jeudi 21 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2112563 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | SEBAN ET ASSOCIES |
Vu les procédures suivantes :
I. Par une requête, enregistrée sous le n° 2112563 le 1er octobre 2021, Mme C B , représentée par Me Lecour, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 2 août 2021 par laquelle la communauté d'agglomération Roissy Pays de France (Val-d'Oise) l'a licenciée pour insuffisance professionnelle à compter du 14 septembre 2021 ;
2°) d'enjoindre à la communauté d'agglomération Roissy Pays de France (CARPF) de reconstituer sa carrière en conséquence, dans un délai de huit jours, à compter de la notification du présent jugement, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la CARPF la somme de 2 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle est révélatrice d'une situation de harcèlement moral, d'une sanction déguisée et d'un détournement de procédure.
Par un mémoire en défense, enregistré le 23 juin 2022, la CARPF, représentée par Me Carrère, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 500 euros soit mise à la charge de Mme B au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 7 novembre 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 8 janvier 2024 à 12h00.
II. Par une requête, enregistrée sous le n° 2208964 le 16 juin 2022, Mme C B , représentée par Me Lecour, demande au tribunal :
1°) de condamner la CARPF à lui verser la somme de 34 720 euros, quitte à parfaire, avec intérêts à compter du 29 mars 2022, en réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis à raison de ses fautes ;
2°) de mettre à la charge de la CARPF la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la CARPF a commis des fautes de nature à engager sa responsabilité :
. en mettant illégalement fin à sa période de stage ;
. en tardant à la réintégrer ;
. en lui faisant subir des agissements constitutifs de harcèlement moral ;
. en la licenciant pour insuffisance professionnelle alors que ses états de services étaient exemplaires ;
- en raison de ses fautes, la CARPF doit l'indemniser à concurrence de 34 720 euros, quitte à parfaire, dont 9 720 euros au titre de son préjudice financier et 15 000 euros au titre de son préjudice moral et des troubles dans ses conditions d'existence.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 janvier 2023, la CARPF, représentée par Me Carrère, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de Mme B au titre des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Par une ordonnance du 17 novembre 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 18 décembre 2023 à 12h00.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;
- le décret n° 88-145 du 15 février 1988 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Cordary, première conseillère ;
- les conclusions de Mme David-Brochen, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Abbal, substituant Me Carrère, représentant la CARPF.
Considérant ce qui suit :
1. Mme B a été recrutée par la communauté d'agglomération Roissy Pays de France (Val-d'Oise), par un contrat signé le 29 septembre 2020 pour une durée de trois ans, pour occuper, en qualité d'agent non titulaire, le poste de juriste au sein de la direction de la commande publique. Ce contrat comportait une période d'essai d'une durée de trois mois renouvelable une fois, à l'issue de laquelle le président de la communauté d'agglomération Roissy Pays de France (CARPF) a décidé de ne pas poursuivre le contrat de travail de Mme B. A la suite de la suspension de l'exécution de cette décision par le juge des référés du tribunal, par l'ordonnance n° 2101180 du 9 février 2021, Mme B a été réintégrée dans les services de la CARPF à compter du 24 février 2021. Toutefois, à compter du mois de mai 2021, la CARPF a engagé à son encontre une procédure de licenciement pour insuffisance professionnelle, et, après un avis favorable rendu à l'unanimité par la commission consultative paritaire, a procédé à son licenciement pour insuffisance professionnelle par une décision du 2 août 2021 dont la requérante demande l'annulation.
Sur la jonction :
2. Les requêtes n°s 2112563 et 2208964 visées ci-dessus, concernent la situation d'un même agent public, présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, le licenciement pour inaptitude professionnelle d'un agent public ne peut être fondé que sur des éléments révélant l'inaptitude de l'agent à exercer normalement les fonctions pour lesquelles il a été engagé et non sur une carence ponctuelle dans l'exercice de ces fonctions. Toutefois, une telle mesure ne saurait être subordonnée à ce que l'insuffisance professionnelle ait été constatée à plusieurs reprises au cours de la carrière de l'agent ni qu'elle ait persisté après qu'il ait été invité à remédier aux insuffisances constatées. Par suite, une évaluation portant sur la manière dont l'agent a exercé ses fonctions durant une période suffisante et révélant son inaptitude à un exercice normal de ses fonctions est de nature à justifier légalement son licenciement. Le juge de l'excès de pouvoir exerce un contrôle normal sur l'appréciation de l'administration de l'insuffisance professionnelle.
4. Pour prendre la décision attaquée, la CARPF s'est fondée sur ce que Mme B a un comportement inadapté à la bonne marche du service, révélant une incapacité à s'insérer dans le cadre de travail et à développer des relations de travail normales, une incapacité à suivre les consignes et à comprendre les impératifs de sa mission, et, enfin, une qualité du travail en dessous de ce qui est attendu de la part d'un agent de catégorie A.
5. Si Mme B soutient qu'elle n'a commis aucun manquement et qu'elle menait ses dossiers à bien, il ressort des pièces du dossier qu'elle a rencontré à plusieurs reprises des difficultés dans le respect des calendriers prévisionnels définis en concertation avec sa hiérarchie et les services prescripteurs. Ainsi, s'agissant du dossier " Assurance dommage aux biens ", il ressort des pièces du dossier que Mme B n'a envoyé le courrier à l'attributaire qu'à l'issue d'une relance de sa hiérarchie. Etant juriste, agent public de catégorie A, Mme B ne saurait sérieusement soutenir que la responsabilité incombait à l'assistante de la commande publique, dès lors qu'elle ne conteste pas que le dossier lui était confié et qu'il lui incombait d'en assurer le suivi. S'agissant du dossier " logiciel de la DSI ", si la requérante soutient que le retard de calendrier est dû au manque de réactivité de sa hiérarchie, il ressort des pièces du dossier que ses supérieurs ont dû à plusieurs reprises lui rappeler les échéances fixées par le calendrier et ont insisté pour que la consultation soit lancée à temps. Par ailleurs, dans le dossier " aire d'accueil des gens du voyage ", il est constant que le calendrier resserré a mis Mme B en difficulté, alors qu'elle ne conteste pas avoir transmis un calendrier non validé par sa hiérarchie au service prescripteur et que la " capacité à gérer l'urgence et le multitâches " était une qualité attendue dans sa fiche de poste. S'agissant du dossier " fourniture de titres-déjeuner ", il ressort des pièces du dossier que Mme B a rencontré des difficultés à accepter les remarques de sa hiérarchie sur l'élaboration du calendrier prévisionnel et que sa modification a été difficile à obtenir, l'intéressée ne contestant pas avoir quitté une réunion de manière intempestive en indiquant ne plus vouloir recevoir d'instructions. Il ressort également des pièces du dossier que Mme B a été amenée à prendre des initiatives non conformes au fonctionnement du service, à plusieurs reprises et dans plusieurs dossiers différents, malgré les efforts de cadrages réguliers réalisés par sa hiérarchie, en particulier Mme D et M. A. S'agissant du dossier " mise en place de séances d'ostéopathie ", si Mme B soutient que ce dossier lui a été confié sur la base de notes prises par le directeur lors d'une réunion et qu'aucun calendrier n'avait été fixé, il ressort des pièces du dossier que, sans en avertir sa hiérarchie, elle a suggéré d'attendre l'arrivée du successeur de son interlocuteur pour poursuivre le dossier, la circonstance que le dossier lui ait été confié tardivement étant à cet égard sans incidence. S'agissant enfin du dossier " consultation de fourniture de couches ", la CARPF soutient sans être utilement contredite que Mme B a renvoyé un document au service prescripteur sans informer sa hiérarchie et sans son accord préalable, alors pourtant que son supérieur avait expressément demandé à en être informé par un courriel du 13 octobre 2020. Si, pour s'en défendre, Mme B soutient que sa supérieure a validé sa démarche par courriel, il ressort des pièces du dossier qu'il s'agissait seulement d'un message informatif concernant les échanges avec le service prescripteur, postérieurement à l'erreur en cause qui n'a en aucun cas été validée.
6. Enfin, il ressort des pièces du dossier que Mme B a accumulé des maladresses préjudiciables au bon fonctionnement et à la crédibilité de son service, notamment en mettant en doute les compétences techniques de sa hiérarchie, dont elle trouvait les " interrogations surprenantes " en mettant les services prescripteurs en copie, ou en laissant entendre, sans les mettre en copie, que ses retards étaient imputables à ses supérieurs.
7. Pour l'ensemble de ces motifs, qui constituent des éléments révélant l'inaptitude de l'agent au regard des exigences que son employeur était en droit d'attendre d'un agent public exerçant des fonctions de juriste de la commande publique, de catégorie A, la CARPF a pu, sans commettre d'erreur d'appréciation, décider de licencier Mme B pour insuffisance professionnelle.
8. En second lieu, Mme B se prévaut d'un détournement de procédure et d'une sanction disciplinaire déguisée, arguant à cet égard que sa hiérarchie, qui avait la volonté de lui nuire, ne lui a jamais apporté les précisions qu'elle demandait sur le fonctionnement du service. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que la hiérarchie de Mme B, a, dans le cadre de sa réintégration, mis en place un cadre managérial très clair avec des rencontres régulières afin de pouvoir répondre à l'ensemble des questions qui pouvaient se poser, se montrant par ailleurs diligente et respectueuse dans les réponses qui lui ont été apportées par courriel, alors même qu'il est constant que Mme B a, à plusieurs reprises, quitté des réunions de manière intempestive. Enfin, si Mme B soutient qu'elle a été victime de harcèlement moral, elle n'en justifie pas ainsi qu'il sera dit au point 11 ci-dessous. Il s'ensuit que Mme B n'est pas fondée à soutenir que la décision du 2 août 2021 par laquelle la CARPF l'a licenciée pour insuffisance professionnelle est entachée d'un détournement de procédure et d'une sanction déguisée.
9. Il résulte de tout ce qui précède que Mme B n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 2 août 2021 par laquelle la CARPF l'a licenciée pour insuffisance professionnelle à compter du 14 septembre 2021. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction doivent également être rejetées.
Sur les conclusions indemnitaires :
En ce qui concerne l'existence d'une situation de harcèlement moral :
10. Il appartient à un agent public qui soutient avoir été victime d'agissements constitutifs de harcèlement moral de soumettre au juge des éléments de faits susceptibles de faire présumer l'existence d'un tel harcèlement. Il incombe à l'administration de produire, en sens contraire, une argumentation de nature à démontrer que les agissements en cause sont justifiés par des considérations étrangères à tout harcèlement. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si les agissements de harcèlement sont ou non établis, se détermine au vu de ces échanges contradictoires.
11. Si, pour démontrer l'existence d'une situation de harcèlement moral à son encontre, Mme B soutient que, dès sa reprise de fonction le 24 février 2021, le directeur de la commande publique s'est montré agressif à son égard lors d'un entretien de reprise, il résulte de l'instruction que la directrice des ressources humaines et de l'évolution managériale de la collectivité était également présente et atteste que l'entretien s'est au contraire déroulé de manière courtoise et constructive. Dès lors, l'agressivité dont aurait fait preuve le supérieur de Mme B à son égard n'est pas établie. Si Mme B soutient que sa hiérarchie ne lui a jamais exposé les process internes de fonctionnement du service malgré ses demandes réitérées, il résulte de l'instruction que, lors de son entretien de reprise du 24 février 2021, un point a été fait sur l'organisation du travail, au cours duquel les process de validation ont été abordés et ses marges d'autonomie précisées. Par ailleurs, si Mme B fait valoir que sa hiérarchie lui confiait une charge de travail moins importante que ses collègues et lui fixait des délais restreints, ces circonstances, à les supposer établies, sont à considérer dans le contexte de sa reprise de travail, au regard des difficultés exposées au point 5 ci-dessus. Par ailleurs, en se bornant à faire valoir que sa hiérarchie lui a imposé quatre jours de télétravail par semaine, qu'elle lui répondait avec retard de manière délibérée et qu'elle lui donnait des consignes contradictoires, la requérante n'apporte aucun élément de nature à établir de tels agissements. De même, si Mme B allègue que la médecine de prévention aurait considéré que la collectivité était " d'une violence inouïe ", elle ne produit aucune pièce permettant de l'établir. Enfin, il résulte de l'instruction que le pôle prévention des risques professionnels de la CARPF, saisi de la situation, a déclenché un plan d'action et rencontré les protagonistes, ainsi que quatre agents du service concerné, avant d'en conclure que les méthodes de management de Mme D et M. A ne pouvaient être assimilées à du harcèlement. La circonstance que le comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) ait envoyé des courriels à cet égard contradictoires est sans incidence sur la solution du litige.
12. Il résulte de ce qui précède que Mme B ne saurait se prévaloir de l'existence d'une situation de harcèlement moral à son égard.
En ce qui concerne les préjudices :
13. Toute illégalité fautive est, en principe et quelle qu'en soit la nature, susceptible d'engager la responsabilité de l'administration dès lors qu'elle présente un lien de causalité suffisamment direct et certain avec les préjudices invoqués, dont il appartient au demandeur d'établir la réalité et le bien-fondé.
S'agissant de la décision du 2 août 2021 portant licenciement pour insuffisance professionnelle :
14. Comme il a été dit au point 9 ci-dessus, la décision du 2 août 2021 par laquelle la CARPF a licencié Mme B pour insuffisance professionnelle à compter du 14 septembre 2021 n'est pas illégale. Par suite, en l'absence de faute de l'administration, elle ne saurait ouvrir droit à indemnisation.
S'agissant de la décision retirée portant fin de contrat à la suite de la période d'essai :
15. Lorsqu'une personne sollicite le versement d'une indemnité en réparation du préjudice subi du fait de l'illégalité, pour un vice de procédure, de la décision lui infligeant une sanction, il appartient au juge de plein contentieux, saisi de moyens en ce sens, de déterminer, en premier lieu, la nature de cette irrégularité procédurale puis, en second lieu, de rechercher, en forgeant sa conviction au vu de l'ensemble des éléments produits par les parties, si, compte tenu de la nature et de la gravité de cette irrégularité procédurale, la même décision aurait pu être légalement prise, s'agissant tant du principe même de la sanction que de son quantum, dans le cadre d'une procédure régulière.
16. L'illégalité affectant la décision du 16 décembre 2020 par laquelle la CARPF a mis fin au contrat de Mme B au terme de sa période d'essai est constitutive d'une faute susceptible d'engager la responsabilité de l'administration. Toutefois, il résulte de l'instruction que Mme B, qui avait été recrutée le 1er octobre 2020 en qualité d'agent contractuel, a rencontré des difficultés dans l'exercice de ses missions, qui lui ont été signalé par ses supérieurs dès le 20 novembre 2020 dans le cadre d'un entretien professionnel, puis lors d'entretiens les 4 et 15 décembre 2020. Ces faits, qui ne sont pas utilement contredits par la requérante, étaient de nature à justifier légalement la mesure prise à l'encontre de Mme B. La même mesure de fin de contrat aurait donc pu légalement être prise à la suite d'une procédure régulière. Par suite, le seul vice de procédure dont était entachée la décision du 16 décembre 2020 n'est pas de nature à ouvrir à Mme B un droit à indemnité.
17. Il résulte de ce qui précède que les conclusions indemnitaires de Mme B doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
18. La CARPF n'étant pas la partie perdante à l'instance, il y a lieu de rejeter les conclusions de Mme B présentées sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative. Dans les circonstances de l'espèce, il y a également lieu de rejeter les conclusions de la CARPF présentées sur le même fondement.
Par ces motifs, le tribunal décide :
Article 1er : Les requêtes de Mme B sont rejetées.
Article 2 : Les conclusions présentées par la communauté d'agglomération Roissy Pays de France sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B et à la communauté d'agglomération Roissy Pays de France.
Délibéré après l'audience du 7 mars 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Oriol, présidente, Mme Cordary, première conseillère, et Mme Lusinier, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 mars 2024.
La rapporteure,
Signé
C. CORDARY
La présidente,
Signé
C. ORIOLLa greffière,
Signé
V. RICAUD
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour ampliation,
La greffière
Nos 2112563 - 2208964
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026