mardi 23 janvier 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2113200 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 9ème Chambre |
| Avocat requérant | BERREBI AMSELLEM |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 20 octobre 2021, la société LMRDK, représentée par Me Berrebi-Amsellem, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision 2 août 2021 par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a prononcé la fermeture administrative provisoire de l'établissement " DONER KING " à compter du 14 octobre 2021 à 15h30 jusqu'au 29 octobre 2021 à 15h30 ;
2°) de mettre à la charge du préfet des Hauts-de-Seine la somme de 1 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté litigieux méconnait le principe du contradictoire et des droits de la défense dès lors qu'il a été pris sans que le gérant ait eu accès au rapport établi par l'unité de lutte contre l'immigration le 11 mars 2021 ;
- elle est entachée d'une erreur de fait dès lors qu'elle mentionne " au regard du nombre de salariés concernés " alors que la présence d'un seul salarié dépourvu d'autorisation de travail lui est reprochée ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'elle prononce une mesure disproportionnée dans la mesure où, d'une part, au moment de l'embauche du salarié concerné, elle n'avait aucune raison de penser qu'il avait présenté une fausse pièce d'identité, d'autre part, son gérant, M. B, a toujours veillé à respecter les lois en vigueur et l'ordre public en plus de douze ans d'existence.
Par un mémoire en défense, enregistré le 19 avril 2023, le préfet des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Par une ordonnance du 21 avril 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 9 mai 2023 à 12h.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code du travail ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Colin, rapporteure,
- et les conclusions de M. Olivier Gabarda, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La société requérante exploite un restaurant sous l'enseigne " DONER KING " situé à Bois-Colombes. Lors d'un contrôle administratif, le 8 mars 2021, les services de l'unité de lutte contre l'immigration irrégulière des Hauts-de-Seine ont constaté que l'établissement employait un salarié démuni de titre de travail. Après avoir eu connaissance du procès-verbal relevant une infraction prévue au 4° de l'article L. 8211-1 du code du travail le préfet des Hauts-de-Seine a, par un courrier du 28 juin 2021, informé la société LMRDK de ce qu'il envisageait de prononcer la fermeture administrative de cet établissement et l'a invité à présenter ses observations dans un délai de 15 jours. Par une décision du 2 août 2021, le préfet des Hauts-de-Seine a ordonné la fermeture de l'établissement pour une durée de 15 jours à compter de sa notification intervenue le 14 octobre 2021. Par la présente requête, la société demande au tribunal d'annuler cette décision.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Aux termes de l'article L. 8272-2 du code du travail : " Lorsque l'autorité administrative a connaissance d'un procès-verbal relevant une infraction prévue aux 1° à 4° de l'article L. 8211-1 ou d'un rapport établi par l'un des agents de contrôle mentionnés à l'article L. 8271-1-2 constatant un manquement prévu aux mêmes 1° à 4°, elle peut, si la proportion de salariés concernés le justifie, eu égard à la répétition ou à la gravité des faits constatés, ordonner par décision motivée la fermeture de l'établissement ayant servi à commettre l'infraction, à titre temporaire et pour une durée ne pouvant excéder trois mois. Elle en avise sans délai le procureur de la République ". Aux termes de l'article L. 8211-1 du code du travail : " Sont constitutives de travail illégal, dans les conditions prévues par le présent livre, les infractions suivantes : () 4° Emploi d'étranger non autorisé à travailler () ". D'autre part, aux termes de l'article L. 5221_2 du même code : " Sont dispensés de l'autorisation de travail prévue à l'article R. 5221-1 :1° Les ressortissants des Etats membres de l'Union européenne (). ".
3. Il résulte de ces dispositions que l'emploi d'un étranger non autorisé à travailler constitue une infraction de nature à justifier le prononcé de la sanction administrative de fermeture provisoire de l'établissement où cette infraction a été relevée et que la durée maximale de fermeture à ce titre est de trois mois. Par ailleurs, lorsqu'un salarié s'est prévalu lors de son embauche de la nationalité française ou de sa qualité de ressortissant d'un Etat pour lequel une autorisation de travail n'est pas exigée, l'employeur ne peut être sanctionné s'il s'est assuré que ce salarié disposait d'un document d'identité de nature à en justifier et s'il n'était pas en mesure de savoir que ce document revêtait un caractère frauduleux ou procédait d'une usurpation d'identité.
4. Pour prononcer la fermeture administrative litigieuse, le préfet des Hauts-de-Seine s'est appuyé sur le constat, résultant du procès-verbal établi le 11 mars 2021 par les services de l'unité de lutte contre l'immigration irrégulière des Hauts-de-Seine, qu'un salarié de nationalité étrangère, M. A était employé sans titre l'autorisant à travailler et que celui-ci avait fait l'objet d'une mesure d'éloignement avec interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans. Le gérant de la société, M. B qui n'a pas, lors de son audition par l'unité de lutte contre l'immigration irrégulière des Hauts-de-Seine, reconnu les faits qui lui étaient reprochés, soutient que M. A a justifié disposer de la nationalité italienne en présentant lors de son embauche l'original de sa carte nationale d'identité italienne dont la copie est produite à l'instance et dont il ignorait qu'elle était un faux. Le salarié mis en cause lui ayant présenté des documents d'identité d'un pays membre de l'Union européenne, la société requérante n'était dès lors pas soumise à l'obligation de solliciter une autorisation de travail. Il ne ressort pas des pièces du dossier, comme le soutient au demeurant la société requérante, qu'elle aurait pu raisonnablement penser que ce document, dont elle a, par ailleurs, conservé la copie présentaient un caractère frauduleux. Par ailleurs, il n'est ni même établi ni même allégué par le préfet que l'employeur était en mesure de détecter qu'il s'agissait d'un faux document. Il suit de là que, dans les circonstances de l'espèce, la société LRMDK qui peut utilement se prévaloir de sa bonne foi, démontre qu'elle n'était pas en mesure de savoir que les documents qui lui avaient été présentés revêtaient un caractère frauduleux. Dès lors, l'infraction d'emploi d'étranger non autorisé à travailler n'est pas caractérisée et la société ne peut dès lors être sanctionnée pour avoir employé ce salarié. Par suite, la société BRASA'O est fondée à soutenir que l'administration a commis une erreur d'appréciation en prononçant à son encontre une mesure de fermeture administrative.
5. Il résulte de ce qui précède et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête, que l'arrêté préfectoral du 2 août 2021 doit être annulé.
Sur les frais liés au litige :
6. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la société LRMDK, en application des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 2 août 2021 du préfet des Hauts-de-Seine est annulé.
Article 2 : L'Etat versera une somme de 1 500 euros à la société LRMDK au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société LMRDK et au préfet de Hauts-de-Seine.
Délibéré après l'audience du 19 décembre 2023, à laquelle siégeaient :
Mme Le Griel, présidente ;
Mme Colin, première conseillère,
Mme Debourg, conseillère ;
assistées de Mme Pradel, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 janvier 2024.
La rapporteure,
signé
C. COLIN
La présidente,
signé
H. LE GRIELLa greffière,
signé
E. PRADEL
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des Outre-Mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour ampliation, la greffière.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026