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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2112862

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2112862

mercredi 9 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2112862
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème Chambre
Avocat requérantSEBAN ET ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 30 septembre 2021, Mme D E demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision par laquelle la directrice de l'Agence nationale de l'habitat a rejeté sa demande de subvention sollicitée en vue de travaux de rénovation énergétique de sa maison ;

2°) de réexaminer son dossier et de lui verser une prime de 800 euros pour lesdits travaux.

Elle soutient qu'elle a mentionné en qualité de demandeur principal son époux, décédé le 12 mai 2020, au regard de l'avis d'imposition 2019, nécessaire au calcul de la prime et qui mentionnait ses revenus.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 mars 2022, l'Agence nationale de l'habitat (ANAH), représentée par Me Ramel, conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable faute de contester exclusivement la décision du 6 juillet 2021 qui se substitue à la décision initiale de l'ANAH du 21 mai 2021,

- la requête est irrecevable en tant qu'elle sollicite du juge qu'il soit enjoint à l'ANAH d'allouer à la requérante une subvention de 800 euros,

- les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.

Par une ordonnance du 7 mars 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 7 avril 2022.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le décret n° 2020-26 du 14 janvier 2020 relatif à la prime de rénovation énergétique ;

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Mettetal-Maxant,

- les conclusions de M. Gabarda, rapporteur public,

Considérant ce qui suit :

1. Mme B A a déposé, le 15 avril 2021, au nom de son époux décédé, une demande de subvention pour des travaux de rénovation énergétique auprès de l'agence nationale de l'habitat (ANAH). Par une décision du 21 mai 2021, la directrice générale de l'ANAH a rejeté sa demande. Le 6 juin 2021, Mme E a formé un recours administratif préalable obligatoire auprès de celle-ci, qui l'a rejeté par une décision du 6 juillet 2021. Par la présente requête, Mme E doit être regardée comme demandant au tribunal d'annuler cette décision et d'enjoindre à l'ANAH de réexaminer sa demande de subvention.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. D'une part, aux termes de l'article 15 de la loi du 28 décembre 2019 de finances pour 2020, " II.-Il est créé une prime de transition énergétique destinée à financer des travaux et dépenses en faveur de la rénovation énergétique des logements. Les caractéristiques et les conditions d'octroi de cette prime sont définies par décret ". Aux termes de l'article R. 321-12 du code de la construction et de l'habitation : " I.- L'agence peut accorder des subventions : () 2° Aux propriétaires ou à tout autre titulaire d'un droit réel conférant l'usage des locaux pour les logements qu'ils occupent eux-mêmes dans les conditions prévues à l'article R. 321-20 ; () ".

3. D'autre part, Aux termes de l'article 2 du décret du 14 janvier 2020 relatif à la prime de transition énergétique : " I. - La prime de transition énergétique prévue au II de l'article 15 de la loi du 28 décembre 2019 susvisée peut être attribuée aux personnes physiques propriétaires ou, à compter du 1er juillet 2021, à tout autre titulaire d'un droit réel immobilier conférant l'usage d'un logement pour financer les dépenses en faveur de la rénovation énergétique du logement qu'ils occupent eux-mêmes dans les conditions suivantes : 1° le logement est occupé à titre de résidence principale par le ou les propriétaires ou titulaires de droit réel immobilier dans un délai maximum de 6 mois suivant la date de paiement du solde de la prime ; / 2° le logement ou l'immeuble concerné est achevé depuis plus de deux ans à la date de début des travaux et prestations. Aux termes de l'article 2 du même décret : " II. - Seuls les travaux et prestations commencés après l'accusé de réception par l'Agence nationale de l'habitat de la demande de prime y ouvrent droit. Cet accusé de réception ne vaut pas décision d'attribution de la prime ". Aux termes de l'article 5 de ce décret : " les demandes de prime de transition énergétique, de versement d'avance et de versement du solde ainsi que de perception de fonds peuvent être déposées par le demandeur lui-même ou par l'intermédiaire de son choix. Dans ce cas, le mandataire s'identifie auprès de L'Agence nationale de l'habitat et lui communique les documents () ".

4. Il résulte de ces dispositions que la subvention conditionnelle ne peut être accordée par l'ANAH qui la gère, qu'au propriétaire occupant qui la sollicite ou au mandataire de son choix.

5. Pour refuser l'octroi de la subvention, la directrice générale de l'ANAH s'est fondée, dans sa décision du 6 juillet 2021, sur le motif tiré de ce que le décès de M. C E avant octroi ne permettait pas de poursuivre l'instruction du dossier conformément à l'article 1er du décret du 14 janvier 2020 relatif à la prime de transition énergétique. Il est constant que M. C E, est décédé le 12 mai 2020. Il ne résulte pas de l'instruction que la demande de subvention, déposée le 15 avril 2021, au nom de M. C E, ait été présentée par un mandataire. Dans ces conditions, et dès lors que la demande n'a pas été déposée par le propriétaire du bien, ni par un mandataire, dans les conditions prévues aux articles 1 et 5 du décret du 14 janvier 2020, la directrice générale de l'ANAH a pu, à bon droit, rejeter la demande.

6. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les fins de non-recevoir opposées en défense, que Mme E n'est pas fondée à demander l'annulation de la décision du 6 juillet 2021. Par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction ne peuvent qu'être rejetées.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de Mme E est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme D E et à l'Agence nationale de l'habitat.

Délibéré après l'audience du 20 septembre 2024, à laquelle siégeaient :

- M. Buisson, président ;

- Mme Mettetal-Maxant, première conseillère ;

- M. Ausseil, conseiller ;

assistés de Mme Pradeau, greffière.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 octobre 2024.

La rapporteure,

signé

A. Mettetal-Maxant

Le président,

signé

L. BuissonLa greffière,

signé

A. Pradeau

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique, de l'énergie, du climat et de la prévention des risques en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

N°211286

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