vendredi 15 juillet 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2112593 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | TUSHISHVILI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 6 octobre 2021 et 3 juin 2022, Mme G K, représentée par Me Tushishvili, avocate, demande au Tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté, en date du 21 juillet 2021, par lequel le préfet des Hauts-de-Seine a rejeté la demande de regroupement familial qu'elle avait présentée en faveur de ses deux enfants, prénommés A et C ;
2°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine, à titre principal, d'autoriser le regroupement familial dans le délai de trente jours à compter de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
3°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine, à titre subsidiaire, de réexaminer sa demande de regroupement familial dans un délai de trente jours suivant la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Mme K soutient que l'arrêté attaqué :
- a été signé par une autorité incompétente ;
- est insuffisamment motivé ;
- est entaché d'un défaut d'examen particulier de sa demande ;
- est entaché d'un vice de procédure, dès lors que son dossier était complet et que le préfet des Hauts-de-Seine n'a pas instruit sa demande selon les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- est entaché d'une erreur de droit, dès lors que le préfet des Hauts-de-Seine a méconnu l'étendue de sa compétence, en s'abstenant de faire usage de son pouvoir discrétionnaire pour admettre le regroupement familial ;
- méconnaît les dispositions de l'article L. 434-6-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- méconnaît les dispositions de l'article L. 434-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- est illégal, dès lors que le préfet des Hauts-de-Seine a rejeté sa demande de regroupement familial en vue de faire obstacle à la perception des prestations familiales ; le refus des prestations sociales est contraire au principe d'égalité de traitement.
Par un mémoire en défense enregistré le 2 juin 2022, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.
Le préfet des Hauts-de-Seine fait valoir que les moyens de la requête de Mme K ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de la sécurité sociale ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Prost, premier conseiller, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. Mme K, qui est de nationalité géorgienne, a présenté, le 4 janvier 2021, au préfet des Hauts-de-Seine une demande tendant à l'introduction en France, dans le cadre du regroupement familial, de ses deux fils, prénommés A et C. Par l'arrêté attaqué, le préfet des Hauts-de-Seine a rejeté cette demande.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. L'arrêté en litige a été signé par M. H, adjoint au chef du bureau des examens spécialisés et de l'éloignement à la direction des migrations et de l'intégration de la préfecture des Hauts-de-Seine, qui disposait d'une délégation de signature aux fins de signer, en cas d'absence ou d'empêchement de Mme I D, directrice des migrations et de l'intégration, et Mme E J, chef du bureau des examens spécialisés et de l'éloignement, " les accords et les refus de regroupement familial ", consentie par l'arrêté du préfet des Hauts-de-Seine n° 2021-044 du 25 juin 2021, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture des Hauts-de-Seine daté du 29 juin 2021. Il ne ressort pas des pièces du dossier que Mmes D et J n'étaient pas absentes ou empêchées lorsque l'arrêté attaqué a été signé. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de cet arrêté attaqué manque en fait et doit être écarté.
3. L'arrêté attaqué comporte l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et est, ainsi, suffisamment motivé.
4. Il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet des Hauts-de-Seine n'aurait pas, avant l'édiction de l'arrêté attaqué, procédé à un examen particulier et suffisamment approfondi de la situation de Mme K.
5. Le moyen tiré du vice de procédure n'est pas assorti des précisions qui permettent d'en apprécier le bien-fondé.
6. Aux termes de l'article L. 434-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui séjourne régulièrement en France depuis au moins dix-huit mois, sous couvert d'un des titres d'une durée de validité d'au moins un an prévus par le présent code ou par des conventions internationales, peut demander à bénéficier de son droit à être rejoint, au titre du regroupement familial : / 1° Par son conjoint, si ce dernier est âgé d'au moins dix-huit ans ; / 2° Et par les enfants du couple mineurs de dix-huit ans. ". L'article L. 434-6 du même code dispose : " Peut être exclu du regroupement familial : () / 3° Un membre de la famille résidant en France ". L'article L. 434-7 du code précité dispose : " L'étranger qui en fait la demande est autorisé à être rejoint au titre du regroupement familial s'il remplit les conditions suivantes : / 1° Il justifie de ressources stables et suffisantes pour subvenir aux besoins de sa famille ; / 2° Il dispose ou disposera à la date d'arrivée de sa famille en France d'un logement considéré comme normal pour une famille comparable vivant dans la même région géographique ; / 3° Il se conforme aux principes essentiels qui, conformément aux lois de la République, régissent la vie familiale en France, pays d'accueil. "
7. Le préfet des Hauts-de-Seine a rejeté la demande de regroupement familial présentée par Mme K au motif que son fils ainé, A, né le 6 janvier 1999, était majeur à la date de sa demande et que son fils cadet, C, né 12 février 2004, est entré sans autorisation en France, où il résidait à la date de la demande, et que le refus de regroupement familial ne portait pas atteinte à la poursuite de sa scolarité et au maintien de la cellule familiale.
8. Il est constant que le jeune A était majeur à la date de la demande de regroupement familial présentée par Mme K et ne pouvait pas bénéficier de la procédure de regroupement familial. Il ressort des pièces du dossier, et en particulier des termes de la décision du 21 juillet 2021, qui n'est pas contestée sur ce point, que le jeune C réside sur le territoire français. Dès lors, le préfet des Hauts-de-Seine pouvait, par ce seul motif et sans être en situation de compétence liée, légalement refuser à Mme K le bénéfice du regroupement familial au profit de son fils cadet. Dans ces conditions, la requérante n'est pas fondée à soutenir que le préfet des Hauts-de-Seine aurait méconnu les dispositions du 3° de l'article L. 434-6 précité du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
9. Il ressort des pièces du dossier que le préfet des Hauts-de-Seine fait valoir que Mme K remplissait les conditions prévues à l'article L. 434-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et notamment les conditions de ressources et de logements. Par suite, le moyen selon lequel le préfet des Hauts-de-Seine aurait commis une erreur de droit en n'examinant pas si l'intéressée remplissait les conditions précitées manque en fait et ne peut qu'être écarté.
10. L'article L. 512-2 du code de la sécurité sociale : " Bénéficient également de plein droit des prestations familiales dans les conditions fixées par le présent livre les étrangers non ressortissants d'un État membre de la Communauté européenne, d'un autre État partie à l'accord sur l'Espace économique européen ou de la Confédération suisse, titulaires d'un titre exigé d'eux en vertu soit de dispositions législatives ou réglementaires, soit de traités ou accords internationaux pour résider régulièrement en France. / Ces étrangers bénéficient des prestations familiales sous réserve qu'il soit justifié, pour les enfants qui sont à leur charge et au titre desquels les prestations familiales sont demandées, de l'une des situations suivantes : / () - leur entrée régulière dans le cadre de la procédure de regroupement familial visée au chapitre IV du titre III du livre III du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile () ". En vertu de l'article L. 512-2 du code de la sécurité sociale, le bénéfice des prestations familiales est subordonné, s'agissant des enfants qui ne sont pas nés en France, et sous réserve de certaines exceptions, à la condition qu'il soit justifié de leur entrée régulière dans le cadre de la procédure de regroupement familial.
11. Il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet des Hauts-de-Seine, qui était, ainsi qu'il a été dit aux points 8 et 9, fondé à refuser le bénéfice du regroupement familial au jeune C, aurait refusé d'accorder le bénéfice du regroupement familial demandé en vue d'empêcher Mme K de percevoir des prestations familiales. Si Mme K soutient que la décision portant refus de regroupement familial contreviendrait au principe d'égalité en matière de sécurité sociale, dès lors qu'elle a pour effet de priver certains mineurs du bénéfice des allocations familiales, cette seule assertion, alors qu'il résulte de l'article L. 512-2 du code de la sécurité sociale que le bénéfice des prestations sociales réservé pour les enfants qui ne sont pas nés en France à ceux entrés régulièrement sur le territoire dans le cadre du regroupement familial, a pour objet d'assurer le respect des règles relatives au regroupement familial dans l'intérêt même de l'enfant, n'est pas de nature à démontrer l'existence d'une rupture d'égalité.
12. Pour les mêmes motifs que ceux exposés précédemment, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'arrêté attaqué serait entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
13. Il résulte de ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de la requête de Mme K doivent être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
14. Le présent jugement n'appelant aucune mesure d'exécution, les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte de la requête de Mme K ne peuvent qu'être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
15. Les dispositions susmentionnées font obstacle à ce qu'une quelconque somme soit mise à la charge de l'État, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante. Les conclusions présentées à ce titre par Mme K, doivent, par suite, être rejetées.
D E´ C I D E :
Article 1er : La requête de Mme K est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme G K et au préfet des Hauts-de-Seine.
Délibéré après l'audience du 23 juin 2022, à laquelle siégeaient :
M. Kelfani, président, M. B et M. F, premiers conseillers.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 juillet 202Le rapporteur,
signé
F.-X. B
Le président,
signé
K. KELFANILa greffière,
signé
A. CHANSON
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026