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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2113891

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2113891

jeudi 16 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2113891
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation8ème Chambre
Avocat requérantKOHEN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête et un mémoire enregistrés sous le n° 2113891, les 29 octobre 2021 et 26 avril 2022, M. et Mme E, représentés par Me Cotillon, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 29 avril 2021 par lequel le maire de la commune d'Antony (92160) a délivré à la société anonyme (SA) Patrignani Aedificat un permis de construire n° PC 92002 21 A0002, en vue de la construction, après démolition de quatre logements, d'un immeuble comportant vingt-cinq logements privés sur un terrain situé au 7, 9, 11 et 13 avenue Raymond Aron sur le territoire de la commune ainsi que la décision par laquelle le maire a implicitement rejeté leur recours gracieux contre cet arrêté ;

2°) de mettre à la charge de la commune d'Antony la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- le dossier de demande de permis de construire est incomplet et méconnaît les dispositions des articles R. 431-8, R. 431-9, R. 431-22-1 et R. 442-11 du code de l'urbanisme ;

- le permis de construire méconnaît les articles R. 111-2 et R. 111-5 du code de l'urbanisme ;

- il méconnaît les articles UCb 6, UCb 7, UCb 9, UCb 10, UCb 11 et UCb 12 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Antony.

Par un mémoire en défense enregistré le 7 mars 2022, la SA Patrignani Aedificat, représentée par Me Kohen, conclut, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à ce qu'il soit fait usage des dispositions de l'article L. 600-5 ou de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et, en tout état de cause, à ce qu'il soit mis à la charge des requérants la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- à titre principal, la requête est irrecevable dès lors qu'en l'absence de notification du recours contentieux à la commune et au pétitionnaire, elle méconnaît les dispositions de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ;

- à titre subsidiaire, les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Par un mémoire enregistré le 1er juillet 2022, la commune d'Antony conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir que :

- à titre principal, la requête est irrecevable dès lors que, d'une part, en l'absence de notification du recours administratif, elle méconnaît les dispositions de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme et, d'autre part, les requérants ne justifient pas d'un intérêt à agir au sens des dispositions de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme ;

- à titre subsidiaire, les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.

II. Par une requête et un mémoire enregistrés sous le n° 2113894, les 29 octobre 2019 et 26 avril 2022, M. B et Mme I, représentés par Me Cotillon, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 29 avril 2021 par lequel le maire de la commune d'Antony (92160) a délivré à la SA Patrignani Aedificat un permis de construire n° PC 92002 21 A0002, en vue de la construction, après démolition de quatre logements, d'un immeuble comportant vingt-cinq logements privés sur un terrain situé au 7, 9, 11 et 13 avenue Raymond Aron sur le territoire de la commune ainsi que la décision par laquelle le maire a implicitement rejeté leur recours gracieux contre cet arrêté ;

2°) de mettre à la charge de la commune d'Antony la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent les mêmes moyens que ceux invoqués à l'appui de la requête n° 2113891 susvisée.

Par un mémoire en défense enregistré le 7 mars 2022, la SA Patrignani Aedificat, représenté par Me Kohen, conclut, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à ce qu'il soit fait usage des dispositions de l'article L. 600-5 ou de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et, en tout état de cause, à ce qu'il soit mis à la charge des requérants la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir les mêmes éléments que ceux invoqués à l'appui de la requête n° 2113891 susvisée.

Par un mémoire enregistré le 1er juillet 2022, la commune d'Antony conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir les mêmes éléments que ceux invoqués à l'appui de la requête n° 2113891 susvisée.

III. Par une requête et un mémoire enregistrés sous le n° 2113896, les 29 octobre 2021 et 22 avril 2022, Mme N, représentée par Me Cotillon, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 29 avril 2021 par lequel le maire de la commune d'Antony (92160) a délivré à la SA Patrignani Aedificat un permis de construire n° PC 92002 21 A0002, en vue de la construction, après démolition de quatre logements, d'un immeuble comportant vingt-cinq logements privés sur un terrain situé au 7, 9, 11 et 13 avenue Raymond Aron sur le territoire de la commune ainsi que la décision par laquelle le maire a implicitement rejeté son recours gracieux contre cet arrêté ;

2°) de mettre à la charge de la commune d'Antony la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient les mêmes moyens que ceux invoqués à l'appui de la requête n° 2113891 susvisée.

Par un mémoire en défense enregistré le 7 mars 2022, la SA Patrignani Aedificat, représenté par Me Kohen, conclut, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à ce qu'il soit fait usage des dispositions de l'article L. 600-5 ou de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et, en tout état de cause, à ce qu'il soit mis à la charge des requérants la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir les mêmes éléments que ceux invoqués à l'appui de la requête n° 2113891 susvisée.

Par un mémoire enregistré le 1er juillet 2022, la commune d'Antony conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir les mêmes éléments que ceux invoqués à l'appui de la requête n° 2113891 susvisée.

IV. Par une requête et des mémoires enregistrés sous le n° 2113897, les 29 octobre 2021, 22 avril et 26 septembre 2022, M. K et Mme H, représentés par Me Cotillon, demandent au tribunal, dans leurs dernières écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 29 avril 2021 par lequel le maire de la commune d'Antony (92160) a délivré à la SA Patrignani Aedificat un permis de construire n° PC 92002 21 A0002, en vue de la construction, après démolition de quatre logements, d'un immeuble comportant vingt-cinq logements privés sur un terrain situé au 7, 9, 11 et 13 avenue Raymond Aron sur le territoire de la commune ainsi que la décision par laquelle le maire a implicitement rejeté leur recours gracieux contre cet arrêté ;

2°) de mettre à la charge de la commune d'Antony la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils font valoir les mêmes moyens que ceux invoqués à l'appui de la requête n° 2113891 susvisée et soutiennent en outre que l'arrêté en litige méconnaît les dispositions de l'article UCb 4 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Antony.

Par un mémoire en défense enregistré le 7 mars 2022, la SA Patrignani Aedificat, représenté par Me Kohen, conclut, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à ce qu'il soit fait usage des dispositions de l'article L. 600-5 ou de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et, en tout état de cause, à ce qu'il soit mis à la charge des requérants la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir les mêmes éléments que ceux invoqués à l'appui de la requête n° 2113891 susvisée.

Par des mémoires enregistrés les 1er juillet et 27 octobre 2022, la commune d'Antony conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir les mêmes éléments que ceux invoqués à l'appui de la requête n° 2113891 susvisée.

V. Par une requête et un mémoire enregistrés sous le n° 2113898, les 29 octobre 2021 et 22 avril 2022, M. et Mme D, représentés par Me Cotillon, demandent au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 29 avril 2021 par lequel le maire de la commune d'Antony (92160) a délivré à la SA Patrignani Aedificat un permis de construire n° PC 92002 21 A0002, en vue de la construction, après démolition de quatre logements, d'un immeuble comportant vingt-cinq logements privés sur un terrain situé au 7, 9, 11 et 13 avenue Raymond Aron sur le territoire de la commune ainsi que la décision par laquelle le maire a implicitement rejeté leur recours gracieux contre cet arrêté ;

2°) de mettre à la charge de la commune d'Antony la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent les mêmes moyens que ceux invoqués à l'appui de la requête n° 2113891 susvisée.

Par un mémoire en défense enregistré le 7 mars 2022, la SA Patrignani Aedificat, représenté par Me Kohen, conclut, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à ce qu'il soit fait usage des dispositions de l'article L. 600-5 ou de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et, en tout état de cause, à ce qu'il soit mis à la charge des requérants la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir les mêmes éléments que ceux invoqués à l'appui de la requête n° 2113891 susvisée.

Par un mémoire enregistré le 1er juillet 2022, la commune d'Antony conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir les mêmes éléments que ceux invoqués à l'appui de la requête n° 2113891 susvisée.

VI. Par une requête et un mémoire enregistrés sous le n° 2113899, les 29 octobre 2021 et 22 avril 2022, M. F, représenté par Me Cotillon, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté du 29 avril 2021 par lequel le maire de la commune d'Antony (92160) a délivré à la SA Patrignani Aedificat un permis de construire n° PC 92002 21 A0002, en vue de la construction, après démolition de quatre logements, d'un immeuble comportant vingt-cinq logements privés sur un terrain situé au 7, 9, 11 et 13 avenue Raymond Aron sur le territoire de la commune ainsi que la décision par laquelle le maire a implicitement rejeté son recours gracieux contre cet arrêté ;

2°) de mettre à la charge de la commune d'Antony la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient les mêmes moyens que ceux invoqués à l'appui de la requête n° 2113891 susvisée.

Par un mémoire en défense enregistré le 7 mars 2022, la SA Patrignani Aedificat, représenté par Me Kohen, conclut, à titre principal, au rejet de la requête, à titre subsidiaire, à ce qu'il soit fait usage des dispositions de l'article L. 600-5 ou de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme et, en tout état de cause, à ce qu'il soit mis à la charge des requérants la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir les mêmes éléments que ceux invoqués à l'appui de la requête n° 2113891 susvisée.

Par un mémoire enregistré le 1er juillet 2022, la commune d'Antony conclut au rejet de la requête.

Elle fait valoir les mêmes éléments que ceux invoqués à l'appui de la requête n° 2113891 susvisée.

Par un courrier en date du 17 janvier 2023, le tribunal a informé les parties, dans ces six affaires, en application de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, qu'il était susceptible de surseoir à statuer, jusqu'à l'expiration d'un délai de neuf mois, pour permettre la régularisation des vices tirés de la méconnaissance des articles R. 431-8 et R. 431-9 du code de l'urbanisme ainsi que des articles UCb 6, UCb 7, UCb 9, UCb 11 et UCb 12 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Antony.

Les parties n'ont pas donné suite à ce courrier.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de M. J ;

- les conclusions de Mme Chabrol, rapporteure publique ;

- les observations de Me Deloum, substituant Me Cotillon, représentant l'ensemble des requérants ;

- les observations de Me Vernerey, substituant Me Kohen, représentant la SA Patrignani Aedificat ;

- et les observations de Mme C, représentant la commune d'Antony.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 29 avril 2021, le maire de la commune d'Antony a délivré à la société anonyme (SA) Patrignani Aedificat un permis de construire portant sur la construction, après la démolition de quatre logements, d'un immeuble collectif de vingt-cinq logements sur un terrain situé au 7, 9, 11 et 13 avenue Raymond Aron à Antony (Hauts-de-Seine). Les recours gracieux formés le 29 juin 2021 contre cet arrêté par M. et Mme E, M. B et Mme I, Mme N, M. K et Mme H, M. et Mme D ainsi que M. F, propriétaires de terrains situés à proximité de ce projet, ont été implicitement rejetés. Par leurs présentes requêtes, les requérants demandent au tribunal d'annuler l'arrêté du 29 avril 2021 ainsi que les décisions rejetant leurs recours gracieux.

Sur la jonction :

2. Les requêtes susvisées n° 2113891, 2113894, 2113896, 2113897, 2113898 et 2113899 présentent à juger les mêmes questions et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a ainsi lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.

Sur les fins de non-recevoir soulevées en défense :

3. En premier lieu, aux termes de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme : " En cas () de recours contentieux à l'encontre d'un certificat d'urbanisme, ou d'une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code, () l'auteur du recours est tenu, à peine d'irrecevabilité, de notifier son recours à l'auteur de la décision et au titulaire de l'autorisation. () L'auteur d'un recours administratif est également tenu de le notifier à peine d'irrecevabilité du recours contentieux qu'il pourrait intenter ultérieurement en cas de rejet du recours administratif. / La notification prévue au précédent alinéa doit intervenir par lettre recommandée avec accusé de réception, dans un délai de quinze jours francs à compter du dépôt du déféré ou du recours. / La notification du recours à l'auteur de la décision et, s'il y a lieu, au titulaire de l'autorisation est réputée accomplie à la date d'envoi de la lettre recommandée avec accusé de réception. Cette date est établie par le certificat de dépôt de la lettre recommandée auprès des services postaux () ".

4. Ces dispositions font obligation à l'auteur d'un recours de notifier, dans un délai de quinze jours, une copie du texte intégral de son recours à l'auteur de la décision et au bénéficiaire du permis attaqué. Lorsque le destinataire de cette notification soutient que la notification qui lui a été adressée était incomplète, il lui incombe d'établir cette allégation en faisant état des diligences qu'il aurait vainement accomplies auprès de l'expéditeur pour obtenir cette copie ou par tout autre moyen. A défaut, la formalité prévue par ces dispositions est réputée accomplie à compter de la preuve du dépôt par le demandeur auprès des services postaux du courrier censé contenir copie du recours.

5. En l'espèce, il ressort des pièces des dossiers que l'ensemble des requérants justifient avoir notifié leur recours gracieux et leur recours contentieux au pétitionnaire et au maire de la commune d'Antony, dans les conditions prévues par les dispositions précitées de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme. Par suite, les fins de non-recevoir opposées à ce titre par la SA Patrignani Aedificat doivent être écartées dans l'ensemble des dossiers.

6. En second lieu, aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'État, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation () ".

7. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient, en particulier, à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'un permis de construire, de démolir ou d'aménager, de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.

8. M. et Mme E, A N, M. et Mme D, M. F, M. K et Mme H ainsi que M. B et Mme I sont propriétaires de parcelles, situées au 27, 29, 31, 33, 35 et 37 avenue de Guyenne, qui supportent des pavillons à usage d'habitation constituant leurs résidences principales. Il ressort des pièces du dossier que les requérants sont voisins immédiats du projet litigieux qui s'implante sur des parcelles contigües à leurs terrains respectifs. Les intéressés se prévalent notamment de l'importance du projet immobilier envisagé, en relevant sa hauteur de quinze mètres et sa superficie de 2 067,98 m² nettement supérieures à celle des constructions existantes sur les parcelles en litige, qui créera des vues directes sur leurs habitations et engendrera une perte d'ensoleillement pour leurs propriétés. Ils justifient ainsi d'éléments relatifs à la nature, à l'importance et à la localisation du projet de construction de nature à établir l'atteinte susceptible d'être portée par le permis en litige aux conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de leurs biens. Par suite, les fins de non-recevoir opposées par la commune d'Antony tirée du défaut d'intérêt à agir des requérants doivent être écartées dans l'ensemble des dossiers.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne les moyens tirés du caractère incomplet du dossier de demande de permis de construire :

9. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

10. En premier lieu, aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : / 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; / 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : / a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; / b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; / c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain ; / d) Les matériaux et les couleurs des constructions ; / e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; / f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement ". Aux termes de l'article R. 431-9 du même code : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. / Il indique également, le cas échéant, les modalités selon lesquelles les bâtiments ou ouvrages seront raccordés aux réseaux publics ou, à défaut d'équipements publics, les équipements privés prévus, notamment pour l'alimentation en eau et l'assainissement. / Lorsque le terrain n'est pas directement desservi par une voie ouverte à la circulation publique, le plan de masse indique l'emplacement et les caractéristiques de la servitude de passage permettant d'y accéder. / Lorsque le projet est situé dans une zone inondable délimitée par un plan de prévention des risques, les cotes du plan de masse sont rattachées au système altimétrique de référence de ce plan ".

11. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que si la notice jointe au dossier de demande de permis de construire indique que des clôtures seront implantées en limite séparatives et complétées en fonction des nécessités par un ensemble muret et treillis soudé permettant l'implantation et le développement de haies avec plantes grimpantes, elle ne comporte en revanche pas d'informations suffisantes sur la hauteur desdits murets ou la G du treillis utilisé qui permettraient d'apprécier les possibilités de circulation de la petite faune locale. De la même manière, cette notice ne précise pas les essences locales des haies qui seront réalisées pour étoffer ces clôtures. Or, de telles insuffisances, qui ne sont pas compensées par le plan de masse joint au dossier, sont de nature à fausser l'appréciation du service instructeur sur la conformité du projet au regard notamment des dispositions de l'article UCb 11 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Antony. Par suite, le moyen tiré du caractère incomplet du dossier de demande de permis au regard des dispositions précitées des articles R. 431-8 et R. 431-9 du code de l'urbanisme doit être accueilli.

12. En second lieu, aux termes de l'article R. 431-22 du code de l'urbanisme : " Lorsque les travaux projetés portent sur une construction à édifier sur un terrain inclus dans un lotissement, la demande est accompagnée, s'il y a lieu, du ou des certificats prévus à l'article R. 442-11 ". Aux termes de l'article R. 442-11 de ce code : " Lorsque la répartition de la surface de plancher maximale est effectuée par le lotisseur, celui-ci fournit aux attributaires de lots un certificat indiquant la surface de plancher constructible sur le lot () ". Aux termes de l'article R. 431-22-1 du même code : " Lorsque les travaux projetés portent sur une construction à édifier sur un terrain inclus dans un lotissement soumis à permis d'aménager, la demande est accompagnée, s'il y a lieu : / a) Du certificat prévu par le quatrième alinéa de l'article R. 442-18, quand l'ensemble des travaux mentionnés dans le permis d'aménager n'est pas achevé () ". Aux termes de cet article R. 442-18 dudit code : " Le permis de construire des bâtiments sur les lots d'un lotissement autorisé par un permis d'aménager peut être accordé : / () c) Soit dès la délivrance du permis d'aménager, sous réserve que le permis de construire ne soit mis en œuvre que lorsque les équipements desservant le lot seront achevés () ". Enfin, l'article L. 442-9 du code de l'urbanisme prévoit également que : " Les règles d'urbanisme contenues dans les documents du lotissement, notamment le règlement, le cahier des charges s'il a été approuvé ou les clauses de nature réglementaire du cahier des charges s'il n'a pas été approuvé, deviennent caduques au terme de dix années à compter de la délivrance de l'autorisation de lotir si, à cette date, le lotissement est couvert par un plan local d'urbanisme ou un document d'urbanisme en tenant lieu. / De même, lorsqu'une majorité de colotis a demandé le maintien de ces règles, elles cessent de s'appliquer immédiatement si le lotissement est couvert par un plan local d'urbanisme ou un document d'urbanisme en tenant lieu, dès l'entrée en vigueur de la loi n° 2014-366 du 24 mars 2014 pour l'accès au logement et un urbanisme rénové () ".

13. Les requérants soutiennent que le pétitionnaire a omis de préciser que le terrain d'assiette se situe dans un lotissement et qu'en conséquence, les certificats indiquant la surface de plancher constructible sur le lot et attestant l'achèvement des équipements desservant le lot auraient dû être joints à la demande de permis de construire. Toutefois, d'une part, il ne ressort pas des pièces du dossier que ce lotissement soit soumis à un permis d'aménager. D'autre part et en tout état de cause, s'il ressort des pièces du dossier que les parcelles sur lesquelles est implanté le projet sont incluses dans le lotissement du Parc de Sceaux créé en 1930, aucune disposition équivalente à celles qui sont citées au point précédent n'était en vigueur à cette date et aucune disposition législative ou réglementaire alors applicable ne prévoyait la délivrance des certificats prévus par ces dispositions, ni l'éventualité que le lotisseur effectue la répartition de la surface constructible par lots. Enfin, il ne ressort pas des pièces du dossier que les éventuelles règles d'urbanisme contenues dans les documents du lotissement ne sont pas devenues caduques, alors que la commune d'Antony est couverte par un plan local d'urbanisme. Dans ces conditions, les requérants ne peuvent utilement invoquer l'absence, au dossier de demande de permis de construire, des certificats prévus par les articles R. 442-11 et R. 431-22-1 du code de l'urbanisme. Il résulte enfin de ce qui vient d'être dit que la circonstance que le formulaire cerfa de demande de permis de construire ne mentionne pas l'existence du lotissement n'a pas été de nature à fausser l'appréciation de l'autorité administrative sur la conformité du projet aux règles d'urbanisme applicables. Par suite, le moyen tiré du caractère incomplet du dossier de permis de construire au regard de la localisation du terrain d'assiette du projet litigieux dans un lotissement doit être écarté.

En ce qui concerne la méconnaissance de l'articles UCb 4 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Antony :

14. Aux termes de l'article UCb 4 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Antony : " () 4.2.3 Eaux Pluviales / () Les eaux pluviales devront être infiltrées sur la parcelle (" zéro rejet "). Dans les zones de risques liés aux anciennes carrières et d'aléa retrait-gonflement des sols argileux de niveau fort, seul l'excédent des eaux pluviales qui ne pourra pas être géré à la parcelle pourra être rejeté dans le réseau d'assainissement à débit régulé de 2L/s/ha. / () Le déversement d'eaux pluviales peut se faire soit via un branchement direct sur le réseau pluvial, soit au caniveau via une gargouille () ".

15. M. K et Mme H soutiennent que la notice explicative ne contient aucune information relative à l'assainissement et à l'évacuation des eaux pluviales et qu'aucun autre document joint au dossier de demande de permis de construire n'indique les modalités d'évacuation des eaux pluviales, de sorte que le service instructeur n'était pas en mesure de contrôler la conformité du projet à l'article UCb 4 du règlement. Il ressort toutefois des pièces du dossier que si la notice explicative du dossier de permis de construire ne contient aucune information relative à l'assainissement et à l'évacuation des eaux pluviales, le document intitulé " Détermination du volume de rétention d'eaux pluviales ", joint à la demande de permis de construire indique les modalités d'évacuation des eaux pluviales notamment par la création de bassins de rétention et permet de contrôler la conformité du projet à l'article UCb 4 du règlement. Par suite, le moyen invoqué par M. K et Mme H et tiré de la méconnaissance de cet article doit être écarté.

En ce qui concerne la méconnaissance de l'articles UCb 6 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Antony :

16. Aux termes de l'article UCb 6 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Antony : " Implantation des constructions par rapport aux voies et emprises publiques ou voies privées / 6.1 Toute construction nouvelle doit être implantée à 5 m minimum de l'alignement des voies publiques ou de la limite des voies privées existantes ou à créer ou des limites d'emprises publiques. / 6.2 Les saillies sur la marge de reculement prévue au paragraphe 6.1 sont autorisées à condition qu'elles ne dépassent pas 2 m et qu'elles soient situées à 5,50 m au moins au niveau du sol naturel ". Aux termes de l'annexe I du règlement du plan local d'urbanisme : " Définition / () Emprise au sol / L'emprise au sol s'exprime par le rapport entre la surface occupée par la projection verticale du volume bâti hors œuvre de la construction et la surface de l'unité foncière considérée, à l'exception notamment des saillies telles que les balcons, corniches, débords de toitures et terrasse de moins de 0,40m au-dessus du terrain naturel existant à la date de la demande de l'autorisation de construire. / () Façade / Il s'agit d'une face extérieure d'une construction. / Il est précisé que tout décrochement de façade d'au moins 0,80 m de profondeur et d'une longueur au moins égale à 1,50 m crée une nouvelle façade. Cette définition s'applique dans le plan vertical ou horizontal d'une façade. / () Saillie / Il s'agit de la partie d'un immeuble faisant une avancée sur la voie publique, sur une emprise publique, ou dans la marge de reculement () ".

17. Les requérants soutiennent que la règle de recul des cinq mètres des constructions par rapport aux voies publiques, instituée dans le but d'assurer la préservation d'un traitement paysager le long de la route départementale, n'est pas respectée dès lors que les niveaux situés à compter du R+2 du projet litigieux sont en décrochement du reste de la façade et que ces avancées d'une profondeur de deux mètres et d'une longueur de cinquante-quatre mètres constituent une nouvelle façade. Il ressort, en effet, des pièces du dossier que le deuxième étage du bâtiment comporte sur la quasi-totalité de sa face " Est - Av. Raymond Aron " une avancée par rapport aux étages inférieurs. Si, comme le font valoir la commune d'Antony et le pétitionnaire en défense, le règlement du plan local d'urbanisme autorise les saillies, dès lors qu'elles ne dépassent pas deux mètres et sont situées à au moins 5,50 mètres du niveau du sol naturel, et que celles-ci ne se limitent pas à des balcons, corniches, débords de toitures et terrasse de moins de 0,40 mètre au-dessus du terrain naturel, le décrochement en litige s'étend toutefois de manière ininterrompue sur la quasi-totalité de la longueur façade sur rue de la construction, concerne les trois derniers étages et a pour effet d'augmenter sensiblement tant la surface que le volume de celle-ci. Dès lors, compte tenu de son importance, il ne peut être qualifié de saillie au sens du règlement du plan local d'urbanisme et constitue en réalité une nouvelle façade. Il s'ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UCb 6 du règlement du plan local d'urbanisme relatif à l'implantation des constructions par rapport aux voies et emprises publiques ou voies privées doit être accueilli.

En ce qui concerne la méconnaissance de l'articles UCb 7 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Antony :

18. Aux termes de l'article UCb 7 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Antony : " Implantation des constructions par rapport aux limites séparatives / 7.1 Les constructions doivent être implantées en retrait des limites séparatives, conformément aux règles définies ci-dessous : / ' La distance comptée horizontalement en tout point d'une façade comportant des baies éclairant une ou des pièces principales à la limite séparative, doit être égale à la hauteur de cette façade avec un minimum de 8 m. / () ' La distance comptée horizontalement de tout point d'une façade ne comportant pas de baies éclairant une ou des baies principales à la limite séparative, doit être au moins égale à 1,90 m () ". Aux termes de l'annexe I du règlement du plan local d'urbanisme : " Définition / Pièces principales / Ce sont les pièces destinées au séjour, au sommeil, au divertissement ainsi que les pièces de travail. / () Hauteur de façade / La hauteur de façade correspond à la hauteur comprise entre l'égout du toit et le terrain existant à la date de dépôt de la demande de l'autorisation de construire () ".

19. Il ressort des pièces du dossier que le projet de construction en litige comporte, sur sa face " Ouest - Jardin " située en retrait des limites séparatives, des terrasses d'une profondeur supérieure à 0,80 mètres et d'une longueur supérieure à 1,50 mètres situées au 3ème et 4ème étage. En conséquence et conformément à la définition de la notion de façade fixée à l'annexe I du règlement du plan local d'urbanisme d'Antony, ces décrochements de façade constituent de nouvelles façades. Dans ces conditions, ainsi que le font valoir les requérants, trois hauteurs de façade, de 15 mètres, 11,39 mètres et 8,57 mètres, doivent être retenues pour apprécier la conformité du projet à la réglementation applicable. En revanche, les balcons situés aux 1er et 2ème étage du bâtiment, qui sont couverts, ne peuvent être regardés comme des décrochements constitutifs de nouvelles façades au sens de la réglementation applicable.

20. Dès lors, d'une part, il ressort des plans versés au dossier que la façade, d'une hauteur de 15 mètres, située au 3ème et 4ème étage sur le côté gauche du bâtiment sur sa face " Ouest - Jardin ", comporte des baies situées à moins de 15 mètres de la limite séparative. A cet égard, contrairement à ce que fait valoir la commune en défense, il ressort du plan du 4ème étage de l'immeuble litigieux que ces baies ne peuvent être regardées comme éclairant une pièce secondaire ou de service, compte tenu de la taille de cette pièce supérieure à 20m², mais comme éclairant une pièce principale. De même, les façades, d'une hauteur de 15 mètres, situées au 3ème et 4ème étage au-dessus des balcons situés au centre et à droite du bâtiment sur sa face " Ouest - Jardin " comportent des baies derrière lesquelles se trouvent des séjours et qui sont aussi implantées à moins de 15 mètres de la limite séparative. Si, comme le fait valoir la commune, ces baies translucides reposent sur un châssis fixe, cette circonstance est toutefois sans incidence quant aux règles de retrait fixées par l'article UCb 7 du règlement du plan local d'urbanisme. Par ailleurs, il n'est pas sérieusement contesté que la façade située au 4ème étage sur le côté droit de la face " Ouest - Jardin " du bâtiment, dont la hauteur est de 15 mètres au sens de la réglementation applicable, comporte également des baies derrières lesquelles se trouvent une pièce principale et est située à moins de 15 mètres de cette même limite séparative.

21. D'autre part, il ressort également des pièces du dossier que la façade, qui est située au centre de la face " Ouest - Jardin " de la construction et qui comporte un décroché avec une terrasse au 4ème étage constituant une nouvelle façade, est d'une hauteur de 11,39 mètres. Or, il n'est pas contesté que cette façade comporte, du rez-de-chaussée au 2ème étage, des baies éclairant des pièces principales et est située à moins de 11,39 mètres de la limite séparative, en méconnaissance des règles d'implantation des constructions fixées par le plan local d'urbanisme.

22. Dans ces conditions, il résulte de ce qui a été dit aux deux points précédents que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UCb 7 du règlement du plan local d'urbanisme relatif à l'implantation des constructions par rapport aux limites séparatives doit également être accueilli.

En ce qui concerne la méconnaissance de l'articles UCb 9 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Antony :

23. Aux termes de l'article UCb 9 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Antony : " Emprise au sol / L'emprise au sol des constructions principales ne peut excéder 33% de la surface de l'unité foncière considérée, plus 10% pour les constructions annexes ". Aux termes de l'annexe I du règlement du plan local d'urbanisme : " Définition / () Construction principale / Une construction est dite principale lorsqu'elle renferme les locaux notamment d'habitation, de bureau ou de commerce. / Construction annexe / Une construction est dite annexe lorsqu'elle ne renferme pas de locaux destinés à l'habitation, à l'hébergement hôtelier, aux bureaux, au commerce, à l'artisanat, à l'industrie, à l'exploitation agricole ou forestière ou à la fonction d'entrepôt, ou à un service public ou à un intérêt collectif. Sont considérées comme constructions annexes notamment les garages, les abris de jardin, etc. une construction annexe ne peut avoir une hauteur supérieure à 3 m et une emprise au sol supérieure à 12,5 m² () ".

24. D'une part, il résulte de la combinaison de l'article UCb 9 du règlement précité et de la définition de la notion de construction annexe issue du lexique de ce même règlement, que l'emprise au sol d'une construction annexe ne peut excéder 10% de l'emprise au sol de la surface du terrain d'assiette, dans la limite 12,5 m². Ces règles, qui sont applicables tant aux habitations individuelles qu'aux habitations collectives en l'absence de dispositions contraires prévues par le règlement du plan local d'urbanisme, ne font pas obstacle, contrairement à ce que fait valoir le pétitionnaire en défense, à la construction d'immeubles de plus de neuf logements sur le territoire de la commune dès lors que, si les dispositions de l'article 12.2 du règlement imposent pour le stationnement des cycles une superficie de 1,5 m² par logement, le local à vélos peut cependant être intégré au sein de la construction principale sans aucune restriction d'emprise au sol. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier, notamment du plan de masse, que le projet envisagé prévoit l'implantation d'un local abritant les vélos et un édicule de ventilation situé en extérieur le long de la limite de fond de parcelle dont l'emprise au sol est d'environ 45 m². Si cette emprise n'excède pas les 10% de la surface du terrain d'assiette autorisés par le règlement du plan local d'urbanisme, elle est en revanche nettement supérieure aux 12,5 m² autorisés pour les constructions annexes, en méconnaissance des dispositions précitées.

25. D'autre part, ainsi qu'il a été dit au point 16, le projet litigieux comporte, à compter du R+2 une avancée par rapport aux étages inférieurs d'une profondeur de deux mètres et d'une longueur de cinquante-quatre mètres qui est constitutif d'une nouvelle façade et ne peut être qualifiée de saillie au sens du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Antony. Ainsi, l'emprise au sol projetée de cette façade doit être prise en compte pour la détermination du respect de la règle d'emprise au sol fixée par l'article UCb 9 du règlement précité. Il ressort par ailleurs des pièces du dossier qu'il s'agit du seul élément que le projet envisagé a omis de prendre compte dans la détermination de son emprise au sol. Par suite et dès lors qu'il ressort des pièces du dossier, notamment du plan de masse et de la notice descriptive joints à la demande de permis de construire, que l'emprise au sol du projet est estimée à 495 m², soit 32,9 % de la surface totale du terrain d'assiette, la prise en compte de l'emprise au sol projetée de cette nouvelle façade entraine nécessairement, compte tenu de son importance, un dépassement de la limite de 33% de la surface de l'unité foncière considérée.

26. Dans ces conditions, il résulte de ce qui a été dit aux deux points précédents que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UCb 9 du règlement du plan local d'urbanisme relatif à l'emprise au sol de la construction doit également être accueilli.

En ce qui concerne la méconnaissance de l'articles UCb 10 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Antony :

27. Aux termes de l'article UCb 10 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Antony : " Hauteur maximum / La hauteur maximum des constructions est calculée selon les règles suivantes, étant précisé que les souches de cheminée, antennes de télévision et dispositifs liés à la production d'énergie renouvelable ne sont pas comptabilisées dans le calcul des hauteurs. / 10.1 Compte tenu des voies adjacentes : / La hauteur maximum des constructions est limitée à la plus courte distance séparant la construction projetée de l'alignement opposé (est considéré comme alignement opposé, l'alignement existant ou projeté lorsqu'une réserve figure au plan ou lorsqu'il existe un plan d'alignement approuvé) ou de la limite opposée de la voie privée. / 10.2 Compte tenu du plafond de la zone : / La hauteur des constructions ne peut dépasser 15 m au faîtage et 4 étages droits sur rez-de-chaussée. / 10.3 La hauteur des constructions est mesurée en tout point par rapport au terrain existant et par rapport à l'axe de la construction lorsque ce terrain est en pente ".

28. Contrairement à ce que soutiennent les requérants, il ressort l'extrait du cadastre versé au dossier que la plus courte distance séparant la construction projetée de l'alignement opposé, d'environ trente mètres, est supérieure à la hauteur de cette construction de quinze mètres. Par ailleurs, si le projet en litige est implanté sur un terrain en pente, il ressort également des pièces du dossier, notamment du plan de coupe de l'immeuble envisagé, que le point d'attache pris pour mesurer la hauteur de la construction correspond à l'axe de l'ensemble de la construction. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article UCb 10 du règlement du plan local d'urbanisme doit être écarté.

En ce qui concerne la méconnaissance de l'articles UCb 11 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Antony :

29. Aux termes de l'article UCb 11 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Antony : " Aspect extérieur - Clôtures / () Les clôture sur limites séparatives devront être perméables pour permettre la libre circulation de la petite faune locale ".

30. Les requérants soutiennent sans être contestés que les clôtures implantées en limites séparatives sont constituées d'un muret imperméable ne permettant pas la libre circulation de la petite faune sauvage, contrairement aux exigences de l'article UCb 11 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de cet article doit également être accueilli.

En ce qui concerne la méconnaissance de l'articles UCb 12 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Antony :

31. Aux termes de l'article UCb 12 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune d'Antony : " Stationnement / 12.1 Dimensions des places / Longueur : 5,00 m / G : 2,50 m / M : 6,00 m () ".

32. En l'espèce, ainsi que le soutiennent les requérants, il ressort des pièces du dossier de demande de permis de construire que l'espace de M situé entre les aires de stationnement qui se font face au premier et au deuxième sous-sol du projet, d'une longueur de 5,50 mètres, est inférieur à la distance de 6 mètres fixée par les dispositions précitées de l'article UCb 12 du règlement du plan local d'urbanisme. Il en va par ailleurs de même de l'espace de M de l'aire de stationnement située face à une cloison intérieure au sud du deuxième sous-sol dont la longueur est également inférieure à 6 mètres. A cet égard, la circonstance que le projet de construction litigieux, situé à moins de cinq cents mètres d'une gare RER et d'une station de transport public, comporte plus de places de stationnement que ne lui impose les dispositions de l'article L. 151-36 du code de l'urbanisme est sans incidence sur les règles relatives aux dimensions des places de stationnement fixées par le plan local d'urbanisme. Par suite, le moyen tenant à la méconnaissance de ces règles doit être accueilli.

En ce qui concerne les moyens tirés de la méconnaissance des articles R. 111-2 et R. 111-5 du code de l'urbanisme :

33. D'une part, aux termes de l'article R. 111-1 du code de l'urbanisme : " Le règlement national d'urbanisme est applicable aux constructions et aménagements faisant l'objet d'un permis de construire, d'un permis d'aménager ou d'une déclaration préalable ainsi qu'aux autres utilisations du sol régies par le présent code. / Toutefois les dispositions des articles R. 111-3, R. 111-5 à R. 111-19 et R. 111-28 à R. 111-30 ne sont pas applicables dans les territoires dotés d'un plan local d'urbanisme ou d'un document d'urbanisme en tenant lieu () ".

34. La commune d'Antony étant dotée d'un plan local d'urbanisme, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article R. 111-5 du code de l'urbanisme est inopérant.

35. D'autre part, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme : " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations ".

36. D'une part, les requérants soutiennent que le projet envisagé engendrera des risques pour la sécurité des usagers des voies dès lors qu'il prévoit la création de cinquante places de stationnement de véhicules dont la sortie se fera sur l'avenue Raymond Aron qui supporte déjà un important trafic de véhicules et qui aboutit sur un rond-point ainsi qu'un carrefour constituant un point d'accès à l'A86. Toutefois, les intéressés, en se bornant à produire un extrait de l'application " Google Maps " faisant apparaitre une sursaturation du réseau routier sur l'avenue Raymond Aron le mardi à 8h30 et à 17h30, ne démontrent pas que le projet litigieux serait de nature à porter atteinte à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation, alors que, comme le relèvent la commune et pétitionnaire, cette avenue présente une double voie dans les deux sens de circulation, que le service gestionnaire de la voierie tout comme la brigade des sapeurs-pompiers de Paris ont donné un avis favorable au projet sous réserves de certaines prescriptions dont il n'est pas établi qu'elles ne seraient pas respectées par l'autorisation d'urbanisme contestée.

37. D'autre part, les requérants soutiennent également que le dossier de permis de construire ne comporte pas d'étude de reconnaissance du sol alors qu'il est situé en zone d'aléa fort pour le retrait-gonflement des sols argileux et que la notice descriptive du projet n'indique pas les moyens mis en œuvre pour pallier au risque de cet aléa. Toutefois, aucune disposition législative ou réglementaire n'impose la réalisation d'une étude géotechnique pour la délivrance d'un permis de construire. En outre, contrairement à ce que font valoir les intéressés, le document intitulé " Détermination du volume de rétention d'eaux pluviales ", joint au permis de construire attaqué et faisant état de la création de bassins de rétention permettant d'éviter tout risque d'inondation des parcelles voisines, indique, ainsi qu'il a été dit au point 15 du présent jugement, les modalités d'évacuation des eaux pluviales. Par ailleurs, ils n'apportent aucun élément de nature à démontrer qu'en raison de la profondeur des excavations envisagées et de l'ampleur du projet, le projet de construction litigieux présenterait une dangerosité significative en raison de ce risque alors que, comme le mentionne l'arrêté de permis de construire attaqué, il appartiendra au pétitionnaire de prendre toutes les dispositions et les précautions nécessaires pour prémunir le sous-sol contre les risques de refoulement des ouvrages d'assainissement.

38. Il résulte de ce qui précède que les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le permis de construire litigieux a été délivré en méconnaissance des dispositions précitées de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme.

Sur la mise en œuvre des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme :

39. Aux termes de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme : " Sans préjudice de la mise en œuvre de l'article L. 600-5, le juge administratif qui, saisi de conclusions dirigées contre un permis de construire () estime, après avoir constaté que les autres moyens ne sont pas fondés, qu'un vice entraînant l'illégalité de cet acte est susceptible d'être régularisé, sursoit à statuer, après avoir invité les parties à présenter leurs observations, jusqu'à l'expiration du délai qu'il fixe pour cette régularisation, même après l'achèvement des travaux. Si une mesure de régularisation est notifiée dans ce délai au juge, celui-ci statue après avoir invité les parties à présenter leurs observations. Le refus par le juge de faire droit à une demande de sursis à statuer est motivé ".

40. Un vice entachant le bien-fondé de l'autorisation d'urbanisme est susceptible d'être régularisé, même si cette régularisation implique de revoir l'économie générale du projet en cause, dès lors que les règles d'urbanisme en vigueur à la date à laquelle le juge statue permettent une mesure de régularisation qui n'implique pas d'apporter à ce projet un bouleversement tel qu'il en changerait la nature même.

41. Il résulte de tout ce qui précède que les requérants sont seulement fondés à soutenir que le projet de permis de construire en litige méconnaît les articles R. 431-8 et R. 431-9 du code de l'urbanisme pour les motifs énoncés au point 11 du présent jugement ainsi que les dispositions des articles UCb 6, UCb 7, UCb 9, UCb 11 et UCb 12 du règlement du plan local d'urbanisme du règlement de la commune d'Antony pour les motifs énoncés aux points 17, 19, 20, 21, 24, 25, 30 et 32. Ces vices sont susceptibles d'être régularisés par la délivrance d'un permis de construire modificatif, sans que cela n'implique d'apporter au projet en litige un bouleversement tel qu'il en changerait la nature. Par suite, les parties ayant été informées de ce que le tribunal était susceptible de surseoir à statuer en application des dispositions de l'article L. 600-5-1 du code de l'urbanisme, il y a lieu de surseoir à statuer sur les conclusions à fin d'annulation afin de permettre ces éventuelles régularisations, qui devront être communiquées au tribunal dans un délai de neuf mois à compter de la notification du présent jugement. Il y a lieu de réserver tous droits et moyens des parties, sur lesquels il n'a pas été expressément statué par ce jugement, jusqu'en fin d'instance.

D É C I D E :

Article 1er : Il est sursis à statuer sur la légalité de l'arrête du 29 avril 2021 jusqu'à l'expiration d'un délai fixé à l'article 2.

Article 2 : Le délai dans lequel la régularisation du permis de construire doit être notifiée au tribunal est fixé à neuf mois à compter de la notification du présent jugement.

Article 3 : Tous droits et moyens des parties, sur lesquels il n'est pas expressément statué par le présent jugement sont réservées jusqu'à la fin de l'instance.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. et Mme E, à M. B et Mme I, à Mme N, à M. K et Mme H, à M. et Mme D, à M. F, à la société anonyme Patrignani Aedificat et à la commune d'Antony.

Délibéré après l'audience du 27 janvier 2023, à laquelle siégeaient :

M. Féral, président, M. J et Mme O, premiers conseillers.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 mars 2023.

Le rapporteur,

signé

J.B. J

Le président,

signé

R. Féral

La greffière

signé

M. L

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine en ce qui le concerne et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour ampliation

Le Greffier

2 - 2113894 - 2113896 - 2113897 - 2113898 - 2113899

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