conduire pour solde de points nul. Dans le cas où il apparaît que le solde des points était nul à la date à laquelle une telle décision est intervenue mais que, faute pour l'administration de l'avoir rendue opposable en la notifiant à l'intéressé, celui-ci a pu ultérieurement remplir les conditions pour bénéficier d'une reconstitution totale ou partielle de son capital de points, il appartient au juge de prononcer l'annulation de la décision.
6. Il résulte de l'instruction, notamment du relevé d'information intégral, que le requérant a été destinataire, par une lettre recommandée référencée 2C 1368 5100 101, de la décision référencée " 48 SI " portant invalidation du permis de conduire. L'avis de réception, a été retourné à l'administration et comporte la mention " n'habite pas à l'adresse indiquée ", sans autres précisions. Dans ces conditions, en l'absence de date certaine de présentation de ce pli, la décision attaquée ne peut être regardée comme ayant été régulièrement notifiée au requérant. Il suit de là que faute de notification régulière, la décision " 48 SI " n'était pas opposable à M. A et celui-ci pouvait prétendre au bénéfice des dispositions de l'article L. 223-6 du code de la route pour le stage effectué les 21 et 22 septembre 2021.
7. M. A est, par suite, fondé à soutenir que la décision lui refusant le bénéfice de quatre points doit être annulée. Compte tenu de la réattribution de ces quatre points qui aurait dû être prise en compte, M. A est également fondé à demander l'annulation de la décision " 48 SI " constatant la perte de validité de son permis de conduire.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
8. Le présent jugement implique nécessairement que le ministre de l'intérieur attribue à M. A les quatre points dus en raison du stage de sensibilisation à la sécurité routière effectué les 21 et 22 septembre 2021 et se prononce sur le droit à conduire de l'intéressé dans un délai de deux mois.
Sur les frais du litige :
9. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme réclamée par M. A en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par ces motifs, le tribunal décide :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions tendant à l'annulation de la décision 48 SI du 10 septembre 2018 constatant la perte de validité du permis de conduire de M. A pour solde de points nul.
Article 2 : La décision implicite rejetant le recours gracieux formé le 26 février 2021 contre la décision par laquelle le ministre de l'intérieur a refusé d'attribuer à M. A les points pour les deux stages suivis entre le 21 et 24 septembre 2021 est annulée.
Article 3 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur d'accorder à M. A le bénéfice de quatre points à la suite du stage de sensibilisation à la sécurité routière suivi les 21 et 22 septembre 2021 et de prendre une nouvelle décision sur le capital de points du permis de conduire de l'intéressé dans un délai de deux mois.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 28 novembre 2022.
La magistrate désignée,
signé
C. Van MuylderLa greffière,
signé
S. Nimax
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026