jeudi 7 novembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2109814 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 11ème Chambre |
| Avocat requérant | BAZIN & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires enregistrés les 27 juillet 2021, 29 mars 2023 et 8 mai 2023, Mme D E, représentée par Me Peru puis par Me Tourniquet, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite acquise le 26 juin 2021, par laquelle le centre hospitalier Rives de Seine a rejeté sa demande tendant à la régularisation de son avancement à l'échelon 8 à compter du 1er janvier 2019 ainsi que sa demande tendant à ce que le taux de 40% au titre de son taux d'incapacité permanente soit retenu ;
2°) d'enjoindre au centre hospitalier Rives de Seine de la régulariser de manière rétroactive à l'échelon 8 au 1er janvier 2019 et de lui reconnaître un taux d'invalidité permanente de 40% et de procéder à l'indemnisation de son accident de travail sur ce fondement et ce à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge du centre hospitalier Rives de Seine la somme de 3 000 euros au titre de l'article 700 du code de procédure civile.
Mme E soutient que la décision attaquée :
- méconnait les dispositions de l'article 67 de la loi n°86-33 du 9 janvier 1986 en ce qu'elle aurait dû être promue au 8e échelon de son grade ;
- méconnait les dispositions de l'article 1er de l'arrêté du 4 août 2004 relatif aux commissions de réforme des agents de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière et du décret n°60-58 du 11 janvier 1960 en ce que le centre hospitalier s'est abstenu de prendre une décision à la suite des avis de la commission de réforme du 10 avril 2018 et du 17 octobre 2018, bloquant son dossier de retraite.
Par deux mémoires en défense enregistrés les 10 février 2023 et 19 avril 2023, le centre hospitalier Rives de Seine, représenté par Me Bazin, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de Mme E en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 26 juin 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 26 juillet 2023.
Les parties ont été informées le 23 septembre 2024, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions à fin d'annulation dirigées contre la décision implicite du centre hospitalier Rives de Seine en date du 26 juin 2021 refusant de fixer son taux d'incapacité permanente à 40%, dès lors que cette décision ne présentait pas un caractère décisoire et n'avait pas pour effet de refuser à Mme E le bénéfice d'une allocation temporaire d'invalidité ou d'une pension d'invalidité dans le cadre de sa retraite et dont il n'est pas établi qu'elles aient été sollicitées.
Les parties ont été invitées le 23 septembre 2024, en application de l'article R. 613-1-1 du code de justice administrative, à produire l'ensemble des arrêtés relatifs aux grades et aux changements d'échelon de la requérante à compter de sa titularisation le 1er janvier 1999 en qualité d'agent de services hospitaliers, notamment l'arrêté fixant son passage au grade d'aide-soignant, jusqu'au dernier arrêté du 22 janvier 2021.
Ces pièces ont été produites par le centre hospitalier Rives de Seine le 24 septembre 2024.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- l'ordonnance n°2109603 rendue le 12 août 2021 par le juge des référés du tribunal administratif de Cergy-Pontoise rejetant la requête en référé-suspension.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n°86-33 du 9 janvier 1986, portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière ;
- le décret n°2005-442 du 2 mai 2005, relatif à l'attribution de l'allocation temporaire d'invalidité aux fonctionnaires relevant de la fonction publique territoriale et de la fonction publique hospitalière ;
- le code de justice administrative.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. d'Argenson, président ;
- et les conclusions de Mme Charlery, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme E est entrée au service du centre hospitalier Rives de Seine le 1er octobre 1995 en tant qu'aide-soignante et a été titularisée en qualité d'agent des services hospitaliers le 18 janvier 1999. Le 26 juillet 2013, elle a été victime d'un accident reconnu imputable au service. Sur le fondement d'une expertise réalisée par le docteur F le 6 mars 2018, la commission de réforme a émis un avis favorable à la reconnaissance d'un taux d'incapacité permanente partielle (IPP) de 40% et à la consolidation de son état à la date de cette expertise. Le 30 avril 2018, le centre hospitalier Rives de Seine a toutefois informé le comité médical de sa volonté de ne pas suivre cet avis et a, par la suite, diligenté une contre-expertise au terme de laquelle le docteur B a conclu, le 12 novembre 2019, à un taux d'IPP de 3%. Par un arrêté du 5 avril 2019, le centre hospitalier Rives de Seine a promu Mme E au 5ème échelon de son grade d'aide-soignante puis, par un arrêté du 22 janvier 2021, au 6ème échelon de son grade. Par un arrêté du 22 mars 2021, Mme E a été admise à faire valoir ses droits à la retraite à compter du 24 mars 2021. Par une lettre reçue le 26 avril 2021, Mme E a demandé au centre hospitalier Rives de Seine de régulariser son avancement au 8ème échelon de son grade avec effet rétroactif au 1er janvier 2019 et de lui reconnaître un taux d'IPP de 40% imputable à son accident de service, puis de procéder à la régularisation de l'indemnisation des soins et arrêts de travail en résultant. Sa demande ayant été implicitement rejetée le 26 juin 2021, elle demande l'annulation de ces décisions implicites de rejet.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la décision implicite rejetant la demande de reconnaissance d'un taux d'IPP de 40% imputable à l'accident de service :
2. Mme E soutient que, si aucune décision ne fixant son taux d'incapacité permanente partielle ne lui a été notifiée, son employeur a retenu un taux d'IPP de 3%, qui fait obstacle à ce qu'elle perçoive une allocation temporaire d'invalidité, sur la base de l'expertise effectuée le 12 novembre 2019 par le docteur B, faisant elle-même suite à une précédente expertise du docteur A concluant au même taux le 10 février 2016, en contradiction avec le taux de 40% retenu par la commission de réforme le 10 avril 2018. Toutefois, il ne ressort pas des pièces du dossier et il n'est pas allégué que Mme E aurait sollicité le bénéfice de l'allocation temporaire d'invalidité ou une pension d'invalidité. Dans ces conditions, cette décision de refus implicite, qui ne présente pas un caractère décisoire, ne fait, par elle-même, pas grief.
3. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation dirigées contre la décision implicite du centre hospitalier Rives de Seine en date du 26 juin 2021 refusant de fixer le taux d'incapacité permanente de Mme E à 40% doivent être rejetées comme irrecevables.
En ce qui concerne la décision implicite de rejet de la demande de régularisation d'avancement :
4. Il ressort des pièces du dossier que Mme E a bénéficié d'un avancement au 5ème échelon au 1er février 2018, puis au 6ème échelon au 1er février 2020, respectivement par arrêtés du 5 avril 2019 et du 22 janvier 2021, arrêtés non contestés et correspondant à la grille indiciaire de son grade ainsi qu'aux arrêtés d'échelon pris depuis 1999. Mme E produit aucun document, ni aucun argument utile, permettant d'établir qu'elle aurait dû être classée au 8ème échelon. Les conclusions dirigées contre le refus du centre hospitalier Rives de Seine de procéder à la régularisation rétroactive de l'intéressée au 8ème échelon doivent donc être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
5. Le présent jugement n'appelle aucune mesure d'injonction et d'astreinte.
Sur les frais du litige :
6. Il n'y a pas lieu de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative au profit de l'une ou l'autre partie.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme E est rejetée.
Article 2 : Les conclusions du centre hospitalier Rives de Seine présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme D E et au centre hospitalier Rives de Seine.
Délibéré après l'audience du 10 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
M. d'Argenson, président,
M. Prost, premier conseiller,
M. Robert, premier conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 7 novembre 2024.
Le président-rapporteur,
signé
P.-H. d'ArgensonL'assesseur le plus ancien
dans l'ordre du tableau,
signé
F.-X. ProstLa greffière,
signé
M. C
La République mande et ordonne à la ministre de la santé et de l'accès aux soins en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
N°2109814
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026