mardi 8 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2109978 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 9ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET RACINE PARIS |
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Debourg, rapporteure,
- les conclusions de Mme Chabrol, rapporteure publique,
- et les observations de Me Terroux, représentant le cabinet Racine et représentant la société BP France.
Considérant ce qui suit :
1. M. A B a été embauché le 1er août 1998 par la société BP France, en qualité de responsable du développement. Il détenait depuis le 12 septembre 2011 un mandat de membre du comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail. Son mandat n'ayant pas été renouvelé lors des élections du 27 juin 2013, sa protection en tant que salarié protégé a pris fin le 28 décembre 2013. La société BP France a sollicité de l'inspection du travail le 12 juin 2013 une autorisation de licenciement pour motif disciplinaire, obtenue le 12 août 2013. Par une lettre recommandée avec accusé de réception du 22 août 2013, la société BP France notifiait à M. B son licenciement pour faute grave. Ce dernier a alors formé un recours hiérarchique le 9 octobre 2013 contre la décision du 12 août 2013 de l'inspectrice du travail. Par une décision du 10 février 2014, le ministre du travail a, d'une part, annulé la décision de l'inspectrice du travail du 12 août 2013, pour motivation insuffisante et, d'autre part, rejeté la demande d'autorisation de licenciement de M. B, au motif qu'il n'était plus compétent pour statuer, du fait de l'expiration de la protection en tant que salarié protégé le 28 décembre 2013. La société BP a formé un recours contentieux à l'encontre de cette décision, rejeté par un jugement du tribunal administratif de Cergy le 10 mai 2016. Par un arrêt du 1er octobre 2019, la cour administrative d'appel de Versailles a annulé le jugement précité du tribunal administratif de Cergy, a annulé la décision du ministre du travail en date du 10 février 2014 et a enjoint à l'inspection du travail de se prononcer à nouveau sur la demande d'autorisation de licenciement de M. B. Par un courrier du 19 juin 2020, la société requérante a sollicité l'inspection du travail afin qu'elle statue de nouveau sur sa demande. Par une décision du 11 février 2021, l'inspection du travail a refusé de statuer sur la demande d'autorisation de licenciement de M. B au motif que le lien contractuel n'a pas été renoué, le salarié n'ayant pas été réintégré. Par un courrier du 9 avril 2021, la société BP France a formé un recours hiérarchique à l'encontre de cette décision. Par une décision du 2 juin 2021, la ministre du travail a annulé la décision du 11 février 2021 pour défaut de compétence de son auteur et a rejeté la demande d'autorisation de licenciement en raison de la rupture du contrat de travail du salarié protégé. Par la présente requête, la société BP France eu égard au moyen soulevé doit être regardé comme demandant l'annulation de cette décision en tant que le ministre a rejeté sa demande.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Lorsqu'il annule la décision de l'inspecteur du travail pour un motif tiré de son illégalité, le ministre doit se prononcer sur la demande d'autorisation de licenciement compte tenu des circonstances de droit et de fait existant à la date à laquelle il prend sa propre décision. Toutefois, dans le cas où, à la date à laquelle il statue, l'employeur a déjà notifié le licenciement au salarié en se fondant sur l'autorisation délivrée par l'inspecteur du travail, le ministre reste compétent pour se prononcer sur la demande d'autorisation dès lors que le salarié bénéficiait toujours de la protection instituée par le code du travail à la date du licenciement.
3. En l'espèce, pour rejeter la demande d'autorisation de licencier M. B, la ministre du travail a estimé qu'elle n'était pas compétente pour l'autoriser dès lors que le salarié ne faisait plus partie des effectifs de l'entreprise depuis son licenciement le 22 août 2013. Toutefois, il est constant que ce licenciement n'a été prononcé qu'après avoir obtenu l'autorisation de l'inspection du travail par une décision du 12 août 2013, qui n'est annulée que le 10 février 2014. En outre, il ne ressort d'aucun élément du dossier que M. B aurait renoncé à son droit à réintégration, ni qu'il aurait pris acte de la rupture de son contrat avant la demande d'autorisation de licenciement, ni qu'il aurait souhaité démissionner. Par conséquent, et contrairement à ce que fait valoir la ministre du travail en défense, l'administration n'était pas tenue de se déclarer incompétente pour statuer sur la demande. Par suite, même en l'absence d'une réintégration préalable et effective, la ministre du travail ne pouvait, sans entacher sa décision d'une erreur de droit, considérer que l'intéressé ne faisait plus partie des effectifs de l'entreprise et qu'à ce titre, il n'était pas compétent pour statuer sur la demande d'autorisation de licenciement.
4. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que la décision du 2 juin 2021 par laquelle la ministre du travail a rejeté la demande d'autorisation de licenciement de M. B doit être annulée.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
5. L'exécution du présent jugement implique que la ministre du travail statue à nouveau sur la demande d'autorisation de licenciement présentée par la société BP France à l'encontre de M. B. Il y a lieu d'enjoindre au ministre du travail d'y procéder dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, sans qu'il soit besoin d'assortir cette injonction d'une astreinte.
D É C I D E :
Article 1er : La décision du 2 juin 2021 de la ministre du travail est annulée en tant qu'elle a rejeté la demande d'autorisation de licenciement de M. B.
Article 2 : Il est enjoint au ministre du travail de statuer à nouveau sur la demande d'autorisation de licenciement présentée par la société BP France dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société BP France et à la ministre du travail et de l'emploi et à M. A B.
Délibéré après l'audience du 24 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Le Griel, présidente ;
Mme Fabas, conseillère ;
Mme Debourg, conseillère ;
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 octobre 2024.
La rapporteure,
signé
T. Debourg
La présidente,
signé
H. Le Griel
La greffière,
signé
H. Mofid
La République mande et ordonne à la ministre du travail et de l'emploi en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour ampliation, le greffier
N°2109978
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026