jeudi 13 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2109830 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET PIWNICA & MOLINIE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire récapitulatif, enregistrés les 26 juillet 2021 et 26 avril 2022, la société Financière LOGIMMO et Développement, représentée par Me Scanvic, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 26 mai 2021 par laquelle le grand port fluvio-maritime de l'axe Seine (HAROPA) a ordonné la restitution du terrain qu'elle occupe, route du Bassin n° 6 sur le port de Gennevilliers, libre de tout occupant, nu de toute construction ou installation, éléments de fondation compris et éteint de l'ensemble des autorisations réglementaires liées à l'exploitation du site ;
2°) de mettre à la charge de HAROPA la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
Elle soutient que :
- la requête est recevable dès lors que le courrier du 26 mai 2021 est une mesure de résiliation de la convention d'occupation du domaine public dont elle bénéficiait, par reconduction tacite, depuis un avenant de 1978 à cette convention ;
- HAROPA n'est pas fondé à lui réclamer la démolition des installations et fondations antérieures à la convention d'occupation du domaine public du 6 décembre 1972 ;
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 6 janvier et 31 mai 2022, l'établissement HAROPA, représenté par Me Vandepoorter, conclut, à titre principal, à l'irrecevabilité de la requête, à titre subsidiaire, au rejet des conclusions à fin d'annulation, et demande qu'une somme de 5 000 euros soit mise à la charge de la société LOGIMMO au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que la requête est irrecevable à trois égards, dès lors, d'une part, que la décision attaquée n'est pas une résiliation mais une mesure d'exécution de la convention d'occupation du domaine public, et n'est pas susceptible de recours pour excès de pouvoir, d'autre part, qu'à supposer qu'il s'agisse d'une résiliation, la société requérante a eu connaissance du non-renouvellement de la convention en juin 2020, et que la requête serait ainsi tardive, et enfin, qu'à supposer qu'une reconduction tacite de la convention serait intervenue le 1er janvier 2019, elle serait contraire à l'ordonnance du 19 avril 2017 et illégale, et que la requérante n'aurait ainsi aucun droit ni titre à occuper le terrain litigieux. Sur le fond, elle fait valoir qu'aucun des moyens n'est fondé.
Par une ordonnance du 22 juin 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 5 septembre 2022 à 16 heures.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la propriété des personnes publiques ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience du 16 novembre 2023.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Bories,
- les conclusions de M. Lebdiri, rapporteur public,
- les observations de Me Piwnica, représentant la société requérante,
- et les observations de Me Boullault, substituant Me Vandepoorter, représentant HAROPA.
Considérant ce qui suit :
1. La société Financière LOGIMMO et Développement (LOGIMMO) occupait un terrain relevant du domaine public fluvial, situé route du Bassin n° 6 sur le port de Gennevilliers, et propriété du grand port fluvio-maritime de l'axe Seine (HAROPA). Par un courrier du 26 mai 2021, HAROPA a invité la société LOGIMMO à lui restituer ce terrain, nu et libre de toute installation, au plus tard le 31 décembre 2021, en application de la convention d'occupation du domaine public qui les lie, en vigueur depuis le 1er janvier 1972 et pour une durée de cinquante ans. La société LOGIMMO demande l'annulation de la décision du 26 mai 2021.
2. Le juge du contrat ne peut, en principe, lorsqu'il est saisi par une partie d'un litige relatif à une mesure d'exécution d'un contrat, que rechercher si cette mesure est intervenue dans des conditions de nature à ouvrir droit à indemnité. Si une partie à un contrat administratif peut, eu égard à la portée d'une telle mesure d'exécution, former devant le juge du contrat un recours de plein contentieux contestant la validité de la résiliation de ce contrat et tendant à la reprise des relations contractuelles, ce juge, saisi par une partie d'un litige relatif à une mesure d'exécution du contrat autre qu'une résiliation, peut seulement rechercher si cette mesure est intervenue dans des conditions de nature à ouvrir droit à indemnité.
3. La décision attaquée du 26 mai 2021, par laquelle l'établissement public HAROPA a invité la société LOGIMMO à lui restituer le terrain qu'elle occupe sur le port de Gennevilliers, nu et libre de toute installation, au plus tard le 31 décembre 2021, constitue, non pas une mesure de résiliation, mais une mesure d'exécution de la convention d'occupation du domaine public qui les lie, arrivée à son échéance, et dont elle tend à assurer la stricte application. Dans ces conditions, la société requérante ne peut pas demander au juge du contrat l'annulation de cette décision. Par suite, les conclusions à fin d'annulation de la société LOGIMMO sont irrecevables. La fin de non-recevoir opposée en ce sens par HAROPA doit dès lors être accueillie.
4. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'établissement HAROPA, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que la société LOGIMMO demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge de la société requérante la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par l'établissement HAROPA et non compris dans les dépens.
Par ces motifs, le tribunal décide :
Article 1er : La requête de la société Financière LOGIMMO et Développement est rejetée.
Article 2 : Il est mis à la charge de la société LOGIMMO la somme de 1 500 euros à verser à l'établissement HAROPA au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Financière LOGIMMO et Développement et au grand port fluvio-maritime de l'axe Seine.
Copie en sera transmise, pour information, au préfet des Hauts-de-Seine.
Délibéré après l'audience du 30 mai 2024 à laquelle siégeaient :
Mme Bories, présidente,
M. Bourragué, premier conseiller,
Mme Goudenèche, conseillère,
Assistés de Mme Nimax, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juin 2024.
La présidente-rapporteure,
signé
C. Bories L'assesseur le plus ancien,
signé
S. Bourragué
La présidente,
C. Van MuylderLa greffière,
signé
S. Nimax
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026