mardi 5 mars 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2113613 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8ème Chambre |
| Avocat requérant | PAMLAW - AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 21 octobre 2021, la SAS Free Mobile, représentée par Me Martin, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 26 août 2021 par laquelle la maire de Bagneux s'est opposée à la réalisation des travaux, objet de la déclaration n° DP 092007 21A0092, en vue de l'installation d'antennes, de paraboles et de modules techniques sur une toiture terrasse d'un immeuble collectif situé 104 avenue de Bourg-La-Reine ;
2°) d'enjoindre à la maire de la commune de Bagneux de lui délivrer une décision de non-opposition, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 500 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Bagneux la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'incompétence ;
- elle entachée d'une erreur d'appréciation, dès lors que le projet ne méconnaît pas les dispositions de l'article 10.2 de la zone UC du plan local d'urbanisme et que les fausses cheminées projetées sont conformes à l'article UC 10 de ce même plan en ce que les fausses cheminées ne dépassent pas 3 mètres à compter du sommet du bâtiment ;
- elle est entachée d'une erreur de droit, dès lors qu'il est fait une application erronée des dispositions de l'article UC 10 du plan local d'urbanisme, en ce que les antennes et les fausses cheminées sont exclues expressément du calcul de la hauteur maximale des constructions et donc échappent à la règle des 3 mètres.
Vu :
- l'ordonnance du juge des référés du tribunal n°2114089 du 6 décembre 2021 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le plan local d'urbanisme de la commune de Bagneux ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Saïh, rapporteure ;
- et les conclusions de M. Boriès, rapporteur public.
Une note en délibéré, présentée par la commune de Bagneux, a été enregistrée le 7 février 2024 à 16h49.
Considérant ce qui suit :
1. Le 19 août 2021, la société par actions simplifiée (SAS) Free Mobile a déposé une déclaration préalable n° DP 092007 21A0092 en vue de l'installation de six antennes camouflées dans six fausses cheminées, de deux paraboles et de modules techniques sur une toiture terrasse d'un immeuble collectif situé 104 avenue de Bourg-La-Reine dans la commune de Bagneux. Par un arrêté du 26 août 2021, la maire de la commune de Bagneux s'est opposée à ce projet d'installation. Par la présente requête, la société Free mobile demande au tribunal d'annuler cet arrêté du 26 août 2021.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. En premier lieu, en vertu de l'article L. 2122-18 du code général des collectivités territoriales, " Le maire est seul chargé de l'administration, mais il peut, sous sa surveillance et sa responsabilité, déléguer par arrêté une partie de ses fonctions à un ou plusieurs de ses adjoints et à des membres du conseil municipal. () ".
3. En l'espèce, l'arrêté attaqué a été signé par Mme A B, en qualité de 1ère adjointe à la maire. Or, il est constant que, par un arrêté du 29 mai 2020, la maire de la commune de Bagneux a donné à Mme A B, sa première adjointe, délégation de fonctions et de signature notamment en matière d'aménagement. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence de la signataire de l'arrêté attaqué manque en fait et doit, dès lors, être écarté.
4. En second lieu, aux termes de l'article UC 10 relatif à la hauteur maximale des constructions, du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Bagneux : " 10.1 Sauf dispositions particulières portées aux documents graphiques, la hauteur maximale des constructions est limitée : - A 18 mètres à l'égout du toit de la construction. Toutefois, au-dessus de cette hauteur, un attique d'une hauteur de 3 mètres maximum en retrait d'au moins 3 mètres par rapport au nu de la façade est autorisé ; /- La hauteur au point le plus haut de la construction (attique compris) ne pourra excéder 21 mètres. /Toutefois, au droit des voies repérées graphiquement sur le plan de zonage la hauteur doit être au plus égale à la distance minimum entre la construction et le point le plus proche de l'alignement opposé (H=L). /10.2 Les installations techniques sur les terrasses sont autorisées à condition que leur hauteur ne dépasse pas 3 mètres et qu'elles soient en retrait par rapport à la façade d'une distance au moins égale à leur hauteur. ". En outre, ledit règlement précise que " La hauteur maximale autorisée des constructions est, sauf disposition particulière figurant au règlement de zone, une hauteur absolue et se mesure à partir du terrain naturel (sol existant avant travaux) jusqu'à l'égout du toit puis jusqu'au point le plus haut de la construction (au faîtage ou à l'acrotère). /Ne sont pas comptés dans le calcul de la hauteur les ouvrages techniques indispensables et de faible emprise, tels que souches de cheminées ou de ventilation, locaux techniques d'ascenseurs, garde-corps, dispositifs nécessaires à l'utilisation des énergies renouvelables, locaux techniques, antennes, etc. ".
5. Il résulte de ces dispositions, d'une part, que les installations techniques sur les terrasses, dont font partie les antennes-relais, sont autorisées à condition que leur hauteur ne dépasse pas trois mètres et, d'autre part, que les ouvrages techniques indispensables et de faible emprise, dont font partie les souches de cheminées, ne sont pas prises en compte dans le calcul de la hauteur maximale autorisée des constructions.
6. Pour s'opposer à la déclaration préalable déposée par la SAS Free Mobile, la maire de la commune de Bagneux s'est fondée sur les dispositions de l'article UC 10.2 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune, au motif que les fausses cheminées dans lesquelles sont intégrées les nouvelles antennes relais mesurent entre 4,2 mètres et 3,75 mètres de hauteur par rapport à la toiture terrasse.
7. En l'espèce, d'une part, il n'est pas contesté que les fausses cheminées, dissimulant les antennes-relais, dont l'installation est projeteée sur la toiture-terrasse de l'immeuble située 104 avenue de Bourg-la-Reine à Bagneux s'élèvent à une hauteur de plus de trois mètres par rapport à cette toiture-terrasse. A cet égard, si la société requérante soutient que ces fausses cheminées ne dépassent pas la hauteur de trois mètres, calculée à compter du sommet du bâtiment, il ne résulte pas des dispositions précitées que la hauteur de ces ouvrages techniques doit être appréciée à partir du sommet du bâtiment. Par suite, la SAS Free mobile n'est pas fondée à soutenir que la maire de la commune de Bagneux aurait commis une erreur d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article UC 10.2 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune.
8. D'autre part, la société requérante soutient que la commune de Bagneux ne pouvait utilement se fonder sur les dispositions de l'article UC 10 du règlement du plan local d'urbanisme, en ce que les antennes et les fausses cheminées sont exclues expressément du calcul de la hauteur maximale des constructions et donc échappent à la règle des trois mètres. Toutefois, il résulte des dispositions susmentionnées que les auteurs du plan local d'urbanisme ont entendu fixer en secteur UC une règle de hauteur maximale pour les constructions, qui s'apprécie sans prise en considération des ouvrages techniques indispensables et de faible emprise, et une règle de hauteur pour les installations techniques sur les terrasses. Par suite, alors que la maire de la commune ne s'est pas fondée sur la règle relative à la hauteur maximale de la construction sur laquelle est envisagée l'installation des fausses cheminées, le moyen tiré de l'erreur de droit ne peut, en tout état de cause, qu'être écarté.
9. Il résulte de tout de ce qui précède que la société Free Mobile n'est pas fondée à demander l'annulation de l'arrêté contesté du 26 août 2021 et que les conclusions présentées à fin d'annulation de cet arrêté doivent, dès lors, être rejetées.
Sur les autres conclusions :
10. Les conclusions à fin d'annulation de la SAS Free mobile devant être rejetées, il s'ensuit que doivent l'être également, d'une part, ses conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte, puisque la présente décision n'appelle ainsi aucune mesure d'exécution, et d'autre part, celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, ces dispositions faisant obstacle à ce que le tribunal fasse bénéficier la partie tenue aux dépens ou la partie perdante du paiement par l'autre partie des frais qu'elle a exposés à l'occasion du litige soumis au juge.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la SAS Free mobile est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à la SAS Free mobile et à la commune de Bagneux.
Délibéré après l'audience du 7 février 2024, à laquelle siégeaient :
M. Bertoncini, président,
Mme Saïh, première conseillère,
M. Amazouz, premier conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 mars 2024.
La rapporteure,
signé
Z. Saïh
Le président,
signé
T. BertonciniLa greffière,
signé
M. C
La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne ou à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026