mercredi 13 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2111870 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 1ère Chambre |
| Avocat requérant | CABINET MONCONDUIT ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 21 septembre 2021, M. A, représenté par Me Monconduit, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté, en date du 29 mars 2021, par lequel le préfet des Hauts-de-Seine a rejeté sa demande de renouvellement de son titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il est susceptible d'être reconduit et lui a interdit le retour sur le territoire français pour une durée d'un an ;
2°) d'enjoindre, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, au préfet des Hauts-de-Seine ou au préfet territorialement compétent :
- à titre principal, de lui délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " jeune professionnel " ou " salarié " dans un délai d'un mois à compter de la décision à intervenir ;
- à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation dans un délai d'un mois à compter de la décision à intervenir, et de lui délivrer dans un délai de sept jours à compter de la décision à intervenir une autorisation provisoire de séjour ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour :
- est insuffisamment motivée ;
- est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa demande de renouvellement de titre de séjour ;
la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- est dépourvue de base légale, la décision portant refus de séjour étant illégale ;
la décision portant interdiction de retour sur le territoire pendant une durée d'un an :
- est dépourvue de base légale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- est insuffisamment motivée ;
- est entachée d'une erreur d'appréciation au regard de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Des pièces complémentaires, enregistrées les 8 novembre 2021, ont été produites pour M. A.
Le préfet des Hauts-de-Seine a produit des pièces, enregistrées le 5 novembre 2021, et invité le tribunal à rejeter la requête.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'accord franco-tunisien du 4 décembre 2003 relatif aux échanges de jeunes professionnels ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. C, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant tunisien né le 1er janvier 1991, est entré en France le 26 décembre 2019 sous couvert d'un visa de long séjour, valant titre de séjour, portant la mention " jeune professionnel " valable du 25 décembre 2019 au 25 décembre 2020. Le 28 décembre 2020, il a déposé une demande de renouvellement de titre de séjour et a été mis en possession d'un récépissé valable jusqu'au 27 juin 2021. Par un arrêté du 29 mars 2021, le préfet des Hauts-de-Seine a rejeté sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, fixé le pays de destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. M. A demande l'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. L'arrêté litigieux vise les textes dont il est fait application et expose de façon suffisante les circonstances de fait propres à la situation personnelle de M. A. Ces indications qui constituent le fondement de la décision litigieuse permettent au requérant d'en contester utilement le bien-fondé. Par suite, et alors même qu'elles ne reprennent pas l'ensemble des éléments propres à la situation de l'intéressé le moyen tiré de l'insuffisance de motivation doit être écarté.
3. Alors que la décision fait état de la prise en considération d'éléments propres à la situation de M. A, aucun élément du dossier ne permet d'établir que le préfet n'a pas procédé à un examen particulier de sa situation et de sa demande. A cet égard, M. A reproche au préfet des Hauts-de-Seine notamment d'avoir ignoré la demande qu'il a formulée auprès de la direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi afin d'obtenir sur le fondement des stipulations de l'article 3 de l'accord franco-tunisien du 4 décembre 2003 une prolongation de six mois de son titre de séjour " jeune professionnel " expirant le 25 décembre 2020. Toutefois, contrairement à ce qu'il soutient, il ne ressort pas des pièces du dossier que le requérant a sollicité une demande de prolongation de son titre de séjour en qualité de " jeune professionnel ". Le moyen tiré de l'erreur de droit résultant du défaut d'examen de la demande du requérant doit être écarté.
4. Les moyens soulevés contre le refus de titre de séjour attaqué ayant tous été écartés, M. A n'est pas fondé à se prévaloir du défaut de base légale de la décision portant obligation de quitter le territoire français, ni, par voie de conséquence, aucun autre moyen n'étant soulevé contre l'obligation de quitter le territoire français, du défaut de base légale de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français.
5. Il résulte de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que la décision d'interdiction de retour doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que son destinataire puisse à sa seule lecture en connaître les motifs. Si cette motivation doit attester de la prise en compte par l'autorité compétente, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des critères prévus par la loi, aucune règle n'impose que le principe et la durée de l'interdiction de retour fassent l'objet de motivations distinctes, ni que soit indiquée l'importance accordée à chaque critère.
6. Il incombe ainsi à l'autorité compétente qui prend une décision d'interdiction de retour d'indiquer dans quel cas susceptible de justifier une telle mesure se trouve l'étranger. Elle doit par ailleurs faire état des éléments de la situation de l'intéressé au vu desquels elle a arrêté, dans son principe et dans sa durée, sa décision, eu égard notamment à la durée de la présence de l'étranger sur le territoire français, à la nature et à l'ancienneté de ses liens avec la France et, le cas échéant, aux précédentes mesures d'éloignement dont il a fait l'objet. Elle doit aussi, si elle estime que figure au nombre des motifs qui justifie sa décision une menace pour l'ordre public, indiquer les raisons pour lesquelles la présence de l'intéressé sur le territoire français doit, selon elle, être regardée comme une telle menace. En revanche, si, après prise en compte de ce critère, elle ne retient pas cette circonstance au nombre des motifs de sa décision, elle n'est pas tenue, à peine d'irrégularité, de le préciser expressément.
7. Il ressort des termes de l'arrêté contesté que, pour justifier la décision d'interdiction de retour sur le territoire français, le préfet des Hauts-de-Seine se borne à soutenir que la durée d'un an de cette interdiction ne porte pas une atteinte disproportionnée au droit au respect de la vie privée et familiale de M. A. Il ne mentionne toutefois aucun élément de nature à justifier de la nécessité ou même du simple intérêt de cette décision. Par suite, M. A est fondé à soutenir que le préfet des Hauts-de-Seine n'a fondé sur aucun motif la décision attaquée et à en demander pour ce motif l'annulation.
8. Il résulte de ce qui précède que l'arrêté du 29 mars 2021 du préfet des Hauts-de-Seine doit être annulé en tant qu'il édicte à l'encontre du requérant une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
9. Le présent jugement, qui n'annule que la décision du 29 mars 2021 prononçant à l'encontre de M. A une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an, n'implique pas la délivrance d'une autorisation provisoire de séjour dès lors que M. A reste soumis à l'obligation de quitter le territoire français. Ses conclusions à fin d'injonction et d'astreinte doivent dès lors être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
10. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit aux conclusions de M. A présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, l'Etat n'étant pas la partie essentiellement perdante.
D É C I D E :
Article 1er : L'arrêté du préfet des Hauts-de-Seine du 29 mars 2021 est annulé en tant qu'il interdit à M. A le retour sur le territoire français pendant une durée d'un an.
Article 2 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A et au préfet des Hauts-de-Seine.
Délibéré après l'audience du 5 juillet 2022, à laquelle siégeaient :
M. Thierry, président,
Mme Ferrand, première conseillère,
M. Louvel, premier conseiller.
Assistés de M. Lux, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 juillet 2022.
Le rapporteur,
signé
T. C
Le président,
signé
P. ThierryLe greffier,
signé
F. Lux
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
21118702/
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026