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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2112289

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2112289

mardi 5 mars 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2112289
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation8ème Chambre
Avocat requérantFERRAND

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires complémentaires, enregistrés respectivement le 28 septembre 2021, les 25 avril et 21 novembre 2022, et le 4 septembre 2023, M. C A, représenté par Me Borderieux, demande au tribunal :

1°) d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 21 juin 2021 par lequel le maire de la commune de Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine) a délivré a la SNC GM5 un permis de construire n° PC 0920632000108 en vue de démolir un garage, une remise, de déposer la toiture du bâtiment d'habitation, de le réhabiliter, de le surélever et de l'agrandir de manière mesurée, d'en modifier les abords et de réaliser une clôture à l'alignement sur un terrain situé 12 rue des gibets à Rueil-Malmaison, ensemble la décision du 3 septembre 2021 par laquelle il a rejeté son recours gracieux ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Rueil-Malmaison la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- sa requête est recevable ;

- la décision en litige est illégale dès lors que le dossier de dépôt de demande de permis de construire ne contenait pas la description des moyens mis en œuvre dans la démolition pour éviter toute atteinte au patrimoine protégé et que la notice architecturale n'indiquait en outre pas les matériaux utilisés et les modalités d'exécution des travaux ;

- elle méconnait les articles R. 425-1 du code de l'urbanisme et L. 621-32 du code du patrimoine, dès lors qu'elle a été prise sur un avis émis par l'architecte des bâtiments de France postérieurement à l'édiction de l'acte attaqué ;

- le permis litigieux ne mentionne pas la prescription formulée dans le premier avis de l'architecte des Bâtiments de France ;

- il méconnait les dispositions de l'article UED 7 du règlement du plan local d'urbanisme (PLU) de la commune de Rueil-Malmaison sur laquelle le projet sera réalisé, dès lors que :

* La façade sud-ouest du projet, qui comporte des baies principales, est implantée à une distance de la limite séparative inférieure à la hauteur de cette façade ;

* Il n'est pas établi que la surface de la surélévation projetée soit au maximum égale à 30% de la surface de plancher existante du bâtiment à surélever par rapport à l'état du bâtiment a la date du 21 octobre 2021 ;

* La partie en surélévation mal implantée comporte des jours qui ne sont pas des jours de souffrance ;

* L'aspect moderne de l'extension ne s'insère pas de manière harmonieuse dans le tissu environnant ;

* Il n'est pas établi que la surface de l'extension projetée soit au maximum égale à 30% de la surface de plancher existante du bâtiment à surélever par rapport à l'état du bâtiment a la date du 21 octobre 2021 ;

* L'extension n'est manifestement pas réalisée dans le prolongement des murs existants ;

- elle méconnait les dispositions de l'article UED 9 du règlement du PLU de la commune de Rueil-Malmaison sur laquelle le projet sera réalisé, dès lors que l'emprise au sol prévue de la construction dépasse la limite de 35% de la superficie du terrain prévue ;

- elle méconnait les dispositions de l'article UED 10 du règlement du PLU de la commune de Rueil-Malmaison sur laquelle le projet sera réalisé, dès lors que la hauteur prévue des constructions dépasse celle prévue par le PLU.

Par un mémoire en défense, enregistré le 1er mars 2022, la commune de Rueil-Malmaison conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que les moyens invoqués ne sont pas fondés.

Par deux mémoires en défense, enregistrés les 25 octobre et 6 décembre 2022, la SNC GM5, représentée par Me Ferrand, conclut, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à l'annulation partielle ou au sursis à statuer en application des dispositions des articles L. 600-5 et L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et, dans tous les cas, à ce qu'il soit mis à la charge M. A la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que les moyens invoqués ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code du patrimoine ;

- le plan local d'urbanisme de la commune de Rueil-Malmaison ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. Bertoncini, président-rapporteur,

- les conclusions de M. Boriès, rapporteur public,

- les observations orales de Me Borderieux, représentant la M. A,

- les observations orales de Mme B, représentant la commune de Rueil-Malmaison,

- et les observations orales de Me Ferrand, représentant la SNC GM5.

Considérant ce qui suit :

1. Par arrêté du 21 juin 2021, n° 2021/1537, le maire de la commune de Rueil-Malmaison a accordé à la SNC GM5 un permis de construire n° PC 0920632000108 en vue de démolir un garage, une remise, de déposer la toiture du bâtiment d'habitation, de le réhabiliter, de le surélever et de l'agrandir de manière mesurée, d'en modifier les abords et de réaliser une clôture à l'alignement sur un terrain situé 12 rue des gibets à Rueil-Malmaison, et classée en zone UEd du plan local d'urbanisme de la commune. M. A demande au tribunal d'annuler ce permis de construire ainsi que la décision du 3 septembre 2021 par laquelle le maire de la commune de Rueil-Malmaison a rejeté son recours gracieux.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne le caractère incomplet du dossier de demande de permis de construire initial :

2. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

3. Aux termes de l'article R. 431-14 du code de l'urbanisme : " Lorsque le projet porte sur des travaux nécessaires à la réalisation d'une opération de restauration immobilière au sens de l'article L. 313-4 ou sur un immeuble inscrit au titre des monuments historiques, sur un immeuble adossé à un immeuble classé ou sur une construction existante située dans un secteur sauvegardé, dans le champ de visibilité d'un monument historique défini à l'article L. 621-30-1 du code du patrimoine ou dans une zone de protection du patrimoine architectural, urbain et paysager créée en application de l'article L. 642-1 du code du patrimoine, la notice mentionnée à l'article R. 431-8 indique en outre les matériaux utilisés et les modalités d'exécution des travaux ". Aux termes de l'article R. 451-4 du même code : " Lorsque l'immeuble est situé dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable ou dans les abords des monuments historiques, le dossier joint à la demande comprend en outre la description des moyens mis en œuvre dans la démolition pour éviter toute atteinte au patrimoine protégé. ". Aux termes de l'article L. 621 30 du code du patrimoine : " En l'absence de périmètre délimité, la protection au titre des abords s'applique à tout immeuble, bâti ou non bâti, visible du monument historique ou visible en même temps que lui et situé à moins de cinq cents mètres de celui-ci. ".

4. Si la construction litigieuse prendra place dans les abords d'un monument historique, il ressort des pièces du dossier, et notamment de l'avis de l'architecte des Bâtiments de France du 5 janvier 2021, que, en l'absence d'un périmètre délimité, l'immeuble en cause n'est ni visible à l'œil nu de cet édifice, ni visible en même temps que lui depuis un lieu normalement accessible au public. Par suite, l'absence de description de modalités d'exécution des travaux à réaliser dans la notice du dossier de demande de permis de construire, qui en revanche indique les matériaux utilisés, n'a pas été de nature, en l'espèce, à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 431-14 du code de l'urbanisme doit être écarté.

5. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de l'incomplétude du dossier de permis de construire au regard des prescriptions de l'article R. 451-4 du code de l'urbanisme ne peut qu'être écarté.

En ce qui concerne le moyen tiré du caractère irrégulier de l'avis émis par l'architecte des Bâtiments de France :

6. Aux termes de l'article R. 425-1 du code de l'urbanisme : " Lorsque le projet est situé dans les abords des monuments historiques, le permis de construire, le permis d'aménager, le permis de démolir ou la décision prise sur la déclaration préalable tient lieu de l'autorisation prévue à l'article L. 621-32 du code du patrimoine si l'architecte des Bâtiments de France a donné son accord, le cas échéant assorti de prescriptions motivées, ou son avis pour les projets mentionnés à l'article L. 632-2-1 du code du patrimoine. ". Aux termes de l'article L. 621-30 du code du patrimoine : " En l'absence de périmètre délimité, la protection au titre des abords s'applique à tout immeuble, bâti ou non bâti, visible du monument historique ou visible en même temps que lui et situé à moins de cinq cents mètres de celui-ci. ". Aux termes de l'article L. 621-32 du même code : " Les travaux susceptibles de modifier l'aspect extérieur d'un immeuble, bâti ou non bâti, protégé au titre des abords sont soumis à une autorisation préalable. ".

7. Il résulte de la combinaison des articles L. 621-30, L. 621-32, du I de l'article L. 632-2 du code du patrimoine et de l'article R. 425-1 du code de l'urbanisme que ne peuvent être délivrés qu'avec l'accord de l'architecte des Bâtiments de France les permis de construire portant sur des immeubles situés, en l'absence de périmètre délimité, à moins de cinq cents mètres d'un édifice classé ou inscrit au titre des monuments historiques, s'ils sont visibles à l'œil nu de cet édifice ou en même temps que lui depuis un lieu normalement accessible au public, y compris lorsque ce lieu est situé en dehors du périmètre de cinq cents mètres entourant l'édifice en cause. La visibilité depuis un immeuble classé ou inscrit s'apprécie à partir de tout point de cet immeuble normalement accessible conformément à sa destination ou à son usage.

8. D'une part, il est constant que l'architecte des Bâtiments de France a été saisi, une première fois, sur la demande de permis de construire et qu'il a, le 5 janvier 2021, indiqué que l'immeuble n'était pas situé dans le champ de visibilité d'un monument historique, son accord n'étant pas obligatoire, ajoutant que pour une meilleure intégration dans le quartier, il conviendrait d'opter pour des choix architecturaux moins contemporains et de remplacer le bardage métallique par un enduit traditionnel. Toutefois, en l'absence d'un périmètre délimité, la construction projetée n'étant en outre ni visible à l'œil nu depuis la caserne Guynemer, monument historique, ni visible en même temps qu'elle depuis un lieu normalement accessible au public, l'avis de l'architecte des Bâtiments de France n'était pas obligatoire et constitue, s'il a été sollicité, un avis simple. Partant, la circonstance que ce premier avis n'ait pas été mentionné dans le permis attaqué, et que celui-ci ne reprenne pas dans ses prescriptions les remarques formulées pour une meilleure intégration dans le quartier, est sans incidence sur la légalité des décisions attaquées.

9. D'autre part, aux termes de l'article R. 423-59 du code de l'urbanisme : " () les collectivités territoriales, les services, autorités ou commissions qui n'ont pas fait parvenir à l'autorité compétente leur réponse motivée dans le délai d'un mois à compter de la réception de la demande d'avis sont réputés avoir émis un avis favorable. ". Aux termes de l'article R. 423-67 du même code : " Par exception aux dispositions de l'article R. * 423-59, le délai à l'issue duquel l'architecte des Bâtiments de France est réputé avoir donné son accord ou, dans les cas mentionnés à l'article L. 632-2-1 du code du patrimoine, émis son avis favorable est de deux mois lorsque le projet soumis à permis est situé dans le périmètre d'un site patrimonial remarquable ou dans les abords des monuments historiques () ".Ce délai est, en l'absence de dispositions contraires expresses, un délai non franc.

10. Le projet ayant évolué et des pièces complémentaires ayant été déposées par le pétitionnaire le 14 avril 2021, le maire de la commune de Rueil-Malmaison a de nouveau consulté l'architecte des Bâtiments de France, par un courrier qu'il a reçu le 21 avril 2021. Ainsi, cet architecte, qui n'a pas répondu expressément, doit être regardé comme ayant émis un avis favorable le 21 juin suivant à minuit. Ainsi, le permis de construire litigieux vise un avis réputé favorable qui n'a été acquis qu'à l'expiration de la journée du 21 juin, soit nécessairement postérieurement à sa date d'édiction.

11. Si les actes administratifs doivent être pris selon les formes et conformément aux procédures prévues par les lois et règlements, un vice affectant le déroulement d'une procédure administrative préalable, suivie à titre obligatoire ou facultatif, n'est de nature à entacher d'illégalité la décision prise que s'il ressort des pièces du dossier qu'il a été susceptible d'exercer, en l'espèce, une influence sur le sens de la décision prise ou qu'il a privé les intéressés d'une garantie.

12. Aucun avis défavorable n'ayant été émis postérieurement par l'architecte des Bâtiments de France, celui-ci est réputé avoir définitivement émis un avis favorable au projet de la SNC GM5 dès le 21 juin 2021 à minuit. Dans ces circonstances, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en adoptant le permis de construire litigieux le 21 juin 2021 au visa d'un avis réputé favorable né le même jour à minuit, le maire de la commune de Rueil-Malmaison ait effectivement privé M. A d'une garantie, ou que ce vice ait été susceptible d'exercer une influence sur le sens de la décision adoptée. Il s'ensuit que ce moyen ne peut qu'être écarté.

En ce qui concerne l'article 7 de la zone UEd du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Rueil-Malmaison :

13. En premier lieu, aux termes de l'article 7 de la zone UEd du règlement du plan local d'urbanisme : " Implantation des constructions par rapport aux limites séparatives Champs d'application : Ne sont pas pris en compte pour l'application de la règle : * Les travaux d'isolation par l'extérieur effectuées sur des constructions existantes, à condition de n'empiéter sur les reculs existants que de 0,30m au plus. () 1- Dispositions générales : En dehors des cas évoqués aux paragraphes " 1.2-Dispositions Particulières ", les constructions doivent s'implanter en retrait des limites séparatives* selon les modalités d'implantation définies au ci-dessous : 1.1- Dispositions relatives à l'implantation des façades* comportant des baies principales*: La distance entre la limite séparative et tout point de la façade ou partie de façade doit être au moins égale à la hauteur de cette façade (H=L) avec :Un minimum de 6 mètres dans la (ou les) bande(s) de 29m de profondeur comptée(s) perpendiculairement à partir de la limite d'emprise de la voie (ou de chacune des voies), existante à la date d'approbation du PLU, desservant la propriété () ".

14. M. A soutient que le projet méconnait les dispositions précitées dès lors que la distance entre la façade sud-ouest du projet et la limite séparative de son terrain est inférieure au minimum de 6 mètres institués par le plan local d'urbanisme. Toutefois, d'une part, ces dispositions ne sont pas applicables à l'extension et à la surélévation de constructions existantes mal implantées, ce qui est le cas de la maison existante, des dispositions spécifiques étant prévues au paragraphe 3.1 de l'article 7 de la zone UEd du règlement du plan local d'urbanisme. D'autre part, et en tout état de cause, il ressort toutefois des pièces du dossier que, si le projet litigieux prévoit bien que la façade sud-ouest est implantée à une distance inférieure à 6 mètres de la limite séparative du terrain de M. A, ce recul ne porte que sur 0,20 mètres et trouve sa source dans des travaux d'isolation par l'extérieur de constructions existantes qui, ainsi que le prévoit le préambule de l'article lui-même, ne sont pas pris en compte pour l'application de la règle à condition de n'empiéter sur les reculs existants que de 0,30m au plus. Par suite, le moyen tiré de ce que la rénovation prévue méconnait les distances par rapport aux limites séparatives fixées par les dispositions précitées doit être écarté.

15. En deuxième lieu, aux termes du 3 de l'article 7 de la zone UEd du règlement du plan local d'urbanisme : " Dispositions diverses 3.1- Extensions et surélévations : 3.1.1- A compter de la date d'approbation de la révision du présent PLU (le 21 octobre 2011), peut être autorisé une seule surélévation d'un bâtiment ne respectant pas les règles d'implantations évoqué dans les paragraphes précédents. Pour être autorisée, la surélévation doit répondre cumulativement aux conditions suivantes : être au maximum égale à 30% de la surface de plancher existante du bâtiment à surélever à la date d'approbation de la révision du présent PLU () () 3.1.2 - A compter de la date d'approbation de la révision du présent PLU, peut être autorisée une seule extension d'un bâtiment ne respectant pas les règles d'implantation évoquées dans les paragraphes précédents. Pour être autorisée, l'extension doit répondre cumulativement aux conditions suivantes : / - être au maximum égale à 30% de la surface de plancher existante du bâtiment à agrandir à la date d'approbation de la révision du présent PLU / () s'insérer de manière harmonieuse dans le tissu environnant / que l'extension présente une volumétrie en rapport avec les 30% autorisés. / () ".

16. Il ressort des pièces du dossier, et en particulier des documents graphiques du dossier de demande de permis de construire et de sa planche n°120, que la surface totale de plancher avant travaux s'établit à 100,97 m², et que la surface totale après travaux s'élèvera à 127,62 m², de telle sorte que la surface de plancher créée de la surélévation comme de l'extension sera nécessairement inférieure à 30% de la surface de plancher existante. Le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions ne peut, dès lors, qu'être écarté.

17. En troisième lieu, aux termes du point 3.1.1 de l'article 7 de la zone UEd du règlement du plan local d'urbanisme : " la partie en surélévation mal implantée ne comporte pas d'ouverture autre que des jours de souffrance " . Selon le 3.1.2 de cet article, il en va de même de l'extension des façades mal implantées. Le glossaire du plan local d'urbanisme de la commune de Rueil-Malmaison définit les jours de souffrance comme un : " percement dans une façade, qui apporte la lumière dans un local, sans que, de l'intérieur de ce local, une personne puisse voir à l'extérieur. Au sens du présent règlement ces jours de souffrance ne pourront de plus être situés qu'à 2,60 m au moins au-dessus du plancher si la pièce se situe au rez-de-chaussée, et à 1,90 m au moins au-dessus du plancher pour les pièces situées en étages. Par ailleurs, si la façade du bâtiment est implantée à moins 1,90 m de la limite séparative ces ouvertures devront comporter un châssis fixe. Si la façade du bâtiment est implantée à au moins 1,90m de la limite séparative ces ouvertures pourront comporter un châssis mobile. ".

18. D'une part, il ressort des pièces du dossier que les fenêtres situées au premier étage du projet préexistaient à la construction de telle sorte qu'elles n'ont pas à respecter les dispositions précitées du plan local d'urbanisme, qui s'appliquent aux seules extensions et surélévations. D'autre part, s'agissant de l'extension du séjour au rez-de-chaussée, qui remplace en partie une ancienne remise démolie, si celle-ci comporte une façade mitoyenne avec la parcelle voisine, elle est composée de pavés de verre qui constituent des jours de souffrance dont le percement est autorisé par les dispositions précitées. Enfin, s'agissant des velux percés au dernier étage de la surélévation, ceux-ci sont implantés dans le toit, et non dans une façade, à près de deux mètres du sol, de telle sorte qu'ils ne peuvent pas porter d'atteinte à l'intimité du voisinage et n'ont d'autre objet que d'apporter de la lumière dans un local qui s'en trouverait dépourvu. Ce faisant, ils ne peuvent qu'être regardés comme des jours de souffrance. Il s'ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées du plan local d'urbanisme ne saurait être accueilli.

19. En quatrième lieu, aux termes du point 3.1.2 de l'article 7 de la zone UEd du règlement du plan local d'urbanisme : " Pour être autorisée, l'extension doit répondre cumulativement aux conditions suivantes : () qu'elle soit réalisée dans le prolongement des murs existants mal implantés() ".

20. Il ressort des pièces du dossier, et en particulier du dossier de demande de permis de construire, que l'extension, très mesurée, du rez-de-chaussée du bâtiment d'habitation existant est réalisée dans le prolongement du mur existant, en partie en remplacement d'une remise elle-même démolie. Si, à cet égard, les plans laissent apparaître un léger décroché de trait, il s'agit de l'isolation par l'extérieur, dont, ainsi qu'il a été dit aux points 13 et 14 du présent jugement, il n'y a pas lieu de tenir compte pour l'application des règles fixées par l'article 7 du plan local d'urbanisme dès lors qu'elle n'empiète sur les reculs existants que de 0,20m. Il s'ensuit que les décisions attaquées ne méconnaissent pas les dispositions précitées du plan local d'urbanisme de la commune de Rueil-Malmaison.

21. En dernier lieu, le point 3.1 de l'article 7 de la zone UEd du règlement du plan local d'urbanisme prévoit que pour être autorisée, l'extension comme la surélévation doivent notamment s'insérer de manière harmonieuse dans le tissu environnant.

22. Il ressort des pièces du dossier que le projet litigieux porte sur la rénovation, emportant pour l'essentiel surélévation et démolition du bâti existant, et une légère extension de ce dernier. Il a notamment pour objet de réhabiliter un bâtiment vétuste en l'isolant par l'extérieur, et en faisant une maison d'habitation d'aspect moderne recouverte de plaquettes de parement en briques de couleur blanche et d'une toiture bardage en zinc, les ouvertures étant habillées de menuiseries gris clair. Il ne ressort ainsi pas des pièces du dossier que la construction projetée, eu égard au choix des matériaux retenus et à raison de ses volumes variés et maitrisés, qui ne présente pas des caractéristiques architecturales atypiques en rupture avec le bâti environnant, ne s'intègrera pas harmonieusement avec les constructions avoisinantes, d'aspect disparate. Par suite, bien que le pétitionnaire n'ait pas repris à son compte les suggestions de l'architecte des Bâtiments de France dans son premier avis du 5 janvier 2021, en délivrant le permis de construire litigieux, le maire de Rueil-Malmaison n'a pas méconnu l'article UEd 7 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune.

En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 9 de la zone UEd du plan local d'urbanisme :

23. Aux termes de l'article 9 de la zone UEd du plan local d'urbanisme : " () 1- Disposition générale Y compris les bâtiments annexes et les emprises des piscines découvertes dépassant du terrain naturel de 0,60m ou plus, l'emprise au sol des bâtiments ne pourra excéder : 35% de la superficie du terrain (). ". Les dispositions générales du règlement du plan local d'urbanisme relatives aux " adaptations mineures et dérogations ", prévoient que " lorsqu'un immeuble bâti existant n'est pas conforme aux règles édictées par le règlement (), le permis de construire ne peut être accordé que pour des travaux qui ont pour objet d'améliorer la conformité de cet immeuble avec lesdites règles, ou qui sont sans effet à leur égard ".

24. La parcelle litigieuse étant d'une superficie de 194 m², l'emprise au sol du projet ne devrait pas excéder 67,90 m² pour respecter l'article précité du règlement du plan local d'urbanisme. Toutefois, le permis de construire délivré à la SAS GM5 ne porte pas sur une construction nouvelle mais sur des travaux portant sur une construction existante. Or, il ressort des pièces du dossier que le projet autorisé a pour effet de ramener l'emprise au sol de 120,37 m² à 69,88 m². Il suit de là que, le permis attaqué ayant eu pour effet de rendre l'immeuble plus conforme aux dispositions réglementaires en cause, le moyen tiré de leur méconnaissance doit, en tout état de cause, être écarté.

En ce qui concerne le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 10 de la zone UEd du plan local d'urbanisme :

25. Aux termes de l'article 10 de la zone UEd du plan local d'urbanisme : " () 1- Disposition générale 1-1- La hauteur maximale des constructions ne pourra dépasser : 8m à l'égout du toit ; ()10m au faîtage./ 2-2 Disposition générale.- En cas d'extension telle que définie aux articles UEd 6.2.3 et UEd 7.3 La hauteur ne pourra dépasser * 8m au faitage * 6m à l'égout du toit () ".

26. Le projet de la SAS GM5 comporte tant une extension du bâti existant que sa surélévation. D'une part, en tant qu'il prévoit une extension, il est constant que ce projet ne contrevient pas aux règles du paragraphe 2-2 précité. D'autre part, en tant qu'il porte sur une surélévation, les règles du paragraphe 2-2 ne lui sont pas applicables, une surélévation n'étant pas une extension, de telle sorte que seules les règles du paragraphe 1-1 trouvent à s'appliquer. Or, il ressort des pièces du dossier que la surélévation projetée est de 8,64 mètres au faîtage et de 7,15 mètres à l'égout du toit. Par suite, en délivrant le permis de construire litigieux, le maire de Rueil-Malmaison n'a pas méconnu l'article UEd 10 du règlement du plan local d'urbanisme de la commun.

27. Il résulte de tout ce qui précède que M. A n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 21 juin 2021 par lequel le maire de Rueil-Malmaison a délivré le permis de construire litigieux à la SNC GM5, ainsi que de la décision du 3 septembre 2021 par laquelle il a rejeté son recours gracieux.

Sur les frais liés au litige :

28. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ".

29. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la commune de Rueil-Malmaison, qui n'a pas la qualité de partie perdante, verse à M. A la somme que celui-ci réclame au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.

30. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par la SNC GM5 sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la SNC GM5 sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. C A, à la commune de Rueil-Malmaison et à la SNC GM5.

Délibéré après l'audience du 7 février 2024, à laquelle siégeaient :

M. Bertoncini, président,

Mme Saïh, première conseillère,

M. Amazouz, premier conseiller.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 mars 2024.

Le président-rapporteur,

signé

T. BertonciniL'assesseure la plus ancienne

dans l'ordre du tableau,

signé

Z. Saïh

La greffière,

signé

M. D

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne et à tous les commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

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