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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2112032

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2112032

jeudi 13 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2112032
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation4ème Chambre
Avocat requérantAKUESSON

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 25 septembre 2021 et 5 juin 2022, M. D A, représenté par Me Akuesson, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 27 juillet 2021 par lequel le préfet du Val-d'Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours ;

2°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", dans un délai de deux mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

En ce qui concerne la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour :

- elle est insuffisamment motivée, révélant un défaut d'examen approfondi de sa situation personnelle ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'erreur d'appréciation ;

- elle est entachée d'erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

- elle est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant refus de délivrance d'un titre de séjour, qui la fonde ;

- elle méconnaît l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

En ce qui concerne la décision accordant un délai de départ volontaire de trente jours :

- elle méconnaît l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Par des mémoires en défense enregistrés les 17 août et 12 septembre 2022, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens soulevés par M. A ne sont pas fondés.

En application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, les parties ont été informées que le jugement est susceptible d'être fondé sur un moyen qui, étant d'ordre public, doit être relevé d'office et tiré de ce que la requête de M. A est tardive.

Par un mémoire enregistré le 17 septembre 2022, M. A a produit des observations en réponse au moyen d'ordre public soulevé par le tribunal.

Par un mémoire enregistré le 21 septembre 2022, le préfet du Val-d'Oise a produit des observations en réponse au moyen d'ordre public soulevé par le tribunal.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. C,

- et les observations de Me Akuesson, pour M. A, présent.

Considérant ce qui suit :

1. M. A, ressortissant ivoirien né le 26 octobre 1970, demande l'annulation de l'arrêté du 27 juillet 2021 par lequel le préfet du Val-d'Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours.

2. Aux termes de l'article L. 614-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque la décision portant obligation de quitter le territoire français prise en application des 3°, 5° ou 6° de l'article L. 611-1 est assortie d'un délai de départ volontaire, le tribunal administratif est saisi dans le délai de trente jours suivant la notification de la décision. / L'étranger peut demander le bénéfice de l'aide juridictionnelle au plus tard lors de l'introduction de sa requête en annulation. ". L'article R. 421-5 du code de justice administrative dispose que : " Les délais de recours contre une décision administrative ne sont opposables qu'à la condition d'avoir été mentionnés, ainsi que les voies de recours, dans la notification de la décision. ".

3. Il ressort des pièces du dossier que l'arrêté attaqué, daté du 27 juillet 2021, a été notifié le 29 juillet suivant. Il comporte, au verso, la description des voies et délais de recours permettant la contestation des obligations de quitter le territoire français, ainsi que des décisions les accompagnant, selon qu'elles comportent ou non un délai de départ volontaire. Ces mentions, qui sont dépourvues d'ambiguïté, indiquent que lorsqu'un tel délai a été accordé, le recours doit être intenté dans les trente jours suivant la notification de la décision, conformément aux dispositions précitées du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. L'existence d'un autre élément de nature à proroger ce délai de recours ne ressort pas des pièces du dossier. Il en résulte que le délai pour former un recours contentieux à l'encontre de cet arrêté, qui résulte des dispositions précitées, a couru et a expiré le 30 août 2021. Par suite la requête de M. A, datée du 25 septembre 2021, est tardive et ne peut pour ce motif qu'être rejetée.

Par ces motifs, le tribunal décide :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D A et au préfet du Val-d'Oise.

Délibéré après l'audience du 29 septembre 2022, à laquelle siégeaient

Mme Van Muylder, présidente,

Mme B et M. C, premiers conseillers,

assistés de Mme Nimax, greffière.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 octobre 2022.

Le rapporteur,

signé

G. CLa présidente,

signé

C. Van MuylderLa greffière,

signé

S. Nimax

La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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