jeudi 19 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2112701 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | FADOUL |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 5 octobre 2021 et le 19 janvier 2022, la société par actions simplifiée (SAS) Loft Dream, représentée par Me Fadoul, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler les décisions du 1er juin 2021 et du 16 août 2021 par lesquelles la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise lui a refusé le bénéfice du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 au titre des mois de décembre 2020 et janvier à juin 2021 ;
2°) d'enjoindre à la direction départementale des finances publiques du Val-d'Oise de lui verser la somme de 57 652 euros au titre des aides sollicitées ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les décisions attaquées sont entachées d'erreurs d'appréciation des critères d'éligibilité à retenir, s'agissant notamment du délai de dépôt des demandes d'aide ;
- elles reposent sur des faits matériellement inexacts dès lors qu'elle avait produit toutes les pièces justificatives demandées ;
- elles reposent sur un calcul erroné de son chiffre d'affaires de référence.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 novembre 2021, la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise, conclut :
1°) à ce que les montants à verser au titre des aides sollicitées soient ramenés à
6 547 euros et 4 006 euros pour les mois d'avril et mai 2021 respectivement ;
2°) au rejet de la requête pour le surplus.
A concurrence de ce surplus, elle fait valoir que :
- en l'absence de décision, les conclusions dirigées contre le refus d'aide opposé au titre du mois de juin 2021 sont irrecevables ;
- par substitution de motif, il y a lieu de retenir celui tiré de la tardiveté des demandes déposées au titre des mois de décembre 2020 et janvier 2021 ;
- les demandes déposées au titre des mois de décembre 2020 à mars 2021 sont insusceptibles de prospérer, faute d'avoir été assorties des justificatifs indispensables à leur instruction.
Par une ordonnance du 7 février 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 7 mars 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'ordonnance n° 2020-317 du 25 mars 2020 modifiée portant création d'un fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 et des mesures prises pour limiter cette propagation ;
- le décret n° 2020-371 du 30 mars 2020 modifié relatif au fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 et des mesures prises pour limiter cette propagation ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Cordary, première conseillère ;
- et les conclusions de M. Sitbon, rapporteur public ;
Considérant ce qui suit :
1. La société par actions simplifiée (SAS) Loft Dream, qui exerce à Herblay (Val-d'Oise) une activité de restauration rapide et d'organisation d'évènements, doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler les décisions du 1er juin 2021 et du 16 août 2021 par lesquelles la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise lui a refusé le bénéfice du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 au titre des mois de décembre 2020 et janvier à juin 2021.
Sur la fin de non-recevoir soulevée en défense :
2. Il ne ressort pas des pièces du dossier qu'avant de saisir le tribunal, la SAS Loft Dream aurait sollicité de l'administration fiscale, pour le mois juin 2021, le bénéfice du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19, et qu'un refus lui aurait à ce titre été opposé. Dès lors, les conclusions tendant à l'annulation d'une telle décision, inexistante, sont irrecevables. Par suite, il y a lieu d'accueillir la fin de non-recevoir soulevée à ce titre par la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la légalité de la décision du 16 août 2021 en tant qu'elle porte sur les aides refusées au titre des mois de décembre 2020 et janvier 2021 :
3. Pour refuser à la SAS Loft Dream le bénéfice de l'aide sollicitée au titre des mois de décembre 2020 et janvier 2021, l'administration fiscale s'est fondée sur ce qu'elle ne lui avait pas transmis les justificatifs comptables nécessaires à l'instruction de sa demande dans les délais requis. Estimant ce motif erroné, l'administration fiscale doit être regardée comme demandant que lui soit substitué celui tiré de la tardiveté des demandes déposées par la SAS Loft Dream. Toutefois, lorsqu'il constate que la décision contestée devant lui aurait pu être prise, en vertu du même pouvoir d'appréciation, sur le fondement d'un autre texte que celui dont la méconnaissance est invoquée, le juge de l'excès de pouvoir peut substituer ce fondement à celui qui a servi de base légale à la décision attaquée, sous réserve que l'intéressé ait disposé des garanties dont est assortie l'application du texte sur le fondement duquel la décision aurait dû être prononcée.
4. Aux termes du décret n° 2020-371 du 30 mars 2020 modifié, une date limite de dépôt des demandes d'aide est fixée pour chaque mois. Pour le mois de décembre 2020, " la demande d'aide () est réalisée par voie dématérialisée au plus tard le 28 février 2021 " ; pour le mois de janvier 2021, la date de limite de dépôt a été fixée au 31 mai 2021 ; pour le mois de février 2021, la date limite de dépôt a été fixée au 31 mai 2021 ; pour le mois de mars 2021, la date limite de dépôt a été fixée au 30 juin 2021.
5. Il résulte des dispositions précitées que les délais fixés chaque mois pour le dépôt des demandes d'aide constituent une condition de recevabilité des demandes déposées pour bénéficier de l'aide accordée dans le cadre du fonds de solidarité.
6. Il ressort des pièces du dossier que la SAS Loft Dream a déposé ses demandes d'aides au titre des mois de décembre 2020 et janvier 2021, le 22 juin 2021, au-delà des délais légaux mentionnés au point 4 ci-dessus. Dans ces conditions, le motif substitué tiré de la forclusion des demandes initiales d'aide pour les mois de décembre 2020 et janvier 2021, qui n'a privé la SAS Loft Dream d'aucune garantie, doit être accueilli. Les conclusions de la SAS Loft Dream dirigées la décision du 16 août 2021 en tant qu'elle porte sur les aides refusées au titre des mois de décembre 2020 et janvier 2021 doivent donc être rejetées.
En ce qui concerne la légalité de la décision du 1er juin 2021 en tant qu'elle porte sur les aides refusées au titre des mois de février et mars 2021 :
7. Pour refuser à la SAS Loft Dream le bénéfice des aides sollicitées au titre des mois de février et mars 2021, l'administration fiscale lui a reproché de ne pas avoir justifié de son chiffre d'affaires de référence en produisant en temps utiles les documents indispensables à l'instruction de sa demande. Toutefois, si la société s'est acquittée de ses obligations fiscales le 29 juillet 2021 seulement, postérieurement aux délais légaux mentionnés au point 7 ci-dessus, ses demandes d'aides ont quant à elles été formées dans les délais mentionnés au point 4 ci-dessus, les 3 et 28 avril 2021 selon les écritures de l'administration fiscale en défense. De tels délais ne s'appréciant pas au regard de la complétude des documents fournis, la SAS Loft Dream est donc fondée à soutenir que le motif qui lui a été déposée est erroné. Par suite, il y a lieu d'annuler la décision du 1er juin 2021 en tant qu'elle porte sur les aides refusées au titre des mois de février et mars 2021.
En ce qui concerne la légalité de la décision du 16 août 2021 en tant qu'elle porte sur les aides refusées au titre des mois d'avril et mai 2021 :
8. L'administration fiscale reconnaît elle-même dans ses écritures que la SAS Loft Dream est éligible aux aides sollicitées à concurrence des sommes de 6 547 euros et 4 006 euros pour les mois d'avril et mai 2021 respectivement. Il y a donc lieu d'annuler la décision du 16 août 2021 en tant qu'elle a refusé d'accorder ces montants d'aides. En revanche, il y a lieu de rejeter le surplus, à défaut pour la SAS Loft Dream d'en justifier le bien-fondé par les pièces versées à l'instance.
Sur les conclusions à fin d'injonction :
9. Au vu de ce qui a été dit au point 8 ci-dessus, il y a lieu d'enjoindre au directeur des finances publiques du Val-d'Oise de verser à la SAS Loft Dream les sommes de 6 547 euros et
4 006 euros au titre respectivement des mois d'avril et de mai 2021, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
10. Pour le surplus, au vu des motifs d'annulation retenus, il y a en revanche seulement lieu d'enjoindre au directeur des finances publiques du Val-d'Oise de réexaminer les demandes de la société Loft Dream présentées au titre des mois de février à mai 2021, dans le même délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
11. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à verser à la SAS Loft Dream en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par ces motifs, le tribunal décide :
Article 1er : La décision du 1er juin 2021 par laquelle la directrice départementale des finances publiques du Val-d'Oise a refusé à la société par actions simplifiée (SAS) Loft Dream le bénéfice du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 au titre des mois de février et mars 2021 est annulée.
Article 2 : La décision du 16 août 2021 par laquelle la directrice départementale des finances publiques a refusé à la SAS Loft Dream le bénéfice du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 est annulée en tant qu'elle porte sur les demandes d'aides de 6 547 et 4006 euros au titre des mois d'avril et mai 2021.
Article 3 : Il est enjoint au directeur des finances publiques du Val-d'Oise de verser à la SAS Loft Dream les sommes de 6 547 euros et 4 006 euros respectivement au titre des mois d'avril et mai 2021, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 4 : Il est enjoint au directeur des finances publiques du Val-d'Oise de réexaminer les demandes de la SAS Loft Dream, pour le surplus de ses demandes présentées au titre des mois de février à mai 2021, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 4 : Les conclusions de la requête de la SAS Loft Dream sont rejetées pour le surplus.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à la SAS Loft Dream et au directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise.
Délibéré après l'audience du 5 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Oriol, présidente, Mme Cordary, première conseillère, et Mme Lusinier, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 septembre 2024.
La rapporteure,
Signé
C. CORDARY
La présidente,
Signé
C. ORIOLLa greffière,
Signé
M. A
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour ampliation,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026