jeudi 19 septembre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2113483 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | WENISCH |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 27 octobre 2021 et le 14 janvier 2022, la société par actions simplifiée (SAS) ZGT, représentée par Me Wenish, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 6 septembre 2021 par laquelle la directrice départementale des finances publiques du Val d'Oise lui a refusé le bénéfice de l'aide complémentaire sur les stocks invendus destinée à certains commerces de détail ;
2°) d'enjoindre à l'administration de lui accorder l'aide en cause.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'une erreur de fait dès lors que les activités qu'elle exerce sont éligibles à l'aide instituée par le décret n° 2021-594 du 14 mai 2021 ;
- elle crée une rupture d'égalité avec les entreprises qui y sont éligibles.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 1er décembre 2021 et le 18 janvier 2022, la direction départementale des finances publiques du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que :
- les moyens soulevés ne sont pas fondés ;
- l'activité principale déclarée par la SAS ZGT, telle qu'elle résulte de son K bis de " commerce ambulant de tous produits non réglementés vente en gros au détail import-export de tous produits ", ne relève d'aucun des secteurs mentionnés par les dispositions précitées de l'article 2 du décret n° 2021-594.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- l'ordonnance n° 2020-317 du 25 mars 2020 modifiée ;
- le décret n° 2020-371 du 30 mars 2020 modifié ;
- le décret n° 2021-594 du 14 mai 2021 ;
- le code de justice administrative.
Par une ordonnance en date du 2 janvier 2023, la clôture de l'instruction a été fixée au 3 mars 2023 à 12:00.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Gay-Heuzey, conseillère ;
- et les conclusions de M. Sitbon, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. La SAS (société par actions simplifiée) ZGT exerce à Cergy (Val-d'Oise) une activité de vente en gros ou au détail sur les marchés. A la suite de la baisse de son chiffre d'affaires en raison de la crise sanitaire liée à l'épidémie de covid-19, elle a sollicité le bénéfice de l'aide aux stocks destinée à certains commerces de détail. Par la présente requête, la SAS ZGT demande au tribunal d'annuler la décision du 6 septembre 2021 par laquelle la direction départementale des finances publiques du Val-d'Oise a refusé de faire droit à cette demande.
2. En premier lieu, aux termes de l'article 1er du décret n° 2021-594 du 14 mai 2021 instituant une aide relative aux stocks de certains commerces : " Il est institué une aide financière prenant la forme d'une subvention destinée à tenir compte des difficultés d'écoulement des stocks de certains commerces à la suite des restrictions d'activité qu'ils ont subies pour limiter la propagation de l'épidémie de covid-19. / Cette aide bénéficie aux personnes physiques et personnes morales de droit privé résidentes fiscales françaises exerçant une activité économique. / Elle donne lieu à un seul versement. ". Selon l'article 2 de ce même décret : " I. - Sont éligibles à l'aide prévue à l'article 1er les entreprises qui répondent aux conditions suivantes : / 1° Leur activité principale relève d'une des activités désignées ci-après : / - commerce de détail d'articles de sport en magasin spécialisé ; / - commerce de détail d'habillement en magasin spécialisé ; / - commerce de détail de chaussures en magasin spécialisé ; / - commerce de détail de maroquinerie et d'articles de voyage en magasin spécialisé ; / - commerce de détail de textiles, d'habillement et de chaussures sur éventaires et marchés ; / 2° Elles ont fait l'objet d'une interdiction d'accueil du public en application des articles 37 ou 38, de l'article 55 et de l'annexe 2 du décret du 29 octobre 2020 susvisé, dans sa rédaction en vigueur le 30 octobre 2020 ; / 3° Elles ont perçu une aide financière au titre de l'article 3-14 du décret du 30 mars 2020 susvisé dans sa version en vigueur à la date de publication du présent décret ; / 4° Elles n'ont pas fait l'objet d'un arrêté pris par le préfet de département ordonnant la fermeture de l'entreprise en application du troisième alinéa de l'article 29 du décret du 29 octobre 2020 susvisé. / II. - Le montant de l'aide prévue à l'article 1er est fixé à 80 % de l'aide perçue au titre de l'article 3-14 du décret du 30 mars 2020 susvisé. L'aide est versée lorsque son montant est égal ou supérieur à 100 euros. ".
3. Pour rejeter la demande de la SAS ZGT, l'administration fiscale s'est fondée sur ce que la société requérante était connue de ses services pour l'activité " autres commerces de détail sur éventaires et marchés ", correspondant au code NAF " 4789 Z ", code activité non éligible à l'aide complémentaire stocks instituée par les dispositions précitées. Estimant implicitement ce motif erroné, l'administration fiscale doit être regardée comme demandant que lui soit substitué celui tiré de ce que l'activité principale déclarée par la SAS ZGT, telle qu'elle résulte de son K bis de " commerce ambulant de tous produits non réglementés vente en gros au détail import-export de tous produits ", ne relève d'aucun des secteurs mentionnés par les dispositions précitées de l'article 2 du décret n° 2021-594. Toutefois, l'administration peut, en première instance comme en appel, faire valoir devant le juge de l'excès de pouvoir que la décision dont l'annulation est demandée est légalement justifiée par un motif, de droit ou de fait, autre que celui initialement indiqué, mais également fondé sur la situation existant à la date de cette décision. Il appartient alors au juge, après avoir mis à même l'auteur du recours de présenter ses observations sur la substitution ainsi sollicitée, par la communication des écritures en défense la sollicitant, de rechercher si un tel motif est de nature à fonder légalement la décision, puis d'apprécier s'il résulte de l'instruction que l'administration aurait pris la même décision si elle s'était fondée initialement sur ce motif. Dans l'affirmative il peut procéder à la substitution demandée, sous réserve toutefois qu'elle ne prive pas le requérant d'une garantie procédurale liée au motif substitué.
4. Pour se défendre du grief opposé en défense par l'administration fiscale, la SAS ZGT fait valoir qu'il est possible qu'une erreur se soit produite lors de sa constitution dès lors qu'elle exerce en réalité une activité principale éligible, les factures d'achat qu'elle verse à l'instance, bien qu'elles portent parfois sur des articles textiles, concernent essentiellement des lots, box et palettes à l'objet indéterminé sur la période allant de janvier à juin 2021. Elles ne sont donc pas de nature à établir qu'elle exerçait effectivement à titre principal une activité éligible au bénéfice de l'aide sollicitée. Dans ces conditions, il y a lieu de procéder à la substitution demandée, qui ne prive la SAS ZGT d'aucune garantie, dès lors que la direction départementale des finances publiques du Val-d'Oise aurait pris la même décision si elle avait entendu se fonder initialement sur ce motif, et d'écarter par suite le moyen tiré de l'erreur de fait.
5. En second lieu, le principe d'égalité ne s'oppose pas à ce que l'autorité investie du pouvoir réglementaire règle de façon différente des situations différentes ni à ce qu'elle déroge à l'égalité pour des raisons d'intérêt général pourvu que, dans l'un et l'autre cas, la différence de traitement qui en résulte soit en rapport direct avec l'objet de la norme qui l'établit et ne soit pas manifestement disproportionnée au regard des motifs susceptibles de la justifier.
6. La SAS ZGT soutient qu'en lui refusant le bénéfice de l'aide au motif que son objet social est large et ne vise pas spécifiquement les secteurs du textile et de l'habillement, l'administration a opéré une différence de traitement ayant eu des conséquences manifestement disproportionnées sur sa situation financière et économique. Toutefois, ainsi qu'il a été dit au point 4 ci-dessus, l'administration fiscale s'est bornée à faire application des dispositions citées au point 2 qui instaurent une différence de traitement justifiée par la différence objective de situation entre une société qui vend sur les marchés des articles d'habillement, de textiles et de chaussures et celle qui vend d'autres produits, plus facilement écoulables. Par suite, le moyen tiré de l'atteinte au principe d'égalité ne peut qu'être écarté.
7. Il résulte de ce qui précède que la requête de la SAS ZGT doit être rejetée en toutes ses conclusions.
Par ces motifs, le tribunal décide :
Article 1err : La requête de la SAS ZGT est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SAS ZGT et au directeur départemental des finances publiques du Val-d'Oise.
Délibéré après l'audience du 5 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Oriol, présidente, et Mmes Gay-Heuzey et Lusinier, conseillères.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 19 septembre 2024.
La rapporteure,
Signé
A. GAY-HEUZEY
La présidente,
Signé
C. ORIOLLa greffière,
Signé
M. A
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour ampliation,
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026