LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2111612

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2111612

mardi 30 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2111612
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation7ème Chambre (JU)
Avocat requérantCABINET CORNET-VINCENT-SEGUREL PARIS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 14 septembre 2021, M. B C doit être regardé comme demandant au tribunal d'annuler la décision du président de l'établissement public territorial du Grand Paris Seine Ouest (EPT GPSO) en date du 16 juillet 2021 par laquelle il a été exclu temporairement de ses fonctions pour une durée de trois jours.

Il soutient que :

- la matérialité des faits qui lui sont reprochés n'est pas établie dès lors que :

* il n'a refusé de priorité qu'à un piéton qui n'était pas encore engagé et afin d'éviter un accident ;

* il n'a pas stationné sur un passage piéton ainsi qu'il lui a été reproché mais seulement effectué un arrêt de courte durée ;

* il ne peut lui être reproché d'avoir porté atteinte à la propreté du véhicule de service qu'il n'était pas le seul à l'utiliser et dans lequel il n'a jamais rien laissé pour une longue durée;

- ces faits ne sont pas fautifs ;

- la sanction qui lui a été infligée est disproportionnée par rapport aux faits qui lui sont reprochés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 2 novembre 2022, l'établissement public territorial (EPT) du Grand Paris Seine Ouest (GPSO), représenté par Me Pichon, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 1 000 euros soit mise à la charge de M. C sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il fait valoir que :

- la requête est irrecevable dès lors que M. C se borne à conclure à titre principal à ce qu'il soit enjoint à l'administration de reconsidérer sa sanction ;

- aucun des moyens soulevés à l'encontre de la sanction prononcée n'est fondé.

Par une ordonnance du 5 mars 2024, la clôture de l'instruction a été fixée au 20 mars 2024.

Vu

- la décision par laquelle le président du tribunal a désigné Mme Moinecourt comme juge statuant seule dans les matières prévues par l'article R. 222-13 du code de justice administrative ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Moinecourt, magistrate désignée ;

- les conclusions de Mme David-Brochen, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. M. C est agent des services techniques de l'établissement public territorial Grand Paris Seine Ouest (EPT GPSO) depuis 2005, exerçant des fonctions d'agent de voirie et propreté. Par une décision du 16 juillet 2021, le président de l'EPT GPSO lui a infligé une sanction d'exclusion temporaire de ses fonctions pour une durée de trois jours. Par la présente requête, il doit être regardé comme demandant l'annulation de cette sanction.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Aux termes de l'article 29 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires dans sa rédaction applicable au litige : " Toute faute commise par un fonctionnaire dans l'exercice ou à l'occasion de l'exercice de ses fonctions l'expose à une sanction disciplinaire sans préjudice, le cas échéant, des peines prévues par la loi pénale. ()". Aux termes de l'article 89 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale : " Les sanctions disciplinaires sont réparties en quatre groupes : / Premier groupe :/ L'avertissement ; / Le blâme ; / L'exclusion temporaire de fonctions pour une durée maximale de trois jours. () ".

3. D'une part, en l'absence de disposition législative contraire, l'autorité investie du pouvoir disciplinaire, à laquelle il incombe d'établir les faits sur le fondement desquels elle inflige une sanction à un agent public, peut apporter la preuve de ces faits devant le juge administratif par tout moyen. Toutefois, tout employeur public est tenu, vis-à-vis de ses agents, à une obligation de loyauté. Il ne saurait, par suite, fonder une sanction disciplinaire à l'encontre de l'un de ses agents sur des pièces ou documents qu'il a obtenus en méconnaissance de cette obligation, sauf si un intérêt public majeur le justifie. Il appartient au juge administratif, saisi d'une sanction disciplinaire prononcée à l'encontre d'un agent public, d'en apprécier la légalité au regard des seuls pièces ou documents que l'autorité investie du pouvoir disciplinaire pouvait ainsi retenir. D'autre part, le juge de l'excès de pouvoir exerce un contrôle normal sur les questions de savoir si les faits reprochés à un agent public constituent des fautes de nature à justifier une sanction et si la sanction retenue est proportionnée à la gravité de ces fautes.

4. Par une décision du 16 juillet 2021 qui lui a été notifiée par voie postale le 27 juillet 2021, M. C a fait l'objet d'une sanction d'exclusion temporaire de ses fonctions pour une durée de trois jours. Cette sanction a été motivée par des faits commis au volant d'un véhicule de service, lui étant reproché d'avoir refusé la priorité à un piéton et d'avoir stationné sur un passage piéton, et de n'avoir pas maintenu ce véhicule dans un état de propreté suffisant. Il ressort des pièces du dossier et notamment d'un courriel adressé par M. A, gardien de la paix en civil au moment des faits, relatant que le 17 mars 2021, alors qu'il était engagé sur un passage piéton et à la moitié de ce passage, M. C lui a forcé délibérément la priorité en s'engageant sur le passage piéton au volant du véhicule de service, avant de lui adresser un doigt d'honneur par la fenêtre. Ce courriel adressé spontanément à l'EPT GPSO par M. A et relatant des faits intervenus sur la voie publique, ne saurait être regardé comme traduisant un manquement de la commune à son obligation de loyauté vis-à-vis de son agent. En tout état de cause, la matérialité de ces faits n'est pas sérieusement contestée par M. C qui se borne à prétendre que le piéton n'était pas encore engagé lorsqu'il lui a forcé la priorité. Il ressort en outre de courriels et de photographies versés à l'instance par l'EPT que le véhicule de service utilisé par M. C et deux autres de ses collègues était dans un état de saleté et de désordre avancé, avec des objets de natures diverses jonchant le sol. Si M. C souligne qu'il ne saurait être regardé comme le seul responsable de ces désordres, il ne conteste pas sérieusement la matérialité des faits, se bornant à alléguer qu'il n'a jamais rien laissé dans le camion " pendant une longue durée ", ni sa part de responsabilité dans ceux-ci. Dans ces conditions, et alors même qu'il n'est pas formellement établi que M. C aurait stationné sur un passage piéton, l'exactitude matérielle du premier et du troisième motifs de la sanction prononcée doit ainsi être regardée comme établie. Ce manquement au code de la route au volant d'un véhicule de service par M. C, ainsi que son non-respect des règles d'hygiène en service, dont la matérialité est établie, présentent à l'évidence un caractère fautif.

5. Il ressort en outre des pièces du dossier, en dépit des affirmations du requérant, qu'antérieurement à ces faits, plusieurs manquements au code de la route par M. C au volant du véhicule de service avaient été signalés à l'EPT GPSO tels que des non respects de panneaux de signalisation et de feux tricolores ou des franchissements de lignes blanches. Le requérant avait en outre fait l'objet d'un rappel à ses obligations professionnels à la suite d'un comportement inapproprié et notamment de la tenue de propos menaçants à l'encontre de sa hiérarchie. Dans ces conditions, M. C n'est pas fondé à soutenir que la sanction d'exclusion de ses fonctions pour une durée de trois jours par le président de l'EPT GPSO est disproportionnée au regard des faits qui lui sont reprochés.

6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que les conclusions à fins d'annulation de M. C ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

7. Aux termes des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative : " Aux termes des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".

8. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de mettre à la charge de M. C la somme de 1 000 euros réclamée par l'EPT GPSO sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

DECIDE :

Article 1 : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : Le surplus des conclusions de l'établissement public territorial Grand Paris Seine Ouest est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et à l'établissement public territorial Grand Paris Seine Ouest.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 avril 2024.

La magistrate désignée,

signé

L. Moinecourt

La greffière,

signé

D. Charleston

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions