jeudi 19 janvier 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2111944 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL VERPONT AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 20 septembre 2021 et le 9 novembre 2022, la société à responsabilité limitée (SARL) Alvergnas Automobiles, représentée par Me Rochmann-Sacksick, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision implicite du 19 juillet 2021 par laquelle le maire de la commune de Saint-Ouen l'Aumône (Val-d'Oise) a rejeté sa demande de rouvrir à la circulation du public le chemin du Brouillard, ainsi que la décision implicite du 19 juillet 2021 par laquelle le président de la communauté d'agglomération de Cergy-Pontoise a rejeté une demande identique ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune de Saint-Ouen l'Aumône ou, le cas échéant, au président de la communauté d'agglomération de Cergy-Pontoise, de décider la réouverture du chemin du Brouillard dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Saint-Ouen l'Aumône la somme de 3 000 euros et de mettre la même somme à la charge du président de la communauté d'agglomération de Cergy-Pontoise au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- elle a intérêt à agir, dès lors qu'elle a déposé un permis de construire portant sur les parcelles situées à l'angle du chemin du Brouillard et de la rue de Paris, refusé au motif de la dangerosité de l'accès rue de Paris, de sorte que la fermeture du chemin du Brouillard est la cause du refus de sa demande de permis de construire ;
- les décisions refusant de rouvrir ce chemin à la circulation sont illégales, dès lors qu'elle bénéficie d'une aisance de voirie sur le chemin du Brouillard, dont l'obstruction n'est rendue nécessaire ni par la conservation du domaine public ni par celle de la circulation publique ; en outre, le chemin du Brouillard est une voie communale et non un chemin rural ; quand bien même il serait un chemin rural, il existe tout de même une aisance de voirie sur ce chemin, à son bénéfice ; l'absence d'enclavement n'a pas non plus de conséquences sur la présence d'une aisance de voirie.
Par un mémoire en défense, enregistré le 6 mai 2022, la commune de Saint-Ouen l'Aumône, représentée par Me Lalanne, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de la SARL Alvergnas Automobiles au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que, à titre principal, la requête est irrecevable faute d'intérêt à agir de la société requérante, et, à titre subsidiaire, que le moyen invoqué n'est pas fondé.
La requête de la SARL Alvergnas a été communiquée à la communauté d'agglomération de Cergy-Pontoise qui n'a présenté d'observations en défense.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code rural ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique, tenue en présence de Mme Khalfaoui, greffière d'audience :
- le rapport de M. A ;
- les conclusions de Mme Chabrol, rapporteure publique ;
- les observations orales de Me Rochmann-Sacksick, représentant la SARL Alvergnas Automobiles ;
- et les observations orales de Me Lalanne, représentant la commune de Saint-Ouen l'Aumône.
Une note en délibéré, présentée pour la SARL Alvergnas Automobiles, a été enregistrée le 2 décembre 2022.
Considérant ce qui suit :
1. Par un courrier reçu le 19 mai 2021, la société par actions simplifiée (SARL) Alvergnas Automobiles a demandé au maire de Saint-Ouen l'Aumône ainsi qu'au président de la communauté d'agglomération de Cergy-Pontoise de procéder à la réouverture du chemin du Brouillard, situé sur le territoire de la commune de Saint-Ouen l'Aumône et dont l'entrée nord a été bouchée. Par deux décisions implicites de rejet du 19 juillet 2021, cette demande a été rejetée par le maire de Saint-Ouen l'Aumône ainsi que par le président de la communauté d'agglomération de Cergy-Pontoise. Par la présente requête, la SARL Alvergnas Automobiles demande au tribunal d'annuler ces décisions.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Sauf dispositions législatives contraires, la qualité de riverain d'une voie publique confère à celui-ci le droit d'accéder à cette voie. L'autorité domaniale ne peut refuser d'accorder un tel accès, qui constitue un accessoire du droit de propriété, que pour des motifs tirés de la conservation et de la protection du domaine public ou de la sécurité de la circulation sur la voie publique.
3. La SARL Alvergnas Automobiles soutient qu'elle dispose d'une aisance de voirie, sous la forme d'un droit d'accès, sur le chemin du Brouillard, de telle sorte que les décisions attaquées refusant de le rouvrir à la circulation seraient illégales. Cependant, il n'est pas contesté par la requérante qu'elle n'est propriétaire d'aucune parcelle riveraine du chemin en litige. En outre, la requérante n'établit pas ni même n'allègue être locataire d'une telle parcelle. Il s'ensuit que, faute de pouvoir prétendre à la qualité de riveraine du chemin en litige, et quelle que soit la nature de celui-ci, la SARL Alvergnas Automobiles ne peut se prévaloir d'aucune aisance de voirie ni d'aucun droit d'accès au chemin du Brouillard, de sorte que le moyen unique ne peut qu'être rejeté.
4. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la recevabilité de la requête, que la SARL Alvergnas Automobiles n'est pas fondée à demander l'annulation des décisions implicites de rejet du 19 juillet 2021 refusant de rouvrir à la circulation le chemin du Brouillard. En conséquence, les conclusions à fin d'injonction présentées par la requérante doivent également être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
5. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mis à la charge de la commune de Saint-Ouen l'Aumône ou à la communauté d'agglomération de Cergy-Pontoise, qui ne sont pas les parties perdantes, le versement de la somme que la SARL Alvergnas Automobiles demande au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens. Il y a lieu en revanche de mettre à la charge de la SARL Alvergnas Automobiles une somme de 1 000 euros à verser à la commune de Saint-Ouen l'Aumône, sur le fondement des mêmes dispositions.
D E C I D E :
Article 1er :La requête de la SARL Alvergnas Automobiles est rejetée.
Article 2 :La SARL Alvergnas Automobiles versera la somme de 1 000 euros à la commune de Saint-Ouen l'Aumône au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 :Le présent jugement sera notifié à la SARL Alvergnas Automobiles, à la communauté d'agglomération de Cergy-Pontoise et à la commune de Saint-Ouen l'Aumône.
Délibéré après l'audience du 2 décembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Féral, président, M. B et M. C, premiers conseillers, assistés de Mme Khalfaoui, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 janvier 2023.
Le président-rapporteur,
signé
R. A
L'assesseur le plus ancien dans l'ordre du tableau,
signé
S. B
La greffière,
signé
Mme D
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026