mardi 4 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2109761 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | SCP LACOURTE RAQUIN TATAR |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 26 juillet 2021 et un mémoire, enregistré le 18 février 2022, la société Kaufman Broad homes, représentée par la SCP Lacourte Raquin Tatar, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'article 2 de l'arrêté du 22 janvier 2021 par lequel le maire de la commune de Beaumont-sur-Oise a assorti de prescriptions spéciales le permis modificatif qui lui a été délivré pour réaliser un ensemble de cinquante-neuf logements au 66 boulevard Léon Blum ;
2°) de mettre à la charge de la commune la somme de 3 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les prescriptions de l'article 2 de l'arrêté sont illégales pour les motifs suivants :
- elles sont étrangères à l'objet du permis de construire modificatif et ne sont pas nécessaires pour assurer la conformité de ce permis aux règles d'urbanisme ;
- elles sont disproportionnées et ne sont ni précises ni limitées ;
- elles imposent au pétitionnaire de réaliser des équipements publics hors du terrain d'assiette du projet.
Par un mémoire en défense, enregistré le 16 décembre 2021 la maire de la commune de Beaumont-sur-Oise représentée par Me Benoît Jorion conclut au rejet de la requête et demande que soit mise à la charge de la société Kaufman Broad homes la somme de 4 000 euros au titre des frais non compris dans les dépens ;
Il fait valoir que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 01 mars 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 21 mars 2022.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Après avoir entendu au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Baude, rapporteur
- les conclusions de Mme Maisonneuve, rapporteure public,
- et les observations de Me Favain, représentant la commune de Beaumont-sur-Oise.
Considérant ce qui suit :
1. Le maire de la commune de Beaumont-sur-Oise a délivré le 3 juin 2020 à la société Kaufman Broad homes un permis de construire un ensemble immobilier de cinquante-neuf logements sur un terrain situé 66 boulevard Léon Blum à Beaumont-sur-Oise. Il a ensuite délivré à la société un permis de construire modificatif le 22 janvier 2021, assorti de prescriptions dont celle-ci demande l'annulation.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 421-6 du code de l'urbanisme : " Le permis de construire ou d'aménager ne peut être accordé que si les travaux projetés sont conformes aux dispositions législatives et réglementaires relatives à l'utilisation des sols, à l'implantation, la destination, la nature, l'architecture, les dimensions, l'assainissement des constructions et à l'aménagement de leurs abords et s'ils ne sont pas incompatibles avec une déclaration d'utilité publique () ".
3. L'administration ne peut assortir une autorisation d'urbanisme de prescriptions qu'à la condition que celles-ci, entraînant des modifications sur des points précis et limités et ne nécessitant pas la présentation d'un nouveau projet, aient pour effet d'assurer la conformité des travaux projetés aux dispositions législatives et réglementaires dont l'administration est chargée d'assurer le respect. Le titulaire d'une autorisation d'urbanisme est recevable à demander l'annulation d'une ou de plusieurs prescriptions dont celle-ci est assortie. Il peut utilement soulever à l'appui de telles conclusions tout moyen relatif au bien-fondé des prescriptions qu'il critique ou au respect des exigences procédurales propres à leur édiction. Toutefois, le juge ne peut annuler ces prescriptions, lorsqu'elles sont illégales, que s'il résulte de l'instruction qu'une telle annulation n'est pas susceptible de remettre en cause la légalité de l'autorisation d'urbanisme et qu'ainsi ces prescriptions ne forment pas avec elle un ensemble indivisible.
4. La demande de permis de construire modificatif, qui avait pour objet de tenir compte de l'avis de l'architecte des bâtiments de France sur les caractéristiques architecturales du projet initial, portait sur la suppression d'un balcon central sur le bâtiment A, le revêtement des places de stationnement, la plantation d'un alignement d'arbres le long du boulevard Léon Blum dans l'emprise de la parcelle du projet, ainsi que sur les matériaux et les couleurs de la toiture, des souches de cheminées, des façades, des volets roulants, des persiennes, des garde-corps, de l'auvent d'entrée, des menuiseries et des clôtures. Etait en outre joint au dossier de demande de permis le détail des barreaudages des garde-corps.
5. Lorsqu'il se prononce sur une demande de permis de construire modificatif, le maire ne peut assortir sa décision que des seules prescriptions nécessaires pour rendre les modifications apportées au projet initial conformes aux règles d'urbanisme, sans pouvoir remettre en cause, par des prescriptions étrangères à ces modifications, les droits que le pétitionnaire tient du permis initial.
6. L'arrêté accordant le permis de construire modificatif comporte dans son article 2 les prescriptions suivantes : " L'OAP précise que l'espace public doit être de qualité et prendre en compte le risque d'inondation. Un espace public qualitatif doit être réalisé en partenariat avec la ville et le syndicat mixte des berges de l'Oise ainsi qu'avec VNF " ; " Le parcours sportif (pédagogique ou ludique) sera en bois non putrescible, FSC, écoconçus, durables et de filière courte de gestion du bois. " ; " Les espaces verts devront être remblayés et nivelés avec de la terre végétale. Le nivellement devra prendre en compte la gestion des eaux de pluie et les plus hautes eaux de la rivière. " ; " Les allées des espaces verts devront être rendues accessibles aux PMR. " ; " Le mobilier urbain sera en bois non putrescible, FSC, éco-conçus, durables et de filières courtes de gestion du bois. " ; " La voie verte ou piste cyclable avec chemin piéton devra être signalé, jalonné, une continuité devra être mise en place avec voies adjacentes. Des ranges-vélo devront être proposés. " ; et " Le réaménagement du giratoire ou carrefour et des voiries devront être conformes aux instructions ministérielles, règlement de voirie et au guide du CEREMA ". Il ressort des pièces du dossier que ces prescriptions sont étrangères à l'objet du permis de construire modificatif. La société Kaufman Broad homes est par suite fondée à soutenir que le maire a entaché sa décision d'une erreur de droit.
7. Le maire a également assorti sa décision de la prescription suivante : " Les plantations et ensemencements devront s'intégrer aux contraintes du site et aux modes de gestion durable ". Si une telle prescription était en lien avec le permis de construire modifié en tant qu'il prévoit la plantation d'arbres, le maire ne pouvait toutefois valablement l'opposer au pétitionnaire qu'à la condition qu'elle soit nécessaire pour rendre le projet modifié conforme aux règles d'urbanisme. Or, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'une telle prescription, au demeurant exprimée en termes vagues et généraux, était nécessaire pour rendre le projet conforme aux orientations d'aménagement et de programmation du secteur " piscine " du plan local d'urbanisme de la commune, lesquelles se bornaient à exiger un traitement paysager " particulièrement soigné " du site. Il s'ensuit que la requérante est fondée à soutenir que la prescription relative aux plantations était illégale, faute d'être précise, limitée et nécessaire.
8. Pour l'application des dispositions de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun des autres moyens de la requête n'est susceptible, en l'état du dossier, de fonder l'annulation de la décision contestée.
Sur les conclusions relatives aux frais non compris dans les dépens :
9. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative faisant obstacle à ce que soit mise à la charge de la société Kaufman Broad Homes, qui n'est pas la partie perdante, une somme à ce titre, les conclusions de la commune de Beaumont-sur-Oise en ce sens doivent être rejetées.
11. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, en application de ces mêmes dispositions, de mettre à la charge de la commune de Beaumont-sur-Oise une somme de 2 000 euros qu'elle paiera à la société Kaufman Broad Homes, au titre des frais non compris dans les dépens que cette dernière a exposés.
D E C I D E :
Article 1er: L'article 2 de l'arrêté du 22 janvier 2021 du la maire de la commune de Beaumont-sur-Oise est annulée.
Article 2 :La commune de Beaumont-sur-Oise versera à la société Kaufman Broad homes une somme de 2000 euros en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Article 3 :Les conclusions de la maire de la commune de Beaumont-sur-Oise relatives aux frais non compris dans les dépens sont rejetées.
Article 4 :Le présent jugement sera notifié à la société Kaufman Broad homes et à la maire de la commune de Beaumont-sur-Oise
Délibéré après l'audience du 20 septembre 2022 à laquelle siégeaient :
M. Thierry, président,
M. Baude, conseiller,
Mme Zaccaron Guérin, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 octobre 2022.
Le rapporteur,
signé
F.-E. Baude Le président
signé
P. Thierry
La greffière,
signé
S. Le GueuxLa République mande et ordonne au préfet du Val-D'oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
No 21097612
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026