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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2113478

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2113478

lundi 29 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2113478
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation9ème Chambre
Avocat requérantSELARL GOUTAL ALIBERT & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 22 octobre 2021, Mme A D B demande au tribunal de condamner le Centre hospitalier Victor Dupuy à lui verser un salaire correspondant à un mois de préavis, ainsi que la réparation des préjudices subis du fait de l'illégalité de la décision de l'administration du 31 août 2021 de non renouvellement de son contrat à durée déterminée.

Elle soutient que :

- le centre hospitalier a commis une faute dès lors qu'il n'a pas respecté le délai de préavis d'un mois tel que prévu par les dispositions de l'article 45 du décret du 17 janvier 1986 ;

- elle est victime de la part de son employeur d'une discrimination au regard de son état de santé ;

- elle peut prétendre au versement de l'équivalent d'un mois de salaire correspondant au préavis non respecté et à la réparation des préjudices qu'elle a subis du fait du non-respect du délai de préavis à savoir qu'elle s'est retrouvée sans mode de garde pour son enfant ;

- son licenciement est sans cause réelle et sérieuse.

Par un mémoire en défense, enregistré le 16 octobre 2023, le centre hospitalier Victor Dupuy conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir, à titre principal, que la requête est irrecevable, et à titre subsidiaire, que les moyens soulevés ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la santé publique ;

- la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 ;

- la loi n°86-33 du 9 janvier 1986 ;

- le code de justice administrative ;

- le décret n°91-155 du 6 février 1991.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- Le rapport de M. Jacquelin, rapporteur ;

- Et les conclusions de Mme Chabrol, rapporteure publique ;

- Et les observations de Me Vielh, représentant le centre hospitalier Victor Dupuy d'Argenteuil.

Considérant ce qui suit :

1. Mme C a été recrutée le 2 septembre 2020, en qualité d'assistante socio-éducative par le centre hospitalier Victor Dupuy d'Argenteuil, au titre d'un contrat à durée déterminée. Après deux renouvellements de son contrat, l'établissement n'a pas, par décision du 31 août 2021, renouvelé son contrat de travail. Par courrier du 6 septembre 2021, elle a contesté la décision de non renouvellement de son contrat et a demandé le versement d'une somme correspondant à un mois de salaire au titre du non-respect du délai de préavis. Par décision du 19 octobre 2021, l'administration a rejeté sa demande. La requérante demande la condamnation du centre hospitalier à lui verser une somme correspondant au mois de préavis non respecté et la réparation des préjudices qu'elle estime avoir subis.

Sur la qualification juridique de la fin de contrat de la requérante :

2. Aux termes de l'article 9-1 de la loi du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière : " Les établissements peuvent recruter des agents contractuels pour assurer le remplacement momentané de fonctionnaires hospitaliers autorisés à exercer leurs fonctions à temps partiel ou indisponibles en raison d'un congé annuel, d'un congé de maladie, de grave ou de longue maladie, d'un congé de longue durée, d'un congé pour maternité ou pour adoption, d'un congé parental, d'un congé de présence parentale, d'un congé de solidarité familiale, de l'accomplissement du service civil ou national, du rappel ou du maintien sous les drapeaux ou de leur participation à des activités dans le cadre des réserves opérationnelle, de sécurité civile ou sanitaire ou en raison de tout autre congé régulièrement octroyé en application des dispositions réglementaires applicables aux agents contractuels de la fonction publique hospitalière.. Le contrat est conclu pour une durée déterminée. Il est renouvelable, par décision expresse, dans la limite de la durée de l'absence de l'agent à remplacer. / II. - Pour les besoins de continuité du service, des agents contractuels peuvent être recrutés pour faire face à une vacance temporaire d'emploi dans l'attente du recrutement d'un fonctionnaire. Le contrat est conclu pour une durée déterminée qui ne peut excéder un an. Il ne peut l'être que lorsque la communication requise à l'article 36 a été effectuée. / Sa durée peut être prolongée, dans la limite d'une durée totale de deux ans, lorsque, au terme de la durée fixée au deuxième alinéa du présent II, la procédure de recrutement pour pourvoir l'emploi par un fonctionnaire n'a pu aboutir. / III. - En outre, les établissements peuvent recruter des agents contractuels pour faire face à un accroissement temporaire d'activité, lorsque celui-ci ne peut être assuré par des fonctionnaires. La durée maximale des contrats ainsi conclus est de douze mois sur une période de dix-huit mois consécutifs. ". Selon l'article 41 du décret du 6 février 1991 relatif aux dispositions générales applicables aux agents contractuels des établissements publics de santé : " Lorsque l'agent contractuel a été recruté pour une période déterminée susceptible d'être reconduite, l'autorité signataire du contrat notifie son intention de renouveler ou non le contrat, au plus tard : / ()1° Huit jours avant le terme de l'engagement pour l'agent recruté pour une durée inférieure à six mois ; / 2° Un mois avant le terme de l'engagement pour l'agent recruté pour une durée égale ou supérieure à six mois et inférieure à deux ans ; () ". Il résulte de ces dispositions que les contrats passés par les établissements publics de santé, sur le fondement de l'article 9-1 de la loi du 9 janvier 1986, en vue de recruter des agents contractuels, notamment pour faire face temporairement à la vacance d'un emploi, ne peuvent être conclus que pour une durée déterminée et ne peuvent être renouvelés que par reconduction expresse.

3. D'une part, toute illégalité qui entache une décision administrative constitue en principe une faute de nature à engager la responsabilité de la personne publique au nom de laquelle cette décision a été prise, une telle faute ne peut donner lieu à réparation que s'il existe un lien de causalité suffisamment direct entre la faute imputable à cette personne et le préjudice subi par la victime. D'autre part, la décision par laquelle l'autorité administrative met fin aux relations contractuelles doit, par principe, être regardée comme un refus de renouvellement de contrat si elle intervient à l'échéance du contrat et comme un licenciement si elle intervient en cours de contrat. D'autre part, un agent dont le contrat est arrivé à échéance n'a aucun droit au renouvellement de celui-ci.

4. En soutenant qu'elle a fait l'objet d'un licenciement sans cause réelle et sérieuse, Mme C peut être regardée comme soutenant qu'elle a fait l'objet d'un licenciement et non d'une fin de contrat arrivé à son terme. Il résulte de l'instruction que l'intéressée a été recrutée en qualité d'assistante socio-éducative par le centre hospitalier Victor Dupuy d'Argenteuil par un premier contrat à durée déterminée conclu du 2 septembre 2020 au 2 décembre 2020, lequel a été renouvelé du 2 décembre 2020 au 2 mars 2021, et enfin du 2 mars 2021 au 2 septembre 2021. Par ailleurs, selon les termes de ce dernier contrat : " ce contrat cessera de plein droit ". Dans ces conditions, Mme C, dont les fonctions ont pris fin le 2 septembre 2021, à l'échéance de son contrat de travail, n'a pas fait l'objet d'une mesure de licenciement, et ne peut, dès lors, prétendre engager la responsabilité du centre hospitalier Victor Dupuy à ce titre.

Sur la responsabilité du centre hospitalier :

S'agissant de la faute tirée du non-respect du délai de préavis :

5. Aux termes des dispositions de l'article 41 du décret n°91-155 du 6 février 1991: " Lorsque l'agent contractuel a été recruté par un contrat à durée déterminée susceptible d'être renouvelé en application des dispositions législatives ou réglementaires qui lui sont applicables, l'autorité signataire du contrat notifie à l'intéressé son intention de renouveler ou non le contrat, au plus tard : 2° Un mois avant le terme de l'engagement pour l'agent recruté pour une durée égale ou supérieure à six mois et inférieure à deux ans " (). La violation de l'obligation de préavis constitue une faute qui est seulement de nature à engager la responsabilité de l'établissement lorsqu'elle a entraîné un préjudice ayant un lien direct et certain avec elle.

6. Il résulte de l'instruction que l'administration, a par décision du 31 août 2021 décidé de ne pas renouveler le contrat de Mme C arrivant à échéance le 2 septembre 2021. Or, selon les dispositions précitées et alors qu'elle était recrutée au titre d'un contrat d'une durée de six mois, l'AP-HP devait, en application des dispositions précitées, lui notifier son intention de renouveler ou non le contrat, au plus tard au début du mois précédant son terme, conformément au 2° de l'article 41 précité. Toutefois, d'une part, la requérante ne saurait soutenir que le non-respect du délai de préavis l'a privée d'un mois de salaire. D'autre part, si elle fait valoir également l'impossibilité de reprendre une activité professionnelle dans l'immédiat en raison de l'absence du mode de garde de son enfant, Mme C n'apporte aucun élément de nature à établir l'existence d'un lien de causalité direct et certain avec la faute commise par le centre hospitalier, de nature à engager la responsabilité de cet établissement.

S'agissant de la faute tirée de l'illégalité de la décision de non renouvellement de son contrat de travail :

7. Aux termes du 5° de l'article 3 du décret n°91-155 du 6 février 1991 dans sa version applicable : " Aucun agent contractuel ne peut être recruté si, étant de nationalité française : 5° S'il ne remplit pas les conditions d'aptitude physique exigées pour l'exercice des fonctions compte tenu des possibilités de compensation du handicap. ".

8. En l'espèce, pour refuser de renouveler le contrat de travail de la requérante, le centre hospitalier a fondé sa décision sur " l'inaptitude " de l'intéressée. Il résulte de l'instruction que la requérante n'a pas justifié de son aptitude médicale, ce qu'elle ne conteste pas, en dépit de la demande de l'hôpital de fournir un avis médical, deux mois avant la fin de son contrat, par courrier du 1er juillet 2021. Dans ces conditions, le centre hospitalier Victor Dupuy a pu légalement refuser de renouveler son contrat de travail. Il s'ensuit que la requérante n'est pas davantage fondée à rechercher la responsabilité pour faute du centre hospitalier à ce titre.

9. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner la fin de non-recevoir opposée en défense, que la requête de Mme C doit être rejetée.

D É C I D E :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et au centre hospitalier Victor Dupuy.

Délibéré après l'audience du 2 avril 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Le Griel, présidente ;

M. Jacquelin, premier conseiller ;

Mme Debourg, conseillère ;

Rendu public par mise à disposition au greffe le 29 avril 2024.

Le rapporteur,

signé

G. Jacquelin

La présidente,

signé

H. Le GrielLa greffière,

signé

E. Pradel

La République mande et ordonne au ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour ampliation, la greffière.

N°2113478

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