vendredi 29 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2109192 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8ème Chambre |
| Avocat requérant | DUSEN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des pièces, enregistrées les 16 juillet 2021, 23 juin 2022 et 24 juin 2022, M. G B, représenté par Me Dusen, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 6 juillet 2021 par laquelle le préfet de l'Essonne a refusé de renouveler son attestation de demande d'asile, l'a obligé à quitter le territoire français, lui a refusé l'octroi d'un délai de départ volontaire, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office et a prononcé son encontre une interdiction de retour d'une durée de deux ans ;
2°) d'enjoindre au préfet de l'Essonne de réexaminer sa situation administrative ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les conditions de notification de l'arrêté attaqué sont irrégulières, le préfet de l'Essonne n'apportant pas la preuve de la bonne compréhension des mesures qui lui ont été notifiées ;
- la décision portant refus de renouvellement de l'attestation de demande d'asile a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 541-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il a introduit une troisième demande de réexamen de sa demande d'asile le 6 juillet 2021 ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision portant refus de renouvellement de l'attestation de demande d'asile ; subsidiairement, il est à tout le moins fondé à exciper de l'illégalité de cette dernière décision à l'appui de ses conclusions à fin d'annulation de la mesure d'éloignement ;
- elle a été signée par une autorité incompétente ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision lui refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision fixant le pays de renvoi est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle, le préfet de l'Essonne s'étant cru lié par les décisions de l'Office français de protection des réfugiés et apatride et de la Cour nationale du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français a été signée par une autorité incompétente ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 8 octobre 2021, le préfet de l'Essonne conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Amazouz, rapporteur,
- et les observations de Me Ould Hocine, substituant Me Dusen, avocate de M. B.
La clôture de l'instruction a été prononcée à l'issue de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant turc né le 1er juin 1973, est entré en France le 12 décembre 2015 selon ses déclarations et a sollicité son admission au séjour au titre de l'asile le 5 janvier 2016. Sa demande d'asile a été rejetée par une décision du directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) en date du 16 août 2016 et le recours formé contre cette décision a été rejeté par une décision de la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) en date du 8 mars 2017. Sa première demande de réexamen de sa demande d'asile a fait l'objet d'une décision d'irrecevabilité de l'OFPRA en date du 31 mai 2018, confirmée par la CNDA le 23 avril 2019. Le 6 août 2020, l'intéressé a présenté une deuxième demande de réexamen. Celle-ci a fait l'objet d'une décision d'irrecevabilité de l'OFPRA en date du 4 septembre 2020, confirmée par la CNDA le 18 janvier 2021. Par une décision du 6 juillet 2021, dont M. B demande l'annulation, le préfet de l'Essonne a refusé de renouveler son attestation de demande d'asile, l'a obligé à quitter le territoire français, lui a refusé l'octroi d'un délai de départ volontaire, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office et a prononcé son encontre une interdiction de retour d'une durée de deux ans.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne les moyens communs aux décisions attaquées :
2. En premier lieu, les conditions de notification d'une décision administrative sont sans incidence sur sa légalité. Par suite, le moyen tiré de ce que l'arrêté attaqué n'aurait pas été régulièrement notifié à M. B est inopérant.
3. En deuxième lieu, par un arrêté n° 2021-PREF-DCPPAAT-BCA-143 du 8 juin 2021, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture de l'Essonne, M. A E, adjoint au chef du bureau de l'asile à la direction de l'immigration et de l'intégration, a reçu délégation du préfet de ce département pour signer l'arrêté attaqué. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de décisions portant refus de renouvellement de l'attestation de demande d'asile, obligation de quitter le territoire français et interdiction de retour sur le territoire français manque en fait et doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant refus de renouvellement de l'attestation de demande d'asile :
4. En premier lieu, la décision attaquée, qui précise qu'elle a été prise sur le fondement des dispositions de l'article L. 542-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, mentionne notamment que la deuxième demande de réexamen de M. B a été rejetée par une décision d'irrecevabilité de l'OFPRA en date du 4 septembre 2020, confirmée par la CNDA le 18 janvier 2021, notifiée le 25 janvier 2021. La décision en litige, qui n'a ni pour objet ni pour effet de fixer le pays à destination duquel le requérant est susceptible d'être éloigné, n'avait pas à comporter une motivation spécifique sur les craintes exprimées par l'intéressé en cas de retour en Turquie. En tout état de cause, l'arrêté contesté précise que l'intéressé n'établit pas être à des peines et traitements contraires à la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales en cas de retour dans son pays d'origine. Ainsi, la décision attaquée comporte un énoncé suffisamment précis des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de cette décision doit être écarté.
5. En deuxième lieu, il ne ressort ni de la motivation de l'arrêté attaqué ni des autres pièces du dossier qu'avant de refuser de renouveler l'attestation de demande d'asile de M. B, le préfet de l'Essonne n'aurait pas procédé à un examen particulier de sa situation. Par suite, le moyen tiré du défaut d'un tel examen doit être écarté.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 541-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le demandeur d'asile dont l'examen de la demande relève de la compétence de la France et qui a introduit sa demande auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides bénéficie du droit de se maintenir sur le territoire français ". Aux termes de l'article L. 542-1 de ce code : " En l'absence de recours contre la décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin à la notification de cette décision. / Lorsqu'un recours contre la décision de rejet de l'office a été formé dans le délai prévu à l'article L. 532-1, le droit du demandeur de se maintenir sur le territoire français prend fin à la date de la lecture en audience publique de la décision de la Cour nationale du droit d'asile ou, s'il est statué par ordonnance, à la date de la notification de celle-ci. " Aux termes de l'article L. 542-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 542-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin : / () 2° Lorsque le demandeur : / c) présente une nouvelle demande de réexamen après le rejet définitif d'une première demande de réexamen ; / () " Aux termes de l'article L. 542-3 de ce code : " Lorsque le droit au maintien sur le territoire français a pris fin dans les conditions prévues aux articles L. 542-1 ou L. 542-2, l'attestation de demande d'asile peut être refusée, retirée ou son renouvellement refusé. / () ".
7. Il ressort des pièces du dossier que, pour refuser de renouveler l'attestation de demande d'asile de M. B, le préfet de l'Essonne s'est fondé sur les dispositions précitées de l'article L. 542-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et sur la circonstance que son droit au maintien sur le territoire français a pris fin à compter de la notification, le 25 janvier 2021, de la décision de la CNDA en date du 18 janvier 2021 rejetant son recours contre la décision d'irrecevabilité de sa deuxième demande de réexamen. Le requérant, qui ne conteste pas ces éléments, se borne à faire valoir qu'il a introduit une troisième demande de réexamen de sa demande d'asile le 6 juillet 2021. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que, par une décision du 6 juillet 2021, distincte de celle dont il est demandé l'annulation dans le cadre du présent litige, le préfet de l'Essonne a refusé de délivrer à l'intéressé une attestation de demande d'asile à la suite de la présentation de cette troisième demande de réexamen. Le requérant ne soutient pas ni n'allègue qu'il aurait contesté cette dernière décision. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir que la décision en litige, qui est fondée sur la circonstance qu'il ne bénéficie plus du droit au maintien sur le territoire français à la suite du rejet de sa deuxième demande de réexamen, méconnaît les dispositions de l'article L. 541-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
8. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / () ".
9. M. B, qui se prévaut de la durée de son séjour en France depuis 2015, soutient qu'il a quitté son pays afin d'échapper aux persécutions et ses liens avec ses proches, restés en Turquie, se sont distendus. Il est séparé de son épouse, qui vit en Allemagne, depuis l'année 2009 et qu'une instance de divorce est en cours. Toutefois, le requérant, qui s'est maintenu sur le territoire français en dépit du rejet de ses demandes d'asile et de quatre précédentes mesures d'éloignement, ne fait état de la présence d'aucun membre de sa famille en France et ne fournit aucune précision sur les liens de toute nature qu'il aurait noués sur le territoire français. En outre, il ne justifie d'aucune insertion sociale et professionnelle sur le territoire et ne livre aucune précision sur ses conditions d'existence depuis 2015. Par ailleurs, le requérant, qui est séparée de son épouse vivant en Allemagne et ne soutient pas ni n'allègue qu'il serait dépourvu de liens familiaux et personnels dans d'autres pays que la France, ne justifie pas de circonstances particulières faisant obstacle à ce qu'il poursuive sa vie à l'étranger. Dans ces conditions, eu égard notamment à la durée et aux conditions de son séjour en France, la décision attaquée ne peut être regardé comme ayant porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels il a été pris. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations précitées doit être écarté. Pour les mêmes motifs, la décision en litige n'est pas davantage entaché d'une erreur manifeste quant à l'appréciation de ses conséquences sur la situation personnelle de l'intéressée.
En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :
10. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que le moyen tiré de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision portant refus de renouvellement de l'attestation de demande d'asile de M. B ne peut qu'être écarté.
11. En second lieu, M. B n'invoque aucun argument distinct de ceux énoncés à l'encontre de la décision portant refus de renouvellement de l'attestation de demande d'asile, à l'appui des moyens tirés de ce que la décision l'obligeant à quitter le territoire français aurait été prise en méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et serait entachée d'une erreur manifeste d'appréciation. Dans ces conditions, ces moyens doivent être écartés pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 9 du présent jugement.
En ce qui concerne la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :
12. Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. / () ". Aux termes de l'article L. 612-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / 1° Le comportement de l'étranger constitue une menace pour l'ordre public ; / 2° L'étranger s'est vu refuser la délivrance ou le renouvellement de son titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de son autorisation provisoire de séjour au motif que sa demande était manifestement infondée ou frauduleuse ; / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". Aux termes de l'article L. 613-2 de ce code : " Les décisions relatives au refus () du délai de départ volontaire () sont motivées. "
13. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté en litige ne vise pas les dispositions de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui permettent au préfet de refuser d'accorder un délai de départ volontaire à l'étranger faisant l'objet d'une obligation de quitter le territoire français. Il ne précise pas davantage le motif sur lequel le préfet s'est fondé pour refuser à M. B l'octroi d'un tel délai. Ainsi, le requérant est fondé à soutenir que la décision lui refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire est insuffisamment motivée. Par suite, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur l'autre moyen dirigé contre cette décision, M. B est fondé à en demander l'annulation.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
14. En premier lieu, il ne ressort ni de la motivation de l'arrêté attaqué ni des autres pièces du dossier qu'avant de fixer le pays à destination duquel M. B pourra être reconduit, le préfet de l'Essonne n'aurait pas procédé à un examen particulier de sa situation. Il ne ressort pas davantage des pièces du dossier qu'il se serait estimé lié par les décisions de l'OFPRA et de la CNDA rejetant ses demandes d'asile. Par suite, le moyen tiré du défaut d'un tel examen doit être écarté.
15. En second lieu, aux termes du dernier alinéa de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ". Cet article 3 stipule que : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou des traitements inhumains ou dégradants ".
16. M. B soutient qu'en cas de retour dans son pays d'origine, il serait exposé à des traitements inhumains ou dégradants en raison engagement politique, tant familial que personnel, en faveur de la cause kurde. Il fait valoir qu'il a mené des activités politiques en faveur de la cause kurde et qu'il a été inquiété et malmené à plusieurs reprises par les autorités turques pour cette raison. Il ajoute que, depuis son départ du pays, son domicile a été perquisitionné à plusieurs reprises, que sa famille est régulièrement interrogée à son sujet et que plusieurs procédures judiciaires ont été engagées à son encontre. Toutefois, le requérant n'a fourni aucune précision permettant d'établir la réalité des persécutions dont il affirme avoir fait l'objet en raison de son engagement allégué pour la cause kurde et sur les risques qu'il déclare encourir en cas de retour en Turquie. De même, l'intéressé n'a pas livré d'explications précises et convaincantes sur les poursuites judiciaires engagées contre lui et sur les recherches dont il ferait l'objet de la part des autorités turques plus de cinq ans après son départ de son pays d'origine. A cet égard, les pièces produites et présentées comme des documents judiciaires émanant des autorités turques, dont il ne précise pas les conditions d'obtention et qui, pour la plupart, sont antérieurs au rejet de ses précédentes demandes d'asile, ne suffisent pas à établir la réalité des faits allégués par l'intéressé. En outre, la seule invocation de la situation sécuritaire prévalant dans son pays d'origine ne permet pas de considérer que le requérant encourrait en cas de retour en Turquie, de manière personnelle, certaine et actuelle, des menaces quant à sa vie ou sa personne ou des traitements prohibés par l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Au demeurant, les trois demandes d'asile successives de l'intéressé ont, ainsi qu'il a été dit aux point 1 du présent jugement, été rejetées par des décisions de l'OFPRA et de la CNDA. Dans ces conditions, le moyen tiré de ce que la décision contestée méconnaîtrait les stipulations et dispositions citées au point précédent doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
17. En premier lieu, la décision attaquée, qui mentionne les dispositions de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, énonce les éléments de fait relatifs à la durée du séjour en France de M. B et à sa situation personnelle et familiale. Cette décision énonce également que l'intéressé a fait l'objet de deux précédentes mesures d'éloignement les 6 novembre 2019 et 24 août 2020. Ainsi, la décision en litige, qui comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constitue le fondement, est suffisamment motivée.
18. En dernier lieu, le requérant, qui n'est présent en France que depuis le mois de décembre 2015 et ne fait état de la présence d'aucun membre de sa famille sur le territoire français, n'a livré aucune précision sur les liens qu'il aurait noués sur le territoire français et ne justifie d'aucune insertion sociale ou professionnelle. En outre, il ressort des pièces du dossier que l'intéressé a fait l'objet de quatre précédentes mesures d'éloignement entre les 31 mai 2017 et 24 août 2020. Ainsi, M. B ne présente pas d'éléments permettant d'établir qu'au regard des éléments propres à sa situation personnelle, le préfet de l'Essonne aurait entaché la décision portant interdiction de retour sur le territoire français en litige d'une erreur d'appréciation. Il n'est pas davantage fondé à soutenir que le préfet aurait méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
19. Il résulte de tout ce qui précède que M. B est uniquement fondé à demander l'annulation de la décision du 6 juillet 2021 refusant de lui accorder un délai de départ volontaire.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
20. Aux termes de l'article L. 614-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Si la décision de ne pas accorder de délai de départ volontaire est annulée, il est immédiatement mis fin aux mesures de surveillance prévues aux articles L. 731-1, L. 731-3, L. 741-1 et L. 743-13, et le président du tribunal administratif ou le magistrat désigné à cette fin rappelle à l'étranger son obligation de quitter le territoire français dans le délai qui lui sera fixé par l'autorité administrative en application des articles L. 612-1 ou L. 612-2. Ce délai court à compter de sa notification. ".
21. La seule annulation de la décision portant refus de délai de départ volontaire n'implique pas d'enjoindre à l'administration de procéder au réexamen de la situation de M. B. Ainsi, les conclusions à fin d'injonction présentées par le requérant doivent être rejetées. Par ailleurs, conformément aux dispositions précitées de l'article L. 614-17 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il est rappelé à M. B son obligation de quitter le territoire français dans le délai qui lui sera fixé par l'autorité administrative.
Sur les frais liés au litige :
22. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de M. B présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : L'arrêté du préfet de l'Essonne en date 6 juillet 2021 est annulé en tant qu'il refuse d'accorder un délai de départ volontaire à M. B.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. G B et au préfet de l'Essonne.
Délibéré après l'audience du 29 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Féral, président, Mme C et M. D, premiers conseillers,
assistés de Mme Khalfaoui, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 juillet 2022.
Le rapporteur,
signé
S. DLe président,
signé
R. FÉRALLa greffière,
signé
M. F
La République mande et ordonne au préfet de l'Essonne en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026