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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2110255

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2110255

mercredi 17 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2110255
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantCABINET OBADIA - STASI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 5 août 2021, Mme A B, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision implicite par laquelle le maire de la commune de Boulogne-Billancourt a rejeté sa demande de communication de documents administratifs ;

2°) d'enjoindre à la commune de Boulogne-Billancourt de lui communiquer la copie de l'enregistrement du comité technique de la séance du 9 décembre 2020, dans un délai de 8 jours à compter de la notification présent jugement et sous astreinte de 250 euros par jour de retard ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Boulogne Billancourt le versement de la somme de 700 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que le refus de communication n'est pas fondé.

Par un mémoire en défense, enregistré le 25 février 2022, la commune de Boulogne-Billancourt, représenté par Me Stasi, demande au tribunal :

1°) de rejeter la requête ;

2°) de mettre à la charge de la requérante le versement de la somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que la requête est irrecevable dès lors qu'elle est tardive.

Par une ordonnance du 2 mars 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 4 avril 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. D'une part, aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () peuvent, par ordonnance : / () / 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens () ".

2. Aux termes de l'article R. 421-1 du même code : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. Le délai prévu au premier alinéa n'est pas applicable à la contestation des mesures prises pour l'exécution d'un contrat. ".

3. D'autre part, aux termes de l'article L. 300-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Le droit de toute personne à l'information est précisé et garanti par les dispositions des titres Ier, III et IV du présent livre en ce qui concerne la liberté d'accès aux documents administratifs. ". Aux termes de l'article R. 311-12 de ce même code : " Le silence gardé par l'administration, saisie d'une demande de communication de documents en application de l'article L. 311-1, vaut décision de refus ". L'article R. 311-13 prévoit que : " Le délai au terme duquel intervient la décision mentionnée à l'article R. 311-12 est d'un mois à compter de la réception de la demande par l'administration compétente ". Aux termes de l'article R. 343-1 de ce même code : " L'intéressé dispose d'un délai de deux mois à compter de la notification du refus ou de l'expiration du délai prévu à l'article R. 311-13 pour saisir la Commission d'accès aux documents administratifs ". Aux termes de l'article R. 343-4 : " Le silence gardé pendant le délai prévu à l'article R. 343-5 par l'administration mise en cause vaut décision de refus ". Aux termes de l'article R. 343-5 du même code indique que : " Le délai au terme duquel intervient la décision implicite de refus mentionnée à l'article R. 343-4 est de deux mois à compter de l'enregistrement de la demande de l'intéressé par la commission ".

4. Aux termes de l'article L. 112-2 du code des relations du public avec l'administration dispose que : " Les dispositions de la présente sous-section ne sont pas applicables aux relations entre l'administration et ses agents ". Aux termes de l'article L. 112-3 de ce même code : " Toute demande adressée à l'administration fait l'objet d'un accusé de réception () ", Aux termes l'article L. 112-6 : " Les délais de recours ne sont pas opposables à l'auteur d'une demande lorsque l'accusé de réception ne lui a pas été transmis ou ne comporte pas les indications exigées par la réglementation () ". Il ressort de ces dispositions que la circonstance que les délais et voies de recours contentieux ouverts contre une décision portant confirmation du refus de communication de documents administratifs n'est pas été notifié à l'intéressé est sans incidence sur la recevabilité de sa requête dès lors que le litige concerne les relations d'un agent avec son administration.

5. Il ressort des pièces des dossiers que la demande de Mme B tendant à la communication d'une copie de l'enregistrement du comité technique de la séance du 9 décembre 2020 a été formée par un courrier du 15 décembre 2020. L'intéressée a, dans le délai imparti par l'article R. 343-1 du code des relations entre le public et l'administration, saisi la CADA le 18 janvier 2021, après qu'est apparue, le 15 janvier 2021, une décision implicite de refus de communication émanant du maire de la commune de Boulogne-Billancourt. La commune n'ayant pas donné suite à la demande après l'avis émis par la CADA, une décision implicite de refus de communication de documents en cause est apparue le 18 mars 2021, à l'expiration d'un délai de deux mois à compter de la saisine de la commission, ainsi que le prévoient les dispositions combinées des articles R. 343-4 et R. 343-5 du code des relations entre le public et l'administration. Le délai de recours contentieux de droit commun ouvert contre la décision implicite née le 18 mars 2021 était opposable à la requérante dès lors que la demande concernait la relation d'un agent avec son administration. Dès lors que les conclusions tendant à l'annulation de la décision implicite apparue le 18 mars 2022, seule attaquable, ont été enregistrées au greffe du tribunal le 5 août 2021, la fin de non-recevoir tirée de leur tardiveté doit être accueillie.

6. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B doit, en application des dispositions du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, être rejetée.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B et à la commune de Boulogne Billancourt.

Fait à Cergy, le 17 juillet 2024.

Le président de la 6ème chambre,

signé

L. Buisson

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2110255

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