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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2109816

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2109816

mardi 16 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2109816
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation2ème Chambre
Avocat requérantORHANT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et trois mémoires enregistrés le 30 juillet 2021, le 7 septembre 2021, le 18 septembre 2023 et le 28 décembre 2023, et un mémoire enregistré le 13 février 2024, non communiqué, M. B A, représenté par Me Orhant, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a implicitement refusé d'enregistrer sa demande d'asile en procédure normale ;

2°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui fixer un rendez-vous afin d'enregistrer sa demande d'asile et de lui délivrer une attestation de demandeur d'asile, dans le délai de trois jours à compter de la notification de l'ordonnance à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

3°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

4°) en cas d'admission à l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 1500 euros sur le fondement des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve qu'elle renonce à percevoir la part contributive de l'Etat ;

5°) à défaut d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1500 euros à lui verser sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle méconnaît l'article 9 du règlement CE n°1560/2003 dès lors que rien ne permet de s'assurer que l'Allemagne a été effectivement informée par le préfet des Hauts-de-Seine de la prolongation du délai de transfert dans le délai de six mois suivant l'accord donné par les autorités allemandes ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 773-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 29.2 du règlement UE n°604/2013 du 26 juin 2013 et est entachée d'une erreur d'appréciation au regard de ces dispositions dès lors que la France est désormais l'Etat responsable de l'examen de sa demande d'asile.

Par un mémoire en défense enregistré 17 novembre 2023, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au non-lieu à statuer sur la requête.

Il soutient que la requête est désormais dépourvue d'objet dès lors qu'il a enregistré la demande d'asile de M. A le 22 avril 2022 qui a été rejetée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 28 juillet 2022, puis par la Cour nationale du droit d'asile, le 27 mars 2023.

Par une décision en date du 27 juin 2022, le bureau d'aide juridictionnelle établi près le tribunal judiciaire de Pontoise a accordé à M. A le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Richard, première conseillère, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant pakistanais né le 20 mai 1988, a vu sa demande d'asile enregistrée en procédure dite " Dublin " le 25 février 2020. Le 1er juillet 2020, le préfet des Hauts-de-Seine lui a notifié un arrêté de transfert vers l'Allemagne que le tribunal a annulé le 22 juillet 2020. Le 5 août 2020, le préfet des Hauts-de-Seine a, à nouveau, pris un arrêté de transfert à son encontre vers les autorités allemandes, qui a été annulé le 2 septembre 2020 par le tribunal. Par la présente requête, M. A demande au tribunal d'annuler la décision par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a implicitement rejeté sa demande, présentée par un courriel du 13 avril 2021, d'enregistrement de sa demande d'asile.

Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :

2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'application des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée par la juridiction compétente ou son président () ".

3. Par une décision du 27 juin 2022, le bureau d'aide juridictionnelle établi près le tribunal judiciaire de Pontoise a admis M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Ainsi, les conclusions tendant à l'admission du requérant au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire sont devenues sans objet. Par suite, il n'y a plus lieu d'y statuer.

Sur l'exception de non-lieu à statuer soulevée par le préfet des Hauts-de-Seine :

4. Il ressort des pièces du dossier que, postérieurement à l'introduction de la requête, le préfet des Hauts-de-Seine a enregistré la demande d'asile de M. A en procédure accélérée le 22 avril 2022. Par ailleurs, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a rejeté sa demande d'asile le 28 juillet 2022, décision confirmée par la Cour nationale du droit d'asile le 27 mars 2023. Le requérant, qui a produit des observations en réponse au mémoire du préfet des Hauts-de-Seine qui lui a été communiqué, ne conteste pas ces éléments. En conséquence, les conclusions aux fins d'annulation présentées par le requérant sont devenues sans objet ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction sous astreinte. Par suite, il n'y a plus lieu d'y statuer.

Sur les frais liés au litige :

5. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

D E C I D E :

Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la demande d'admission de M. A au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : Il n'y a pas lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction sous astreinte présentées par M. A.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4: Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet des Hauts-de-Seine.

Délibéré après l'audience du 26 mars 2024, à laquelle siégeaient :

M. Huon, président ;

Mme Richard, première conseillère ;

Mme Froc, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 avril 2024.

La rapporteure,

signé

A. RICHARD

Le président,

signé

C. HUON

La greffière,

signé

A. TAINSA

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2109816

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