jeudi 25 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2111846 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | BOUKHELOUA |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête, enregistrée le 20 septembre 2021 sous le n° 2111846, et un mémoire enregistré le 6 juillet 2023, Mme E, représentée par Me Boukheloua, demande au tribunal :
1°) d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté du 12 avril 2021 par lequel le maire de la commune de Malakoff (Hauts-de-Seine) l'a placée en congé de maladie ordinaire du 1er au 31 mars 2021 rémunéré à demi-traitement, ensemble la décision portant rejet de son recours gracieux ;
2°) d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté du 17 mai 2021 par lequel le maire de la commune de Malakoff l'a placée en congé de maladie ordinaire du 1er au 30 avril 2021 rémunéré à demi-traitement, ensemble la décision portant rejet de son recours gracieux ;
3°) d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté du 14 juin 2021 par lequel le maire de la commune de Malakoff l'a placée en congé de maladie ordinaire du 1er au 31 mai 2021 rémunéré à demi-traitement, ensemble la décision portant rejet de son recours gracieux ;
4°) d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté du 13 juillet 2021 par lequel le maire de la commune de Malakoff l'a placée en congé de maladie ordinaire du 1er au 30 juin 2021 rémunéré à demi-traitement ;
5°) d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté du 24 août 2021 par lequel le maire de la commune de Malakoff l'a placée en congé de maladie ordinaire du 1er au 31 juillet 2021 rémunéré à demi-traitement ;
6°) de mettre à la charge de la commune de Malakoff la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les arrêtés attaqués sont entachés d'un vice d'incompétence ;
- ils sont insuffisamment motivés en fait ;
- ils sont entachés d'une erreur de droit, la commune ayant méconnu le principe du reclassement professionnel ;
- ils sont entachés d'un détournement de pouvoir et de procédure, l'administration ayant manqué à son devoir de loyauté.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 juin 2023, la commune de Malakoff, représentée par Me Peru, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de Mme E au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- elle était en situation de compétence liée pour prendre les arrêtés en litige ;
- les moyens soulevés ne sont en tout état de cause pas fondés.
Par une ordonnance du 6 juillet 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 24 juillet 2023 à 12 heures.
II. Par une requête enregistrée le 14 décembre 2021 sous le numéro 2115623, et un mémoire enregistré le 6 juillet 2023, Mme E, représentée par Me Boukheloua, demande au tribunal :
1°) d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté du 15 octobre 2021 par lequel le maire de la commune de Malakoff l'a placée en congé de maladie ordinaire du 1er au 30 septembre 2021 rémunéré à demi-traitement ;
2°) d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté du 22 novembre 2021 par lequel le maire de la commune de Malakoff l'a placée en congé de maladie ordinaire du 1er au 30 octobre 2021 rémunéré à demi-traitement ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Malakoff la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soulève les mêmes moyens que dans la requête n° 2111846 susvisée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 juin 2023, la commune de Malakoff, représentée par Me Peru, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de Mme E au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle oppose les mêmes moyens que dans la requête n° 2111846 susvisée.
Par une ordonnance du 6 juillet 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 24 juillet 2023 à 12 heures.
III. Par une requête, enregistrée le 11 février 2022 sous le numéro 2202179, et un mémoire enregistré le 6 juillet 2023, Mme E, représentée par Me Boukheloua, demande au tribunal :
1°) d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté du 8 décembre 2021 par lequel le maire de la commune de Malakoff l'a placée en congé de maladie ordinaire du 1er au 30 novembre 2021 rémunéré à demi-traitement ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Malakoff la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soulève les mêmes moyens que dans les requêtes n°s 2111846 et 2115623 susvisées.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 juin 2023, la commune de Malakoff, représentée par Me Peru, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de Mme E au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle oppose les mêmes moyens que dans les requêtes n°s 2111846 et 2115623 susvisées.
Par une ordonnance du 6 juillet 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 24 juillet 2023 à 12 heures.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Lusinier, conseillère ;
- les conclusions de M. Sitbon, rapporteur public ;
- et les observations de Me Regis, substituant Me Peru, représentant la commune de Malakoff.
Considérant ce qui suit :
1. Mme E, agent social principal de 1ère classe au sein de la commune de Malakoff (Hauts-de-Seine), a été victime, le 13 octobre 2017, d'un accident de travail reconnu imputable au service par un arrêté du 9 novembre 2017. A la suite de plusieurs expertises médicales dont les conclusions ont été confirmées par la commission de réforme réunie le 23 novembre 2020, il a été considéré, d'une part, que Mme E était inapte à ses fonctions mais pouvait bénéficier d'un reclassement, et, d'autre part, que son état de santé était consolidé depuis le 11 décembre 2019 avec un taux d'IPP de 12 %, dont 10 % dû à un état antérieur. Par une lettre du 1er décembre 2020, le maire de Malakoff a alors indiqué à la requérante que les arrêts de travail présentés à partir du 23 novembre 2020 seraient pris en charge au titre de la maladie ordinaire et l'a informée de la possibilité de bénéficier d'un reclassement professionnel. Ayant présenté de nombreux arrêts de travail depuis cette date, la commune a placé Mme E en congé de maladie ordinaire rémunéré à demi-traitement du 1er mars au 30 novembre 2021. Par les présentes requêtes, l'intéressée demande au tribunal l'annulation des arrêtés des 12 avril, 17 mai, 14 juin, 13 juillet 2021, 24 août 2021, 15 octobre 2021, 22 novembre 2021 et 8 décembre 2021 la plaçant en congé de maladie ordinaire rémunéré à demi-traitement pour les périodes du 1er mars au 31 juillet 2021, du 1er septembre au 30 octobre 2021 et du 1er au 30 novembre 2021, ensemble les décisions portant rejet de ses recours gracieux dirigés contre ces arrêtés.
Sur la jonction :
2. Les requêtes n°s 2111846, 2115623 et 2202179 concernent une même fonctionnaire, présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a donc lieu de les joindre pour statuer par un seul et même jugement.
Sur l'exception de compétence liée soulevée en défense :
3. Aux termes de l'article 21 bis de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 : " I. Le fonctionnaire en activité a droit à un congé pour invalidité temporaire imputable au service lorsque son incapacité temporaire de travail est consécutive à un accident reconnu imputable au service, à un accident de trajet ou à une maladie contractée en service définis aux II, III et IV du présent article (). Le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement jusqu'à ce qu'il soit en état de reprendre son service ou jusqu'à la mise à la retraite. Il a droit, en outre, au remboursement des honoraires médicaux et des frais directement entraînés par la maladie ou l'accident (). VI. Un décret en Conseil d'Etat fixe les modalités du congé pour invalidité temporaire imputable au service mentionné au premier alinéa et détermine ses effets sur la situation administrative des fonctionnaires. Il fixe également les obligations auxquelles les fonctionnaires demandant le bénéfice de ce congé sont tenus de se soumettre en vue de l'octroi ou du maintien du congé, sous peine de voir réduire ou supprimer le traitement qui leur avait été conservé ". En vertu de l'article 57 2° de la loi n° 84-53 du 26/01/1984 : " Le fonctionnaire en activité a droit : 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressée dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants. Le fonctionnaire conserve, en outre, ses droits à la totalité du supplément familial de traitement et de l'indemnité de résidence. Le bénéfice de ces dispositions est subordonné à la transmission par le fonctionnaire, à son administration, de l'avis d'arrêt de travail justifiant du bien-fondé du congé de maladie, dans un délai et selon les sanctions prévues en application de l'article 58 ".
4. Il ressort des pièces du dossier que, pour placer Mme E en congé de maladie ordinaire, le maire de la commune de Malakoff s'est borné à prendre acte des arrêts de travail présentés par la requérante, qui ne conteste pas que son état de santé était consolidé à la date du 11 décembre 2019. En application des dispositions précitées du 2° de l'article 57 de la loi du 26 janvier 1984 précitées, il était tenu, dès réception des arrêts de travail transmis par Mme E, de la placer en congé de maladie. La circonstance, à la supposer établie, que la commune ait manqué à son obligation de reclassement est sans incidence sur l'obligation de l'administration de prendre acte des arrêts maladie en plaçant l'agent dans une situation administrative régulière. Il y a donc lieu d'accueillir l'exception de compétence liée soulevée en défense.
Au surplus, sur les moyens de la requête :
5. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier, d'une part, que M. D B, en qualité de 6ème adjoint disposait d'une délégation de signature établie le 18 juin 2020 et, d'autre part, que Sonia C, en qualité de 1ère adjointe au maire, disposait d'une délégation de signature établie le 6 juillet 2021. Par ailleurs, la commune de Malakoff produit un certificat d'affichage édité le 21 juillet 2023 et établissant que la délégation de signature consentie à Mme C a été affichée aux lieux accoutumés, notamment à la porte de l'hôtel de ville. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence des signataires des arrêtés attaqués doit être écarté.
6. En deuxième lieu, si la requérante soutient que les arrêtés contestés ne précisent pas les circonstances de fait ayant donné lieu à son placement en congé de maladie ordinaire et qu'ils se bornent à viser les certificats médicaux qu'elle transmettait à la commune, les arrêtés de placement d'office en congé de maladie ordinaire ne comptent pas au nombre des décisions administratives devant être motivées. Il en résulte que le moyen tiré du défaut de motivation ne peut qu'être écarté comme étant inopérant.
7. En troisième lieu, si Mme E fait valoir qu'elle se maintenait en arrêt de travail parce que la commune ne procédait pas à son reclassement, il ressort des pièces du dossier, notamment du courrier qui lui a été adressé le 28 juillet 2021, qu'elle a été reçue dans cette perspective par deux cadres de la direction des ressources humaines. Lors de cet entretien, il a été convenu que le reclassement pouvait être mis en œuvre dans le cadre d'un accompagnement par des périodes d'immersion et de formation dès que Mme E serait autorisée, par son médecin traitant, à reprendre le travail. Malgré cette proposition, la requérante n'a jamais formulé de demande précise quant à la nature du reclassement dont elle aurait entendu bénéficier. Par suite, il ne peut être reproché à la commune de Malakoff d'avoir méconnu le principe du reclassement professionnel.
8. En quatrième lieu, Mme E soutient que la commune de Malakoff l'aurait incitée à se placer en congé de maladie ordinaire afin de ne pas mettre en œuvre la procédure de reclassement. Or, il est constant que l'intéressée n'a pas été reconnue apte à la reprise du travail par son médecin traitant, tandis que la gestion de son dossier par la commune n'a en toute hypothèse eu aucune incidence sur son état de santé. Le détournement de pouvoir et de procédure n'est donc pas établi.
Sur les frais liés à l'instance :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la commune de Malakoff, qui n'est pas la partie perdante à l'instance, verse à Mme E la somme qu'elle réclame au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas davantage lieu de faire droit aux conclusions de la commune de Malakoff présentées au même titre.
Par ces motifs, le tribunal décide :
Article 1er : Les requêtes n°s 2111846, 2115623 et 2202179 sont rejetées.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Malakoff présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A E et à la commune de Malakoff.
Délibéré après l'audience du 4 avril 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Oriol, présidente, Mme Cordary, première conseillère, et Mme Lusinier, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 avril 2024.
La rapporteure,
Signé
V. Lusinier
La présidente,
Signé
C. OriolLa greffière,
Signé
V. Ricaud
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour ampliation,
La greffière
N°s 2111846 - 2115623 - 2202179
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026