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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2111167

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2111167

mardi 4 avril 2023

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2111167
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère Chambre
Avocat requérantRIQUIER

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 31 août 2021, M. B demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 30 août 2021 par laquelle le président de l'université Paris Nanterre a refusé de l'inscrire au master 1 mention science politique (travail politique et parlementaire) ;

2°) d'enjoindre au président de l'inscrire à ce master.

Il soutient que :

- l'accusé de réception de sa demande n'est pas conforme aux dispositions de l'article R. 112-11-1 du code des relations entre le public et l'administration ;

- la décision n'est pas signée de son auteur en méconnaissance de l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration ;

- l'adresse web auprès de laquelle le recours gracieux contre cette décision pouvait être introduit n'était pas valide ;

- la décision est privée de base légale, le conseil d'administration n'ayant pas délibéré sur les modalités de sélection des candidatures au master ;

- la décision est privée de base légale faute pour la délibération d'avoir été publiée et transmise au recteur.

Par un mémoire en défense, enregistré le 19 octobre 2022, l'université Paris Nanterre représentée par Me Riquier conclut au rejet de la requête. Il demande qu'une somme de 1 000 euros soit mise à la charge du requérant sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Elle fait valoir que les moyens ne sont pas fondés

La clôture de l'instruction est intervenue trois jours francs avant l'audience.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'éducation ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir entendu au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Baude, rapporteur,

- les conclusions de M. Louvel, rapporteur public,

- et les observations de M. B.

Considérant ce qui suit :

1. M. B demande au tribunal d'annuler la décision du 30 août 2021 par laquelle le président de l'université Paris Nanterre a refusé de l'inscrire au master 1 mention science politique (travail politique et parlementaire) et de l'inscrire à ce master.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 112-11-1 du code des relations entre le public et l'administration : " L'accusé de réception électronique prévu à l'article L. 112-11 comporte les mentions suivantes : 1° La date de réception de l'envoi électronique effectué par la personne ; 2° La désignation du service chargé du dossier, ainsi que son adresse électronique ou postale et son numéro de téléphone. S'il s'agit d'une demande, l'accusé de réception indique en outre si la demande est susceptible de donner lieu à une décision implicite d'acceptation ou à une décision implicite de rejet ainsi que la date à laquelle, à défaut d'une décision expresse, et sous réserve que la demande soit complète, celle-ci sera réputée acceptée ou rejetée. Dans le premier cas, l'accusé de réception mentionne la possibilité offerte au demandeur de recevoir l'attestation prévue à l'article L. 232-3. Dans le second cas, il mentionne les délais et les voies de recours à l'encontre de la décision ".

3. M. B expose que sa candidature au master 1 mention science politique effectuée par voie électronique n'a pas donné lieu à l'émission d'un accusé de réception conformément à ces dispositions. Une telle circonstance, est de nature à rendre éventuellement inopposables les délais de recours à l'encontre de la décision rejetant une candidature effectuée par voie électronique, elle est toutefois sans effet sur la légalité de celle-ci. Dès lors il y a lieu d'écarter le moyen tiré de la méconnaissance de l'article précité.

4. En second lieu, l'article L. 212-1 du code des relations entre le public et l'administration dispose que : " Toute décision prise par une administration comporte la signature de son auteur ainsi que la mention, en caractères lisibles, du prénom, du nom et de la qualité de celui-ci. () ". Aux termes de l'article L. 212-2 de ce code : " Sont dispensés de la signature de leur auteur, dès lors qu'ils comportent ses prénom, nom et qualité ainsi que la mention du service auquel celui-ci appartient, les actes suivants : / 1° Les décisions administratives qui sont notifiées au public par l'intermédiaire d'un téléservice conforme à l'article L. 112-9 et aux articles 9 à 12 de l'ordonnance n° 2005-1516 du 8 décembre 2005 relative aux échanges électroniques entre les usagers et les autorités administratives et entre les autorités administratives ainsi que les actes préparatoires à ces décisions () ".

5. La décision attaquée ayant été notifiée par un téléservice, était dispensée de la signature de son auteur. Il ressort des pièces du dossier qu'elle comporte les prénom, nom et qualité de son auteur, M. C D. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 212-1 doit être écarté.

6. En troisième lieu, le requérant expose que le lien électronique relatif aux modalités d'exercice d'un recours gracieux à l'encontre de la décision attaquée était erroné. Une telle circonstance, à la supposée avérée n'a d'influence que sur l'opposabilité des délais de recours à l'encontre de la décision et demeure sans effet sur sa légalité. En outre il est constant que cette défaillance, au demeurant contestée par l'université, n'a pas privé le requérant d'exercer effectivement un recours gracieux à l'encontre de la décision attaquée. Dès lors il y a lieu d'écarter comme inopérant le moyen tiré de ce que la décision attaquée comportait des mentions erronées sur les modalités d'accès électronique aux informations relatives aux voies de recours gracieux.

7. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 311-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Sous réserve des dispositions des articles L. 311-5 et L. 311-6, les administrations mentionnées à l'article L. 300-2 sont tenues de publier en ligne ou de communiquer les documents administratifs qu'elles détiennent aux personnes qui en font la demande, dans les conditions prévues par le présent livre. "

8. Le requérant soutient que l'université a méconnu son obligation de publier en ligne le document administratif, produit par ses services, indiquant les modalités d'exercice des recours gracieux à l'encontre de ses décisions. La décision attaquée n'avait toutefois pas pour objet de refuser de publier un document administratif mais de statuer sur la candidature du requérant à l'un des masters proposés par l'université. Dès lors le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 311-1 du code des relations entre le public et l'administration doit être écarté comme inopérant.

9. Aux termes de l'article L. 221-2 du code des relations entre le public et l'administration : " L'entrée en vigueur d'un acte réglementaire est subordonnée à l'accomplissement de formalités adéquates de publicité, notamment par la voie, selon les cas, d'une publication ou d'un affichage, sauf dispositions législatives ou réglementaires contraires ou instituant d'autres formalités préalables. Un acte réglementaire entre en vigueur le lendemain du jour de l'accomplissement des formalités prévues au premier alinéa sauf à ce qu'il en soit disposé autrement par la loi, par l'acte réglementaire lui-même ou par un autre règlement () " ; et aux termes de l'article L. 719-7 du code de l'éducation : " Les décisions des présidents des universités et des présidents ou directeurs des autres établissements publics à caractère scientifique, culturel et professionnel ainsi que les délibérations des conseils entrent en vigueur sans approbation préalable, à l'exception des délibérations relatives aux emprunts, prises de participation et créations de filiales mentionnées à l'article L. 719-5 et sous réserve des dispositions du décret prévu à l'article L. 719-9. Toutefois, les décisions et délibérations qui présentent un caractère réglementaire n'entrent en vigueur qu'après leur transmission au recteur de région académique, chancelier des universités ".

10. Il résulte de ces dispositions que les délibérations à caractère réglementaire d'une université entrent en vigueur après avoir fait l'objet d'une publicité adéquate, d'une part, et avoir été transmise au rectorat, d'autre part. Une délibération à caractère réglementaire doit être regardée comme ayant fait l'objet d'une publicité adéquate lorsqu'elle a été affichée dans des locaux universitaires librement accessibles au public, sans que soit également requise la mise en ligne de la délibération sur le site internet de l'université.

11. Il ressort des pièces du dossier que le conseil d'administration de l'université Paris Nanterre a fixé, par sa délibération n°2021/00002 du 1er février 2021, les capacités d'accueil pour l'accès à la première année du deuxième cycle de l'enseignement supérieur ainsi que les modalités d'examen. Cette délibération, ainsi qu'il ressort du procès-verbal d'affichage du 16 février 2021 produit par l'université, a été affichée dans la vitrine des informations institutionnelles au rez-de-chaussée du bâtiment Pierre Grappin (bâtiment B) de l'université à compter du 16 février 2021. Cette délibération a en outre été transmise le 17 février 2021 au rectorat de l'académie de Versailles, et réceptionnée le 23 mars 2021, ainsi qu'en a attesté le 23 juillet 2021, la rectrice déléguée.

12. Il résulte de ce qui précède qu'à la date de la décision attaquée l'université avait fixé, par une délibération de son conseil d'administration du 1er février 2021 rendue exécutoire le 23 mars 2021, les capacités d'accueil et les modalités d'examen pour l'accès au master auquel le requérant a candidaté. Dès lors le moyen tiré du défaut de base légale doit être écarté.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

13. La demande tendant à ce que le tribunal procède à l'inscription du requérant au master 1 science politique de l'université Paris Nanterre, doit être regardée comme une demande tendant à ce qu'il soit enjoint à l'Université d'admettre sa candidature à ce master.

14. Toutefois, les conclusions à fin d'annulation de M. B devant être rejetées, la présente décision n'appelle aucune mesure d'exécution. Il s'ensuit que ses conclusions à fin d'injonction, doivent être rejetées.

Sur les conclusions relatives aux frais non compris dans les dépens :

15. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. "

16. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. B la somme demandée par l'université Paris Nanterre au titre des frais non compris dans les dépens qu'elle a exposés.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : Les conclusions de l'université Paris Nanterre à fin d'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à l'université Paris Nanterre.

Délibéré après l'audience du 21 mars 2023 à laquelle siégeaient :

M. Thierry, président,

M. Baude, premier conseiller,

Mme Zaccaron-Guérin, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 avril 2023.

Le rapporteur,

F.-E. Baude Le président,

P. Thierry

La greffière,

S. Le Gueux

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

No 21111672

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