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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2109401

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2109401

mardi 7 novembre 2023

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2109401
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantSEP LACHAUD MANDEVILLE COUTADEUR & ASSOCIÉS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 20 juillet 2021 et 22 septembre 2021, M. et Mme C, représentés par Me Marques, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 24 mars 2021 par lequel le maire de Garches a délivré à la société LEEV un permis de construire et de démolir, enregistré sous le numéro PC 920332000043 en vue de construire, après démolition de bâtiments existants d'une surface de plancher de 130 m2, deux maisons d'habitation avec création d'une surface de plancher de 356,48 m2, sur un terrain cadastré section AL n°98 sis 85-87 Grande Rue, à Garches ensemble, la décision rejetant le recours formé à l'encontre de cet arrêté le 2 juin 2021 ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Garches et de la société LEEV une somme de 3 000 euros qu'elles leur verseront chacune, sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- ils justifient d'un intérêt pour agir au sens de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : ils sont en effet, voisins immédiats du projet autorisé qui aura pour conséquence une perte d'ensoleillement et la création de vues sur certaines pièces de leur maison d'habitation ;

- le dossier de demande de permis de construire sur le fondement duquel a été délivré l'arrêté du 24 mars 2021 est incomplet :

- il ne comporte aucun document graphique permettant d'apprécier réellement l'insertion du projet par rapport aux constructions avoisinantes et plus particulièrement, l'insertion de la maison B, située en fond de parcelle, par rapport à ces constructions, en méconnaissance des c) de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme ;

- les quatre documents d'insertion PC 6 à PC 8 qui sont joints au dossier de demande de permis de construire laissent seulement apparaître la maison A dans la Grande rue, mais pas l'insertion de la maison B par rapport aux constructions avoisinantes tandis que la pièce PC 6 permet seulement de visualiser la façade arrière de la maison B, et non son insertion par rapport aux constructions situées de part et d'autre, sur les parcelles cadastrées section AI numéro 95, 96, 506 et 519 et sa façade nord n'est pas davantage représentée, en méconnaissance du d) de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme ;

- l'architecte des Bâtiments de France qui a rendu son avis le 1er décembre 2020 aurait dû être consulté une seconde fois, suite à la modification du dossier de demande de permis de construire par l'envoi, le 14 décembre 2020, de la notice descriptive du projet (PC 4), la représentation de la façade nord de la maison A (PC 5), le photomontage de l'insertion du projet dans son environnement proche (PC 7) et dans son environnement lointain (PC 8) , dès lors que ces pièces apportaient un complément d'informations indispensable à son appréciation de la conformité du projet litigieux ;

- il a été pris en méconnaissance de l'article UA 11.4 du règlement du plan local d'urbanisme de Garches :

- en prévoyant d'implanter la façade sud donnant sur le jardin de la maison B en retrait de 2.05 mètres par rapport au balcon de la maison voisine, le projet de construction n'est pas conforme à ces dispositions qui imposent que les façades latérales et postérieures des constructions soient en harmonie entre elle et celles des bâtiments existant sur les terrains contigus ;

- la circonstance alléguée par la société pétitionnaire qu'un bardage en bois sur les façades latérales et postérieures des constructions projetées est prévu, ne permet pas de justifier de la conformité de ces façades à la condition d'harmonie par rapport aux façades des constructions avoisinantes prescrite par l'article UA 11.4 du règlement du plan local d'urbanisme de Garches dans la mesure où aucune des constructions implantées sur les terrains contigus du terrain d'assiette du projet ne comporte de façades en bardage en bois ;

- il a été pris en méconnaissance de l'article UA 13 du règlement du plan local d'urbanisme de Garches :

- le calcul du coefficient d'espaces verts projetés sur le terrain d'assiette du projet ne pouvait être fait en prenant en compte la superficie totale de ce terrain dès lors qu'il est évident qu'il fera l'objet d'une division en vue de la vente des maisons A et B ;

- les emprises destinées au stationnement et à la circulation des véhicules ne pouvaient pas être prises en compte dans le calcul du coefficient d'espaces verts de sorte qu'en déduisant la superficie de ces espaces, le projet méconnaît les exigences de l'article UA 13 du règlement du plan local d'urbanisme de Garches ; au demeurant, la place de stationnement prise en compte dans ce calcul n'est pas complètement végétalisée, comme en atteste le plan du rez-de-chaussée qui mentionne qu'elle est pour partie composée d'une dalle en pierre ;

- il a été pris en méconnaissance de l'article UA 3 du règlement du plan local d'urbanisme de Garches et de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme :

- les deux maisons seront implantées sur le terrain d'assiette du projet qui sera nécessairement divisé en vue de la vente de ces dernières : en effet, la société LEEV n'a pas pour objet la gestion et la mise en location de biens ainsi qu'en atteste ses statuts ;

- la maison B n'est pas directement accessible depuis la voie publique et le projet ne prévoit pas de servitude de passage depuis la maison A, permettant de réaliser cet accès ;

- le projet prévoit une porte de garage coulissante permettant l'accès des véhicules aux deux places de stationnement de la maison A depuis un passage de 3,04 mètres qui sera également emprunté par les deux véhicules rattachés à la maison B. Or, la largeur de ce passage est insuffisante pour permettre l'accès dans de bonnes conditions de sécurité pour les futurs occupants aux places de stationnement de la maison A qui pourront difficilement manœuvrer, ainsi que pour les futurs occupants de la maison B ;

- l'accès tel qu'il est prévu ne permettra pas non plus une insertion sécurisée sur la Grande rue, ni une entrée depuis cette rue sur le terrain d'assiette dans des conditions normales de sécurité, les véhicules ne pouvant pas se croiser sur le passage de 3,04 mètres de large ;

- cet accès présentera un risque pour les usagers comme pour les futurs occupants des maisons dont la construction est projetée dès lors qu'au droit du terrain d'assiette du projet, la bande de roulement de la Grande rue (rue à sens unique) est étroite et une impasse desservant un immeuble collectif la rejoint. Les difficultés d'entrée et de sortie du futur projet engendreront donc des problèmes de circulation d'autant plus importants du fait de la configuration de la voie au droit du terrain ;

- la largeur du passage permettant l'accès à la maison B ne permet pas de satisfaire aux exigences de la sécurité et de la défense contre l'incendie, étant ici précisé qu'un véhicule de secours aux victimes mesure au minimum 1.30 mètres de large et 3,20 mètres de long au minimum et qu'un camion-citerne mesure 2,50 mètres de large et 7,80 mètres de long au minimum ;

Par un mémoire en défense, enregistré le 13 août 2021, la commune de Garches conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de M. et Mme C, la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. et Mme C ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Zaccaron Guérin, conseillère rapporteure, a été entendue au cours de l'audience publique.

Les parties n'étant ni présentes ni représentées.

Considérant ce qui suit :

1. M. et Mme C demandent au tribunal l'annulation de l'arrêté du 24 mars 2021, par lequel le maire de Garches a délivré à la société LEEV, un permis de construire et de démolir, enregistré sous le numéro PC 920332000043 en vue de construire, après démolition de bâtiments existants d'une surface de plancher de 130 m2, deux maisons d'habitation avec création d'une surface de plancher de 356,48 m2, sur un terrain d'assiette sis 85-87 Grande Rue, à Garches.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le moyen tiré du caractère incomplet du dossier de demande de permis de construire :

2. Aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également : () c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; / d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse. ".

3. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporte pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits sont insuffisants, imprécis ou comportent des inexactitudes, n'est susceptibles d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

4. En l'espèce, le document graphique d'insertion joint à la demande de permis de construire représentent les constructions projetées depuis la Grande rue et l'angle donnant sur la rue des cours communes (s'agissant de la maison A), et également depuis le jardin projeté, en fond de parcelle (s'agissant de la maison B). Les photographies et les précisions apportées dans la notice architecturale " PC 4 " ont ainsi permis au service instructeur d'apprécier de manière suffisante l'insertion du projet dans son environnement, y compris par rapport aux constructions voisine de la maison B et de la maison des requérants. Par suite, le moyen tiré du caractère incomplet du dossier au regard des c) et d) de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme doit être écarté.

En ce qui concerne le moyen tiré de l'absence de nouvelle consultation de l'architecte des Bâtiments de France :

5. Aux termes de l'article R. 423-50 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente recueille auprès des personnes publiques, services ou commissions intéressés par le projet, les accords, avis ou décisions prévus par les lois ou règlements en vigueur. ". Aux termes de l'article R. 425-30 du code de l'urbanisme : " Lorsque le projet est situé dans un site inscrit, la demande de permis ou la déclaration préalable tient lieu de la déclaration exigée par l'article L. 341-1 du code de l'environnement. Les travaux ne peuvent être entrepris avant l'expiration d'un délai de quatre mois à compter du dépôt de la demande ou de la déclaration. / La décision prise sur la demande de permis ou sur la déclaration préalable intervient après consultation de l'architecte des Bâtiments de France. ".

6. Lorsque l'autorité compétente demande, sans y être tenue, l'avis d'un organisme consultatif sur un projet de texte, elle doit procéder à cette consultation dans des conditions régulières. Néanmoins, elle conserve la faculté d'apporter au projet, après la consultation, toutes les modifications qui lui paraissent utiles, quelle qu'en soit l'importance, sans être dans l'obligation de saisir à nouveau cet organisme.

7. En l'espèce, il ressort de l'avis rendu par l'architecte des Bâtiments de France le 1er décembre 2020 que les constructions projetées ne sont pas situées dans le champ de visibilité d'un monument historique de sorte que le maire de Garches n'était pas tenu de le consulter avant de délivrer le permis de construire litigieux. Cette consultation n'étant ainsi pas obligatoire et dès lors qu'il n'est ni allégué, ni établi, que cette première consultation de l'Architecte des Bâtiments de France a été faite dans des conditions irrégulières, le maire de Garches n'était pas tenu de procéder à une seconde consultation de cet architecte, à la suite de la modification du dossier de demande de permis de construire en litige. Par suite, le moyen soulevé en ce sens par M. et Mme C doit être écarté.

En ce qui concerne le moyen tiré de l'absence de conformité du projet aux dispositions du règlement du plan local d'urbanisme de Garches et du code de l'urbanisme :

S'agissant du moyen tiré de la méconnaissance de l'article UA 11.4 du règlement du plan local d'urbanisme de Garches :

8. Aux termes de l'article UA 11 du règlement du plan local d'urbanisme de Garches, intitulé " Aspect extérieur - Clôtures " : " () 11.4 - Les façades latérales et postérieures des constructions doivent être traitées avec le même soin que les façades principales, en harmonie avec elles et celles des bâtiments existants sur les terrains contigus ; il en est ainsi notamment des pignons apparents ou des murs de clôture et soutènement en limite de propriété. () ". La quatrième partie du règlement du plan local d'urbanisme de Garches - ANNEXES " définit les façades comme " les faces verticales en élévation d'un bâtiment. Les façades latérales sont le plus souvent appelées pignons si elles épousent la forme triangulaire du comble. La couverture ne fait pas partie de la façade. ".

9. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier et notamment de la notice architecturale jointe au dossier de demande de permis de construire que les façades latérales et postérieures des constructions projetées sont bardées d'un bois faux claire-voie s'étendant du rez-de-chaussée au niveau 1, plus ou moins ajouré suivant les vues et orientations des façades et que le second niveau de ces façades vient couronner l'ensemble avec un traitement en enduit crème RAL 9001. Il ressort en outre de cette notice architecturale que les façades des constructions projetées présentent des codes architecturaux, une trame ainsi qu'une typologie, identiques à ceux des constructions avoisinantes. En outre, en optant pour des volets battants en bois naturel au premier étage de la façade donnant sur la Grande Rue ainsi que des persiennes accordéons en bois naturel pour les autres fenêtres des deux maisons projetées, similaires aux occultants présents sur l'ensemble des constructions implantées sur la Grande rue, la société pétitionnaire s'est assurée, de la bonne insertion de ces constructions, ainsi que l'exigent les dispositions précitées de l'article UA 11.4. Il s'ensuit que les façades latérales et postérieures des constructions litigieuses ont été traitées avec le même soin que la façade principale de la maison A, projetée sur la Grande Rue et sont en harmonie avec cette dernière et les bâtiments existants sur les terrains contigus qui partagent ces mêmes caractéristiques. A cet égard, la circonstance alléguée que la façade " sud donnant sur le jardin de la maison B " est implantée en " retrait de 2,05 mètres par rapport au balcon de la maison voisine " n'est pas de nature à remettre en cause la conformité de ce projet de construction aux dispositions de l'article UA 11.4 du règlement du plan local d'urbanisme de Garches. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UA 11.4 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté.

S'agissant du moyen tiré de la méconnaissance de l'article UA 13 du règlement du plan local d'urbanisme de Garches :

10. Aux termes de l'article UA 13 du règlement du plan local d'urbanisme de Garches, intitulé " Espaces libres et plantations " : " 13.1 - Les projets neufs d'habitation obligent de traiter en espaces verts 20% au moins de la superficie du terrain. Il s'agira de toutes les surfaces plantées comprenant les jardinières, toitures végétalisées, pelouses, massifs, / 13.2 - Parmi ces surfaces d'espaces verts, 50% au moins représentant le coefficient de biotope seront constitués d'une couche de terre végétale de 0,80 m moyen d'épaisseur éventuellement reconstitués afin de favoriser le développement de la biodiversité. () ". Par ailleurs, la quatrième partie du règlement du plan local d'urbanisme de Garches - " ANNEXES " définit le terrain ou l'unité foncière comme " un îlot de propriété composé de parcelles contiguës les unes aux autres et appartenant à un même propriétaire ou indivision. " et la pleine terre comme " une surface libre où l'épaisseur du sol est suffisante () de 0,20 m à 0,80 m). ".

11. En premier lieu, le projet de construction litigieux prévoit de s'implanter sur la parcelle cadastrée section AI n° 98, qui appartient en totalité à la société pétitionnaire LEEV de sorte qu'elle constitue une unité foncière au sens du règlement du plan local d'urbanisme de Garches précité. Contrairement à ce que soutiennent les requérants, aucune des pièces du dossier ne permet d'établir que les maisons A et B dont la construction est projetée, seront vendues en l'état futur d'achèvement par la société LEEV, impliquant ainsi une division de cette unité foncière. Par suite, l'appréciation de la conformité du projet aux dispositions de l'article UA 13 du règlement du plan d'urbanisme de Garches doit se faire au regard de la totalité de la parcelle cadastrée section AI n°98 que constitue le terrain d'assiette du projet.

12. En second lieu, en se bornant à soutenir que les emprises destinées au stationnement et à la circulation des véhicules, projetées par le projet de construction litigieux ne pouvaient pas être prises en compte dans le calcul du coefficient d'espaces verts, les requérants ne démontrent pas que le projet prévoirait une surface d'espaces verts inférieure au 20% de la superficie de son terrain d'assiette prescrits à l'article UA 13 précité. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UA 13 du règlement du plan local d'urbanisme de Garches doit être écarté.

S'agissant du moyen tiré de la méconnaissance de l'article UA 3 du règlement du plan local d'urbanisme de Garches et de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme :

13. En premier lieu, aux termes de l'article UA 3 du règlement du plan local d'urbanisme de Garches, intitulé " Accès " : " 3.1 - Pour être constructible, un terrain non bâti doit être accessible à une voie publique ou privée d'une largeur minimum de 3 m. il n'y a pas de contrainte concernant la largeur des voies d'accès aux terrains déjà bâtis. / 3.2 - La voie doit présenter des caractéristiques permettant de satisfaire aux exigences de la sécurité et de la défense contre l'incendie. / 3.3 - Les accès au terrain ne doivent pas présenter un risque pour la sécurité des usagers des voies publiques ou pour celles utilisant ces accès. Cette sécurité doit être appréciée compte tenu notamment de la position des accès, de leur configuration ainsi que de la nature et de l'intensité du trafic. / 3.4 - Les voies se terminant en impasse doivent être aménagées de façon à permettre aux véhicules de faire demi-tour. ". Par ailleurs, la 4eme partie du règlement du plan local d'urbanisme de Garches - " ANNEXES " définit la voie privée comme " un passage carrossable fermé ou non à la circulation publique et desservant plus d'une propriété. ".

14. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet, sur lequel sont implantées les trois bâtiments dont la démolition est prévue, constitue un terrain bâti. Il s'ensuit que les requérants ne peuvent utilement se prévaloir des dispositions précitées. En outre, ainsi que le fait valoir la commune de Garches en défense, le terrain d'assiette du projet est accessible par la voie publique que constitue la Grande Rue qui supporte un trafic routier quotidien, où la circulation des véhicules est limitée à 30 kilomètres par heure et dont il ne ressort pas des pièces du dossier qu'elle présenterait un risque pour la sécurité des usagers des voies publiques compte tenu notamment de sa position, de sa configuration ainsi que de la nature et de l'intensité du trafic.

15. En second lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. ".

16. Il résulte des dispositions précitées que lorsqu'un projet de construction est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique, le permis de construire ne peut être refusé que si l'autorité compétente estime, sous le contrôle du juge, qu'il n'est pas légalement possible, au vu du dossier et de l'instruction de la demande de permis, d'accorder le permis en l'assortissant de prescriptions spéciales qui, sans apporter au projet de modifications substantielles nécessitant la présentation d'une nouvelle demande, permettraient d'assurer la conformité de la construction aux dispositions législatives et réglementaires dont l'administration est chargée d'assurer le respect.

17. Or, contrairement à ce que soutiennent les requérants, il ne ressort d'aucune pièce du dossier que l'accès au terrain d'assiette du projet litigieux ne serait pas conforme aux dispositions précitées de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, impliquant que le maire de Garches délivre ledit permis de construire en l'assortissant de prescriptions spéciales, ou même qu'il refuse de délivrer un tel permis de construire. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme doit être écarté.

18. Il résulte de tout ce qui précède que M. et Mme C ne sont pas fondés à demander l'annulation de l'arrêté du 24 mars 2021 par lequel le maire de Garches a délivré le permis de construire litigieux à la société LEEV. Par voie de conséquence, leurs conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent également être écartées.

Sur les conclusions relatives aux frais non compris dans les dépens :

19. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".

20. Il n'y a pas lieu de mettre à la charge de la commune de Garches qui n'est pas la partie perdante, la somme que M. et Mme C demandent en application des dispositions précitées. La commune de Garches ne justifiant pas avoir exposé des frais non compris dans les dépens, ses conclusions tendant à ce qu'il soit mis à la charge des requérants la somme de 3 000 euros sur le fondement de ces mêmes dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. et Mme C est rejetée.

Article 2 :Les conclusions formulées par la commune de Garches sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A C, à Mme B C, et à la commune de Garches.

Délibéré après l'audience du 17 octobre 2023 à laquelle siégeaient :

Mme Edert, présidente,

Mme Chaufaux, première conseillère,

Mme Zaccaron Guérin, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 novembre 2023.

La rapporteure,

signé

C. Zaccaron Guérin La présidente,

signé

S. Edert

La greffière,

signé

S. Le Gueux

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 21094012

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