vendredi 29 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2111660 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8ème Chambre |
| Avocat requérant | MAILLET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 16 septembre 2021, M. A se disant Nigel Bakarr E, représenté par Me Maillet, demande au tribunal :
1°) à titre principal, d'annuler l'arrêté du 24 août 2021 par lequel le préfet du Val-d'Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office à l'expiration de ce délai ;
2°) à titre subsidiaire, d'ordonner une expertise de comparaison génétique afin d'établir son lien de filiation avec Mme D E ;
3°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer une carte de séjour temporaire, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter du délai de quinze jours suivant la notification du jugement à intervenir, ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation, dans un délai de quinze jours à compter de cette notification et sous la même astreinte, et de lui délivrer dans l'attente une autorisation provisoire de séjour ;
4°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui restituer ses actes de naissance et documents originaux ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat le versement à son conseil d'une somme de 2 000 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, ainsi que les entiers dépens de l'instance.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué a été signé par une autorité incompétente ;
- la décision portant refus de titre de séjour a été prise au terme d'une procédure irrégulière en l'absence de saisine de la commission du titre de séjour en méconnaissance de l'article L. 432-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'une erreur de droit au regard des dispositions de l'article R. 431-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions des articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 avril 2022, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par courrier du 27 juin 2022, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, que le jugement à intervenir était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office et tiré de l'irrecevabilité des conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet du Val-d'Oise de restituer au requérant ses actes de naissance et documents originaux.
Des pièces complémentaires, produites pour M. E, ont été enregistrées le 27 juin 2022, soit postérieurement à la clôture de l'instruction intervenue trois jours francs avant l'audience.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code civil ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. F a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A se disant Nigel Bakarr E, se présentant comme un ressortissant sierraléonais né le 19 octobre 1996, est entré en France en janvier 2017 et a sollicité le bénéfice de l'asile le 3 avril 2017. Sa demande d'asile a fait l'objet d'une décision de rejet du directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides en date du 8 janvier 2018, confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile en date du 16 décembre 2019. Le 7 janvier 2021, il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 24 août 2021, dont M. E demande l'annulation, le préfet du Val-d'Oise a rejeté sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office à l'expiration de ce délai.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le moyen commun aux décisions attaquées :
2. L'arrêté en litige a été signé par Mme H I, adjointe au directeur des migrations et de l'intégration de la préfecture du Val-d'Oise, qui disposait d'une délégation de signature consentie par un arrêté n° 21-008 du préfet de ce département en date du 31 mars 2021, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de l'État dans le département le lendemain, à l'effet de signer, notamment, les décisions portant refus de titre de séjour, les obligations de quitter le territoire français, avec fixation ou non d'un délai de départ volontaire, et les décisions fixant le pays de destination. Par suite, le moyen tiré de ce que l'arrêté en litige aurait été signé par une autorité incompétente manque en fait et doit, dès lors, être écarté.
En ce qui concerne la légalité de la décision portant refus de titre de séjour :
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police (). " Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ".
4. En l'espèce, la décision portant refus de titre de séjour en litige, qui vise notamment l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, fait référence à la demande d'admission au séjour présentée par le requérant sur le fondement de l'article L. 423-23 de ce code. Elle rappelle que, pour obtenir la délivrance d'un titre de séjour, l'étranger doit justifier de son état-civil et de sa nationalité en vertu de l'article R. 431-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et mentionne qu'en l'espèce, l'intéressé a produit, à l'appui de sa demande, un extrait d'acte de naissance, qui, après vérifications faites par les services de la police aux frontières, s'avère faux. Elle énonce également qu'eu égard à la situation privée et familiale de l'intéressé, il n'est pas porté une atteinte disproportionnée à son droit de mener une vie familiale normale. Ainsi, cette décision, qui n'avait pas à faire état de l'ensemble des éléments caractérisant la situation de l'intéressé, comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et est, par suite, suffisamment motivée au regard des exigences des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration.
5. En deuxième lieu, contrairement à ce que soutient le requérant, il ne ressort ni de la motivation de l'arrêté attaqué ni des autres pièces du dossier qu'avant de refuser de lui délivrer un titre de séjour, le préfet du Val-d'Oise n'aurait pas procédé à un examen particulier de sa situation personnelle. En particulier, la circonstance que le préfet n'a pas communiqué à l'intéressé le rapport d'analyse documentaire de la police aux frontières en date du 8 juin 2021 et recueilli ses observations sur ce document avant de prendre la décision en litige n'est pas de nature à révéler le défaut d'examen allégué. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen particulier de la situation personnelle de l'intéressé doit être écarté.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui demande la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour présente à l'appui de sa demande : / 1° Les documents justifiants de son état civil ; / 2° Les documents justifiants de sa nationalité ; / () ". Aux termes de l'article L. 811-2 du même code : " La vérification de tout acte d'état civil étranger est effectuée dans les conditions définies à l'article 47 du code civil ". Aux termes de l'article 47 du code civil : " Tout acte de l'état civil des Français et des étrangers fait en pays étranger et rédigé dans les formes usitées dans ce pays fait foi, sauf si d'autres actes ou pièces détenus, des données extérieures ou des éléments tirés de l'acte lui-même établissent, le cas échéant après toutes vérifications utiles, que cet acte est irrégulier, falsifié ou que les faits qui y sont déclarés ne correspondent pas à la réalité ".
7. Il résulte de ces dispositions que la force probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger peut être combattue par tout moyen susceptible d'établir que l'acte en cause est irrégulier, falsifié ou inexact. En cas de contestation par l'administration de la valeur probante d'un acte d'état civil établi à l'étranger, il appartient au juge administratif de former sa conviction au vu de l'ensemble des éléments produits par les parties. Pour juger qu'un acte d'état civil produit devant lui est dépourvu de force probante, qu'il soit irrégulier, falsifié ou inexact, le juge doit en conséquence se fonder sur tous les éléments versés au dossier dans le cadre de l'instruction du litige qui lui est soumis. Ce faisant, il lui appartient d'apprécier les conséquences à tirer de la production par l'étranger d'une carte consulaire ou d'un passeport dont l'authenticité est établie ou n'est pas contestée, sans qu'une force probante particulière puisse être attribuée ou refusée par principe à de tels documents.
8. Il ressort des pièces du dossier qu'à l'appui de sa demande de titre de séjour, le requérant a produit un acte de naissance différé n° WIF 42752, portant la mention " Delayed BC ", établi le 14 mai 2020 à Freetown, et faisant état de sa filiation à l'égard de Mme D E et de M. L E. Le rapport d'analyse documentaire de la police aux frontières en date du 8 juin 2021, produit par le préfet, relève que cet acte de naissance est contrefait dès lors que ce document est " entièrement réalisé en impression jet d'encre () au lieu des impressions sécurisées de type offset et typographie ", que " le timbre humide n'est pas règlementaire (baveux, manque de définition) " et que " la dernière lettre " r " du prénom " Bakarr " a été modifiée (grattage, abrasion anormale sur un acte de naissance officiel) ". En outre, le préfet du Val-d'Oise fait valoir qu'à l'appui de sa demande d'asile, enregistrée en avril 2017, l'intéressé avait produit un acte de naissance établi le 30 juin 2014. Cet acte de naissance du 30 juin 2014, versé par le préfet, mentionne une filiation différente à l'égard de Mme J E et de M. B K E, ainsi qu'un lieu et un horaire de naissance différents de celui du 14 mai 2020. Le préfet du Val-d'Oise produit également les demandes de titre de séjour déposée par Mme D E les 30 octobre 2013 et 17 décembre 2014, laquelle n'a pas mentionné l'intéressé comme étant son fils. Si le requérant fait valoir que la filiation qu'il a déclarée lors de sa demande d'asile était erronée afin de ne pas porter préjudice à sa mère, initialement titulaire de la protection subsidiaire avant d'obtenir la nationalité française, ses allégations, dénuées de tout élément crédible, ne suffisent pas à contester utilement les constats effectués par les services de la police aux frontières ni à expliquer la raison pour laquelle il dispose de deux actes de naissance différents. En outre, si le requérant produit un passeport, dont l'authenticité n'est pas contestée, ce document a été délivré le 2 mars 2020, soit antérieurement à l'établissement de l'acte de naissance du 14 mai 2020, produit à l'appui de sa demande de titre de séjour. Dans ces conditions, eu égard à la multiplicité des documents d'état-civil produits et aux anomalies constatées sur l'acte de naissance du 14 mai 2020, le préfet du Val-d'Oise doit être regardé comme apportant la preuve du caractère inauthentique de l'acte de naissance produit par le requérant à l'appui de sa demande de titre de séjour en vue de justifier de son état-civil. Par suite, le moyen tiré de l'erreur de droit dont serait entachée la décision attaquée au regard des dispositions de l'article R. 431-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
9. En quatrième lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République ".
10. M. A se disant E, qui se prévaut de la durée de son séjour en France depuis 2017, soutient qu'il possède l'essentiel de ses attaches personnelles et familiales sur le territoire français, où réside sa mère de nationalité française. Il fait valoir qu'il justifie d'efforts d'intégration et souhaite poursuivre ses études en France. Toutefois, ainsi qu'il a été dit au point 8 du présent jugement, le document d'état-civil produit par le requérant à l'appui de sa demande de titre de séjour ne permet pas de justifier de son état-civil et de son lien de filiation avec Mme D E, qu'il présente comme étant sa mère. En outre, l'intéressé ne fournit aucune précision sur les liens de toute nature qu'il aurait noués sur le territoire français. S'il produit une attestation de réussite au certificat de français élémentaire en date du 25 septembre 2019, une licence de football en date du 14 octobre 2017, ainsi qu'un dossier d'inscription pour une école de commerce, ces éléments ne suffisent pas à démontrer une insertion sociale ou professionnelle stable et ancienne sur le territoire, l'intéressé ne fournissant aucune précision sur ses activités depuis son entrée en France. Enfin, le requérant, qui est célibataire sans charge de famille, ne justifie pas davantage de circonstances particulières faisant obstacle à ce qu'elle poursuive sa vie à l'étranger et, en particulier, dans son pays d'origine, où il n'établit pas être dépourvu d'attaches personnelles et familiales et où il a vécu jusqu'à l'âge de vingt ans. Par suite, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, la décision attaquée ne peut être regardée comme ayant porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts de cette mesure. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté.
11. En cinquième lieu, il ne ressort d'aucune des pièces versées au dossier que le requérant aurait sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il ne ressort pas davantage des termes de l'arrêté attaqué que le préfet du Val-d'Oise se serait fondé sur ces dispositions pour examiner sa demande. Par suite, le requérant ne peut utilement se prévaloir de ces dispositions.
12. En sixième lieu, aux termes de l'article L. 423-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Dans chaque département est instituée une commission du titre de séjour qui est saisie pour avis par l'autorité administrative : /1° Lorsqu'elle envisage de refuser de délivrer () la carte de séjour temporaire prévue aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-13, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21, L. 423-22, L. 423-23, L. 425-9 ou L. 426-5 à un étranger qui en remplit effectivement les conditions de délivrance ; / () ".
13. Il résulte de ces dispositions que le préfet n'est tenu de saisir la commission du titre de séjour, lorsqu'il envisage de refuser un titre mentionné à l'article L. 423-13, que du cas des étrangers qui remplissent effectivement l'ensemble des conditions de procédure et de fond auxquelles est subordonnée la délivrance d'un tel titre, et non du cas de tous les étrangers qui se prévalent des articles auxquels ces dispositions renvoient. Le requérant n'établissant pas être en situation de bénéficier de plein droit d'un titre de séjour en France, le préfet du Val-d'Oise n'était pas tenu de saisir la commission du titre de séjour.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
14. Le requérant n'invoque aucun argument distinct de ceux énoncés à l'encontre de la décision portant refus de titre de séjour, à l'appui du moyen tiré de ce que la décision l'obligeant à quitter le territoire français aurait été prise en méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Dans ces conditions, ce moyen doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 10.
15. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'ordonner l'expertise génétique sollicitée le requérant, que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté attaqué du 24 août 2021 doivent être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
16. En premier lieu, le présent jugement, qui rejette les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté attaqué, n'implique pas qu'il soit enjoint au préfet du Val-d'Oise de délivrer un titre de séjour au requérant ou de procéder au réexamen de sa situation. Par suite, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte présentées en ce sens doivent être rejetées.
17. En second lieu, il n'appartient pas au juge administratif, en dehors des hypothèses prévues par les articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative, d'adresser des injonctions à titre principal à l'administration. Par suite, les conclusions du requérant tendant à ce qu'il soit enjoint au préfet du Val-d'Oise de lui restituer ses actes de naissance et documents originaux, qui ne peuvent être regardées comme étant l'accessoire de ses conclusions à fin d'annulation, sont irrecevables et doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
18. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 font obstacle à ce que soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que le requérant demande en application de ces dispositions.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. A se disant E est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. A se disant Nigel Bakarr E et au préfet du Val-d'Oise.
Délibéré après l'audience du 29 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Féral, président, Mme C et M. F, premiers conseillers,
assistés de Mme Khalfaoui, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 juillet 2022.
Le rapporteur,
signé
S. FLe président,
signé
R. FÉRALLa greffière,
signé
M. G
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026