vendredi 10 février 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2112951 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | GUERIN |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 8 octobre 2021 et 31 mars 2022,
M. et Mme F et G B, représentés par Me Guérin, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 10 juin 2021 par lequel le maire de la commune de Colombes a accordé un permis de construire n°092 025 21 00012 à la société LP Promotion Artemis en vue de la démolition de l'existant et la construction de bâtiments collectifs d'une surface de plancher de 1 888 m², sur les parcelles cadastrées section 25 BE n°s 28, 31, 209, et 210 situées 419-425 rue Gabriel Péri, ensemble la décision du 27 juillet 2021 rejetant leur recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Colombes la somme de 5 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- ils ont intérêt à agir et sont recevables à les contester ;
- l'arrêté attaqué est entaché d'incompétence ;
- il est illégal en l'absence de transmission au service chargé du contrôle de légalité ;
- la société pétitionnaire n'a pas été autorisée à effectuer les travaux ;
- l'arrêté attaqué méconnaît les dispositions de l'article R. 423-50 et suivants du code de l'urbanisme, la BSPP n'ayant pas été à nouveau consultée après communication d'éléments supplémentaires au dossier et le service propreté ayant émis un avis défavorable le 24 mars 2021 sans que le projet ne l'ait pris en compte ; ces vices ont nécessairement eu une incidence sur le sens de la décision ;
- la composition du dossier est incomplète, le plan de masse du projet est insuffisant, les angles de prises de vue des documents graphiques ne figurent pas sur le plan de situation et le plan de masse, le plan de masse ne précise pas les modalités de raccordement aux réseaux, le plan de masse est insuffisant quant aux plantations, la notice paysagère est insuffisante dès lors qu'elle ne décrit pas suffisamment l'état initial du terrain et de ses abords, le sort de la végétation existante n'est pas précisément indiqué, les matériaux et couleurs des constructions sont insuffisamment décrits, le document graphique fourni est insuffisant et incomplet, les documents photographiques fournis sont insuffisants, le dossier de demande est dépourvu d'étude de sol, le dossier valant permis de démolir ne comprenait pas de photographie des bâtiments ni de plan des toitures ; le dossier méconnaît les articles R. 431-8, 431-9, R. 431-10 et R. 431-21 du code de l'urbanisme ;
- l'absence d'autorisation du pétitionnaire et les insuffisances et imprécisions dans le dossier de demande de permis de construire caractérisent une fraude ;
- l'arrêté attaqué méconnaît l'article UB 3 du règlement du plan local d'urbanisme. ;
- il méconnaît l'article UB 4 dès lors que l'existence d'un raccordement aux réseaux d'eau potable, d'assainissement ou d'électricité n'est pas établie et que les caractéristiques du local dédié à la collecte des ordures ménagères sont insuffisantes ;
- il méconnaît l'article UB 6 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors que les règles de retrait et de saillies ne sont pas respectées ;
- il méconnaît l'article UB 7 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors que les limites de retrait en limite séparative sud-est ne sont pas conformes ;
- il méconnaît l'article UB 8 du règlement du plan local d'urbanisme faute de comporter un retrait d'au moins 6 mètres entre les bâtiments projetés ;
- il méconnaît l'article UB 9 du règlement du plan local d'urbanisme relatif à l'emprise au sol maximale ;
- il méconnait l'article UB 10 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- il méconnaît l'article UB 11 du règlement du plan local d'urbanisme ;
- il méconnaît l'article UB 12 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors que le nombre de places de stationnement pour véhicules automobiles, pour véhicules 2 roues non motorisés et non motorisés est insuffisant ; le local vélo prévu est inadapté ; aucun dispositif de recharge adapté aux véhicules électriques ni d'emplacements adaptés " PMR " n'est prévu ;
- il méconnaît l'article UB 13.2 du règlement du plan local d'urbanisme dès lors qu'il n'est pas établi que les normes de surfaces plantées, d'espaces plantés de pleine terre et d'arbres de haute tige aient été respectées ;
- il méconnaît les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ;
- il méconnait les dispositions de l'article R. 111-26 du même code ;
- il méconnaît l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 juin 2022, la commune de Colombes conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge de M. et Mme B la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- à titre principal, la requête est irrecevable faute pour les intéressés de justifier d'un intérêt à agir ;
- à titre subsidiaire, aucun des moyens n'est fondé.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er mars 2022, la société LP Promotion Artemis, représentée par Me Vos, conclut à titre principal au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à ce qu'il soit fait usage des dispositions de l'article L. 600-5 ou L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et à ce qu'il soit mis à la charge de M. et Mme B la somme de 7 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient qu'aucun des moyens de la requête n'est fondé.
Par une ordonnance du 1er juillet 2022, la clôture de l'instruction est intervenue à effet immédiat, en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative.
Vu :
- l'arrêté attaqué ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de M. D ;
- les conclusions de M. Charpentier, rapporteur public ;
- et les observations de Me Guérin, représentant M. et Mme B, et H substituant Me Vos, représentant la société LP Promotion Artemis.
Une note en délibéré présentée pour M. et Mme B a été enregistrée le 20 janvier 2023.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme B demandent l'annulation de l'arrêté du 10 juin 2021 par lequel le maire de la commune de Colombes a accordé un permis de construire à la société LP Promotion Artemis en vue de la démolition de l'existant et la construction de bâtiments collectifs d'une surface de plancher de 1 888 m², sur les parcelles cadastrées section 25 BE n°S 28, 31, 209, et 210 situées 419-425 rue Gabriel Péri, ensemble la décision du 27 juillet 2021 rejetant leur recours gracieux.
Sur la légalité de l'arrêté en litige :
En ce qui concerne la compétence de l'auteur de l'acte :
2. Par un arrêté du 23 juillet 2020, le maire de la commune de Colombes a donné délégation à M. C E, adjoint au maire, à l'effet de signer tous les documents et actes administratifs prévus et régis par le code de l'urbanisme. Il ressort des mentions portées sur cet arrêté, qui font foi jusqu'à preuve du contraire, qu'il a été régulièrement affiché et transmis au contrôle de légalité le 24 juillet suivant. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte, qui manque en fait, doit être écarté.
En ce qui concerne l'avis des services intéressés par le projet :
3. Aux termes de l'article R. 423-50 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente recueille auprès des personnes publiques, services ou commissions intéressés par le projet, les accords, avis ou décisions prévus par les lois ou règlements en vigueur ".
4. D'une part, si les requérants soutiennent que l'instruction de la demande a été irrégulière puisque l'avis de la brigade des sapeurs-pompiers de Paris a été donné le 8 mars 2021 alors que le projet a été complété le 18 mars suivant, il ne ressort pas des pièces du dossier que les documents complémentaires non communiqués auraient été de nature à modifier l'appréciation de ce service.
5. D'autre part, il est constant que le service en charge de la propreté de la commune de Parmain a émis un avis sur le projet et la circonstance qu'un tel avis, non conforme, ait été défavorable n'est pas de nature à entacher d'illégalité l'arrêté en litige. Par suite, le moyen doit être écarté.
En ce qui concerne l'absence d'autorisation du pétitionnaire :
6. Aux termes de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme : " Les demandes de permis de construire, d'aménager ou de démolir et les déclarations préalables sont adressées par pli recommandé avec demande d'avis de réception ou déposées à la mairie de la commune dans laquelle les travaux sont envisagés : /a) Soit par le ou les propriétaires du ou des terrains, leur mandataire ou par une ou plusieurs personnes attestant être autorisées par eux à exécuter les travaux ; / b) Soit, en cas d'indivision, par un ou plusieurs co-indivisaires ou leur mandataire ; /c) Soit par une personne ayant qualité pour bénéficier de l'expropriation pour cause d'utilité publique ". Et aux termes du dernier alinéa de l'article R. 431-5 du code de l'urbanisme : " La demande comporte également l'attestation du ou des demandeurs qu'ils remplissent les conditions définies à l'article R. 423-1 pour déposer une demande de permis ".
7. Il résulte des dispositions des articles R. 423-1 et R. 431-5 du code de l'urbanisme que les demandes de permis de construire doivent seulement comporter l'attestation du pétitionnaire qu'il remplit les conditions définies à l'article R. 423-1. Les autorisations d'utilisation du sol, qui ont pour seul objet de s'assurer de la conformité des travaux qu'elles autorisent avec la législation et la réglementation d'urbanisme, étant accordées sous réserve du droit des tiers, il n'appartient pas à l'autorité compétente de vérifier, dans le cadre de l'instruction d'une demande de permis, la validité de l'attestation établie par le demandeur. Ainsi, sous réserve de la fraude, le pétitionnaire qui fournit l'attestation prévue à l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme doit être regardé comme ayant qualité pour présenter sa demande.
8. Contrairement à ce que soutiennent les requérants, il ne ressort pas des pièces du dossier soumis aux services instructeurs de la commune que la société pétitionnaire, qui a attesté, dans le formulaire Cerfa de demande de permis de construire, avoir qualité pour présenter cette demande, ne disposait pas d'une autorisation à cet effet. Par suite, le moyen doit être écarté.
En ce qui concerne la composition du dossier de demande de permis de construire :
9. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
10. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant :1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain ; d) Les matériaux et les couleurs des constructions ; e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement ".
11. Il ressort des pièces versées au débat que le dossier de demande de permis comprend une notice de présentation du projet qui décrit l'état initial du terrain constitué d'espaces verts peu plantés comprenant deux arbres non remarquables et quelques arbustes et occupé par quatre maisons et deux garages. Cette notice qui comporte notamment un plan de situation figurant une vue aérienne du projet dans son environnement précise aussi que les parcelles voisines sont occupées par des maisons en rez-de-chaussée et rez-de-chaussée plus un étage, et relève la présence de logements collectifs en R+3 et R+4 à proximité. La notice indique, par ailleurs, que les arbres et arbustes existants ne pourront être maintenus. Elle décrit également les matériaux utilisés pour le projet de construction, à savoir un enduit de finition gratté fin et blanc, des menuiseries et volets roulants en aluminium blanc, des garde-corps en métal thermo-laqué, et une couverture en panneaux d'acier de type " PLX " de couleur zinc pour les maisons, le bâtiment principal étant quant à lui constitué, ainsi qu'il ressort des autres pièces du dossier, d'un toit terrasse surmonté d'un attique. La notice architecturale comprend ainsi les éléments prévus par les dispositions précitées de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme. Par suite, le moyen doit être écarté.
12. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. / Il indique également, le cas échéant, les modalités selon lesquelles les bâtiments ou ouvrages seront raccordés aux réseaux publics ou, à défaut d'équipements publics, les équipements privés prévus, notamment pour l'alimentation en eau et l'assainissement. / () ". L'article R. 431-10 de ce même code dispose que les angles des documents photographiques prévus au d) de ce dernier article, à savoir des photographies de l'environnement proches et lointain, sont reportés sur le plan de masse.
13. Si, il est vrai que le plan de masse ne comporte aucune indication relative au raccordement aux réseaux et ne comporte pas davantage les angles et points de vue des documents photographiques prévus par l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme, il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet étant desservi uniquement par la rue Gabriel Péri, l'ensemble des photographies produites étaient nécessairement prises depuis cette voie. En outre, la notice architecturale fait référence à un " dossier VRD ", dont il n'est pas contesté qu'il correspond au document intitulé " Notice technique VRD ", produit en défense, qui précise les modalités de raccordement aux réseaux d'eaux usées, d'eaux pluviales, d'eau potable et défense incendie, et aux réseau électrique, de télécommunication, de gaz et de fibre optique. Dans ces circonstances, les imprécisions du plan de masse n'ont pas eu pour effet de fausser l'appréciation du service instructeur. Le moyen doit donc être écarté.
14. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également : () c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain () ".
15. Il ressort des pièces du dossier que le dossier de demande de permis de construire comprend une insertion graphique du projet par rapport aux constructions avoisinantes, depuis la rue Gabriel Péri, complétée par une seconde insertion graphique en vue aérienne. Il est vrai que le bien des requérants, pourtant situé en vis-à-vis du bâtiment bas implanté en fond de parcelle, n'est pas figuré sur cette seconde insertion. Toutefois, le plan de masse du permis de construire permet de constater l'existence d'un pavillon à cet endroit, de sorte que l'appréciation de l'autorité administrative sur l'insertion du projet dans son environnement n'a pas été faussée.
16. En quatrième lieu, aucune disposition légale ou réglementaire ne fait obligation au pétitionnaire de faire figurer dans le dossier de demande de permis de construire une étude de sols. Le moyen, qui est inopérant, doit être écarté.
17. En dernier lieu, aux termes de l'article L. 421-3 du code de l'urbanisme : " Les démolitions de constructions existantes doivent être précédées de la délivrance d'un permis de démolir lorsque la construction relève d'une protection particulière définie par décret en Conseil d'État ou est située dans une commune ou partie de commune où le conseil municipal a décidé d'instaurer le permis de démolir ". Aux termes de l'article L. 451-1 du même code : " Lorsque la démolition est nécessaire à une opération de construction ou d'aménagement, la demande de permis de construire ou d'aménager peut porter à la fois sur la démolition et sur la construction ou l'aménagement. Dans ce cas, le permis de construire ou le permis d'aménager autorise la démolition ". Enfin, aux termes de l'article R. 431-21 du code de l'urbanisme : " Lorsque les travaux projetés nécessitent la démolition de bâtiments soumis au régime du permis de démolir, la demande de permis de construire ou d'aménager doit : a) Soit être accompagnée de la justification du dépôt de la demande de permis de démolir ; b) Soit porter à la fois sur la démolition et sur la construction ou l'aménagement ".
18. Il résulte de ces dispositions que lorsqu'un permis de construire autorise un projet qui implique la démolition totale ou partielle d'un bâtiment soumis au régime du permis de démolir, la demande de permis de construire qui n'est pas accompagnée de la justification du dépôt de la demande de permis de démolir doit porter à la fois sur la démolition et sur la reconstruction.
19. Aux termes de l'article R. 451-2 du code de l'urbanisme relatif aux demandes de permis de démolir : " Le dossier joint à la demande comprend : a) Un plan permettant de connaître la situation du terrain à l'intérieur de la commune ; b) Un plan de masse des constructions à démolir ou, s'il y a lieu, à conserver ; c) Un document photographique faisant apparaître le ou les bâtiments dont la démolition est envisagée et leur insertion dans les lieux environnants ".
20. D'une part, aucune disposition ne faisait obligation au pétitionnaire d'inclure un plan des toitures des bâtiments à démolir. Il est vrai, d'autre part, que le dossier de demande de permis de construire valant démolition de l'existant ne comporte pas de photographies permettant d'identifier avec précision les différents bâtiments à démolir. Toutefois, le dossier de demande comportait un plan de masse figurant la totalité des bâtiments à démolir, avec leur emprise foncière et leur gabarit, ainsi que l'emprise des constructions situées sur les parcelles voisines, dont le gabarit pouvait, en outre, être appréhendé par référence aux documents graphiques produits. Dans ces conditions, cette omission du dossier de demande n'a pas été de nature à fausser l'appréciation du service instructeur sur la nature des bâtiments à démolir. Par suite, le moyen doit être écarté.
En ce qui concerne la fraude alléguée :
21. Pour les motifs indiqués aux points précédents, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que l'absence d'autorisation du pétitionnaire et les insuffisances et imprécisions dans le dossier de demande de permis de construire caractérisent une fraude. Le moyen doit donc être écarté.
En ce qui concerne la méconnaissance de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme :
22. En premier lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ".
23. En se bornant à indiquer que le projet prévoit de s'ériger à proximité immédiate de plusieurs pavillons, dont le leur, sans qu'aucune étude de faisabilité technique n'ait été effectuée, et à relever l'enjeu de stabilité des propriétés voisines et l'absence d'étude de sous-sol, sans faire état de la probabilité de réalisation de risques particuliers grevant le terrain d'assiette, ni de leur gravité s'il se réalisent, les requérants n'établissent pas le bien-fondé de leur d'allégations. Il en va de même des nuisances sonores invoquées, alors qu'au demeurant de tels désagréments liés aux travaux de construction du projet ne sont pas utilement invocables. Par ailleurs, les reports de stationnement et de circulation allégués sont sans incidence sur les risques à la salubrité ou à la sécurité publique. Enfin, il n'est pas établi que le projet, qui a d'ailleurs fait l'objet d'un avis favorable des services d'incendie et de secours, présenterait des risques particuliers pour l'accès des véhicules d'incendie. Par suite, c'est sans commettre d'erreur manifeste d'appréciation que l'autorité administrative a estimé que les dispositions précitées n'ont pas été méconnues.
En ce qui concerne la méconnaissance de l'article R. 111-26 du code de l'urbanisme :
24. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 111-26 du code de l'urbanisme : " Le permis ou la décision prise sur la déclaration préalable doit respecter les préoccupations d'environnement définies aux articles L. 110-1 et L. 110-2 du code de l'environnement. Le projet peut n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si, par son importance, sa situation ou sa destination, il est de nature à avoir des conséquences dommageables pour l'environnement. Ces prescriptions spéciales tiennent compte, le cas échéant, des mesures mentionnées à l'article R. 181-43 du code de l'environnement ".
25. En se bornant à soutenir que la protection de leur cadre de vie et de celui de leurs voisins est compromise par la réalisation d'un projet dont les dimensions sont inadaptées et indiquer que le sort des arbres existants n'est pas précisé, les requérants n'apportent ainsi aucun élément au soutien de leurs allégations. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article R. 111-26 du code de l'urbanisme doit être écarté.
En ce qui concerne la méconnaissance de l'article UB 3 du règlement du PLU :
26. Aux termes de l'article UB 3 du règlement du PLU, relatif aux conditions de desserte des terrains par les voies : " Règle générale / () Les caractéristique des voies doivent : être adaptées à l'importance ou à la destination des constructions qu'elles doivent desservir, permettre l'approche du matériel de lutte contre l'incendie et des services de sécurité, permettre la desserte pour tout passage des réseaux nécessaires à l'opération projetée. () / Conditions d'accès aux voies / Règles générales / Les accès automobiles doivent être adaptés à l'opération et être aménagés de façon à apporter la moindre gêne à la circulation publique. () / La localisation des accès des véhicules doit être choisie, de façon à ne pas compromettre les plantations, espaces verts publics, les alignements d'arbres, les dispositifs de signalisation, d'éclairage public, de supports de réseaux ou de tout autre élément de mobilier urbain situés sur l'emprise de voirie. / Dimensions / Chaque entrée charretière est limitée à 6 mètres de large () ".
27. Si l'accès des véhicules au terrain d'assiette s'effectue par un point unique, depuis la rue Gabriel Péri, seule voie desservant le terrain, la circonstance que ce point d'accès soit utilisé dans le sens entrant et sortant n'est pas de nature à caractériser une gêne à la circulation publique. Par ailleurs, il n'est pas établi que le projet, qui a d'ailleurs fait l'objet d'un avis favorable des services de sécurité incendie en date du 1er mars 2021, nécessiterait une aire de retournement pour les véhicules de secours. Enfin, les requérants ne peuvent utilement se prévaloir des risques allégués pour la sécurité des piétons, qui sont sans lien avec les dispositions précitées du PLU. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UB 3 du règlement du PLU doit être écarté.
En ce qui concerne la méconnaissance de l'article UB 4 du règlement du PLU :
28. Aux termes de l'article UB 4 du règlement du PLU : " 4.1 - Alimentation en eau potable / Toute construction ou installation susceptible de requérir une alimentation en eau potable doit être raccordée au réseau de distribution. / 4.2 - Assainissement / À l'intérieur d'un même terrain, les eaux pluviales et les eaux usées doivent être recueillies séparément. () / 4.2.1 - Eaux usées / Toute construction, installation nouvelle ou existante doit être raccordée par une canalisation souterraine au réseau collectif d'assainissement. / Les collecteurs d'eaux usées ne doivent transporter que des eaux usées domestiques, qui comprennent les eaux ménagères et les eaux vannes ou les eaux industrielles prétraitées et conformes aux normes de rejet. / () / 4.3 - Collecte des ordures ménagères pour les nouvelles constructions / Pour les constructions à destination autre qu'habitation ainsi que pour toute construction supérieure à trois logements, un local destiné au stockage des ordures ménagères nécessaire au tri sélectif doit être aménagé. / Ce local aura une surface minimale définie dans l'annexe sanitaire. / Cette disposition n'est pas applicable si l'entrée de la construction est située à moins de 50 mètres en distance réelle piéton d'une borne d'apport volontaire. 4.4 - Réseaux divers / Les lignes de télécommunications et de distribution d'énergie (électricité, gaz, ) doivent être installées en souterrain. Les coffrets de branchements doivent être intégrés aux clôtures en limite de propriété ou aux façades des constructions implantées à l'alignement ".
29. D'une part, en se bornant à soutenir que l'état du dossier de demande de permis de construire ne permet pas de vérifier que les modalités de raccordement ou de desserte aux réseaux d'eau potable, d'assainissement ou d'électricité sont respectées, alors qu'au demeurant le dossier de demande comporte un plan de masse figurant les points de raccordement à ces réseaux, et à se référer à l'avis rendu par le service municipal en charge de la propreté en relevant qu'aucun élément postérieur ne justifie du respect des exigences réglementaires du PLU, les requérants n'assortissent pas ce moyen d'éléments permettant d'en apprécier le bien-fondé. D'autre part, il ne ressort pas des pièces du dossier que le projet nécessiterait de prévoir un poste de distribution d'électricité. Par suite, le moyen doit être écarté.
En ce qui concerne la méconnaissance de l'article UB 6 du règlement du PLU :
30. Aux termes de l'article UB 6 du règlement du PLU, relatif à l'implantation des constructions par rapport aux voies et emprises publiques : " () / Règle générale / 6.2.1 - Dans la zone UB située autour de la rue Gabriel Péri / Les constructions doivent être implantées en retrait de l'alignement. Celui-ci exception faite des saillies ne peut être inférieur à 5 mètres, comptés perpendiculairement par rapport à la limite d'emprise de la voie ou de l'emprise publique telle que définie à l'article 6.1. / Ce retrait doit être libre de toute occupation, aménagement de voirie ou de rampe en surface. Seul un aménagement d'accès, piéton ou auto, à la construction est autorisé. / Aucune construction en infrastructure n'est autorisée dans la bande de retrait ". Le lexique du même règlement définit l'alignement comme constitué, dans le cas d'une voie publique, par la limite entre le domaine public et la propriété privée. Aux termes de l'article 6.2.3 de ce même règlement, relatif à la gestion des saillies : " Dans la bande de retrait, les saillies telles que perrons, balcons, débords de toiture, oriels, modénatures, qui ne présentent pas une profondeur supérieure à 2,50 mètres sont autorisés. / () ".
31. D'une part, il ressort des plans de coupe du projet que la façade est implantée en retrait de cinq mètres par rapport à l'alignement de la façade. La bande de cinq mètres laissée libre est occupée en partie par le cheminement d'accès piéton à l'immeuble, ainsi que par la zone d'accès au parking situé en contrebas. De tels éléments, qui ne constituent pas, en l'état des pièces du dossier, une rampe en surface au sens des dispositions précitées, et sont des aménagements d'accès piéton ou automobile autorisés par ces mêmes dispositions, n'empiètent donc pas sur la bande de retrait. D'autre part, il ressort des pièces du dossier que le projet prévoit des balcons qui ne présentent pas une profondeur supérieure à 2,50 mètres. Par suite, le moyen ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne la méconnaissance de l'article UB 7 du PLU :
32. Aux termes de l'article UB 7 du règlement du PLU, relatif à l'implantation par rapport aux limites séparatives : " Règles d'implantation dans la zone UB située de part et d'autre de la rue Gabriel Péri / 7.1.1. Dans la bande de constructibilité principale de 26 mètres à compter de l'alignement. / Les constructions ou parties de construction doivent être implantées : en retrait de toutes les limites séparatives, avec un minimum de 4 mètres ou 6 mètres quand la limite séparative est une limite de zone UD ou UE. / 7.1.2. Règles d'implantation hors de la bande de constructibilité principale / Les constructions ou parties de construction doivent être implantées : ou sur une limite séparative au plus () ; ou en retrait des règles des limites séparatives, selon la règle définie en article 7.3 ci-dessous ". Aux termes de l'article 7.3 : " Règles de retrait / Pour les parties de construction comportant des baies principales / Au droit des baies principales, le retrait doit être au moins égal à la hauteur de la construction mesurée du sol avant travaux jusqu'à l'égout de toit ou l'acrotère, avec un minimum de 6 mètres (L = H = 6m) / () ". / Pour les parties de construction ne comportant pas de baies principales / Le retrait doit être au moins égal à la moitié de la hauteur de la construction mesurée du sol avant travaux jusqu'à l'égout de toit ou l'acrotère, avec un minimum de 3 mètres (L = H/2 = 3 m) () ".
33. Il ressort des pièces du dossier que le projet prévoit l'implantation en fond de parcelle de trois maisons de ville accolées, situées au-delà de la bande de constructibilité principale de 26 mètres prévue par les dispositions précitées. La façade nord-est d'une de ces maisons, faisant face à la limite séparative est, qui est dépourvue de toute baie, est implantée à 3 mètres de cette limite séparative. Cette maison est dotée d'un toit à double pente, dont la hauteur à la jonction de la façade, laquelle est nécessairement supérieure au point haut de l'égout du toit, est d'exactement 6 mètres. Le retrait de 3 mètres de la façade est de cette maison, par rapport à la limite séparative, n'est donc pas strictement supérieure à la moitié de la hauteur à l'égout du toit. Par suite, le moyen doit être écarté.
En ce qui concerne la méconnaissance de l'article UB 8 du règlement du PLU :
34. Aux termes de l'article UB 8 du règlement du PLU, relatif à l'implantation des constructions les unes par rapport aux autres sur une même propriété : " Règle générale / Les dispositions ci-après sont applicables dans le cas de l'implantation de plusieurs bâtiments non contigus sur un même terrain ou dans le cas de l'application d'une servitude de cour commune. / Le retrait (L) est la distance comptée perpendiculairement de tout point de la façade de la construction, au point le plus proche de la construction en vis-à-vis. / L'implantation des constructions sur un même terrain, doit respecter un retrait au moins égal à 6 mètres quand l'une des parties de construction en vis-à-vis comporte des baies principales. / L'implantation des constructions sur un même terrain, doit respecter un retrait au moins égal à 4 mètres quand les parties de construction en vis-à-vis ne comportent pas de baies principales. / Ne sont pas comptés dans le calcul du retrait les éléments de modénature, les auvents, les débords de toiture ni les parties enterrées des constructions. / En revanche, sont comptabilisés dans le calcul du retrait les balcons, les terrasses de plus de 0,60 mètre de hauteur par rapport au terrain naturel, accessibles de plain-pied ".
35. Il ressort des pièces du dossier que la façade nord de l'ensemble constitué par les maisons de ville est implantée à une distance égale ou supérieure à 6 mètres de la façade sud de l'immeuble collectif, lequel inclut deux terrasses, accessibles de plain-pied, qui ne sont pas situées à plus de 0,60 mètres de hauteur par rapport au terrain naturel. Dans ces conditions, dès lors que les deux façades concernées comportent des baies principales, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que la largeur occupée par ces terrasses ne pouvait pas être prise en compte pour apprécier la conformité à la règle de retrait, qui est de 6 mètres. Par suite, le moyen doit être écarté.
En ce qui concerne la méconnaissance de l'article UB 9 du règlement du PLU :
36. Aux termes de l'article UB 9 du règlement du PLU, relatif aux règles d'emprise au sol : " 9.1 - Règle générale / Le coefficient d'emprise au sol des constructions, est limité à 50%, sauf dispositions particulières exposées ci-après. / () ".
37. En se bornant à indiquer que la consultation du plan de masse ne permet pas de vérifier que la règle d'emprise au sol a été respectée compte tenu de l'intégration dans le calcul des terrasses en rez-de-chaussée et des précisions insuffisantes relatives aux surfaces en espaces libres, les requérants n'apportent aucun élément au soutien de leurs allégations, alors qu'au demeurant la notice mentionne une emprise au sol de 625 m², soit moins de 50% des 1 398 m² de superficie déclarée. Le moyen ne peut donc qu'être écarté.
En ce qui concerne la méconnaissance de l'article UB 10 du règlement du PLU :
38. Aux termes de l'article UB 10 du PLU, relatif à la hauteur maximale des constructions : " 10.1 - Règle de gabarit et modalités de calcul / La règle de hauteur s'appuie sur trois éléments : une hauteur maximale des façades, un gabarit de couronnement et une hauteur plafond / Les constructions ou parties de constructions implantées à l'intérieur de la bande de constructibilité principale doivent s'inscrire dans un gabarit délimité par un plan oblique à 45° dont le point d'attache se situe au niveau du sol de la voie depuis l'alignement opposé. / La hauteur de la façade / La hauteur maximale de la façade est fixée à : - 15 mètres dans la bande de constructibilité principale définie en article 7. - 9 mètres au-delà de la bande de constructibilité principale définie en article 7 () / La hauteur plafond (hauteur totale de la construction) / - La hauteur plafond est fixée à 18 mètres, dans la bande de constructibilité principale définie en article 7, - 12 mètres au-delà de la bande de constructibilité principale définie en article 7 () ". L'article 10.2 du même règlement, relatif aux dispositions particulières, prévoit que " N'est pas comptée dans la hauteur maximale autorisée, la hauteur hors gabarit des constructions ou éléments de constructions sur terrasses, à condition qu'ils ne dépassent pas une hauteur maximum de 1,00 m, qu'ils soient implantés en retrait des façades d'une distance d'au moins 3,00 m et qu'ils abritent uniquement la machinerie des ascenseurs, la sortie des escaliers, la chaufferie et le conditionnement d'air, les gaines de ventilation, les souches de cheminées ". Aux termes du lexique de ce même règlement : " Hauteur / a - Hauteur plafond : Sauf définition contraire dans le corps du règlement, la hauteur plafond des constructions est mesurée jusqu'au faîtage à partir :- du niveau du sol de la voie à l'alignement pour les constructions édifiées sur l'unité foncière dans l'emprise de la bande de constructibilité principale, () / b - Hauteur de façade : Sauf définition contraire dans le corps du règlement, la hauteur d'un élément de façade est mesurée jusqu'à l'acrotère de terrasse ou à l'égout du toit à partir : - du niveau du sol de la voie à l'alignement pour les constructions édifiées sur l'unité foncière dans l'emprise de la bande de constructibilité principale () ".
39. Il ressort des pièces du dossier que le bâtiment de logement collectif, situé dans la bande de constructibilité principale définie à l'article 7 du règlement du PLU est constitué de quatre niveaux surmontés d'un dernier niveau en attique, implanté en retrait de la construction. Ce niveau en attique étant situé en retrait du plan de façade, il n'a pas à être pris en compte pour la détermination de la hauteur de façade de la construction côté rue. L'acrotère de terrasse est implanté à 12,23 mètres du terrain naturel, soit une hauteur inférieure à la hauteur maximale de façade autorisée de 15 mètres. Par ailleurs, la hauteur totale de la construction, qui est de 15,66 mètres au faîtage, est inférieure aux 18 mètres autorisés par le règlement du PLU. Par suite, le moyen doit être écarté.
En ce qui concerne la méconnaissance des articles R. 111-27 du code de l'urbanisme et UB 11 du règlement du PLU :
40. Aux termes des dispositions générales de l'article UB 11 du règlement du PLU relatif à l'aspect extérieur des constructions, à l'aménagement de leurs abords et à la protection des éléments de paysage : " Le projet peut être refusé ou n'être accordé que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, de par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à la qualité des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales" (). Ces dispositions ont le même objet que celles, également invoquées par les requérants, de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme et posent des exigences qui ne sont pas moindres. Dès lors, c'est par rapport aux dispositions du règlement du plan local d'urbanisme que doit être appréciée la légalité de la décision attaquée.
41. Il résulte des dispositions générales de l'article UB 11 du règlement du PLU que, si les constructions projetées portent atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ou encore à la conservation des perspectives monumentales, l'autorité administrative compétente peut refuser de délivrer le permis de construire sollicité ou l'assortir de prescriptions spéciales. Pour rechercher l'existence d'une atteinte de nature à fonder le refus de permis de construire ou les prescriptions spéciales accompagnant la délivrance de ce permis, il lui appartient d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site. Les dispositions de cet article excluent qu'il soit procédé, dans le second temps du raisonnement, à une balance d'intérêts divers en présence, autres que ceux mentionnés par cet article et, le cas échéant, par le plan local d'urbanisme de la commune. Pour apprécier aussi bien la qualité du site que l'impact de la construction projetée sur ce site, il appartient à l'autorité administrative, sous le contrôle du juge, de prendre en compte l'ensemble des éléments pertinents et notamment, le cas échéant, la covisibilité du projet avec des bâtiments remarquables, quelle que soit la protection dont ils bénéficient par ailleurs au titre d'autres législations.
42. Il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet est situé dans un environnement architectural hétérogène constitué d'immeuble collectifs contemporains ou plus anciens, ainsi que d'un tissu pavillonnaire dépourvu de caractère remarquable. Dès lors, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que la construction d'un immeuble contemporain à cinq niveaux et de trois maisons en fond de parcelle, dont l'architecture ne traduit aucune rupture particulière avec le bâti environnant apprécié dans son ensemble, méconnaîtrait les exigences découlant des dispositions générales de l'article UB 11 du règlement du PLU.
43. Aux termes des dispositions particulières de l'article UB 11 du PLU : " La conception des balcons, terrasses, ou loggias devra garantir une perception qualitative de ces espaces et empêcher la visibilité de leur occupation depuis l'extérieur, notamment par le traitement des garde-corps (l'utilisation de matériaux opaques ou translucides, plutôt que transparents, est à privilégier). Toiture et couronnement - Les toitures et couronnement doivent être traités comme une cinquième façade. / Le couronnement des constructions () doit être conçu pour garantir une liaison harmonieuse avec les constructions contigües. / () Les volets roulants - Aucun caisson de volets roulants ne doit être visible en façade () / Clôtures sur voies et emprises publiques / Les clôtures en bordure de voie ou d'emprise publique doivent présenter une hauteur maximale de 2 mètres, à l'exclusion des dépassements ponctuels () / Le soubassement ne doit pas dépasser 1 mètre de hauteur mais doit comprendre une partie maçonnée de 20 centimètres de hauteur au minimum () ".
44. En premier lieu, si les requérants font valoir que les garde-corps seront transparents, il ressort des pièces du dossier que la notice architecturale indique que ces derniers sont mis en œuvre avec un pas très rapproché et, contrairement aux allégations des requérants, il ne ressort pas des même pièces que les matériaux utilisés pour réaliser les garde-corps sont transparents. Par ailleurs, la circonstance que l'encombrement des futurs balcons, faute de cave ou de greniers, nuirait à leur aspect est sans incidence sur la légalité du permis de construire querellé.
45. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier, et notamment des plans de façade, que la toiture en acier de type " PLX " fait l'objet d'un traitement architectural spécifique qui retient le parti du couronnement des deux attiques et des trois maisons individuelles situées en fond de parcelle par un toit à double pente comparable à la toiture des constructions voisines. Dans ces conditions, les requérants ne sont pas fondés à soutenir qu'en l'absence de plan de toiture, les pièces du dossier ne permettent pas de vérifier la conformité du projet aux dispositions de l'article UB 11 concernant le couronnement des constructions.
46. En troisième lieu, si les requérants soutiennent qu'aucune mention de la notice ne permet de contrôler les dispositions précitées relatives aux clôtures, il ressort de l'ensemble des pièces du dossier de demande de permis de construire, et notamment des plans de masse et du document d'insertion du projet, que la clôture réalisée sur la rue Gabriel Péri comporte un barreaudage vertical qui n'excède pas 2 mètres et que la clôture implantée sur les limites séparatives présentera une trame rigide.
47. En dernier lieu, si les requérants soutiennent qu'aucune précision dans le dossier de demande de permis de construire ne permet de vérifier le respect par le projet des prescriptions de l'article UB 11 relatives aux volets roulants, lesquelles proscrivent les caissons apparents sur les façades, il ne ressort pas des plans de façade ni de la perspective d'insertion du projet que des caissons de ce type apparaîtraient sur les façades des bâtiments projetés.
En ce qui concerne la méconnaissance de l'article UB 12 du règlement du PLU :
48. En vertu des dispositions de l'article UB 12.1 du règlement du PLU, les constructions à destination d'habitation doivent prévoir une place de stationnement automobile par tranche de 90 m² de surface de plancher avec un minimum d'une place par logement, l'article UB 12.2 de ce même règlement disposant qu'une place de stationnement est comptabilisée par tranche entamée. Enfin, les dispositions de l'article UB 12.4 du PLU prévoient que la " suppression de toute place de stationnement existante doit être restituée ".
49. Si les requérants font valoir qu'en raison de la typologie des logements prévus, le nombre de 29 places de stationnement automobile prévues par le projet est insuffisant, il est constant que les dispositions précitées n'imposent pas la création d'emplacements supplémentaires ni de places dédiées aux personnes à mobilité réduite ou aux véhicules électriques. Par ailleurs, la circonstance que le projet méconnaitrait les dispositions de l'article UB 12.4 relatives à la restitution de toute place de stationnement existante supprimée est sans incidence sur la légalité de la décision attaquée, faute pour de telles dispositions de trouver à s'appliquer aux constructions nouvelles réalisées après démolition totale de l'existant.
50. En se bornant à soutenir que les locaux pour vélos ou deux-roues motorisés prévus par le projet sont insuffisants pour satisfaire aux exigences quantitatives de réalisation d'emplacements, les requérants n'assortissent pas leurs allégations des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé.
En ce qui concerne la méconnaissance de l'article UB 13 du règlement du PLU :
51. Aux termes de l'article UB 13 du règlement du PLU, relatif aux obligations imposées en matière de réalisation d'espaces libres et de plantation : " Les surfaces plantées doivent représenter au minimum 40% de la surface de l'unité foncière. () Les trois quarts des espaces plantés doivent être traités en pleine terre. / Un arbre de haute tige est planté par tranche de 200 m² de l'unité foncière ".
52. Si les requérants soutiennent sans plus de précision que les surfaces déclarées en matière de réalisation d'espaces libres et de plantation sont sujettes à caution, il ne ressort pas des pièces du dossier que les indications mentionnées dans la notice PC 4, à savoir une surface plantée de 588 m², soit 42% de la surface de l'unité foncière, et une surface de pleine terre de 75%, seraient erronées. Par ailleurs, si les requérants font valoir que seulement 7 arbres de haute tige seront plantés alors que 8 sont requis, il ressort des pièces du dossier que le projet prévoit la plantation de 2 érables champêtres, 2 poiriers fleurs et 4 cerisiers fleurs, ces trois espèces étant des arbres de haute tige au sens des dispositions précitées. Par suite, le moyen doit être écarté.
53. Il résulte de tout de ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée par la commune de Colombes, que l'ensemble des conclusions à fin d'annulation de M. et Mme B doit être rejeté.
Sur les frais liés au litige :
54. D'une part, les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Colombes, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. et Mme B demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
55. D'autre part, la commune de Colombes, qui n'est pas représentée par un avocat dans la présente instance, ne fait pas état des frais spécifiques exposés par elle. Par suite, ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. et Mme B une somme de 2 000 euros à verser à la société LP Promotion Artemis au titre des frais exposés par elle et non compris dans les dépens.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme B est rejetée.
Article 2 : M. et Mme B verseront à la société LP Promotion Artemis une somme de 2 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Les conclusions présentées par la commune de Colombes sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme F et G B, à la commune de Colombes et à la société LP Promotion Artemis.
Délibéré après l'audience du 20 janvier 2023, à laquelle siégeaient :
M. Buisson, président,
M. Probert, premier conseiller,
Mme Garona, première conseillère,
Assistés de Mme Galan, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 10 février 2023.
Le rapporteur,
signé
L. D
Le président
signé
L. BuissonLa greffière,
signé
M. A
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026