mercredi 20 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2112516 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 9ème Chambre |
| Avocat requérant | PARAVEMAN |
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- la loi n° 2021-1040 du 5 août 2021 ;
- le code de la santé publique ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Debourg, rapporteure,
- les conclusions de Mme Chabrol, rapporteure publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A, exerce des fonctions d'adjoint administratif principal titulaire, réafectée au sein du service pharmacie du Centre hospitalier de Beaumont-sur-Oise. Elle a été placée en congé maladie à compter du 6 septembre 2021. Par une décision du 15 septembre 2021, la directrice des ressources humaines du groupe hospitalier Carnelles Portes de l'Oise a suspendu l'intéressée de ses fonctions sans traitement et jusqu'à la production par cette dernière d'un justificatif de vaccination ou de contre-indication à la vaccination répondant aux conditions définies par le décret n°2021-1059 du 7 août 2021 et a décidé que cette période de suspension ne pourrait pas être assimilée à une période de travail effectif pour la détermination de la durée de ses congés payés et de ses droits acquis au titre de son ancienneté, ni prise en compte au titre de son avancement. Par un courrier du 29 septembre 2021, elle a formé un recours gracieux à l'encontre de cette décision. Du silence gardé par l'administration est née une décision implicite de rejet. Par sa requête, Mme A demande l'annulation de la décision du 15 septembre 2021.
Sur l'exception de non-lieu à statuer opposée en défense :
2. En défense, le groupe hospitalier fait valoir que la décision litigieuse n'a jamais été exécutée pendant le congé de maladie de la requérante et que cette dernière a continué à bénéficier des droits à rémunération, avancement et à congé et qu'elle n'a ainsi produit aucun effet et ne lui a pas fait grief. Pour autant cette circonstance n'a pas pour effet de faire disparaître de l'ordonnancement juridique la décision en litige pas plus que la suspension de ces effets par l'ordonnance du juge des référés de ce tribunal du 21 octobre 2021 jusqu'à ce qu'il soit statué au fond sur sa légalité, cette suspension ayant un caractère provisoire. Par suite, le centre hospitalier ne saurait soutenir que les conclusions de la requête sont devenues sans objet. L'exception de non-lieu à statuer ainsi opposée en défense ne peut, en tout état de cause, être accueillie.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. D'une part, aux termes de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière : " Le fonctionnaire en activité à droit : () 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants. Le fonctionnaire conserve, en outre, ses droits à la totalité du supplément familial de traitement et de l'indemnité de résidence. Le bénéfice de ces dispositions est subordonné à la transmission par le fonctionnaire, à son administration, de l'avis d'arrêt de travail justifiant du bien-fondé du congé de maladie, dans un délai et selon les sanctions prévues en application de l'article 42 ".
4. D'autre part, aux termes du I de l'article 12 de la loi du 5 août 2021 relative à la gestion de la crise sanitaire : " Doivent être vaccinés, sauf contre-indication médicale reconnue, contre la covid-19 : / 1° Les personnes exerçant leur activité dans : / a) Les établissements de santé mentionnés à l'article L. 6111-1 du code de la santé publique () ". Et aux termes du III de l'article 14 de la même loi : " Lorsque l'employeur constate qu'un agent public ne peut plus exercer son activité en application du I, il l'informe sans délai des conséquences qu'emporte cette interdiction d'exercer sur son emploi ainsi que des moyens de régulariser sa situation. L'agent public qui fait l'objet d'une interdiction d'exercer peut utiliser, avec l'accord de son employeur, des jours de congés payés. A défaut, il est suspendu de ses fonctions ou de son contrat de travail. La suspension mentionnée au premier alinéa du présent III, qui s'accompagne de l'interruption du versement de la rémunération, prend fin dès que l'agent public remplit les conditions nécessaires à l'exercice de son activité prévues au I. Elle ne peut être assimilée à une période de travail effectif pour la détermination de la durée des congés payés ainsi que pour les droits acquis par l'agent public au titre de son ancienneté. Pendant cette suspension, l'agent public conserve le bénéfice des garanties de protection sociale complémentaire auxquelles il a souscrit () ".
5. Il résulte des dispositions précitées que contrairement aux affirmations de Mme A, la mesure de suspension prévue par les dispositions précitées ne peut être assimilée à une période de travail effectif pour la détermination des droits à congés payés et n'entre pas dans le calcul de l'ancienneté. Il s'ensuit que les moyens tirés de l'erreur de droit et du détournement de pouvoir doivent être écartés.
6. Par ailleurs, Mme A n'est pas fondée à soutenir que la décision en litige méconnaît les objectifs poursuivis par le législateur, lequel, a prévu la suspension des fonctions ou du contrat de travail, sans traitement, de tout agent public exerçant ses fonctions dans certaines catégories d'établissements qu'il a exhaustivement listés et ne justifiant pas, au 15 septembre 2021, être vacciné contre la Covid-19 ou d'une contre-indication médicale à cette vaccination. Il a en outre prévu que l'agent peut lui-même mettre un terme à cette suspension en souscrivant à ce protocole vaccinal. Ce faisant, le législateur n'a pas privé les agents publics concernés du droit d'obtenir un emploi et n'a pas porté atteinte à l'exercice de ce droit, mais a seulement encadré les conditions dans lesquelles ces agents peuvent, dorénavant, exercer leur emploi. La requérante, placée en congé de maladie, n'est en tout état de cause pas fondée à soutenir que la décision en litige constitue une atteinte au droit à l'emploi et à la liberté d'entreprendre.
7. Néanmoins, si le directeur d'un établissement de santé public peut légalement prendre une mesure de suspension à l'égard d'un agent qui ne satisfait pas à l'obligation vaccinale contre la covid-19 alors que cet agent est déjà en congé de maladie, cette mesure et la suspension de traitement qui lui est associée ne peuvent toutefois entrer en vigueur qu'à compter de la date à laquelle prend fin le congé de maladie de l'agent en question.
8. En l'espèce, il est constant que Mme A était en congé maladie à compter du 6 septembre 2021, régulièrement prolongé jusqu'au 26 décembre 2022. Dans ces conditions, à la date de la décision litigieuse, la requérante se trouvait en congé maladie de sorte que la mesure contestée ne pouvait entrer en vigueur. Par suite, elle est fondée à soutenir que l'arrêté du 15 septembre 2021 est entaché d'une erreur de droit en tant qu'il prend effet au 15 septembre 2021.
9. Il résulte de tout ce qui précède que Mme A est fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 15 septembre 2021, en tant seulement qu'il prévoit une entrée en vigueur au 15 septembre 2021.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
10. En l'espèce, il est constant que l'arrêté de suspension n'a pas été exécuté dès lors qu'il a été suspendu par l'ordonnance du tribunal administratif de Cergy-Pontoise du 21 octobre 2021. Or, à la date du présent jugement, l'obligation vaccinale a été suspendue par le décret n°2023-368 du 13 mai 2023. Par conséquent, dans les circonstances de l'espèce, les conclusions aux fins d'injonction sont sans objet et doivent être rejetées.
Sur les frais du litige :
11. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge du groupe hospitalier Carnelle Portes de l'Oise le versement de la somme de 1 200 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D É C I D E :
Article 1er : L'arrêté du groupe hospitalier Carnelles Portes de l'Oise du 15 septembre 2021 est annulé en tant qu'il prévoit une date d'entrée en vigueur au 15 septembre 2021.
Article 2 : Le groupe hospitalier Carnelle Portes de l'Oise versera la somme de 1 200 euros à Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au groupe hospitalier Carnelles Portes de l'Oise.
Délibéré après l'audience du 20 février 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Le Griel, présidente ;
M. Jacquelin, premier conseiller ;
Mme Debourg, conseillère ;
assistés de M. Haude, greffier.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 mars 2024.
La rapporteure,
signé
T. Debourg
La présidente,
signé
H. Le Griel
Le greffier,
signé
D. Haude
La République mande et ordonne au ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour ampliation, la greffière.
N°2112516
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026