vendredi 30 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2110490 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8ème Chambre |
| Avocat requérant | DE SEZE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 août 2021, M. A B, représenté par Me de Seze, demande au tribunal :
1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler la décision du 8 juin 2021 par laquelle le directeur territorial de Cergy de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) a refusé de lui rétablir le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;
3°) d'enjoindre au directeur général de l'OFII de lui rétablir le bénéfice des conditions matérielles d'accueil à titre rétroactif depuis le mois de juin 2021, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'OFII le versement à son conseil d'une somme de 1 200 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- la décision attaquée a été prise au terme d'une procédure irrégulière dès lors qu'il n'est pas démontré, d'une part, qu'il a reçu l'information prévue par l'article L. 744-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et, d'autre part, qu'il a bénéficié d'un entretien visant à évaluer sa situation de vulnérabilité ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors que l'OFII n'établit pas qu'il n'aurait pas respecté l'obligation de se présenter aux autorités et qu'il s'est vu délivrer une attestation de demande d'asile en procédure accélérée le 26 mai 2021.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 mars 2023, le directeur général de l'OFII conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 25 octobre 2021 du bureau d'aide juridictionnelle établi près le tribunal judiciaire de Pontoise.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la directive n° 2013/33/UE du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Amazouz a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant afghan né le 27 février 1988, a présenté une demande d'asile qui a été enregistrée le 9 septembre 2019 par les services de la préfecture des Hauts-de-Seine en procédure dite " Dublin ". Le même jour, il a accepté les conditions matérielles d'accueil proposées par l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) et en a bénéficié à compter de cette date. Par un arrêté du 9 décembre 2019, le préfet du Loiret a ordonné son transfert aux autorités allemandes, responsables de l'examen de sa demande d'asile. Le 17 janvier 2020, l'OFII lui a notifié son intention de lui suspendre le bénéfice des conditions matérielles d'accueil au motif qu'il n'avait pas respecté les exigences des autorités de l'asile en refusant, le 16 janvier 2020, d'embarquer sur un vol organisé pour exécuter son transfert. À une date indéterminée, l'intéressé a cessé de bénéficier des conditions matérielles d'accueil. Le 26 mai 2021, sa demande d'asile a été enregistrée en procédure accélérée par la préfecture du Val-d'Oise. Le lendemain, l'intéressé a sollicité le rétablissement du bénéfice des conditions matérielles d'accueil. A l'appui de sa requête, M. B demande au tribunal d'annuler la décision du 8 juin 2021 par laquelle le directeur territorial de Cergy de l'OFII a rejeté sa demande.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 25 octobre 2021. Il n'y a pas lieu, par suite, de l'admettre à titre provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, si M. B soutient qu'il n'est pas démontré que l'information prévue par les articles L. 744-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile lui a été délivrée, le formulaire d'offre de prise en charge, produit par le directeur général de l'OFII et signé par le requérant le 9 septembre 2019, mentionne toutefois que l'intéressé " certifie avoir été informé dans une langue [qu'il comprend] des conditions et modalités de suspension, de retrait et de refus des conditions matérielles d'accueil ". Par suite, le moyen tiré de ce que le requérant n'aurait pas été informé dans une langue qu'il comprend de l'information prévue par ces dispositions ne peut qu'être écarté.
4. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier, notamment du formulaire d'offre de prise en charge mentionné au point précédent, que M. B a certifié avoir été évalué par un agent de l'OFII, dans une langue qu'il comprend et avec le concours d'un interprète, lors de l'enregistrement de sa demande d'asile, le 9 septembre 2019. En outre, l'OFII a accordé un nouvel entretien à l'intéressé, mené par un auditeur asile de l'établissement, le 2 juin 2021, soit quelques jours avant l'édiction de la décision contestée. Ainsi, le moyen tiré de ce que M. B n'aurait pas bénéficié d'un entretien visant à évaluer sa situation de vulnérabilité préalablement à la décision attaquée doit être écarté.
5. En troisième lieu, la décision attaquée comporte un énoncé suffisamment précis des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement du refus de rétablissement de ces conditions. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de cette décision doit être écarté.
6. En quatrième lieu, il ne ressort ni de la motivation de la décision attaquée ni des autres pièces du dossier qu'avant de refuser de lui rétablir le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, l'OFII n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation personnelle de M. B. Par suite, le moyen tiré du défaut d'un tel examen doit être écarté.
7. En dernier lieu, la circonstance que la demande d'asile de M. B a été enregistrée en procédure accélérée le 26 mai 2021 n'imposait pas à l'OFII de lui rétablir de manière automatique le bénéfice des conditions matérielles d'accueil. En outre, le requérant, qui était âgé de trente-trois ans à la date de la décision attaquée, ne produit aucun élément de nature à attester d'une vulnérabilité particulière ou de besoins spécifiques en matière d'accueil. Alors que le directeur général de l'OFII produit un procès-verbal établi par les services de police le 16 janvier 2020 attestant que, ce jour, l'intéressé a refusé d'embarquer sur le vol prévu pour exécuter son transfert vers l'Allemagne, le requérant ne fournit aucune explication sur les raisons pour lesquelles il n'a pas respecté cette obligation. Il ne fournit pas davantage de précisions sur sa situation et ses conditions de vie entre le 5 mars 2020 et le 26 mai 2021, période au cours de laquelle, placé en fuite, il est resté dépourvu d'attestation pour demandeur d'asile, et sur les raisons pour lesquelles il ne s'est pas manifesté auprès des autorités pendant cette période de plus d'une année. Dans ces conditions, au regard de l'ensemble des circonstances de l'espèce, M. B n'est pas fondé à soutenir qu'en refusant de rétablir ses conditions matérielles d'accueil, le directeur territorial de l'OFII aurait entaché sa décision d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation.
8. Il résulte de tout ce qui précède que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de la décision attaquée. Par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 doivent être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu d'admettre M. B, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La requête de M. B est rejetée.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B et au directeur général de l'OFII.
Délibéré après l'audience du 22 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. Féral, président, M. Amazouz, premier conseiller, et Mme Cuisinier-Heissler, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 juin 2023.
Le rapporteur,
signé
S. AMAZOUZLe président,
signé
R. FÉRALLa greffière,
signé
N. MAGEN
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026