mercredi 15 novembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2109752 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SELARL VERPONT AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires enregistrés les 26 juillet 2021, 17 mars 2022 et 3 février 2023, la SCI Anjecla, représentée par Me Lalanne, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 28 janvier 2021 par lequel le maire de Pontoise lui a délivré un certificat d'urbanisme opérationnel défavorable n° CU09550020000558 sur le terrain situé 40 rue de Martimprey à Pontoise, ensemble la décision du 30 mai 2021 rejetant son recours gracieux;
2°) d'enjoindre au maire de la commune de Pontoise de lui délivrer un certificat d'urbanisme positif dans le délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ou à défaut de réexaminer sa demande dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme de 2 500 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
4°) de rejeter les conclusions de la commune de Pontoise tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
-la décision est entachée d'incompétence de son auteur ;
- elle méconnait les dispositions de l'article I.1.a du règlement de l'AVAP ;
- elle est illégale en raison de l'illégalité de l'article I.1.a du règlement de l'AVAP de la commune de Pontoise, lequel porte une atteinte disproportionnée à la propriété privée et du classement erroné de sa parcelle en " entités paysagères remarquables " ;
- elle méconnait le règlement du plan local d'urbanisme, dès lors que la construction envisagée n'est pas située dans l'espace paysager à protéger du plan local d'urbanisme ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation, dès lors que la proximité de la construction envisagée avec un espace paysager à protéger du plan local d'urbanisme ne porte pas atteinte à celui-ci ;
- elle est entachée d'une erreur de droit, dès lors que la notion de " cône de vue identifiée " est absente du plan de sauvegarde comme du règlement du plan local d'urbanisme et que son terrain n'est pas situé dans un " cône de vue identifiée " ;
- elle est entachée d'une rupture d'égalité, dès lors qu'un projet de construction portant atteinte à un point de vue majeur a été autorisé dans la même rue et supprime la végétation existante.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 1er décembre 2022 et le 23 mars 2023, la commune de Pontoise conclut au rejet de la requête et demande qu'il soit mis à la charge de la requérante une somme de 1 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
La clôture d'instruction a été fixée en dernier lieu avec effet immédiat par ordonnance du 25 avril 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
-le code de l'urbanisme ;
-le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
-le rapport de M. Baude, rapporteur,
-les conclusions de M. Louvel, rapporteur public,
-et les observations de Me Lalanne représentant la SCI Anjecla et de Mme B représentant la commune de Pontoise.
Considérant ce qui suit :
1. La SCI Anjecla, propriétaire d'une parcelle située 40 rue de Martimprey à Pontoise, a déposé une demande de certificat d'urbanisme opérationnel pour la réalisation d'une maison d'habitation. Ce projet a été déclaré non réalisable par le maire de la commune de Pontoise, qui le 28 janvier 2021 lui a délivré un certificat d'urbanisme opérationnel défavorable. Par la présente requête, la SCI demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, le certificat attaqué est signé par M. A C adjoint au maire de la commune de Pontoise, lequel bénéficie d'une délégation de signature que lui a consentie le maire de la commune de Pontoise en matière d'urbanisme réglementaire par un arrêté du 6 juillet 2020 entré en vigueur le 8 juillet 2020. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire du certificat d'urbanisme manque en fait et doit être écarté.
3. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que la parcelle faisant l'objet du certificat d'urbanisme négatif attaqué est pour sa partie Nord grevée d'une servitude d'espace paysager à protéger. Par suite, la parcelle est bien incluse dans le périmètre à protéger du plan local d'urbanisme de la commune de Pontoise, contrairement à ce que fait valoir la SCI.
4. En troisième lieu, la requérante soutient que le maire de la commune ne pouvait se fonder sur le classement du terrain en espace paysager à protéger dans les documents graphiques du plan local d'urbanisme pour conclure à son inconstructibilité, dès lors que son projet de construction est situé dans le prolongement du front bâti existant à l'alignement de la rue de Martimprey, nécessaire à la préservation d'un tel espace paysager. Il ne ressort toutefois pas des termes de l'arrêté que le maire se soit fondé sur des dispositions écrites du règlement du plan local d'urbanisme pour conclure à l'inconstructibilité du terrain. Dès lors il y a lieu d'écarter le moyen comme inopérant.
5. En quatrième lieu aux termes de l'article I.1.a du règlement de l'aire de mise en valeur de l'architecture et du patrimoine (AVAP)- Assurer la pérennité des entités paysagères remarquables () : " les entités paysagères remarquables sont inconstructibles sauf extensions mesurées des constructions existantes et sous réserve d'une bonne insertion dans l'environnement () Concernant les jardins et espaces libres : - les jardins et espaces libres restent non bâties sauf à pouvoir justifier de projet d'intérêt public dont l'architecture présente un parti pris d'insertion paysagère en adéquation avec la structure paysagère considérée () ".
6. Pour refuser de délivrer un certificat d'urbanisme opérationnel à la SCI Anjelca, le maire de la commune de Pontoise s'est fondé sur la circonstance que le terrain était situé dans le périmètre d'une entité paysagère remarquable et qu'en application des dispositions de l'AVAP précitées il était inconstructible. Il ressort des pièces du dossier que l'unité foncière faisant l'objet de la demande de certificat est classée dans le plan de protection et de mise en valeur comme entité paysagère remarquable et ne comporte aucune construction existante. Si la SCI fait valoir que la maison d'habitation projetée s'inscrit à l'alignement dans la continuité du front bâti existant le long de la rue de Martimprey, cette circonstance ne peut faire regarder l'habitation projetée comme l'extension d'une construction existante qui rendrait le terrain d'assiette constructible. Par suite, la requérante n'est pas fondée que la commune a méconnu l'article I.1.a du règlement de l'aire de mise en valeur de l'architecture et du patrimoine.
7. En cinquième lieu, les dispositions précitées de l'article I.1.a du règlement de l'aire de mise en valeur de l'architecture et du patrimoine rendent inconstructibles les parcelles sur lesquelles aucune construction n'existent. Cette servitude est toutefois limitée dès lors que ces dispositions préservent la possibilité d'étendre les constructions existantes et autorisent les constructions d'intérêt public. Les restrictions au droit de construire sont ainsi portées dans l'intérêt de la préservation des paysages inclus dans l'aire de mise en valeur de l'architecture et du patrimoine et ne portent pas une atteinte disproportionnée au droit de propriété. Dès lors il y a lieu d'écarter l'exception tirée de leur illégalité.
8. En sixième lieu, aux termes de l'article I.1.f du règlement de l'AVAP, relatif à la préservation des points de vue remarquables : " recommandations : afin de préserver les points de vue identifiés une attention particulière est portée aux projets d'aménagements publics ou privée afin de garantir la pérennité du point de vue ".
9. Si la SCI Anjelca fait valoir que son terrain n'est pas situé dans un cône de vue identifié et que cette notion est absente tant du règlement du plan local d'urbanisme que du plan de protection et de mise en valeur, il ressort de la décision attaquée que le maire s'est contenté de rappeler la simple recommandation à l'attention des constructeurs que les auteurs du règlement ont entendu y exprimer dès lors qu'il a fondé sa décision de refus sur le seul article I.1.a du règlement de l'AVAP.
10. En septième lieu, la SCI fait valoir que son terrain ne se situe pas dans un cône de vue et n'est pas identifié comme tel dans le PSMV. Il ressort toutefois des pièces du dossier ainsi qu'il l'a été dit au point précédent que le maire n'a pas fondé son refus sur l'existence d'un cône de vue. Au demeurant, le terrain de la requérante est un terrain entièrement nu de 1 179 m² séparé de la voie publique par un mur de clôture en brique de près de deux mètres, qui constitue la seule construction sur son emprise. La commune était ainsi fondée à identifier à cet endroit la perspective d'y ouvrir un cône de vue pour déterminer le parti de conservation à retenir pour l'aire de mise en valeur de l'architecture et du patrimoine instituée sur son territoire, en tenant compte tant de la situation existante que des perspectives d'avenir, alors même qu'un mur de clôture était édifié le long de la voie publique.
11. En dernier lieu, la circonstance, à la supposer avérée, que le maire de la commune de Pontoise aurait illégalement autorisé la réalisation d'un projet de construction sur un terrain proche en dépit de l'existence d'un cône de vue n'est pas en elle-même de nature à rendre illégale la décision attaquée, au motif qu'il serait ainsi porté atteinte au principe d'égalité. En tout état de cause, ainsi qu'il a été dit au point 9, aucune disposition du règlement de l'AVAP ne règlemente la constructibilité des terrains situés dans le champ d'un point de vue remarquable.
12. Il résulte de ce qui précède qu'aucun moyen soulevé par la SCI Anjelca ne peut être retenu. Par suite les conclusions en annulation de la requérante et par voie de conséquence, celles en injonction, doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
13. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Pontoise, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la société requérante demande au titre des frais qu'elle a exposés et non compris dans les dépens.
14. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la société requérante, en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, la somme réclamée par la commune au titre des frais qu'elle a exposés et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er :La requête de la SCI Anjelca est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Pontoise tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la SCI Anjecla et à la commune de Pontoise.
Délibéré après l'audience du 17 octobre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Edert, présidente,
M. Baude, premier conseiller,
Mme Chaufaux, première conseillère.
Lu en audience publique le 15 novembre 2023.
Le rapporteur,
signé
F. -E. Baude
La présidente,
signé
S. Edert La greffière,
signé
S. Le Gueux
La République mande et ordonne au préfet du val d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026