vendredi 6 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2113604 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP SARTORIO LONQUEUE SAGALOVITSCH & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
I. Par une requête et un mémoire, enregistrés sous le n° 2113604 les 18 octobre 2021 et 2 juin 2022, Mme J I et Mme H D, représentées par Me Lubac, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 8 juin 2021 par lequel le maire de la commune de Colombes a délivré à la SAS 14 Ernest Renan un permis de construire en vue de la construction de six maisons sur un terrain situé au 14 rue Ernest Renan à Colombes et de la réhabilitation de la maison existante sur ce terrain ainsi que la décision rejetant leur recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Colombes la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elles soutiennent que :
- elles ont intérêt à agir ;
- la décision par laquelle le maire de la commune de Colombes a refusé de retirer le permis de construire du 8 juin 2021 est illégale puisque le maire de cette commune était tenu de retirer l'arrêté du 8 juin 2021 ;
- le signataire de l'arrêté du 8 juin 2021 n'était pas compétent ;
- le dossier de permis de construire est incomplet ;
- le projet méconnaît l'article UD 4.3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Colombes ainsi que l'annexe sanitaire de ce plan ;
- il méconnaît l'article UD 6.3.4 de ce règlement ;
- il méconnaît l'article UD 7.2 de ce règlement ;
- il méconnaît l'article UD 8.1 de ce règlement ;
- il méconnaît l'article UD 9 de ce règlement ;
- il méconnaît l'article UD 11 de ce règlement ;
- il méconnaît l'article UD 13 de ce règlement ;
- il méconnaît l'article R. 431-24 du code de l'urbanisme.
Par un mémoire, enregistré le 3 juin 2022, la commune de Colombes conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de Mme I au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les requérantes n'ont pas intérêt à agir ;
- les moyens qu'elles soulèvent ne sont pas fondés.
Par deux mémoires, enregistrés les 11 février 2022 et 27 juin 2022, la société par actions simplifiées (SAS) 14 Ernest Renan, représentée par Me Gourvennec et Me Jincq-Le Bot, conclut au rejet de la requête, à ce qu'il soit sursis à statuer en application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme dans l'attente de la régularisation du permis de construire litigieux et, en tout état de cause, à ce que soit mise à la charge de Mme I et de Mme D la somme de 5 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Par un courrier du 9 mai 2022, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de la période à laquelle il était envisagé d'appeler l'affaire à l'audience et de ce que l'instruction était susceptible d'être close à compter du 9 juin 2022.
Par une ordonnance du 17 août 2023, la clôture de l'instruction a été prononcée avec effet immédiat.
Une note en délibéré, présentée pour la SAS 14 Ernest Renan, a été enregistrée le 25 septembre 2023.
II. Par une requête et deux mémoires, enregistrés les 20 octobre 2021, 7 avril 2022, 3 août 2022 et un mémoire récapitulatif produit en application de l'article R. 611-8-1, enregistré le 8 novembre 2022, sous le n°2113611, M. C A, Mme A, M. G E et Mme E, représentés par Me de Lagarde, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 8 juin 2021 par lequel le maire de la commune de Colombes a délivré à la SAS 14 Ernest Renan un permis de construire en vue de la construction de six maisons sur un terrain situé au 14 rue Ernest Renan à Colombes et de la réhabilitation de la maison existante sur ce terrain ;
2°) de mettre à la charge de la commune de Colombes et de la SAS 14 Ernest Renan la somme de 2 500 euros, chacune, au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- ils ont intérêt à agir ;
- le maire de la commune de Colombes a commis une erreur de droit en ne rejetant pas la demande de permis de construire qui ne portait pas sur la régularisation de la fenêtre de toit qui n'a jamais été autorisée ;
- le dossier de permis de construire est incomplet ;
- le projet méconnaît l'article UD 7 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Colombes ;
- il méconnaît l'article UD 8 de ce règlement ;
- il méconnaît l'article UD 13.2 de ce règlement puisque les espaces de pleine terre ne représentent pas les trois quarts des espaces plantés ;
- il méconnaît l'article UD 13.2 de ce règlement puisqu'il ne prévoit pas un traitement privilégié des espaces plantés du terrain d'assiette du projet situés aux abords de la rue Ernest Renan ;
- il méconnaît l'article UD 13.3 de ce règlement.
Un mémoire présenté pour les requérants a été enregistrée le 28 novembre 2022.
Par trois mémoires, enregistrés les 11 février 2022, 27 juin 2022, 11 octobre 2022 et un mémoire récapitulatif produit en application de l'article R. 611-8-1, enregistré le 18 novembre 2022, la société par actions simplifiées (SAS) 14 Ernest Renan, représentée par Me Gourvennec et Me Jincq-Le Bot conclut au rejet de la requête, à ce qu'il soit sursis à statuer en application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme dans l'attente de la régularisation du permis de construire litigieux et, en tout état de cause, à ce que soit mise à la charge de M. et Mme A et de M. et Mme E la somme de 5 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UD 13 du plan local d'urbanisme de la commune de Colombes est irrecevable ;
- les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
La requête a été communiquée à la commune de Colombes qui n'a pas produit de mémoire.
Par un courrier du 31 août 2022, les parties ont été informées, en application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, de la période à laquelle il était envisagé d'appeler l'affaire à l'audience et de ce que l'instruction était susceptible d'être close à compter du 15 octobre 2022.
Par une ordonnance du 8 décembre 2022, la clôture de l'instruction a été prononcée avec effet immédiat.
Une note en délibéré, présentée pour la SAS 14 Ernest Renan, a été enregistrée le 25 septembre 2023.
Vu :
- les décisions attaquées ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme L'Hermine, conseillère ;
- les conclusions de M. Gabarda, rapporteur public ;
- les observations de Me Bas, avocat de Mmes I et D ;
- les observations de Me Colombet, substituant Me Lagarde, avocat de M. et Mme A et de M. et Mme E ;
- et les observations de Me Tremouilles, avocat de la SAS 14 Ernest Renan.
Considérant ce qui suit :
1. Le 8 juin 2021, la SAS 14 Ernest Renan a obtenu un permis de construire en vue de la construction de six maisons d'habitation et de l'extension et de la réhabilitation de la maison existante sur les parcelles AT 203, AT 245 et AT 246 situées au 14, rue Ernest Renan à Colombes. Par un arrêté du 10 décembre 2021, le maire de cette commune a accordé un permis de construire modificatif portant notamment sur les surfaces d'emprise au sol et les espaces plantés et de pleine terre. Mmes I et D ont formé un recours gracieux à l'encontre du permis initial, qui a été rejeté par une décision du 17 août 2021. M. et Mme A et M. et Mme E ont, quant à eux, formé un recours gracieux à l'encontre de ce même permis, qui a été rejeté par une décision du 19 août 2021. Mme I et autre demandent l'annulation du permis de construire initial et de la décision de rejet de leur recours gracieux. M. et Mme A et autres doivent être regardés comme demandant l'annulation du permis de construire initial ainsi que de la décision de rejet de leur recours gracieux.
Sur la jonction :
2. Les requêtes susvisées nos 2113604 et 2113611, présentées par Mme I et autre et M. et Mme A et autres sont relatives au même projet de construction et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur la fin de non-recevoir tirée du défaut d'intérêt à agir de Mmes I et D :
3. L'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme prévoit que : " Une personne autre que l'État, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation ". Il résulte de ces dispositions qu'il appartient à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties en écartant, le cas échéant, les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci.
4. Mmes I et D font valoir qu'elles seront nécessairement exposées, du fait du projet qu'elles contestent, à des nuisances sonores et visuelles en raison de l'implantation de deux maisons accolées à leur habitation qui se trouve sur une parcelle contigüe au terrain d'assiette du projet et de quatre terrasses et jardins en limite séparative de leur parcelle ainsi qu'à une perte d'ensoleillement de la terrasse située au premier étage de leur habitation en raison de la construction de ces deux mêmes maisons accolées à leur habitation. En défense, la commune de Colombes se borne à relever que les requérantes n'établissent pas la réalité de l'atteinte qu'elles invoquent par la production d'éléments concrets et que la simple proximité du projet ne peut leur donner intérêt à agir. Il ressort des pièces du dossier que Mmes I et D résident au 8, rue Ernest Renan dans une maison d'habitation située sur une parcelle contiguë au terrain d'assiette du projet qui consiste en la création de six maisons individuelles dont deux seront accolées à leur habitation et quatre présenteront des terrasses et jardins situés en limite séparative de leur parcelle. Dans ces conditions, le projet de construction autorisé doit être regardé comme de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de la maison d'habitation des requérantes. Par suite, la fin de non-recevoir opposée à Mmes I et D par la commune de Colombes doit être écartée.
Sur les conclusions à fin d'annulation du permis initial tel que modifié par l'arrêté du 10 décembre 2021 :
5. Lorsqu'un permis de construire a été délivré en méconnaissance des dispositions législatives ou réglementaires relatives à l'utilisation du sol ou sans que soient respectées des formes ou formalités préalables à la délivrance des permis de construire, l'illégalité qui en résulte peut être régularisée par la délivrance d'un permis modificatif dès lors que celui-ci assure le respect des règles de fond applicables au projet en cause, répond aux exigences de forme ou a été précédé de l'exécution régulière de la ou des formalités qui avaient été omises. Les irrégularités ainsi régularisées ne peuvent plus être utilement invoquées à l'appui d'un recours pour excès de pouvoir dirigé contre le permis initial.
En ce qui concerne la recevabilité de certains moyens :
6. Aux termes de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme : " Par dérogation à l'article R. 611-7-1 du code de justice administrative, et sans préjudice de l'application de l'article R. 613-1 du même code, lorsque la juridiction est saisie d'une requête relative à une décision d'occupation ou d'utilisation du sol régie par le présent code, ou d'une demande tendant à l'annulation ou à la réformation d'une décision juridictionnelle concernant une telle décision, les parties ne peuvent plus invoquer de moyens nouveaux passé un délai de deux mois à compter de la communication aux parties du premier mémoire en défense () ". Il résulte de ces dispositions que la cristallisation des moyens qu'elles prévoient intervient à l'expiration d'un délai de deux mois à compter de la communication aux parties du premier mémoire en défense produit dans l'instance par l'un quelconque des défendeurs.
7. Les moyens tirés de l'incomplétude du dossier de permis de construire en raison de mentions contradictoires sur le plan de masse et le plan de façade concernant l'emprise du parking situé au sous-sol des maisons n°4 à n°7 ainsi qu'en l'absence de relevé exact de la végétation existante, et les moyens tenant à la méconnaissance de l'article UD 13.2 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Colombes, faute pour le projet de prévoir un traitement privilégié des espaces plantés du terrain d'assiette situé aux abords de la rue Ernest Renan et de l'article UD 13.3 de ce même règlement, faute pour le projet de mettre en valeur les plantations existantes de qualité, ont été soulevés plus de deux mois après la communication du premier mémoire en défense produit par la SAS 14 Ernest Renan, intervenue le 11 février 2022. Dès lors, ces moyens doivent être écartés comme irrecevables en application de l'article R. 600-5 du code de l'urbanisme précité, ainsi que le fait valoir la SAS 14 Ernest Renan en défense.
En ce qui concerne le moyen tiré de l'incompétence du signataire de l'arrêté du 8 juin 2021 :
8. L'arrêté du 15 juin 2021 a été signé par M. B F, deuxième adjoint au maire de la commune de Colombes qui bénéficiait d'une délégation de signature en vertu d'un arrêté n° 2020-3476 du 23 juillet 2020, régulièrement affiché en mairie le 24 juillet 2020, à l'effet de signer tous documents et actes administratifs prévus et régis par le code de l'urbanisme. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision contestée manque en fait et doit être écarté.
En ce qui concerne la composition du dossier :
9. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporte pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme précitées, ou que les documents produits sont insuffisants, imprécis ou comportent des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.
10. Aux termes de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. () ".
11. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que le plan de masse joint au dossier de demande de permis de construire initial ne mentionnait pas les arbres supprimés dans le cadre du projet et que le dossier de demande de permis de construire modificatif comprend un plan de masse des constructions à démolir identifiant seulement les arbres maintenus et supprimés, à l'exclusion des autres plantations. En outre, si la société pétitionnaire se prévaut d'une étude phytosanitaire du terrain d'assiette du projet transmise à la commune le 29 novembre 2021, dans le cadre de l'instruction de sa demande de permis modificatif, cette étude ne porte que sur les arbres situés sur ce terrain et exclut expressément les arbustes et autres végétaux qui y seraient implantés. Ces seuls éléments n'ont dès lors pas permis à l'autorité administrative de connaître l'ensemble des plantations maintenues, supprimées ou créées dans le cadre du projet. Par suite, le moyen tiré de l'incomplétude du dossier de demande de permis de construire au regard des dispositions de l'article R. 431-9 du code de l'urbanisme doit être accueilli.
12. Aux termes de l'article R. 431-24 du code de l'urbanisme : " Lorsque les travaux projetés portent sur la construction, sur une unité foncière ou sur plusieurs unités foncières contiguës, de plusieurs bâtiments dont le terrain d'assiette comprenant une ou plusieurs unités foncières contiguës, doit faire l'objet d'une division en propriété ou en jouissance avant l'achèvement de l'ensemble du projet, le dossier présenté à l'appui de la demande est complété par un plan de division () ".
13. En l'espèce, si le dossier de demande de permis de construire initial ne comportait pas de plan de division, la SAS 14 Ernest Renan a joint à la demande de permis de construire modificatif, déposée le 6 septembre 2021, un tel plan répondant aux exigences de l'article R. 431-24 du code de l'urbanisme. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions ne peut qu'être écarté.
14. Si Mme I et autre soutiennent que le dossier de permis de construire ne précise pas les caractéristiques du local à ordures ménagères, les dispositions de l'article UD 4.3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Colombes et de l'annexe sanitaire qu'elles invoquent n'imposent pas que de telles mentions figurent dans le dossier de permis de construire. Le moyen, inopérant, doit être écarté.
15. En se bornant à soutenir que le dossier de demande de permis de construire ne mentionne pas l'emprise au sol des constructions projetées et que les mentions relatives aux surfaces plantées et de pleine terre sont insuffisantes, sans invoquer la méconnaissance d'aucune disposition, Mmes I et D n'assortissent pas leurs moyens des précisions suffisantes permettant au tribunal d'en apprécier le bien-fondé. Par suite, ces moyens doivent être écartés.
En ce qui concerne l'absence de régularisation de la modification de la toiture de la maison déjà existante sur le terrain d'assiette du projet :
16. Aux termes de l'article L. 421-9 du code de l'urbanisme : " Lorsqu'une construction est achevée depuis plus de dix ans, le refus de permis de construire ou la décision d'opposition à déclaration préalable ne peut être fondé sur l'irrégularité de la construction initiale au regard du droit de l'urbanisme. / Les dispositions du premier alinéa ne sont pas applicables : / () 5° Lorsque la construction a été réalisée sans qu'aucun permis de construire n'ait été obtenu alors que celui-ci était requis ; () ".
17. Lorsqu'une construction a fait l'objet de transformations sans les autorisations d'urbanisme requises, il appartient au propriétaire qui envisage d'y faire de nouveaux travaux de déposer une déclaration ou de présenter une demande de permis portant sur l'ensemble des éléments de la construction qui ont eu ou auront pour effet de modifier le bâtiment tel qu'il avait été initialement approuvé ou de changer sa destination. Il en va ainsi même dans le cas où les éléments de construction résultant de ces travaux ne prennent pas directement appui sur une partie de l'édifice réalisée sans autorisation. Dans l'hypothèse où l'autorité administrative est saisie d'une demande qui ne satisfait pas à cette exigence, elle doit inviter son auteur à présenter une demande portant sur l'ensemble des éléments devant être soumis à son autorisation. Cette invitation, qui a pour seul objet d'informer le pétitionnaire de la procédure à suivre s'il entend poursuivre son projet, n'a pas à précéder le refus que l'administration doit opposer à une demande portant sur les seuls nouveaux travaux envisagés.
18. Il appartient à l'administration de statuer au vu de l'ensemble des pièces du dossier, en tenant compte, le cas échéant, de l'application des dispositions de l'article L. 421-9 du code de l'urbanisme emportant régularisation des travaux réalisés depuis plus de dix ans. Il résulte de ces dispositions que peuvent bénéficier de la prescription administrative définie par cet article les travaux réalisés, depuis plus de dix ans, lors de la construction primitive ou à l'occasion des modifications apportées à celle-ci, sous réserve qu'ils n'aient pas été réalisés sans permis de construire alors que celui-ci était requis en vertu des prescriptions légales alors applicables. Peuvent donc bénéficier de cette prescription les travaux réalisés sans déclaration préalable alors que celle-ci était requise.
19. Il est constant que la maison existante sur le terrain d'assiette du projet comprend une fenêtre de toit. La SAS 14 Ernest Renan ne justifie, par les pièces qu'elle produit en défense, ni d'une autorisation administrative concernant cette fenêtre de toit, ni qu'une telle autorisation n'était pas requise à la date de son installation. Toutefois, il ressort du dossier du permis de construire, délivré le 19 février 1997, en vue de l'extension de cette maison, que la fenêtre de toit qui n'était pas soumise à permis de construire, existait depuis cette date, soit plus de dix ans avant l'édiction de l'arrêté litigieux. Dans ces conditions, la fenêtre de toit a été régularisée en application de la prescription administrative définie à l'article L. 421-9 du code de l'urbanisme. Ainsi, M. et Mme A et autres ne sont pas fondés à soutenir que le maire de Colombes aurait dû rejeter la demande de permis de construire déposée par la SAS 14 Ernest Renan.
En ce qui concerne la méconnaissance de l'article UD 4.3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Colombes :
20. Aux termes de l'article UD 4.3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Colombes : " Pour les constructions à destination autres qu'habitation, ainsi que pour toute construction supérieure à trois logements, un local destiné au stockage des ordures ménagères nécessaire au tri sélectif doit être aménagé. / Ce local aura une surface minimale définie dans l'annexe sanitaire ". L'annexe sanitaire de ce plan local d'urbanisme précise que : " Dans le cas où ces bacs sont utilisés à l'intérieur des immeubles, leurs conditions de manutention doivent être aisées depuis le point de chute ou de remplissage des ordures ménagères jusqu'à leur sortie de l'immeuble et n'occasionner aucune gêne pour le voisinage ".
21. Il ressort des pièces du dossier, et en particulier de la notice architecturale et du plan de masse, que chacune des six maisons dont la réalisation est prévue par le projet constitue une construction au sens de l'article UD 4.3 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Colombes qui ne comprend pas plus trois de logements. Par suite, Mmes I et D ne peuvent utilement se prévaloir des dispositions de l'article UD 4.3 qui n'ont vocation à s'appliquer qu'aux constructions accueillant plus de trois logements. Le moyen, inopérant, ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne la méconnaissance de l'article UD 6.3.4 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Colombes :
22. Aux termes de l'article UD 6.3.4 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Colombes : " Les façades sur rue doivent avoir une longueur maximale de 12m. / Cette disposition ne s'applique pas aux constructions et installations nécessaires aux services publics ou d'intérêt collectif ". Le lexique du règlement du plan local d'urbanisme précise que : " La façade est la partie verticale de la construction ".
23. Il ressort des pièces du dossier que les maisons n°1 et n°2 présentent une façade sur la rue Ernest Renan d'un linéaire respectif de 10,26 mètres et de 7,66 mètres, inférieur à la longueur maximale de 12 mètres, d'un seul tenant, prescrites par l'article UD 6.3.4 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Colombes. Contrairement à ce que soutiennent Mmes I et D, la longueur maximale des façades sur rue doit être appréciée pour chacune des constructions d'une unité foncière et ne résulte pas de l'addition du linéaire de façade sur rue de l'ensemble des constructions d'une même unité foncière. Dans ces conditions, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UD 6.3.4 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Colombes ne peut qu'être écarté.
En ce qui concerne la méconnaissance de l'article UD 7 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Colombes :
24. D'une part, aux termes de l'article UD 7.1.1 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Colombes relatif aux règles d'implantation dans la bande de constructibilité principale : " La bande de constructibilité principale a une profondeur de 20 m à compter de l'alignement. / () Les constructions implantées majoritairement dans la bande de constructibilité principale et empiétant la bande de constructibilité secondaire peuvent respecter les règles d'implantation de la bande de constructibilité principale en ce qui concerne la superficie développée des parties verticales de construction. Il ne peut y avoir cumul des règles des deux bandes de constructibilité ". Aux termes de l'article UD 7.1.2 de ce règlement relatif aux règles d'implantation dans la bande de constructibilité secondaire : " () Peuvent être implantées sur les limites séparatives les constructions ou parties de construction qui réunissent les conditions suivantes : / - s'implanter sur un terrain d'une largeur inférieure à 20 mètres, au droit de la construction / () Peuvent être implantées sur une limite séparative les constructions ou parties de construction qui réunissent les conditions suivantes : / - les constructions édifiées sur des terrains ayant une largeur supérieure à 20 mètres, mesurés au droit de la construction ; () ". Le lexique du règlement du plan local d'urbanisme précise que les limites séparatives sont les " Limites autres que l'alignement d'une voie et séparant une unité foncière de sa voisine ".
25. Les limites séparatives s'entendent des limites entre la propriété constituant le terrain d'assiette de la construction et la ou les propriétés qui la jouxtent, quelles que soient les caractéristiques de ces propriétés, dès lors qu'il ne s'agit pas de voies ou d'emprises publiques.
26. Il ressort des pièces du dossier, que les maisons n°2 et n°3 ainsi que les maisons n°4 à n°7 qui seront accolées, sont destinées à être occupées séparément, et ont ainsi le caractère de constructions distinctes contrairement à ce que soutiennent M. et Mme A et autres. Si les parcelles AT 192 et AT 233 appartenant respectivement à M. et Mme E et à M. et Mme A, jouxtent le terrain d'assiette du projet en fond de parcelle, ce terrain n'est bordé en fond de parcelle que par une seule limite séparative. En outre, il ressort du plan de masse joint au dossier de permis de construire que le terrain d'assiette est d'une largeur supérieure à 20 mètres et que la maison n°7 dont la construction est projetée sera implantée à plus de 20 mètres de l'alignement, dans la bande de constructibilité secondaire sur une seule limite séparative, la limite de fond de parcelle. Ainsi, contrairement à ce que soutiennent M. et Mme A et autres, cette maison ne sera pas implantée sur deux limites séparatives. Par suite, M. et Mme A et autres ne sont pas fondés à soutenir que le projet méconnaît les dispositions de l'article UD 7.1.2 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Colombes.
27. D'autre part, aux termes de l'article UD 7.2 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Colombes relatif aux règles de retrait pour les parties de construction comportant des baies principales : " Au droit des baies principales, le retrait doit être au moins égal à la hauteur de la construction mesurée du sol avant travaux jusqu'à l'égout de toit ou le sommet de l'acrotère, avec un minimum de 6 mètres (L = H = 6m) ". Le lexique de ce plan local d'urbanisme précise qu'une baie principale est une : " Baie qui éclaire une pièce principale : séjour, chambre, bureau ou cuisine ouverte sur séjour ".
28. Il ressort des pièces du dossier, et plus particulièrement du plan du rez-de-chaussée ainsi que du plan des façades D et E, que les maisons n°4 et n°5 dont la construction est projetée comportent des baies principales au droit de la limite séparative que constitue la parcelle AT 202. Si Mmes I et D soutiennent que le retrait entre ces deux maisons et cette limite séparative est inférieur à 6 mètres, il ressort des pièces du même dossier que tel n'est pas le cas. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UD 7.2 manque en fait et doit être écarté.
En ce qui concerne la méconnaissance de l'article UD 8 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Colombes :
29. Aux termes de l'article UD 8.1 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Colombes relatif aux règles d'implantation des constructions les unes par rapport aux autres sur une même propriété : " Les dispositions ci-après sont applicables dans le cas d'implantation de plusieurs bâtiments non contigus sur un même terrain ou dans le cas de l'application d'une servitude de cour commune. / L'implantation des constructions sur un même terrain, dès lors que les parties de construction se faisant vis-à-vis ne comportent pas de baie principale, doit respecter un retrait minimum de 3 mètres et un prospect entre les constructions égales à la moitié de la hauteur de la façade la plus haute. / L'implantation des constructions sur un même terrain, dès lors que les parties de construction se faisant vis-à-vis comportent des baies principales, doit respecter un retrait minimum de 6 mètres et un prospect entre les constructions égal à la hauteur de la façade la plus haute. / L'implantation des constructions sur un même terrain, dès lors que l'une des constructions se faisant vis-à-vis est une annexe doit respecter un retrait minimum de 1,90 mètre. / Le retrait (L) est la distance comptée perpendiculairement de tout point de la façade de la construction, au point le plus proche de la construction en vis-à-vis. () / En revanche sont comptabilisés dans le calcul du retrait les balcons, les terrasses et constructions de plus de 0,60 mètre de hauteur par rapport au terrain existant avant travaux, accessibles de plain-pied. ". Le lexique de ce plan local d'urbanisme précise que : " Est considéré comme annexe un local secondaire à rez-de-chaussée, constituant une dépendance d'un bâtiment principal et à destination de garage, de cellier, d'abri de jardin. / Ses dimensions ne peuvent excéder : / Une hauteur de 3,5 mètres / Une emprise au sol de 15 m² ".
30. D'une part, il ressort des pièces du dossier que le projet prévoit la création d'un ouvrage accolé à la maison n°4 accueillant l'escalier et l'ascenseur desservant le sous-sol des maisons n°4 à n°7 dont la construction est projetée. Il ressort du plan de coupe et du plan de masse joints au dossier de permis de construire que la hauteur de cet ouvrage est de 4,15 mètres et que son emprise au sol est supérieure à 15 m². Ainsi, cet ouvrage, eu égard à ses dimensions, ne peut être regardé comme un accessoire à un bâtiment principal et ne constitue pas, dès lors, une annexe au sens du plan local d'urbanisme de la commune Colombes. En outre, il ressort des pièces du même dossier que cet ouvrage est situé au droit de baies principales de la maison n°1 à une distance de 4,5 mètres, distance inférieure au retrait minimum de 6 mètres prescrit par les dispositions de l'article UD 8.1 du règlement. Ainsi, le moyen tiré de la méconnaissance de cet article est fondé et doit être accueilli.
31. D'autre part, en se bornant à soutenir, sans produire aucune mesure, que la hauteur de la bouche d'aération du parking qui fait face à la future maison n°3, serait supérieure au seuil de 0,6 mètres, M. et Mme A et autres, n'établissent pas la méconnaissance des dispositions de l'article UD 8.1 précitées. Par suite, ce moyen doit être écarté.
32. Enfin, Mmes I et D ne peuvent utilement soutenir que les maisons n°3 et n°4 ne respecteraient pas les règles de prospect de l'article UD 8 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Colombes qui imposent une distance de retrait entre les constructions se faisant vis-à-vis, comptée perpendiculairement de tout point de ces constructions, dès lors que ces maisons, implantées en " L " ne peuvent être regardées comme se faisant vis-à-vis au sens du plan local d'urbanisme de la commune de Colombes. Le moyen doit être écarté.
En ce qui concerne la méconnaissance de l'article UD 9 du plan local d'urbanisme de la commune de Colombes :
33. Aux termes de l'article UD 9 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Colombes : " Dans le secteur UD : Le coefficient d'emprise au sol des constructions, est limité à 40% de la superficie du terrain () ".
34. En se bornant à soutenir, sans produire aucune mesure, qu'aucune pièce du dossier ne permet de vérifier que l'emprise au sol des constructions serait de 40 % ainsi que cela est mentionné dans la notice architecturale du dossier de permis de construire, Mmes I et D n'assortissent pas leur moyen des précisions suffisantes permettant au tribunal d'en apprécier le bien-fondé. Par suite, ce moyen doit être écarté.
En ce qui concerne la méconnaissance de l'article UD 11 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Colombes :
35. Aux termes de l'article UD 11 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Colombes : " Le projet peut être refusé ou n'être accordé que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, de par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à la qualité des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales ".
36. Il résulte des dispositions générales de l'article UD 11 du règlement du plan local d'urbanisme que, si les constructions projetées portent atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ou encore à la conservation des perspectives monumentales, l'autorité administrative compétente peut refuser de délivrer le permis de construire sollicité ou l'assortir de prescriptions spéciales. Pour rechercher l'existence d'une atteinte de nature à fonder le refus de permis de construire ou les prescriptions spéciales accompagnant la délivrance de ce permis, il lui appartient d'apprécier, dans un premier temps, la qualité du site sur lequel la construction est projetée et d'évaluer, dans un second temps, l'impact que cette construction, compte tenu de sa nature et de ses effets, pourrait avoir sur le site. Les dispositions de cet article excluent qu'il soit procédé, dans le second temps du raisonnement, à une balance d'intérêts divers en présence, autres que ceux mentionnés par cet article et, le cas échéant, par le plan local d'urbanisme de la commune. Pour apprécier aussi bien la qualité du site que l'impact de la construction projetée sur ce site, il appartient à l'autorité administrative, sous le contrôle du juge, de prendre en compte l'ensemble des éléments pertinents et, notamment, le cas échéant, la covisibilité du projet avec des bâtiments remarquables, quelle que soit la protection dont ils bénéficient par ailleurs au titre d'autres législations.
37. Il ressort des pièces du dossier et notamment des plans et photographies versés au débat que le projet est situé dans un environnement architectural hétérogène constitué notamment d'un tissu pavillonnaire dépourvu de caractère remarquable. Dès lors, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que la construction de plusieurs maisons, dont l'architecture ne traduit aucune rupture particulière avec le bâti environnant apprécié dans son ensemble, méconnaîtrait les exigences découlant de l'article UD 11 du règlement du plan local d'urbanisme.
En ce qui concerne la méconnaissance de l'article UD 13 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Colombes :
38. Aux termes de l'article UD 13.1 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Colombes : " Les espaces libres correspondent à la superficie de l'unité foncière non occupée par les constructions édifiées au-dessus du sol. / Les espaces plantés correspondent à la superficie de l'unité foncière non occupée par les constructions et les espaces collectifs tels que les aménagements de voirie, d'accès auto et piéton, places et aires de stationnement en surface. Ils nécessitent un traitement paysager composé d'aménagements végétaux. Ne sont pas comptabilisés les emplacements de stationnement et de circulation engazonnés ". Aux termes de l'article UD 13.2 de ce règlement : " Les espaces libres doivent être traités avec un soin particulier afin de participer à l'insertion des constructions dans le site, à l'amélioration de leur cadre de vie et à la gestion de l'eau. Les surfaces plantées doivent représenter au minimum 40 % de la surface de l'unité foncière dont les trois quarts en pleine terre. / Un arbre de haute tige est planté par tranche de 200 m² de l'unité foncière. / La bande de retrait le long de la voie est traitée en espace planté de façon privilégiée ". Aux termes de l'article UD 13.3 du même règlement relatif aux traitement des espaces plantés : " () Lorsque ces espaces sont réalisés sur dalle, hors toitures végétalisées, il est exigé une profondeur de terre comprise entre 80 centimètres et 1 mètre () ".
39. D'une part, en se bornant à soutenir, sans produire aucune mesure, qu'aucune pièce dossier ne permet de vérifier que la surface minimum des surfaces plantées et des surfaces de pleine terre imposée par l'article UD 13 du règlement du plan local d'urbanisme est respectée, Mmes I et D n'assortissent pas leur moyen des précisions suffisantes permettant au tribunal d'en apprécier le bien-fondé.
40. D'autre part, il ressort du plan de masse et de la notice architecturale joints au dossier de permis de construire modificatif que sept arbres de haute tige seront plantés sur le terrain d'assiette du projet d'une superficie de 1 222 m² soit un arbre par tranche de 200 m². Par suite, les dispositions de l'article UD 13.2 relatives à l'obligation de planter un arbre de haute tige par tranche de 200 m² n'ont pas été méconnues.
41. Enfin, il ressort des pièces du dossier que la surface du terrain d'assiette du projet est, comme il vient d'être dit, de 1 222 m², imposant ainsi au constructeur la réalisation d'une surface plantée de 488,8 m² et d'une surface de pleine terre de 366,6 m². Si le dossier de demande de permis de construire fait état d'une surface plantée de 488,81 m² et d'une surface de pleine terre de 366,82 m² comportant notamment des espaces sur dalle, il ressort toutefois du plan de masse et du plan de coupe joints au dossier de permis de construire modificatif que la construction d'un parking est prévue à 80 centimètres de profondeur de la majeure partie des jardins situés à l'arrière des maisons n°3, n°4, n°5 et n°6. Dans ces conditions, et contrairement aux indications du dossier de permis de construire modificatif, les espaces sur dalle, situés au-dessus du parking, constituent des parties imperméables du terrain d'assiette et ne peuvent être regardés comme des espaces de pleine terre au sens des dispositions du règlement du plan local d'urbanisme. Par suite, les dispositions de l'article UD 13.2 du règlement relatives à la surface minimum des espaces de pleine terre ont été méconnues.
Sur les conclusions à fin d'annulation de la décision du 17 août 2021 rejetant le recours gracieux de Mmes I et D :
42. Aux termes de l'article L. 242-1 du code des relations entre le public et l'administration : " L'administration ne peut abroger ou retirer une décision créatrice de droits de sa propre initiative ou sur la demande d'un tiers que si elle est illégale et si l'abrogation ou le retrait intervient dans le délai de quatre mois suivant la prise de cette décision ".
43. Si Mmes I et D soutiennent que le maire de la commune de Colombes était tenu de procéder au retrait de l'arrêté du 8 juin 2021 délivrant à la SAS 14 Ernest Renan un permis de construire alors même qu'il avait constaté que ce permis était entaché de plusieurs illégalités, les vices propres dont serait entaché le rejet de leur recours gracieux ne peuvent être utilement contestés. Le moyen, inopérant, sera écarté.
Sur l'application de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme :
44. Aux termes de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5-1, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager ou contre une décision de non-opposition à déclaration préalable, estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice n'affectant qu'une partie du projet peut être régularisé, limite à cette partie la portée de l'annulation qu'il prononce et, le cas échéant, fixe le délai dans lequel le titulaire de l'autorisation pourra en demander la régularisation, même après l'achèvement des travaux. Le refus par le juge de faire droit à une demande d'annulation partielle est motivé ".
45. Les vices relevés aux points 11, 30 et 41 sont susceptibles d'être régularisés sans que cela implique d'apporter au projet en cause un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même. Il y a lieu, dans ces conditions, d'annuler l'arrêté du 8 juin 2021 tel que modifié par l'arrêté du 10 décembre 2021 et les décisions rejetant le recours gracieux de Mmes I et D et de M. et Mme A et autres en tant seulement que ces décisions méconnaissent les dispositions des article R. 431-9 du code de l'urbanisme et des articles UD 8 et UD 13.2 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Colombes.
46. Pour l'application de l'article L. 600-4-1 du code de l'urbanisme, aucun des autres moyens invoqués n'est susceptible, en l'état du dossier, de fonder cette annulation.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
47. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge des requérants, qui ne sont pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que la commune de Colombes et la SAS 14 Ernest Renan demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. En revanche, il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la commune de Colombes, au titre des mêmes dispositions, d'une part, une somme de 1 500 euros à verser à Mmes I et D et, d'autre part, une même somme de 1 500 euros à verser à M. et Mme A et M. et Mme E.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté du 8 juin 2021 du maire de la commune de Colombes accordant un permis de construire à la SAS 14 Ernest Renan tel que modifié par l'arrêté du 10 décembre 2021 ainsi que les décisions rejetant le recours gracieux de Mmes I et D et de M. et Mme A, et M. et Mme E sont annulés en tant seulement qu'ils méconnaissant les articles R. 431-9 du code de l'urbanisme et les articles UD 8 et UD 13.2 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Colombes.
Article 2 : La commune de Colombes versera, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, une somme de 1 500 euros à Mmes I et D et une même somme de 1 500 euros à M. et Mme A et M. et Mme E.
Article 3 : Le surplus des conclusions des deux requêtes est rejeté.
Article 4 : Les conclusions de la commune de Colombes présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 5 : Les conclusions de la SAS 14 Ernest Renan présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à Mme J I, Mme H D, M. C A, Mme A, M. G E, Mme E, à la commune de Colombes et à la société par actions simplifiées 14 Ernest Renan.
Copie en sera adressée au procureur de la République près le tribunal judiciaire de Nanterre, en application de l'article R. 751-10 du code de justice administrative.
Délibéré après l'audience du 22 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
- M. Buisson, président ;
- Mme Garona, première conseillère ;
- Mme L'Hermine, conseillère ;
assistés de Mme Duroux, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 octobre 2023.
La rapporteure,
signé
M. L'Hermine
Le président,
signé
L. Buisson
La greffière,
signé
C. Duroux
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Nos 2113604, 2113611
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026