mardi 9 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2109681 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8ème Chambre |
| Avocat requérant | BENVENUTO |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance n° 2104987 du 20 juillet 2021, le premier vice-président du tribunal administratif de Versailles a transmis au tribunal le dossier de la requête de M. C A.
Par cette requête, enregistrée au greffe du tribunal administratif de Versailles le 14 juin 2021, M. A, représenté par Me Benvenuto, demande au tribunal :
1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler la décision du 29 mars 2021 par laquelle la directrice territoriale de Montrouge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) lui a suspendu le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;
3°) d'enjoindre au directeur général de l'OFII de lui rétablir le bénéfice des conditions matérielles d'accueil et de lui verser l'allocation de demandeur d'asile, dans un délai de huit jours à compter du jugement à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard, ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation ;
4°) de mettre à la charge de l'OFII une somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée a été prise au terme d'une procédure irrégulière dès lors qu'il n'a pas bénéficié d'un entretien en vue d'évaluer sa vulnérabilité en méconnaissance des dispositions de l'article L. 744-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- elle est fondée sur des faits matériellement inexacts et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er décembre 2022, le directeur général de l'OFII conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que la requête est irrecevable dès lors qu'elle avait perdu son objet avant même son introduction, la décision attaquée du 29 mars 2021 ayant été implicitement retirée par un courrier du 21 mai 2021 informant M. A de l'intention de l'OFII de cesser de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil au motif qu'il n'a pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile en dissimulant une protection internationale obtenue dans un État membre de l'Union européenne.
M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle établi près le tribunal judiciaire de Pontoise en date du 4 novembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la directive n° 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 2018-778 du 10 septembre 2018 ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- la décision du Conseil d'Etat n° 428530, 428564 du 31 juillet 2019 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. B a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant malien né le 15 octobre 1997, a présenté une demande d'asile qui a été enregistrée le 7 janvier 2021 par les services de la préfecture des Yvelines en procédure dite " Dublin ". Le même jour, il a accepté les conditions matérielles d'accueil proposées par l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) et en a bénéficié à compter de cette date. Le 12 février 2021, sa demande d'asile a été enregistrée en procédure accélérée. Par un courrier du même jour, l'OFII lui a notifié son intention de lui suspendre le bénéfice des conditions matérielles d'accueil au motif qu'il avait présenté plusieurs demandes d'asile sous des identités différentes et l'a invité à présenter des observations. A l'appui de sa requête, M. A demande au tribunal d'annuler la décision du 29 mars 2021 par laquelle la directrice territoriale de Montrouge de l'OFII lui a suspendu le bénéfice des conditions matérielles d'accueil.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 4 novembre 2021. Il n'y a pas lieu, par suite, de l'admettre à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur la fin de non-recevoir opposée par le directeur général de l'OFII :
3. Le directeur général de l'OFII fait valoir que la requête est irrecevable dès lors qu'elle avait perdu son objet avant même son introduction, la décision attaquée du 29 mars 2021 ayant été implicitement retirée par un courrier du 21 mai 2021 informant M. A de l'intention de l'OFII de cesser de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil au motif qu'il n'a pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile en dissimulant une protection internationale obtenue dans un État membre de l'Union européenne. Toutefois, le courrier de l'OFII en date du 21 mai 2021, qui a uniquement pour objet d'informer M. A de l'intention de l'OFII de mettre fin à son droit aux conditions matérielles d'accueil et dont il n'est pas démontré qu'il aurait été suivi d'une décision ayant cet effet, n'a pu avoir pour effet de procéder au retrait de la décision attaquée du 29 mars 2021 dès lors qu'il n'est aucunement démontré que le requérant se serait vu rétablir le bénéfice des conditions matérielles d'accueil entre le 29 mars 2021, date de la décision en litige, et le 21 mai 2021. Ainsi, le directeur général de l'OFII n'est pas fondé à soutenir que la requête avait perdu son objet avant même son introduction. Par suite, la fin de non-recevoir opposée en défense doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
4. M. A ayant été initialement admis au bénéfice des conditions matérielles d'accueil le 7 janvier 2021, sa situation est régie par les articles L. 744-7 et L. 744-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans leur rédaction issue de la loi n° 2018-778 du 10 septembre 2018. Si dans sa décision du 31 juillet 2019, Association La Cimade et autres, n° 428530, 428564, visée ci-dessus, le Conseil d'État a jugé que ces articles étaient partiellement incompatibles avec la directive n° 2013/33/UE du 26 juin 2013, il a également jugé que, dans l'attente de leur modification par le législateur, il reste néanmoins possible à l'OFII, par une décision motivée, après examen de la situation particulière du demandeur d'asile et après l'avoir mis, sauf impossibilité, en mesure de présenter ses observations, de suspendre le bénéfice de ses conditions matérielles d'accueil lorsqu'il a quitté le lieu d'hébergement proposé ou la région d'orientation ou n'a pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile, notamment de se rendre aux entretiens, de se présenter aux autorités et de fournir les informations utiles afin de faciliter l'instruction des demandes.
5. Pour suspendre le bénéfice des conditions matérielles d'accueil à M. A par la décision attaquée du 29 mars 2021, la directrice territoriale de l'OFII s'est fondée sur le motif tiré de ce que l'intéressé avait présenté plusieurs demandes d'asile sous des identités différentes. Toutefois, alors que M. A soutient qu'il n'a présenté qu'une seule demande d'asile et qu'il n'a reçu qu'une attestation de demandeur d'asile, le directeur général de l'OFII ne produit aucun élément permettant d'établir que l'intéressé aurait présenté plusieurs demandes d'asile sous des identités différentes. Ainsi, le requérant est fondé à soutenir que la décision attaquée du 29 mars 2021 repose sur des faits matériellement inexacts et qu'elle est entachée d'une erreur de fait. Par suite, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, M. A est fondé à demander son annulation.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
6. En l'espèce, si dans son courrier du 21 mai 2021, l'OFII a informé M. A de son intention de cesser de lui accorder le bénéfice des conditions matérielles d'accueil au motif qu'il n'a pas respecté les exigences des autorités chargées de l'asile en dissimulant une protection internationale obtenue dans un État membre de l'Union européenne, le directeur général de l'OFII ne produit pas d'éléments de nature à établir que l'intéressé aurait obtenu une protection internationale dans un autre État membre de l'Union européenne et n'établit pas qu'une décision mettant fin au droit des conditions matérielles d'accueil de l'intéressé a été édicté postérieurement. Ainsi, eu égard au motif d'annulation retenu au point précédent et alors que le directeur général de l'OFII fait valoir que la demande d'asile de l'intéressé est toujours pendante devant la Cour nationale du droit d'asile, l'exécution du présent jugement implique nécessairement que le directeur général de l'OFII rétablisse le bénéfice des conditions matérielles d'accueil au profit de M. A, y compris le versement de l'allocation de demandeur d'asile. Par suite, il y a lieu d'enjoindre au directeur général de l'OFII de procéder à ce rétablissement, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il soit besoin d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
7. D'une part, M. A n'allègue pas avoir exposé de frais autres que ceux pris en charge par l'État au titre de l'aide juridictionnelle totale qui lui a été allouée. D'autre part, l'avocat de M. A n'a pas demandé que lui soit versée par l'OFII la somme correspondant aux frais exposés qu'il aurait réclamée à son client si ce dernier n'avait bénéficié d'une aide juridictionnelle totale. Dans ces conditions, les conclusions de la requête tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu d'admettre M. A, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La décision de la directrice territoriale de Montrouge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration en date du 29 mars 2021 est annulée.
Article 3 : Il est enjoint au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration de rétablir le bénéfice des conditions matérielles d'accueil à M. A, y compris le versement de l'allocation de demandeur d'asile, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. C A et au directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration.
Délibéré après l'audience du 17 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Féral, président, M. Amazouz, premier conseiller et Mme Cuisinier-Heissler, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 mai 2023.
Le rapporteur,
signé
S. BLe président,
signé
R. FÉRALLa greffière,
signé
M. D
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour ampliation
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026