LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2111550

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2111550

jeudi 9 février 2023

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2111550
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantCABINET GEOFFREY BARTHELEMY CENNAMO

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires enregistrés les 10 septembre 2021, 25 janvier, 14 mars, 12 juillet et 6 septembre 2022, M. B A demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 13 juillet 2021 par laquelle l'inspecteur du travail a autorisé la société de gestion et de développement (SOGEDEV) à le licencier pour insuffisance professionnelle ;

2°) de mettre à la charge de la société SOGEDEV la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision est entachée d'erreur d'appréciation en ce qu'elle considère que son insuffisance professionnelle est établie, dès lors qu'elle est fondée sur le calcul de sa moyenne d'appels sortants qui, bien que supposé tenir compte de ses heures de délégation, est erroné ; l'inspecteur du travail n'a pas tenu compte des difficultés rencontrées pour l'exécution de ses missions ; la société SOGEDEV n'a entrepris aucune mesure d'adaptation ou de formation ;

- la demande d'autorisation de licenciement présente un lien avec ses mandats ;

- la société n'a pas cherché à le reclasser au sein du groupe EPSA, auquel elle appartient depuis le 30 juillet 2020.

Par des mémoires en défense enregistrés les 25 novembre 2021, 21 février, 18 juillet, 22 septembre et 22 décembre 2022, la société de gestion et de développement, représentée par Me Thiviller, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

Par un mémoire en défense enregistré le 22 mars 2022, le directeur régional et interdépartemental de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités d'Ile-de-France conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

La société SOGEDEV a produit un mémoire en défense enregistré le 25 janvier 2023, après la clôture d'instruction intervenue en application de l'article R. 613-2 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code du travail ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. D,

- les conclusions de M. Lebdiri, rapporteur public,

- et les observations de M. A et de Me Thiviller, pour la société SOGEDEV.

Considérant ce qui suit :

1. M. A exerçait depuis 2011 des fonctions de prospection commerciale par téléphone au sein de la société de gestion et de développement (SOGEDEV) et a détenu à compter de janvier 2017 les mandats de délégué du personnel puis de délégué syndical. Le 18 mai 2021, la société a demandé à l'inspecteur du travail l'autorisation de le licencier pour insuffisance professionnelle. Par une décision du 13 juillet 2021, dont M. A demande l'annulation, cette autorisation a été accordée.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En vertu des dispositions du code du travail, les salariés légalement investis de fonctions représentatives qui bénéficient, dans l'intérêt des travailleurs qu'ils représentent, d'une protection exceptionnelle, ne peuvent être licenciés qu'avec l'autorisation de l'inspecteur du travail. Lorsque le licenciement d'un de ces salariés est envisagé, il ne doit pas être en rapport avec les fonctions représentatives normalement exercées par l'intéressé ou avec son appartenance syndicale. Dans le cas où la demande de licenciement est motivée par l'insuffisance professionnelle, il appartient à l'inspecteur du travail, et, le cas échéant, au ministre, de rechercher, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, si ladite insuffisance est telle qu'elle justifie le licenciement, compte tenu de l'ensemble des règles applicables au contrat de travail de l'intéressé, des caractéristiques de l'emploi exercé à la date à laquelle elle est constatée et des exigences propres à l'exécution normale du mandat dont le salarié est investi.

En ce qui concerne l'insuffisance professionnelle :

3. M. A soutient que la décision litigieuse est entachée d'erreur d'appréciation en ce qu'elle considère que son insuffisance professionnelle est établie. Il ressort de ses motifs que l'inspecteur du travail a retenu le faible nombre d'appels quotidiens sortants passés par lui en 2019 et durant le premier trimestre 2021. Celui-ci ressort des relevés fournis par l'employeur, qui indiquent des résultats inférieurs à ceux de l'ensemble de ses collègues pour ces deux périodes, dans une proportion pouvant aller jusqu'à environ 30% d'appels en moins, et pour lequel il s'est d'ailleurs vu rappeler à l'ordre à de nombreuses reprises.

4. En premier lieu, M. A soutient que ces relevés ne tiendraient pas compte, pour calculer le nombre d'appels quotidiens sortants, de ses heures de délégation de représentant du personnel. Toutefois, il ressort des tableaux produits que ces heures ont bien été neutralisées pour la durée dont a tenu compte l'inspecteur du travail, qui a écarté pour ce motif les relevés d'activité couvrant les autres périodes. Si le requérant fait valoir que le décompte de ces heures comporterait des erreurs, il ne produit que quelques bons de délégation dont la portée est contestée en défense et qui n'établissent pas la matérialité de ses allégations.

5. En deuxième lieu, M. A fait valoir que son employeur n'a pas conduit les efforts d'adaptation et de formation qui lui incombaient afin de lui permettre d'atteindre les résultats qui lui était assignés. La société produit, toutefois, la liste des formations conduites dans l'entreprise de 2018 à novembre 2020, auxquelles M. A ne s'est d'ailleurs pas systématiquement rendu alors qu'il lui était demandé de le faire. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier que M. A, qui estimait disposer d'une expérience conséquente lui permettant d'exercer ses fonctions avec efficacité et de conseiller ses supérieurs hiérarchiques quant à la bonne marche de son service, aurait demandé à bénéficier de formations. Il n'a formulé une demande en ce sens que lors de l'entretien professionnel du 6 mars 2020, imprécise et non suivie de démarches effectives, tendant à la réalisation d'un bilan de compétences.

6. En troisième lieu, M. A soutient que ses résultats insuffisants sont le résultat de dysfonctionnements informatiques et de consignes incohérentes. Toutefois, il ne fait, en tout état de cause, valoir aucun élément de nature à justifier que ces difficultés alléguées auraient affecté ses seuls résultats alors que ses collègues travaillaient dans des conditions comparables.

7. Enfin, si l'activité d'une autre salariée est à peine plus élevée que celle de M. A, il est constant que celle-ci a été placée en congé de maladie durant une grande partie des périodes retenues par l'inspecteur du travail et il n'est pas établi qu'elle se trouvait dans une situation comparable à celle de l'intéressé. Il ressort par ailleurs des pièces du dossier que jusqu'en 2017, la quantité d'appels passée par M. A apparaissait satisfaisante, et que les quelques jours où son supérieur hiérarchique a surveillé son activité de manière continue, il a atteint l'objectif de cinquante appels par jour qui lui était assigné.

8. Il résulte de tout ce qui précède que les faibles résultats de M. A sont établis et ne sont pas expliqués par des carences de son employeur ou des difficultés qui lui seraient extérieures. Ils revêtent par ailleurs une importance suffisante et un caractère durable. Dans ces conditions, ils étaient de nature à caractériser une insuffisance professionnelle justifiant son licenciement.

En ce qui concerne le lien avec le mandat :

9. M. A soutient qu'à compter de son élection en tant que délégué du personnel, il n'a plus été mis à même d'exercer normalement ses fonctions et que, ainsi, la demande d'autorisation de licenciement présentait un lien avec son mandat.

10. En premier lieu, il fait valoir qu'il a été systématiquement isolé de ses collègues. Toutefois, la seule circonstance d'être placé dans un bureau contigu à l'espace ouvert de travail où se trouvaient ses collègues et séparé uniquement par une cloison vitrée dotée d'une porte ne constitue pas un tel isolement. Il n'établit pas non plus avoir été contraint, ainsi qu'il le soutient, de s'installer face à un mur et dos à son supérieur hiérarchique.

11. En deuxième lieu, si M. A soutient avoir fait l'objet de " pressions " et de " recadrages incessants ", il résulte des énonciations des points 3 à 8 que les rappels à l'ordre adressés par son employeur n'étaient que la conséquence de son activité insuffisante et de sa mauvaise volonté à y remédier.

12. En troisième lieu, il est constant que M. A a fait l'objet des sanctions d'avertissement, le 1er juin 2019, et de mise à pied pour trois jours, le 20 septembre 2019, ainsi que d'une demande d'autorisation de licenciement disciplinaire refusée par l'inspecteur du travail au motif que les droits de la défense avaient été méconnus. Toutefois il ressort des pièces du dossier que ces sanctions, au demeurant non contestées par l'intéressé, étaient fondées sur l'attitude d'opposition de M. A à sa hiérarchie, pouvant aller jusqu'à son refus de quitter le bureau du directeur associé de la société tant que celui-ci ne lui avait pas remis certains documents qui ne présentaient aucun caractère d'urgence, et par ses relations professionnelles. Elles n'étaient ainsi pas en lien avec l'exercice de son mandat.

13. En quatrième lieu, si M. A fait valoir qu'il a été convoqué à un entretien préalable au licenciement deux jours après l'introduction d'une requête devant le conseil des prud'hommes de Boulogne-Billancourt, il établit seulement avoir posté cette dernière le 19 avril 2021, sans qu'il en résulte pour autant que son employeur aurait eu connaissance de celle-ci à la date d'envoi du courrier de convocation à l'entretien préalable au licenciement.

14. Il résulte de tout ce qui précède que le moyen tiré de ce que la demande d'autorisation de licenciement serait en lien avec le mandat dont était titulaire M. A doit être écarté.

En ce qui concerne le manquement à l'obligation de reclassement :

15. Aucun texte législatif ou réglementaire ni aucun principe n'impose à un employeur qui souhaite licencier un salarié auquel il reproche une insuffisance professionnelle de chercher à reclasser ce dernier, les dispositions du code du travail ne prévoyant une telle obligation que dans les hypothèses où le licenciement est justifié soit par un motif économique, soit par l'inaptitude physique du salarié. Par suite, à supposer même que M. A entende se prévaloir du manquement de la société SOGEDEV à cette obligation en n'ayant pas cherché à le reclasser au sein du groupe EPSA, auquel elle appartient depuis le 30 juillet 2020, le moyen doit être écarté comme inopérant.

Sur les frais de l'instance :

16. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une somme soit mise sur leur fondement à la charge de la société SOGEDEV, qui n'est pas la partie perdante à la présente instance. Par ailleurs il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre une somme à la charge de M. A à ce titre.

Par ces motifs, le tribunal décide :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la société SOGEDEV au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B A, à la société de gestion et de développement (SOGEDEV) et au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion.

Copie pour information en sera adressée au directeur régional et interdépartemental de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités d'Ile-de-France.

Délibéré après l'audience du 26 janvier 2023, à laquelle siégeaient

Mme Van Muylder, présidente,

Mme C et M. D, premiers conseillers,

assistés de Mme Nimax, greffière.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 février 2023.

Le rapporteur,

signé

G. DLa présidente,

signé

C. Van MuylderLa greffière,

signé

S. Nimax

La République mande et ordonne au ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions