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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2110961

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2110961

mardi 14 janvier 2025

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2110961
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation8ème Chambre
Avocat requérantTABI

Résumé IA

Le Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise a rejeté la requête de M. B, qui demandait la décharge de cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux pour l'année 2015. Le requérant contestait la régularité de la procédure, invoquant une insuffisance de motivation de la proposition de rectification et un défaut de réponse de l'administration à ses observations. Le tribunal a jugé que la proposition de rectification était suffisamment motivée, car elle reprenait les éléments de celle adressée à la société, et que M. B n'avait pas présenté d'observations dans les délais. La solution retenue est fondée sur les articles L. 57 du livre des procédures fiscales et 175 du code général des impôts.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 27 août 2021, M. B, représenté par Me Tabi, demande au tribunal la décharge, en droits et pénalités, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles il a été assujetti au titre de l'année 2015.

Il soutient que :

- la proposition de rectification qui lui a été adressée est insuffisamment motivée dès lors que la proposition de rectification adressée à la société ML Chauffeur privé n'y était pas annexée ;

- l'administration fiscale n'a pas répondu à ses observations.

Par un mémoire en défense, enregistrés le 15 mars 2022, la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir qu'aucun moyen de la requête n'est fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Cuisinier-Heissler, première conseillère,

- et les conclusions de M. Bories, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. La société SAS ML Chauffeur privé qui a pour activité le transport de voyageurs par taxis et dont l'imposition des bénéfices relève de l'impôt sur le revenu en application de l'article 175 du code général des impôts, a fait l'objet d'une vérification de comptabilité portant sur la période du 1er avril 2015 au 31 décembre 2015 étendue au 30 septembre 2016 pour la taxe sur la valeur ajoutée, à l'issue de laquelle des rehaussements lui ont été notifiés par une proposition de rectification du 11 juillet 2017. M. B, détenant 50% des parts de la société vérifiée, s'est vu notifier les rehaussements à l'impôt sur le revenu dans la catégorie des bénéfices industriels et commerciaux par une proposition de rectification du 26 juillet 2017. Sa réclamation a été rejetée par une décision du 23 juin 2021. Par la présente requête M. B demande au tribunal la décharge de ces impositions supplémentaires s'élevant à 5678 euros.

2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales : " L'administration adresse au contribuable une proposition de rectification qui doit être motivée de manière à lui permettre de formuler ses observations ou de faire connaître son acceptation. (). ". Il résulte de ces dispositions que, pour être régulière, une proposition de rectification doit comporter la désignation de l'impôt concerné, de l'année d'imposition et de la base d'imposition, et énoncer les motifs sur lesquels l'administration entend se fonder pour justifier les redressements envisagés, de façon à permettre au contribuable de formuler ses observations de façon entièrement utile.

3. Il résulte de l'instruction que, d'une part, la notification de la proposition de rectification établie le 11 juillet 2017 selon la procédure contradictoire, adressée à l'issue de la vérification de comptabilité de la société SAS ML Chauffeur privé, comporte la désignation de l'impôt concerné, de l'année d'imposition et de la base d'imposition et répond dès lors aux exigences prévues par les dispositions précitées de l'article L. 57 du livre des procédures fiscales. D'autre part, la proposition de rectification du 26 juillet 2017 reprend les éléments de la proposition de rectification du 11 juillet 2017, informe M. B des conséquences financières du redressement de la SAS ML Chauffeur privé et indique en page 4 qu'elle est accompagnée de la proposition de rectification du 11 juillet 2017. Si le requérant soutient qu'il n'a pas reçu la proposition de rectification du 11 juillet 2017, et que ce faisant il n'a pu utilement présenter ses observations à la proposition de rectification du 26 juillet 2017 qui y est motivée par référence, l'administration fiscale établit lui avoir notifié cette dernière proposition de rectification, ce dont il a été avisé le 29 juillet suivant, mais que, à l'issue du délai de garde, ce pli lui est retourné avec la mention " pli avisé non réclamé ". Par suite, l'administration fiscale doit être regardée comme ayant notifié au requérant la proposition de rectification du 26 juillet 2017, qui indiquait être accompagnée de celle du 11 juillet précédent, dont elle reprenait en tout état de cause les termes, de telle sorte que si ce document annexé fut manquant il incombait au contribuable d'effectuer les diligences nécessaires pour en obtenir communication, ce qu'il ne démontre pas. Dès lors, le moyen tiré de ce que la proposition de rectification du 26 juillet 2017 serait insuffisamment motivée ne peut qu'être écarté.

4. En deuxième lieu, M. B soutient que l'administration fiscale aurait méconnu ses obligations en ne répondant pas à ses observations. Toutefois, il ressort des pièces du dossier qu'à sa demande, le délai de trente jours a été prorogé de trente jours pour lui permettre de présenter ses observations sur la proposition de rectification du 26 juillet 2017 et qu'à l'issue de ce délai, aucune observation n'a été présentée. Le requérant n'apporte aucun élément permettant d'établir qu'il aurait envoyé des observations et que le service vérificateur les aurait reçues. Le moyen manque en fait et doit être écarté.

5. Il résulte de ce qui précède que les conclusions tendant à la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur les revenus mises à la charge de M. B au titre de l'année 2015 ne peuvent qu'être rejetées.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise.

Délibéré après l'audience du 13 décembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Bertoncini, président,

Mme Cuisinier-Heissler, première conseillère,

M. Jacquinot, conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 14 janvier 2025.

La rapporteure,

Signé

S. Cuisinier-HeisslerLe président,

Signé

T. BertonciniLa greffière,

Signé

K. Nabunda

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°2110961

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