mardi 15 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2114009 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | JASLET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 10 novembre 2021 et 2 juin 2022, M. B A, représenté par Me Jaslet, avocate, demande au Tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) de l'admettre, à titre provisoire, au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler la décision implicite, née le 6 novembre 2021, par laquelle le préfet du Val-d'Oise a refusé de renouveler son attestation de demande d'asile ;
3°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer une attestation de demande d'asile en procédure normale dans un délai de trois jours à compter de la notification du jugement à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1 500 euros, à verser à Me Jaslet, en
application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 et, à défaut d'admission à l'aide juridictionnelle, de lui verser la même somme directement.
M. A soutient que la décision attaquée :
- est entachée d'un défaut de motivation ;
- est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation ;
- méconnaît les dispositions de l'article 29 du règlement n°604/2013 du 26 juin 2013 et de l'article 9 du règlement n°1560/2003 du 2 septembre 2003 ;
- est irrégulière, dès lors que le préfet du Val-d'Oise n'établit pas qu'il était en fuite au sens des dispositions de l'article 29 du règlement n°604/2013 du 26 juin 2013.
Par un mémoire en défense enregistré le 18 janvier 2022, le préfet du Val-d'Oise conclut au rejet de la requête.
Le préfet du Val-d'Oise fait valoir que les moyens de la requête de M. A ne sont pas fondés.
Par une décision en date du 4 juillet 2022, le bureau d'aide juridictionnelle établi près le Tribunal judiciaire de Pontoise a accordé à M. A le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale.
Par un courrier en date du 20 septembre 2022, le Tribunal a adressé une demande de pièces en vue de compléter l'instruction au préfet du Val-d'Oise afin qu'il produise toute pièce à même de justifier que les autorités roumaines exigeaient la réalisation d'un test PCR, en août 2021, pour les transferts vers la Roumanie. Ce dernier n'a pas répondu à cette demande.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 établissant les intérêts et les mécanismes de détermination de l'État membre responsable de l'examen d'une demande de protection internationale introduite dans l'un des États membres par un ressortissant d'un pays tiers ou un apatride ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Prost, premier conseiller, a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. A, qui est de nationalité afghane, a déposé auprès du préfet du Val-d'Oise, le 15 février 2021, une demande d'asile et s'est vu délivrer une attestation de demande d'asile portant la mention " procédure Dublin ". La consultation du fichier " Eurodac " ayant révélé que les empreintes de M. A avaient été enregistrées en Roumanie, le préfet du Val-d'Oise a demandé aux autorités de ce pays, en application du b) du 1 de l'article 18 du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 susvisé, le 17 février 2022, la reprise en charge de l'intéressé. Au vu de l'acceptation de cette demande donnée le 2 mars 2021, le préfet du Val-d'Oise, a décidé, par un arrêté en date du 6 avril 2021, de remettre M. A aux autorités roumaines. Le même arrêté prévoit que le transfert de M. A doit avoir lieu dans les six mois qui suivent l'accord des autorités autrichiennes et que ce délai peut être porté à dix-huit mois en cas de fuite, en application de l'article 29 du règlement précité. Le 6 septembre 2021, M. A a demandé au préfet du Val-d'Oise le renouvellement de son attestation de demande d'asile. En l'absence de réponse du préfet du Val-d'Oise, M. A demande au Tribunal d'annuler la décision implicite par laquelle le préfet du Val-d'Oise a refusé de renouveler son attestation de demande d'asile.
Sur les conclusions aux fins d'admission provisoire au bénéfice de l'aide juridictionnelle :
2. Aux termes de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 : " Dans les cas d'urgence, sous réserve de l'appréciation des règles relatives aux commissions ou désignations d'office, l'admission provisoire à l'aide juridictionnelle peut être prononcée soit par le président du bureau ou de la section compétente du bureau d'aide juridictionnelle, soit par la juridiction compétente ou son président ".
3. Par décision en date du 4 juillet 2022 postérieure à l'introduction de la requête, le bureau d'aide juridictionnelle établi près le Tribunal judiciaire de Pontoise a accordé à M. A le bénéfice de l'aide juridictionnelle totale. Les conclusions présentées à ce titre par le requérant sont, par suite, devenues sans objet.
Sur les conclusions aux fins d'annulation et sans qu'il soit besoin d'examiner les autres moyens de la requête :
4. Aux termes de l'article 29 du règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 : " 1. Le transfert du demandeur ou d'une autre personne visée à l'article 18, paragraphe 1, point c) ou d), de l'État membre requérant vers l'État membre responsable s'effectue conformément au droit national de l'État membre requérant, après concertation entre les États membres concernés, dès qu'il est matériellement possible et, au plus tard, dans un délai de six mois à compter de l'acceptation par un autre État membre de la requête aux fins de prise en charge ou de reprise en charge de la personne concernée ou de la décision définitive sur le recours ou la révision lorsque l'effet suspensif est accordé conformément à l'article 27, paragraphe 3 () 2. Si le transfert n'est pas exécuté dans le délai de six mois, l'État membre responsable est libéré de son obligation de prendre en charge ou de reprendre en charge la personne concernée et la responsabilité est alors transférée à l'État membre requérant. Ce délai peut être porté () à dix-huit-mois au maximum si la personne concernée prend la fuite () ".
5. Pour déclarer en fuite le requérant, le préfet du Val-d'Oise s'est fondé sur le fait que M. A a refusé, le 19 août 2021, d'effectuer un test PCR en vue de son transfert en Roumanie et qu'il l'avait préalablement informé, dans une langue qu'il comprend, des conséquences d'un tel refus par un document en date du 6 avril 2021. Toutefois, le préfet du Val-d'Oise, qui n'a pas répondu à la mesure d'instruction que lui a adressée le Tribunal par un courrier en date du 20 septembre 2022, n'apporte aucun élément permettant d'affirmer qu'un test PCR était toujours obligatoire, le 19 août 2021, pour procéder au transfert de M. A vers la Roumanie. Dans ces conditions, M. A est fondé à soutenir que le préfet du Val-d'Oise ne pouvait pas légalement le déclarer en fuite.
6. Il résulte de ce qui précède que la décision implicite de rejet, née le 6 novembre 2021, par laquelle le préfet du Val-d'Oise a refusé de renouveler l'attestation de demande d'asile de M. A doit être annulée.
Sur les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte :
7. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. ".
8. À la date à laquelle le Tribunal statue, la France est devenue, en application des dispositions du paragraphe 2 de l'article 29 du règlement (UE) n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013, citées au point 4, responsable du traitement de la demande de protection internationale présentée par M. A. Le présent jugement implique nécessairement que le préfet du Val-d'Oise procède à l'enregistrement de la demande d'asile de M. A en " procédure normale " et lui délivre une attestation de demande d'asile portant la mention " procédure normale ", dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
9. Il n'y a pas lieu d'assortir cette injonction d'une astreinte.
Sur les conclusions aux fins d'application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique :
10. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'État qui est, dans la présence instance, la partie perdante, le paiement à Me Jaslet d'une somme de 1 000 (mille) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, sous réserve que son avocate renonce à percevoir la somme correspondant à la part contributive de l'État.
D É C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer sur la demande de M. A tendant à son admission provisoire à l'aide juridictionnelle.
Article 2 : La décision implicite du préfet du Val-d'Oise, née le 6 novembre 2021, est annulée.
Article 3 : Il est enjoint au préfet du Val-d'Oise de procéder à l'enregistrement de la demande d'asile de M. A en " procédure normale " et de lui délivrer une attestation de demande d'asile portant la mention " procédure normale ", dans un délai d'un mois à compter de la notification du présent jugement.
Article 4 : L'État versera à Me Jaslet une somme de 1 000 euros en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous la réserve énoncée au dernier point du présent jugement.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête de M. A est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. B A et au préfet du Val-d'Oise.
Délibéré après l'audience du 10 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Kelfani, président, M. Prost, premier conseiller, et M. Villette, conseiller.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 novembre 2022.
Le rapporteur,
signé
F.-X. PROST
Le président,
signé
K. KELFANILa greffière,
signé
A. CHANSON
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise, ou au préfet territorialement compétent, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026