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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2109821

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2109821

mardi 22 novembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2109821
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantMAILLET

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 30 juillet 2021 et des mémoires enregistrés le 2 août 2021 et le 30 août 2022, M. F, représenté par Me Maillet, demande au tribunal :

1°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire ;

2°) d'annuler l'arrêté du 27 juillet 2021 par lequel le préfet du Val-d'Oise a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit ;

3°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer un titre de séjour temporaire, ou à tout le moins, de réexaminer sa situation, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à intervenir ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat, outre les entiers dépens, une somme de 2000 euros à verser à Me Maillet au titre des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique.

Il soutient que :

En ce qui concerne le refus de titre de séjour :

- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence de sa signataire ;

- il est insuffisamment motivé ;

- il est entaché d'un vice de procédure, dès lors qu'il n'est pas démontré que la commission du titre de séjour a bien émis un avis et que celui-ci ne lui a pas été communiqué en méconnaissance de l'article R. 312-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (anciennement R. 432-14) ;

- il méconnaît le droit au respect de la présomption d'innocence garanti par l'article 9-1 du code civil, l'article préliminaire du code de procédure pénale et le 2 de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que les exigences du contradictoire et le droit à un procès équitable prévu par ce dernier article ;

- il méconnaît les dispositions du 5° de l'article R 40-29 du code de procédure pénale régissant l'accès à une procédure en cours protégée par le secret de l'instruction ;

- il est entaché d'une erreur de fait dès lors qu'il a produit le formulaire de demande d'autorisation renseigné par l'employeur en toute bonne foi et que les agissements de la société La Source ne lui sont pas imputables ;

- il est entaché d'une erreur de droit, le préfet s'étant estimé lié par l'avis défavorable de la commission du titre de séjour ;

- il méconnaît l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il méconnaît la circulaire n° NOR INTK1229185C du 28 novembre 2012 ;

- il méconnaît l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il méconnaît l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'il est atteint depuis de nombreuses années de diabète et a d'ailleurs bénéficié pour cette raison pendant plusieurs années d'un titre de séjour ; c'était le motif premier de sa demande de renouvellement de titre de séjour ;

- il méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Par un mémoire en défense, enregistré le 29 septembre 2022, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. F ne sont pas fondés.

M. F a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 2 mai 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code civil ;

- le code de procédure pénale ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de M. D, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. F, ressortissant ivoirien, né le 7 mars 1965, a déclaré être entré en France en 2006. Il a bénéficié à compter du 15 juillet 2010 d'un titre de séjour en qualité d'étranger malade, régulièrement renouvelé jusqu'en 2016. Par arrêté du 9 septembre 2016 le préfet de police a rejeté la demande tendant au renouvellement de son titre de séjour en tant qu'étranger malade ou à son admission exceptionnelle au séjour par la voie d'un changement de statut, et l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai d'un mois. Par un jugement n°1617526 du 9 mars 2017, le tribunal administratif de Paris a annulé l'arrêté du 9 septembre 2016 et enjoint au préfet de police de procéder au réexamen de la situation de M. F. Constatant que le préfet de police ne rapportait pas la preuve qu'il avait exécuté le jugement du 9 mars 2017, le président du tribunal administratif de Paris a ouvert par une ordonnance du 19 décembre 2019 une procédure juridictionnelle en vue de prescrire les mesures d'exécution de ce jugement. Le préfet du Val-d'Oise a, par un arrêté du 27 juillet 2021, rejeté la demande d'admission exceptionnelle au séjour présentée par M. F sur le fondement de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de 30 jours, et a fixé le pays de destination. M. F demande l'annulation de cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, l'arrêté attaqué a été signé par Mme G H, adjointe au directeur des migrations et de l'intégration de la préfecture du Val-d'Oise, qui avait reçu du préfet de ce département, par arrêté n° 20-046 du 17 novembre 2020, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le même jour, délégation à l'effet de signer notamment les décisions de refus de titre de séjour. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de la décision contestée doit être écarté comme manquant en fait.

3. En deuxième lieu, l'arrêté attaqué, en tant qu'il porte refus de délivrance d'un titre de séjour, comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et est, ainsi, suffisamment motivé.

4. En troisième lieu, il résulte des dispositions de l'article R. 312-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que l'avis motivé de la commission du titre de séjour doit être transmis à l'intéressé et au préfet avant que ce dernier ne statue sur la demande dont il a été saisi. Une telle communication constitue une garantie instituée au profit de l'étranger qui doit connaître le sens et les motifs de l'avis de la commission avant que le préfet ne prenne sa décision.

5. Il ressort des pièces du dossier que la commission du titre de séjour, dans sa séance du 25 janvier 2019, devant laquelle M. F régulièrement convoqué s'est présenté, a émis un avis défavorable à la demande de l'intéressé au motif qu'il " n'a pas reconnu lui-même les deux enfants nés en France " et que la promesse d'embauche qu'il a produit restait à authentifier. Il ressort du procès-verbal de cette séance, qui comporte la signature de M. F, que ce dernier a eu communication de l'avis rendu par la commission du titre de séjour du 25 janvier 2019. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure doit être écarté.

6. En quatrième lieu, la décision en litige ne constituant pas une sanction, mais une mesure de police administrative tendant à assurer le maintien de l'ordre public et de la sécurité ou, le cas échéant, la prévention des infractions, il ne peut être utilement invoqué à l'encontre de cette mesure le principe de la présomption d'innocence garanti notamment par l'article 9-1 du code civil et les stipulations du 2 de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. M. F ne peut davantage utilement soutenir que le droit à un procès équitable et le caractère contradictoire de la procédure garanti par les stipulations de ce dernier article ont été méconnus, pas plus qu'il ne peut utilement invoquer, compte tenu des effets de l'arrêté attaqué, que celui-ci porte atteinte à sa liberté fondamentale d'aller et venir. Il suit de là que les moyens invoqués doivent être écartés.

7. En cinquième lieu, pour refuser à M. F son admission exceptionnelle au séjour, le préfet du Val-d'Oise s'est fondé, notamment, sur la circonstance que l'intéressé a fourni une demande d'autorisation de travail établie par la société La Source Services, qui après vérification s'est avéré être un faux. M. F soutient qu'il a produit le pack employeur fourni par la société La Source Services en toute bonne foi et qu'on ne saurait lui reprocher les agissements de cette société dont il n'est pas responsable. Toutefois, la bonne foi du requérant, à la supposer réelle, ne suffit pas pour établir que le préfet, en retenant que M. F avait fourni à l'appui de sa demande un faux pack employeur, s'est fondé sur des faits matériellement inexacts. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de fait doit être écarté.

8. En sixième lieu, aux termes de l'article R 40-29 du code de procédure pénale : " Dans le cadre des enquêtes prévues à l'article 17-1 de la loi n° 95-73 du 21 janvier 1995, aux articles L. 114-1, L. 114-2, L. 211-11-1, L. 234-1 et L. 234-2 du code de la sécurité intérieure et à l'article L. 4123-9-1 du code de la défense, les données à caractère personnel figurant dans le traitement qui se rapportent à des procédures judiciaires en cours ou closes, à l'exception des cas où sont intervenues des mesures ou décisions de classement sans suite, de non-lieu, de relaxe ou d'acquittement devenues définitives, ainsi que des données relatives aux victimes, peuvent être consultées, sans autorisation du ministère public, par : () 5° Les personnels investis de missions de police administrative individuellement désignés et spécialement habilités par le représentant de l'Etat. L'habilitation précise limitativement les motifs qui peuvent justifier pour chaque personne les consultations autorisées. Lorsque la consultation révèle que l'identité de la personne concernée a été enregistrée dans le traitement en tant que mise en cause, l'enquête administrative ne peut aboutir à un avis ou une décision défavorables sans la saisine préalable, pour complément d'information, des services de la police nationale ou des unités de la gendarmerie nationale compétents et, aux fins de demandes d'information sur les suites judiciaires, du ou des procureurs de la République compétents. Le procureur de la République adresse aux autorités gestionnaires du traitement un relevé des suites judiciaires devant figurer dans le traitement d'antécédents judiciaires et relatif à la personne concernée. Il indique à l'autorité de police administrative à l'origine de la demande si ces données sont accessibles en application de l'article 230-8 du présent code. "

9. M. F invoque l'irrégularité de la procédure suivie, au regard de ces dispositions, lesquelles limitent les possibilités de consultation du traitement des antécédents judiciaires sans autorisation du ministère public et imposent leur réalisation par un agent spécialement habilité par le représentant de l'Etat. Toutefois, l'arrêté attaqué est fondé sur la circonstance que le requérant a fourni une fausse demande d'autorisation de travail, établie par la société " La source Services ", laquelle s'est révélée à l'occasion d'une enquête diligentée par la direction départementale de la police aux frontières (DDPAF) du Val-d'Oise être une société fictive fournissant de faux kits employeur, la matérialité des faits établie par les constatations des services de police n'étant pas au demeurant remise en cause dans le cadre de la présente instance. Il ne ressort pas des pièces du dossier que pour prendre l'arrêté attaqué, le préfet du Val-d'Oise a procédé à la consultation du traitement des antécédents judiciaires du requérant. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance du 5° de l'article R. 20-29 du code de procédure pénale est inopérant et doit être écarté.

10. En septième lieu, aux termes de l'article de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14 () ".

11. M. F fait valoir qu'il séjourne habituellement en France depuis vingt-trois ans à la date de l'arrêté attaqué et il réfute tout usage de faux dès lors qu'il ignorait que le contrat de travail signé, la promesse d'embauche et la demande d'autorisation de travail qui lui ont été délivrés par la société " La source service " étaient des faux. Toutefois, il justifie de sa résidence habituelle en France, par les pièces qu'il produit, au mieux depuis l'année 2008, soit quatorze ans et non vingt-trois à la date de l'arrêté attaqué. Par ailleurs, à supposer même que le requérant, qui ne figure pas au nombre des personnes ayant reconnu leur implication dans le réseau démantelé par les services de police, n'a pas eu connaissance de l'activité frauduleuse de la société " La source service ", il ne produit aucun élément de nature à établir qu'il justifie d'une insertion professionnelle particulière en France. Dans ces conditions, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'admission au séjour en France de M. F répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard de motifs exceptionnels. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

12. En huitième lieu, il ne ressort pas non plus des pièces du dossier, et notamment des termes de l'arrêté attaqué, que le préfet s'est cru lié par l'avis défavorable émis par la commission du titre de séjour sur la demande de titre de séjour présentée par M. F.

13. En neuvième lieu, M. F ne peut utilement invoquer les énonciations de la circulaire du 28 novembre 2012 du ministre de l'intérieur qui ne contient que de simples orientations générales et n'est pas opposable à l'administration en application des dispositions des articles L. 312-2 et L. 312-3 du code des relations entre le public et l'administration.

14. En dixième lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ". L'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales stipule que : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. () 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".

15. Le requérant fait valoir qu'il séjourne en France depuis 1998, qu'il est père d'un enfant né à Paris en 2000 et il produit l'acte de naissance d'une autre enfant, E D*** née en Allemagne le 2 juin 2005 de son union avec Mme D***. Toutefois, en se bornant à produire une reconnaissance d'enfant à naitre faite le 30 juin 1999 avec une autre femme, Mme A***, il ne justifie pas être le père d'un enfant né en 2000. En outre, il n'apporte aucune précision et aucun justificatif concernant la réalité et l'intensité de sa relation avec sa fille née en 2005 en Allemagne. Il ressort par ailleurs de l'arrêté attaqué que M. F conserve des attaches en Côte d'Ivoire où résident son épouse et quatre autres de ses enfants dont trois mineurs à la date de l'arrêté attaqué. Dans ces conditions, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en prenant l'arrêté attaqué, le préfet du Val-d'Oise a porté au droit du requérant au respect de sa vie privée et familiale une atteinte excessive. Dès lors, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, dirigé contre le refus de délivrance d'un titre de séjour et l'obligation de quitter le territoire français, doivent être écartés.

16. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. ".

17. Il ne ressort pas des pièces du dossier que la demande de titre de séjour de M. F a été présentée sur le fondement des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le préfet du Val-d'Oise, qui n'y était pas tenu, n'a pas examiné la situation du requérant au regard de ces dispositions. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile est inopérant et doit être écarté.

18. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de la requête de M. F doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction et celles relatives aux frais non compris dans les dépens :

19. Les conclusions à fin d'annulation de M. F devant être rejetées, il s'ensuit que doivent l'être également, d'une part, ses conclusions à fin d'injonction, puisque la présente décision n'appelle ainsi aucune mesure d'exécution, et d'autre part, celles tendant à l'application des dispositions de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, ces dispositions faisant obstacle à ce que le tribunal fasse bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge.

Sur les conclusions à fin d'application des dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative :

20. La présente instance n'ayant pas donné lieu à la liquidation de dépens, les conclusions de M. F tendant à la condamnation de l'Etat aux entiers dépens ne peuvent qu'être rejetées.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. F est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C F et au préfet du Val-d'Oise.

Délibéré après l'audience du 8 novembre 2022, à laquelle siégeaient :

M. Thierry, président,

M. D et M. B, premiers conseillers,

Assistés de M. Lux, greffier.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 novembre 2022.

Le rapporteur,

T. D

Le président,

P. ThierryLe greffier,

F. Lux

La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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