mardi 11 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2111692 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 7ème Chambre |
| Avocat requérant | GIUDICELLI-JAHN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 17 septembre 2021, M. A C, représenté par Me Thomas, doit être regardé comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 14 avril 2021 par laquelle le préfet du Val-d'Oise a rejeté sa demande de regroupement familial au bénéfice de son épouse Mme B C ainsi que la décision de rejet de son recours gracieux intervenue le 21 juillet 2021;
2°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise d'autoriser le regroupement familial sollicité sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;
3°) de condamner l'Etat aux entiers dépens ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il doit être regardé comme soutenant que :
- la décision attaquée est entachée d'erreurs de fait dès lors qu'il a bien été déclaré par son employeur et que la société qui l'a employé existait toujours en décembre 2018 sous une forme juridique différente ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions applicables relatives au regroupement familial dès lors qu'il remplissait les conditions prévues s'agissant de sa situation financière au cours de l'année 2018.
Par ordonnance du 24 mai 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 8 juin 2023.
Le préfet du Val-d'Oise a produit un mémoire en défense enregistré le 6 mai 2024, postérieurement à la clôture d'instruction, qui n'a pas été communiqué.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour des ressortissants algériens et de leurs familles ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme Moinecourt a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant algérien, a sollicité le 8 janvier 2019 le bénéfice du regroupement familial au profit de son épouse. Par décision du 14 avril 2021, le préfet du Val-d'Oise a refusé de faire droit à cette demande. Par la présente requête, M. C demande l'annulation de cette décision, ainsi que la décision de rejet de son recours gracieux intervenue le 21 juillet 2021.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes du troisième alinéa de l'article 4 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié : " Le regroupement familial ne peut être refusé que pour l'un des motifs suivants : 1 - le demandeur ne justifie pas de ressources stables et suffisantes pour subvenir aux besoins de sa famille. Sont pris en compte toutes les ressources du demandeur et de son conjoint indépendamment des prestations familiales. L'insuffisance des ressources ne peut motiver un refus si celles-ci sont égales ou supérieures au salaire minimum interprofessionnel de croissance ". Aux termes de l'article R. 411-4, alors en vigueur, du code précité : " Pour l'application du 1° de l'article L. 411-5, les ressources du demandeur et de son conjoint qui alimenteront de façon stable le budget de la famille sont appréciées sur une période de douze mois par référence à la moyenne mensuelle du salaire minimum de croissance au cours de cette période. Ces ressources sont considérées comme suffisantes lorsqu'elles atteignent un montant équivalent à : / - cette moyenne pour une famille de deux ou trois personnes () ".
3. Le préfet du Val-d'Oise a refusé la demande de regroupement familial présentée par M. C au motif que celui-ci ne justifiait pas de la réalité de sa situation professionnelle au cours de l'année 2018 dès lors qu'il n'avait pas fait l'objet d'une déclaration sociale nominative par son employeur sur cette période et que le bulletin de salaire qu'il avait produit pour le mois de décembre 2018 avait été émis par une société ayant cessé son activité le 20 novembre 2018. Toutefois, d'une part, M. C établit, par la production d'un relevé de carrière émis par la caisse nationale de l'assurance vieillesse, qu'il a bien fait l'objet d'une déclaration par son employeur pour l'année 2018 pendant laquelle il a travaillé pendant les quatre trimestres. D'autre part, il ressort des pièces du dossier et notamment de l'historique des inscriptions modificatives au registre du commerce et des sociétés que la société Pari's Eco Transport, par laquelle a été employé M. C, n'a pas cessé son activité le 20 novembre 2018 mais a changé de forme juridique, de société à responsabilité limitée à société par actions simplifiée unipersonnelle, et de siège social. Il ressort ainsi des pièces du dossier que M. C justifie de la réalité de son activité professionnelle et, ce qui ne fait l'objet d'aucune contestation, de ressources d'un montant annuel de 17 982 euros brut, soit 1 498,50 euros par mois, sur les douze mois précédant sa demande de regroupement familial présentée le 8 janvier 2019, correspondant précisément au montant mensuel moyen du salaire minimum interprofessionnel de croissance sur cette période. Il s'ensuit que M. C est fondé à soutenir que le préfet du Val-d'Oise a entaché sa décision d'erreurs de fait et d'une erreur d'appréciation en estimant que la réalité de son activité professionnelle n'était pas démontrée et qu'il ne remplissait pas les conditions fixées par les stipulations et dispositions précitées.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que la décision de refus de regroupement familial du préfet du Val-d'Oise en date du 21 juillet 2021 doit être annulée.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
5. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. ".
6. Eu égard au motif d'annulation énoncé ci-dessus et dès lors qu'il n'est pas contesté que M. C remplit les autres conditions, le présent jugement implique nécessairement que le préfet du Val-d'Oise fasse droit à sa demande de regroupement familial présentée au profit de son épouse, sous réserve d'un changement substantiel dans la situation de droit ou de fait de l'intéressé. Par suite, il y a lieu d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise, ou au préfet compétent au regard du lieu de résidence actuel du requérant, d'y procéder dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les frais liés au litige :
7. Il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat le versement, à M. C, de la somme de 1 000 euros au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. En revanche, la présente instance n'ayant donné lieu à aucun dépens au sens des dispositions de l'article R. 761-1 du code de justice administrative, ses conclusions présentées à ce titre doivent être rejetées.
DECIDE :
Article 1 : Les décisions du 14 avril 2021 et 21 juillet 2021 du préfet du Val-d'Oise sont annulées.
Article 2 : Il est enjoint au préfet du Val-d'Oise de faire droit à la demande de regroupement familial présentée par M. C au profit de son épouse, dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 3 : L'Etat versera à M. C une somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. A C et au préfet du Val-d'Oise.
Délibéré après l'audience du 28 mai 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Drevon-Coblence, présidente,
Mme Fléjou, première conseillère, et Mme Moinecourt, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 juin 2024.
La rapporteure,
signé
L. Moinecourt
La présidente,
signé
E. Drevon-CoblenceLa greffière,
signé
D. Charleston
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026