LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2113044

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2113044

jeudi 13 octobre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2113044
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation4ème Chambre
Avocat requérantBISALU

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 15 octobre 2021, Mme A D, représentée par Me Bisalu, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 15 septembre 2021 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office et lui a interdit de retourner sur le territoire français pour une durée d'un an ;

2°) d'enjoindre au préfet de procéder au réexamen de sa situation personnelle et de lui attribuer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour ;

3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 500 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

s'agissant du refus de séjour :

- la décision est entachée d'une erreur de droit dès lors que le préfet ne pouvait reprendre une décision de refus de titre de séjour après que le tribunal administratif a annulé le premier refus ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'elle peut prétendre à un titre de séjour pour soin ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article L. 423-7, anciennement 6° de l'article L. 313-11, du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'elle est mère d'un enfant français ;

- elle est également entachée d'une erreur de droit, dès lors qu'elle peut être admise au séjour en qualité d'ascendant à charge de son fils de nationalité française ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, dès lors que son époux réside régulièrement en France et que son fils est de nationalité française ;

s'agissant de la décision d'interdiction de retour :

- la décision est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision de refus de séjour ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation, dès lors qu'elle n'est pas justifiée ;

- elle méconnaît les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation eu à égard à ses conséquences sur sa situation personnelle.

Par un mémoire enregistré le 12 septembre 2022, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête, faisant valoir qu'aucun des moyens n'est fondé.

Vu :

- la décision par laquelle la présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer ses conclusions à l'audience ;

- les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Monteagle, rapporteure, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme D, ressortissante congolaise née le 30 mars 1961 à Kinshasa, déclare être entrée en France en 2013. Après avoir été munie de trois titres de séjour pour soin entre le 7 mai 2015 et le 11 février 2019, le préfet des Hauts-de-Seine a rejeté sa demande de renouvellement par un arrêté du 10 janvier 2020 qui a été annulé le 12 mars 2021 par le présent tribunal, faisant injonction au préfet de réexaminer sa situation. Par un arrêté du 15 septembre 2021, le préfet des Hauts-de-Seine a, après réexamen, refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel elle pourra être reconduite d'office et lui a interdit de retourner sur le territoire français pour une durée d'un an.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la légalité du refus de séjour :

2. En premier lieu, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a annulé le 12 mars 2021 la décision du préfet des Hauts-de-Seine ayant refusé à Mme D un titre de séjour pour soin au motif que le préfet n'avait pas produit l'avis de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) permettant de fonder la disponibilité des traitements de la requérante dans son pays de d'origine. Il était donc loisible au préfet, en tenant compte des motifs de ce jugement, de reprendre une décision de refus de séjour après avoir procédé, comme le tribunal le lui avait enjoint, au réexamen de la situation de la requérante.

3. En deuxième lieu, il ressort des termes de la décision que le préfet n'a examiné ni la possibilité d'admettre Mme D au séjour en qualité de mère d'un enfant français mineur, ni celle de l'admettre au séjour en qualité d'ascendant à charge d'un ressortissant français, ni celle de l'admettre au séjour au titre de sa vie privée et familiale. De plus, la requérante n'allègue, ni ne soutient avoir sollicité une admission au séjour sur ces fondements. Par suite, les moyens tirés de l'erreur de droit, inopérants, doivent être écartés.

4. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable ".

5. Pour refuser d'admettre Mme D au séjour sur le fondement de ces dispositions, le préfet de Hauts-de-Seine lui a opposé la circonstance qu'elle pouvait bénéficier effectivement d'un traitement approprié à son état de santé dans son pays d'origine, compte tenu l'offre de soins et les caractéristiques du système de santé de ce pays. Par conséquent, si la requérante soutient que son état de santé est fragile et qu'elle bénéficie en France d'un suivi médical adapté, se bornant à produire quelques pièces éparses, elle ne conteste pas utilement le motif du refus de séjour, alors qu'au demeurant le préfet, qui a reconnu la nécessité pour Mme D de bénéficier d'une prise en charge médicale, ne remet pas en cause la gravité de son état de santé. Par suite, son moyen tiré de l'erreur d'appréciation ne peut qu'être écarté.

6. En cinquième lieu, aux termes du 1er alinéa de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale ".

7. Mme D fait valoir qu'elle réside en France depuis 2013 et que résident également dans ce pays son époux, en situation régulière, et son fils de nationalité française. Toutefois, il est constant que la requérante, qui n'établit pas sa présence en France avant l'année 2015 où elle était alors âgée de 55 ans, a résidé en France à compter de cette date sous couvert d'un titre de séjour en qualité d'étranger malade qui ne lui donnait pas vocation à rester durablement sur le territoire national. En outre, elle ne produit aucune pièce récente relative à la situation de son époux, permettant d'établir la régularité de son séjour ou l'existence d'une vie commune. Enfin, son fils de nationalité français, qui était âgé de 34 ans à la date de la décision, réside dans une région éloignée de celle de la requérante. Par suite, elle n'est pas fondée à soutenir que la décision contestée méconnaîtrait les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

En ce qui concerne la légalité interne de l'interdiction de retour sur le territoire :

8. Aux termes de l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. " L'article L. 612-10 du même code dispose que : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 () ".

9. Il ressort des pièces du dossier que Mme D, qui n'a jamais fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement, a bénéficié de trois titres de séjour entre 2015 et 2019 en raison de son état de santé. Il n'est par ailleurs pas contesté qu'elle a un fils de nationalité française résidant sur le territoire national. Il n'est enfin ni établi, ni même soutenu, que sa présence sur le territoire français représenterait une menace pour l'ordre public. Dans ces conditions, elle est fondée à soutenir que l'interdiction de retour litigieuse est entachée d'erreur d'appréciation et, pour ce motif et sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens dirigés à son encontre, à en obtenir l'annulation.

10. Il résulte de tout ce qui précède que Mme D est seulement fondée à demander l'annulation de l'arrêté du 15 septembre 2021 du préfet des Hauts-de-Seine en tant qu'il lui fait interdiction de retourner sur le territoire français.

Sur les conclusions à fin d'injonction :

11. Le présent jugement n'implique aucune des mesures d'exécution sollicitées. Il y a donc lieu de rejeter les conclusions à fin d'injonction présentées par la requérante.

Sur les frais liés à l'instance :

12. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État le versement à Mme D de la somme de 800 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par ces motifs, le Tribunal décide :

Article 1er : La décision du préfet des Hauts-de-Seine du 15 septembre 2021 faisant à Mme D interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an est annulée.

Article 2 : L'État versera à Mme D la somme de 800 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme A D et au préfet des Hauts-de-Seine.

Délibéré après l'audience du 29 septembre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Van Muylder, présidente,

Mme B et M. C, premiers conseillers,

Assistés de Mme Nimax, greffière.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 13 octobre 2022.

La rapporteure,

signé

M. BLa présidente,

signé

C. Van Muylder

La greffière,

signé

S. Nimax

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine ou au préfet territorialement compétent en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions