lundi 4 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2112498 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8ème Chambre |
| Avocat requérant | ZOUBA |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance de renvoi du 20 septembre 2021, le vice-président de section du tribunal administratif de Paris a transmis au tribunal administratif de Cergy-Pontoise la requête présentée le 23 aout 2021 par M. B A et enregistrée le même jour par le tribunal administratif de Cergy-Pontoise ;
Par cette requête enregistrée le 23 août 2021, M. A, représentée par Me Zouba, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 11 août 2021 par lequel le préfet de police de Paris l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision attaquée a été signée par une autorité incompétente ;
- la décision l'obligeant à quitter le territoire français est insuffisamment motivée ;
- elle entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des stipulations de l'article 6-1 de l'accord franco-algérien ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 paragraphe 1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien modifié du 27 décembre 1968.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 avril 2022, le préfet de police de conclut au rejet de la requête.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien modifié du 27 décembre 1968 ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Féral, président-rapporteur, a été entendu au cours de l'audience publique :
Considérant ce qui suit :
1. M. A, ressortissant algérien né le 6 mars 1985, est entré en France en janvier 2011 selon ses déclarations. Le 6 février 2020, le préfet de police a refusé de lui délivrer un titre de séjour. Le 11 aout 2021, M. A a été interpellé par les forces de police. Le même jour, par une décision dont il demande l'annulation, le préfet de police l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, par un arrêté n° 2021-00539 du 9 juin 2021 régulièrement publié le même jour au Bulletin officiel de la ville de Paris, le préfet de police a donné délégation à Mme D, attachée d'administration de l'Etat, à l'effet de signer tous les actes dans la limite de ses attributions, au nombre desquelles figure la police des étrangers. Dès lors, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'arrêté attaqué doit être écarté.
3. En deuxième lieu, aux termes des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration, les mesures de police doivent être motivées et " comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ". L'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dispose en outre : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : ()3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; "
4. La décision obligeant le requérant à quitter le territoire français attaquée vise notamment la convention franco-algérienne et les dispositions de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile sur le fondement desquelles elle a été prise et fait référence aux stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Elle mentionne également des éléments de faits propres à la situation personnelle de M. A, à savoir qu'il s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour le 6 février 2020 et rappelle que, compte tenu des circonstances propres au cas d'espèce, il n'est pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Dans ces conditions, la décision attaquée, qui n'avait pas à faire état de l'ensemble des éléments caractérisant la situation personnelle de l'intéressé, comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et est, en conséquence, suffisamment motivée. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision l'obligeant à quitter le territoire français doit être écarté.
5. En troisième lieu, il ne ressort ni des termes mêmes de la décision l'obligeant à quitter le territoire français ni d'aucune autre pièce du dossier que le préfet n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation personnelle du requérant au regard des éléments qui avaient été portés à sa connaissance. Par suite, ce moyen doit être écarté.
6. En quatrième lieu, Aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : 1) au ressortissant algérien, qui justifie par tout moyen résider en France depuis plus de dix ans () /5) au ressortissant algérien, qui n'entre pas dans les catégories précédentes ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, dont les liens personnels et familiaux en France sont tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus () ".
7. Si M. A soutient que le préfet de police aurait commis une erreur de droit et une erreur manifeste d'appréciation au regard des stipulations du 1) de l'article 6 de l'accord franco-algérien et méconnu les stipulations du 5) du même article, ces moyens sont inopérants dès lors que le préfet ne s'est pas prononcé sur le droit au séjour de l'intéressé au regard de ces dispositions, mais s'est borné à prononcer à son encontre une mesure d'éloignement en raison d'un refus de titre de séjour intervenu le 6 février 2020.
8. Lorsque la loi prescrit l'attribution de plein droit d'un titre de séjour à un étranger, cette circonstance fait obstacle à ce qu'il puisse légalement être l'objet d'une mesure d'obligation de quitter le territoire français. A supposer que M. A puisse être regardé comme soutenant qu'il ne peut faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français dès lors qu'il peut prétendre à la délivrance, de plein droit, d'un titre de séjour sur le fondement des stipulations du 1° et du 5° de l'article 6 de l'accord franco-algérien, d'une part, à l'appui de sa requête, l'intéressé se borne à produire la copie de son passeport et de son visa d'entrée en 2011, mais ne produit aucune pièce de nature à démontrer qu'il résiderait, depuis cette entrée, de manière continue et ininterrompue en France depuis plus de dix ans. Dès lors, il ne peut prétendre à la délivrance d'un certificat de résidence sur le fondement du 1) de l'article 6 de l'accord franco-algérien susvisé. D'autre part, si M. A soutient qu'il est entré en France en janvier 2011, qu'il réside continuellement sur le territoire français depuis lors et qu'il est parfaitement intégré socialement, notamment sur le plan professionnel, il n'apporte toutefois aucun élément de nature à établir la durée de son séjour en France et n'établit pas être dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine, où il a toujours vécu jusqu'à son arrivée en France, à l'âge de vingt-cinq ans au moins. Par ailleurs, en se bornant à faire valoir qu'il est d'une bonne moralité et n'a jamais troublé l'ordre public, le requérant n'établit pas l'intensité de son insertion familiale ou sociale en France, autre que l'insertion professionnelle dont il se prévaut. A ce titre, l'intéressé ne produit aucune pièce relative à l'insertion professionnelle alléguée. Dès lors, M. A ne démontre pas remplir les conditions de délivrance de plein droit d'un certificat de résidence d'un an, en application des stipulations précitées du 5) de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié. Par suite, le moyen doit être écarté.
9. En cinquième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ".
10. Pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 8, M. A n'est pas fondé à soutenir qu'en prenant l'arrêté contesté, le préfet des Hauts-de-Seine aurait porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
11. En sixième et dernier lieu, En outre aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".
12. M. A ne produit aucun document attestant qu'il serait le père d'un enfant. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations citées au point précédent doit être écarté.
13. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de l'arrêté du 11 août 2021 par laquelle le préfet de police de l'a obligé à quitter le territoire français et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet de police de Paris.
Délibéré après l'audience du 1er juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Féral, président, Mme Lorin, première conseillère et M. Amazouz, premier conseiller,
assistés de Mme Khalfaoui , greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 juillet 2022.
Le président,
R. FéralL'assesseure la plus ancienne
dans l'ordre du tableau,
C. Lorin
La greffière,
M. C
La République mande et ordonne au préfet de police de Paris en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026