mardi 29 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2110100 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 9ème Chambre |
| Avocat requérant | PILLET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 30 juillet 2021 et 20 septembre 2024, M. B A, représenté par Me Videcoq, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 8 juin 2021 par laquelle Pôle emploi a rejeté son recours gracieux exercé à l'encontre du courrier du 4 juin 2021 lui notifiant un trop-perçu d'allocations de solidarité spécifique pour un montant de 9 471,48 euros ;
2°) de le décharger du paiement de la somme de 9 471,48 euros ;
3°) de mettre à la charge de Pôle emploi la somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision du 8 juin 2021 est entachée d'un vice de forme dès lors qu'elle ne comporte pas les nom et prénom de son auteur en méconnaissance des dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ;
- il n'est pas tenu au remboursement des allocations de solidarité spécifique dès lors que la Cour de cassation a jugé que les revenus de remplacement qu'il avait perçus entre son licenciement et sa réintégration n'avaient pas à être déduits du rappel des salaires dus par son employeur et qu'il pouvait donc cumuler ces revenus de remplacement avec l'indemnisation versée par son employeur résultant de l'annulation de son licenciement pour violation de la liberté fondamentale d'ester en justice.
Par des mémoires en défense enregistrés les 19 octobre 2021, 19 septembre 2023 et 12 septembre 2024, Pôle emploi devenu France Travail, représenté par Me Pillet, conclut au rejet
de la requête de M. A.
Il fait valoir que les moyens soulevés par le requérant ne sont pas fondés et sollicite une substitution de motifs.
Un mémoire a été enregistré le 1er octobre 2024 pour France Travail et qui n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
La présidente de la formation de jugement, a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Fabas, conseillère ;
- les observations de Me Pillet représentant France travail.
Considérant ce qui suit :
1. M. B A, engagé en vertu d'un contrat à durée indéterminée, par la société Euronext Technologies, a été licencié le 13 août 2012 et a été inscrit à compter du 6 février 2013, sur la liste des demandeurs d'emploi. Il a perçu à ce titre l'allocation d'aide au retour à l'emploi (ARE) puis, à l'expiration de ses droits à l'ARE, il a perçu des allocations de solidarité spécifique. Toutefois, le licenciement de M. A a été annulé par un arrêt de la Cour d'appel de Paris du 23 novembre 2016 au motif que son employeur avait porté atteinte à sa liberté fondamentale d'ester en justice et la Cour a ordonné à la société Euronext Technologies de réintégrer M. A et de lui verser le montant des salaires qu'il aurait dû percevoir entre le 15 novembre 2012 et la date effective de sa réintégration déduction faite des sommes qui ont été versées à M. A à titre de revenus de remplacement. Par un arrêt du 21 novembre 2018, la Cour de cassation a cassé l'arrêt de la Cour d'appel mais seulement en tant que la Cour d'appel a jugé qu'il convenait de déduire des sommes dues à M. A au titre du rappel des salaires entre le 15 novembre 2012 et jusqu'à la date effective de sa réintégration, les sommes versées au salarié à titre de revenus de remplacement. Par un courrier du 4 juin 2021, Pôle emploi (devenu France travail) a notifié à M. A un trop-perçu d'allocations de solidarité spécifique pour la période du mois de mars 2015 au mois de janvier 2017 pour un montant de 9 471,48 euros. Le 7 juin 2021, M. A a exercé à l'encontre de ce courrier un recours administratif gracieux. Ce recours a été rejeté par une décision expresse du 8 juin 2021. Par sa requête, M. A demande au tribunal d'annuler la décision du 8 juin 2021.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes des dispositions de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci. ".
3. Il est constant que la décision du 8 juin 2021 indique qu'elle a été prise par " le directeur de l'agence " et comporte la signature de celui-ci. Toutefois, elle ne mentionne ni le prénom ni le nom de son auteur en méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration. Contrairement à ce que Pôle emploi fait valoir dans son mémoire en défense enregistré le 12 septembre 2024, celui-ci n'était pas en situation de compétence liée pour prendre une telle décision. Si Pôle emploi a estimé que M. A ne remplissait pas ou plus les conditions de l'article L. 5423-1 du code du travail pour bénéficier des allocations de solidarités spécifiques, n'étant pas au nombre des travailleurs privés d'emploi, celui-ci a dû porter une appréciation sur la situation du requérant sans que cela ne puisse résulter d'un simple constat alors, au demeurant, que Pôle emploi n'était pas dans l'obligation de prendre une décision tendant à la récupération du trop-perçu.
4. Dans ces conditions, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur le second moyen de la requête, M. A est fondé à demander l'annulation de la décision du 8 juin 2021.
Sur les conclusions aux fins de décharge :
5. Le présent jugement, qui annule, pour vice de forme, la décision du 8 juin 2021, n'implique pas la décharge de la somme de 9 471,48 euros. Par suite les conclusions aux fins de décharge formulées par M. A ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La décision du 8 juin 2021 par laquelle Pôle emploi a rejeté le recours gracieux exercé par M. A à l'encontre du courrier du 4 juin 2021 lui notifiant un trop-perçu d'allocations de solidarité spécifique pour un montant de 9 471,48 euros est annulée.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au directeur régional de France travail Île-de-France.
Délibéré après l'audience du 8 octobre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Le Griel, présidente,
M. Jacquelin, premier conseiller,
Mme Fabas, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 octobre 2024.
La rapporteure,
signé
L. FabasLa présidente,
Signé
H. Le Griel
La greffière,
Signé
H. Mofid
La République mande et ordonne à la ministre du travail et de l'emploi en ce qui la concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour ampliation, la greffière.
N°2110100
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026