vendredi 8 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2110155 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 9ème Chambre |
| Avocat requérant | FOREST |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 6 août 2021, M. B C A, représenté par Me Forest, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 20 mai 2021 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine lui a refusé le renouvellement de son titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination en cas d'exécution d'office et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans en l'informant qu'il faisait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen ;
2°) à titre principal, d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ; à titre subsidiaire, d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de procéder au réexamen de sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et, dans cette attente, de le munir d'une autorisation provisoire de séjour ;
3°) d'enjoindre au préfet de procéder sans délai à l'effacement du signalement aux fins de non admission dans le système d'information Schengen ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur la décision de refus de séjour :
- elle est entachée d'incompétence ;
- elle méconnaît les dispositions des articles L. 421-1 et L. 423-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation sur sa situation personnelle ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est illégale par exception d'illégalité de la décision de refus de séjour ;
- elle est entachée d'incompétence ;
- elle a été prise en méconnaissance des dispositions du 5° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle contrevient aux stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation sur sa situation personnelle.
Sur la décision portant interdiction de retour :
- elle est entachée d'incompétence ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'une erreur de droit au regard des dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle contrevient aux stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 septembre 2021, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens invoqués par le requérant sont infondés.
Par un jugement n°s 2110155 et 2111092 du 16 septembre 2021, la présidente du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a prononcé l'annulation des décisions du 20 mai 2021 faisant obligation à M. A de quitter le territoire français, fixant le pays de destination et lui interdisant le retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans en l'informant qu'il faisait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen, ainsi que l'annulation de la décision du 27 août 2021 l'assignant à résidence, et a renvoyé devant une formation collégiale du tribunal les conclusions de la requête de M. A tendant à l'annulation de la décision du 20 mai 2021 rejetant sa demande de titre de séjour et celles tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer un titre de séjour.
Par ordonnance du 12 octobre 2021, la clôture d'instruction a été fixée au 3 novembre 2021 à 12h00.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. Lebdiri, rapporteur.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant ivoirien, est entré régulièrement en France le 2 septembre 2014 sous couvert d'un visa de long séjour valant titre de séjour étudiant, valable jusqu'au 25 août 2015, renouvelé jusqu'en décembre 2016, puis d'octobre 2017 à octobre 2018. Après avoir disposé d'un titre de séjour " recherche d'emploi - création d'entreprise " de novembre 2019 à novembre 2020, M. A a ensuite sollicité la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " salarié " sur le fondement des dispositions de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 20 mai 2021, le préfet des Hauts-de-Seine lui a refusé le renouvellement de son titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination en cas d'exécution d'office et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans en l'avisant qu'il faisait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen. Et par un arrêté du 27 août 2021, le préfet des Hauts-de-Seine l'a assigné à résidence dans le département des Hauts-de-Seine pour une durée de quarante-cinq jours. Par un jugement n°s 2110155 et 2111092 du 16 septembre 2021, la présidente du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a annulé, d'une part, l'arrêté du 20 mai 2021, en tant qu'il a obligé M. A à quitter le territoire français, a fixé le pays de destination et lui a interdit le retour sur le territoire français pendant une durée de deux ans en l'informant qu'il faisait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen, d'autre part, l'arrêté du 27 août 2021 l'assignant à résidence, et a renvoyé devant une formation collégiale du tribunal les conclusions de la requête de M. A tendant à l'annulation de la décision du 20 mai 2021 rejetant sa demande de titre de séjour, ainsi que celles tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer un titre de séjour.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 412-5 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " La circonstance que la présence d'un étranger en France constitue une menace pour l'ordre public fait obstacle à la délivrance et au renouvellement de la carte de séjour temporaire, de la carte de séjour pluriannuelle et de l'autorisation provisoire de séjour prévue aux articles L. 425-4 ou L. 425-10 ainsi qu'à la délivrance de la carte de résident et de la carte de résident portant la mention " résident de longue durée-UE " ". Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1° Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ; 2° Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
3. Il ressort des termes de la décision attaquée que le préfet des Hauts-de-Seine a refusé de délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " à M. A au motif que son comportement constituait une menace grave à l'ordre public. A cet égard, le préfet a relevé que l'intéressé a été condamné, le 9 mars 2017, par le tribunal correctionnel de Toulouse à un an et six mois d'emprisonnement dont dix mois avec sursis pour des faits d'escroquerie et recel de bien provenant d'un vol, et à trois mois avec sursis pour des faits de prise du nom d'un tiers pouvant déterminer des poursuites pénales contre lui. Dans son mémoire en défense, l'autorité préfectorale a produit le bulletin n° 2 du casier judiciaire du requérant sur lequel figure cette condamnation.
4. Il ressort toutefois des pièces du dossier que M. A réside en France depuis le 2 septembre 2014, qu'il y a toujours séjourné en situation régulière hormis sur une brève période comme exposé au point 1, et qu'il est père d'une fille de nationalité française, née le 13 avril 2021. A cet égard, le requérant verse au dossier des factures, des preuves de virements bancaires en faveur de son ex-concubine et des photographies qui révèlent qu'il contribue effectivement à l'entretien et à l'éducation de son enfant. En outre, M. A, titulaire, notamment, d'un " MBA en Management, Commerce et Entrepreneuriat " et d'un " Bachelor in Business and Management " décernés par l'école de commerce MBway, dispose de sérieuses perspectives d'insertion professionnelle, ainsi qu'en atteste le fait qu'il a été recruté, sous couvert d'un contrat à durée indéterminée du 15 mars 2020, par la société 8 Orbit en vue d'exercer les fonctions de " business developer ", avant qu'il ne décide de se réorienter vers un projet de création d'entreprise. Ainsi, dans les circonstances de l'espèce, et compte tenu du caractère isolé de la condamnation pénale prononcée à son encontre, la décision litigieuse a porté au droit du requérant au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels elle a été prise et a, par suite, méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
5. Il résulte de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que M. A est fondé à demander l'annulation de la décision du 20 mai 2021 par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a refusé de lui renouveler son titre de séjour.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
6. Eu égard à ses motifs, l'annulation prononcée par le présent jugement implique nécessairement, sous réserve de changement de circonstances de droit ou de fait dans la situation de l'intéressé, que soit délivré à M. A un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ". Il y a donc lieu d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de prendre cette mesure dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés à l'instance :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision de refus de séjour du préfet des Hauts-de-Seine du 20 mai 2021 est annulée.
Article 2 : Il est enjoint au préfet des Hauts-de-Seine de délivrer à M. A, sous réserve d'un changement dans les circonstances de droit ou de fait de la situation de l'intéressé, un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans le délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : : L'Etat versera à M. A une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B C A et au préfet des Hauts-de-Seine.
Délibéré après l'audience du 14 juin 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Le Griel, présidente,
M. Lebdiri, premier conseiller,
M. Bellity, premier conseiller,
Assistés de Mme Bonfanti, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 juillet 2022.
Le rapporteur,
Signé
S. LEBDIRI
La présidente,
Signé
H. LE GRIELLa greffière,
Signé
D. BONFANTI
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour ampliation, la greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026