mardi 12 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2109906 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8ème Chambre |
| Avocat requérant | CMS BUREAU FRANCIS LEFEBVRE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 28 juillet 2021 et 13 juillet 2022, la société par actions simplifiées (SAS) Eurosic, représentée par Me Goarant-Moraglia et Me Romanik, demande au tribunal dans le dernier état de ses écritures :
1°) de prononcer la décharge, ou à défaut, la réduction des cotisations de taxe annuelle sur les bureaux, les locaux commerciaux, les locaux de stockage et les surfaces de stationnement, prévue à l'article 231 ter du code général des impôts, qu'elle a acquittées au titre de l'année 2019, à raison d'un ensemble immobilier situé 10-12, Cours Michelet à Puteaux ;
2°) de mettre à la charge de l'État la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La SAS Eurosic soutient que :
- à titre principal, elle ne pouvait pas être assujettie à la taxe annuelle sur les bureaux, les locaux commerciaux, les locaux de stockage et les surfaces de stationnement au titre de l'année en litige, à raison de son immeuble dénommé " Carré Michelet ", dès lors que celui-ci faisait l'objet de travaux, affectant son gros œuvre, et le rendant impropre à toute utilisation, de sorte qu'il avait perdu son caractère d'immeuble bâti ;
- à titre subsidiaire, elle ne pouvait pas être assujettie à cette taxe au titre des parties de l'immeuble qui avaient été entièrement démolies, et les surfaces non-démolies auraient, quant à elles, dû être imposées en qualité de surface de stockage.
Par un mémoire en défense, enregistré le 11 juillet 2023, la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens invoqués par la SAS Eurosic ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Saïh, première conseillère ;
- les conclusions de M. Boriès, rapporteur public ;
- et les observations de Me Romanik, représentant la SAS Eurosic.
Considérant ce qui suit :
1. La SAS Eurosic, propriétaire de l'ensemble immobilier " Carré Michelet " situé 10-12, Cours Michelet à Puteaux, a engagé sur celui-ci d'importants travaux de rénovation. Par une réclamation reçue le 31 décembre 2020, rejetée par l'administration fiscale le 10 juin 2021, elle a demandé le dégrèvement des cotisations de taxe annuelle sur les bureaux, les locaux commerciaux, les locaux de stockage et les surfaces de stationnement qu'elle a acquittées au titre de l'année 2019, estimant que les travaux affectant l'immeuble lui avaient fait perdre sa qualité de propriété bâtie. La SAS Eurosic demande au tribunal de prononcer la décharge ou, à défaut, la réduction de cette imposition.
Sur les conclusions à fin de décharge et de réduction :
2. Aux termes de l'article 231 ter du code général des impôts : " I. - Une taxe annuelle sur les locaux à usage de bureaux, les locaux commerciaux, les locaux de stockage et les surfaces de stationnement est perçue, dans les limites territoriales de la région d'Ile-de-France, composée de Paris et des départements de l'Essonne, des Hauts-de-Seine, de la Seine-et-Marne, de la Seine-Saint-Denis, du Val-de-Marne, du Val-d'Oise et des Yvelines. /II. - Sont soumises à la taxe les personnes privées ou publiques qui sont propriétaires de locaux imposables ou titulaires d'un droit réel portant sur de tels locaux. /La taxe est acquittée par le propriétaire, l'usufruitier, le preneur à bail à construction, l'emphytéote ou le titulaire d'une autorisation d'occupation temporaire du domaine public constitutive d'un droit réel qui dispose, au 1er janvier de l'année d'imposition, d'un local taxable. /III. - La taxe est due : 1° Pour les locaux à usage de bureaux, qui s'entendent, d'une part, des bureaux proprement dits et de leurs dépendances immédiates et indispensables destinés à l'exercice d'une activité, de quelque nature que ce soit, par des personnes physiques ou morales privées, ou utilisés par l'Etat, les collectivités territoriales, les établissements ou organismes publics et les organismes professionnels, et, d'autre part, des locaux professionnels destinés à l'exercice d'activités libérales ou utilisés par des associations ou organismes privés poursuivant ou non un but lucratif ; 2° Pour les locaux commerciaux, qui s'entendent des locaux destinés à l'exercice d'une activité de commerce de détail ou de gros et de prestations de services à caractère commercial ou artisanal ainsi que de leurs réserves attenantes couvertes ou non et des emplacements attenants affectés en permanence à ces activités de vente ou de prestations de service ; 3° Pour les locaux de stockage, qui s'entendent des locaux ou aires couvertes destinés à l'entreposage de produits, de marchandises ou de biens et qui ne sont pas intégrés topographiquement à un établissement de production ; 4° Pour les surfaces de stationnement, qui s'entendent des locaux ou aires, couvertes ou non couvertes, destinés au stationnement des véhicules et qui font l'objet d'une exploitation commerciale ou sont annexés aux locaux mentionnés aux 1° à 3° sans être intégrés topographiquement à un établissement de production. /IV. - Pour l'appréciation du caractère immédiat, attenant et annexé des locaux mentionnés au III et pour le calcul des surfaces visées au 3° du V et au VI, il est tenu compte de tous les locaux de même nature, hors parties communes, qu'une personne privée ou publique possède à une même adresse ou, en cas de pluralité d'adresses, dans un même groupement topographique. /Pour l'appréciation du caractère annexé des surfaces de stationnement mentionnées au 4° du III, il est également tenu compte des surfaces qui, bien que non intégrées à un groupement topographique comprenant des locaux taxables, sont mises à la disposition, gratuitement ou non, des utilisateurs de locaux taxables situés à proximité immédiate. (). ".
3. Il résulte de ces dispositions, issues de l'article 38 de la loi du 30 décembre 1997 de finances pour 1998, et qui, en accroissant les ressources du fonds d'aménagement de la région Île-de-France, visaient à préserver la capacité d'intervention financière de l'État en Île-de-France afin de corriger les déséquilibres de cette région en matière de logement social, de transports collectifs et d'infrastructures de transports, que le propriétaire de locaux à usage de bureaux situé en Île-de-France au 1er janvier de l'année d'imposition est assujetti à la taxe qu'elles prévoient, quel que soit l'état de ces derniers, y compris dans le cas où ils sont rendus temporairement impropres à cet usage.
4. En premier lieu, la SAS Eurosic fait valoir que l'opération de restructuration et d'extension de l'immeuble " Le Carré Michelet ", qui, engagée en 2015, s'est achevée le 25 juillet 2019, a entraîné la démolition de 12 858 m² de surface de plancher existant pour une surface de plancher avant travaux de 22 343 m² environ, notamment par la destruction des deux tourelles ainsi que d'une partie de l'atrium, la création de nouvelles surfaces par la construction d'étages supplémentaires, la dépose de la toiture et de l'atrium liée à la création de nouvelles surfaces sur deux niveaux en ce qui concerne l'aile nord et de cinq niveaux en ce qui concerne l'aile sud, la consolidation des fondations existantes en prévision de la surélévation de l'ensemble immobilier, la restructuration intégrale de la surface restante consistant en la modification de la structure de l'immeuble, le curage et le désamiantage de l'immeuble, la dépose et le remplacement intégral des façades et la recomposition intégrale des partitions intérieures. Toutefois, le constat d'huissier du 2 janvier 2018 produit par la société requérante, assorti de photographies, relève simplement que les façades sont ouvertes, sans fenêtres ni portes, que les sols et les cloisons sont à nu, que les équipements techniques n'ont pas encore été installés, et que la structure des derniers étages de l'immeuble était en cours de construction. En outre, le constat d'huissier du 2 janvier 2018 fait état de ce que la structure du bâtiment a été partiellement démolie et, pour partie, n'a pas encore été complément reconstruite, s'agissant en particulier des derniers étages de l'immeuble. En outre, le procès-verbal de constat établi le 2 janvier 2019 souligne que les travaux litigieux sont en cours de finalisation en relevant notamment que l'immeuble n'est pas totalement pourvu de vitrages, que les éclairages sont provisoires, que les revêtements sont bruts, que les ascenseurs ne sont pas fonctionnels, et que les espaces de travail, les sanitaires, les locaux techniques, et les réseaux de chauffage, ventilation et climatisation ne sont pas encore finalisés. Enfin, selon le planning produit par la société requérante, les travaux portant sur le gros-œuvre ont débuté en novembre 2016 et se sont achevés en janvier 2018. Il résulte ainsi de l'instruction que les locaux litigieux n'avaient pas été complètement démolis, subsistaient à l'état brut de béton au 1er janvier de l'année d'imposition litigieuse et qu'ils avaient vocation à demeurer à usage de bureaux à l'issue des travaux. Dans ces conditions, la réalisation de travaux sur l'immeuble en litige n'était pas de nature à l'exclure du champ d'application des dispositions du 1° du III de l'article 231 ter du code général des impôts. Par suite, c'est à bon droit que l'administration fiscale a, sur le fondement des dispositions de l'article 231 ter du code général des impôts, assujetti la SAS Eurosic à la taxe annuelle sur les bureaux, les locaux commerciaux, les locaux de stockage et les surfaces de stationnement au titre de l'année 2019.
5. En deuxième lieu, la circonstance que l'immeuble " Le Carré Michelet " ne pouvait, au 1er janvier 2019, être regardé comme une propriété bâtie, imposable à la taxe foncière sur les propriétés bâties, est sans incidence sur le bien-fondé de l'imposition à la taxe sur les locaux à usage de bureaux, les locaux commerciaux, les locaux de stockage et les surfaces de stationnement annexées à ces catégories de locaux.
6. En troisième lieu, la SAS Eurosic soutient que les travaux affectant son immeuble auraient entraîné la démolition totale de 43 % de la surface de planchers existante, et que ces surfaces ne pouvaient, dès lors, pas être assujetties à la taxe en litige. Toutefois, en se bornant à produire la notice descriptive et la notice des lots techniques du dossier de demande de permis de construire, un planning prévisionnel des travaux précisant que les démolitions ont eu lieu entre novembre 2016 et avril 2017, ainsi que quatre constats d'huissier des 29 décembre 2015, 30 décembre 2016, 2 janvier 2018 et 2 janvier 2019, dont seul le troisième constate, sans davantage de précision, une démolition partielle de la structure du bâtiment, la société requérante n'établit pas l'ampleur des démolitions qui auraient affecté l'immeuble au 1er janvier de l'année d'imposition en litige. Elle n'est donc, en tout état de cause, pas fondée à soutenir que la surface imposable devrait être réduite en conséquence.
7. En dernier lieu, il est constant que l'immeuble en litige avait vocation à demeurer à usage de bureaux à l'issue des travaux. Dès lors, la SAS Eurosic n'est pas fondée à soutenir que cet immeuble aurait dû être imposé en qualité de local de stockage durant la durée des travaux.
8. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins de décharge et de réduction présentées par la SAS Eurosic doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. L'État n'étant pas, dans cette instance, la partie perdante, il y a lieu de rejeter les conclusions de la SAS Eurosic présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SAS Eurosic est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SAS Eurosic et au directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise.
Délibéré après l'audience du 15 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Bertoncini, président,
Mme Saïh, première conseillère,
Mme Cuisinier-Heissler, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 12 décembre 2023.
La rapporteure,
signé
Z. Saïh
Le président,
signé
T. BertonciniLa greffière,
signé
M. A
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour ampliation, la greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026