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AccueilJurisprudence administrativeN° TA95-2114171

Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2114171

jeudi 22 décembre 2022

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2114171
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantCHALOUPECKY HASENOHRLOVA-SILVAIN

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par un jugement n° 1802412 du 23 juillet 2020, la magistrate désignée par le président du tribunal a annulé la décision du 17 mai 2017 par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a refusé d'échanger le permis de conduire ukrainien de M. B contre un permis de conduire français, enjoint au préfet des Hauts-de-Seine de procéder à cet échange dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement et mis à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Par un courrier, enregistré le 27 octobre 2020, M. B, représenté par Me Hasenohrlova-Silvain, demande au tribunal d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine d'exécuter le jugement n° 1802412 du 23 juillet 2020.

Par ordonnance du 26 juillet 2021, la présidente du tribunal, prenant acte de ce que les diligences accomplies auprès du préfet des Hauts-de-Seine n'avaient pas abouti, a ouvert une procédure juridictionnelle en vue de prescrire les mesures d'exécution du jugement n° 1802412 du 23 juillet 2020.

Par un courrier du 20 octobre 2022, le tribunal a vainement demandé au préfet des Hauts-de-Seine de justifier, dans un délai de sept jours, les mesures prises pour assurer l'exécution du jugement n° 1802412 du 23 juillet 2020.

Le préfet des Hauts-de-Seine, à qui la requête a été communiquée, n'a pas produit de mémoire en défense.

Par ordonnance du 19 octobre 2022, la clôture de l'instruction a été fixée au 2 novembre 2022 à 12 heures.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 et le décret n° 2020-1717 du 28 décembre 2020 ;

- le code de justice administrative.

La présidente de la formation de jugement a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Le rapport de Mme Oriol, présidente-rapporteure, a été entendu au cours de l'audience publique.

Considérant ce qui suit :

Sur l'admission d'office à l'aide juridictionnelle à titre provisoire :

1. Aux termes de l'article 61 du décret du 28 décembre 2020 : " L'admission provisoire est accordée par le président du bureau ou de la section ou le président de la juridiction saisie, soit sur une demande présentée sans forme par l'intéressé, soit d'office si celui-ci a présenté une demande d'aide juridictionnelle ou d'aide à l'intervention de l'avocat sur laquelle il n'a pas encore été statué. ".

2. Dès lors que M. B a présenté le 20 décembre 2021 une demande d'aide juridictionnelle sur laquelle il n'a pas encore été statué, il y a lieu de l'admettre d'office au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Sur les conclusions à fin d'exécution :

3. Aux termes de l'article L. 911-4 du code de justice administrative : " En cas d'inexécution d'un jugement (), la partie intéressée peut demander au tribunal administratif () qui a rendu la décision d'en assurer l'exécution (). Si le jugement () dont l'exécution est demandée n'a pas défini les mesures d'exécution, la juridiction saisie procède à cette définition. Elle peut fixer un délai d'exécution et prononcer une astreinte () ". Selon l'article R. 921-6 du même code : " Dans le cas où le président estime nécessaire de prescrire des mesures d'exécution par voie juridictionnelle, et notamment de prononcer une astreinte () et, en tout état de cause, à l'expiration d'un délai de six mois à compter de sa saisine, le président () du tribunal ouvre par ordonnance une procédure juridictionnelle. Cette ordonnance n'est pas susceptible de recours. L'affaire est instruite et jugée d'urgence. Lorsqu'elle prononce une astreinte, la formation de jugement en fixe la date d'effet. ".

4. Par un jugement n° 1802412 du 23 juillet 2020, définitif, la magistrate désignée par le président du tribunal a annulé la décision du 17 mai 2017 par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a refusé d'échanger le permis de conduire ukrainien de M. B contre un permis de conduire français, enjoint au préfet des Hauts-de-Seine de procéder à cet échange dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement et mis à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative. Toutefois, il ne résulte pas de l'instruction qu'à la date du présent jugement, le préfet des Hauts-de-Seine, malgré la demande en ce sens qui lui a été adressée le 20 octobre 2022, aurait procédé à l'échange du permis de conduire de M. B et lui aurait versé la somme due de 1 000 euros. Par suite, les articles 2 et 3 du jugement n° 1802412 du 23 juillet 2020 ne peuvent être regardés comme ayant été exécutés. Il y a en conséquence lieu d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine d'y procéder dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement, sous une astreinte qu'il y a lieu de fixer à 50 euros par jour de retard à l'issue de ce délai.

Par ces motifs, le tribunal décide :

Article 1err : M. B est admis d'office au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire.

Article 2 : Il est enjoint au préfet des Hauts-de-Seine d'exécuter les articles 2 et 3 du jugement n° 1802412 du 23 juillet 2020 en procédant à l'échange du permis de conduire ukrainien de M. B contre un permis de conduire français et en lui versant la somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du présent jugement, sous astreinte de 50 euros par jour de retard à l'issue de ce délai.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au préfet des Hauts-de-Seine.

Délibéré après l'audience du 8 décembre 2022, à laquelle siégeaient :

Mme Oriol, présidente,

Mme C et M. Sitbon, conseillers,

Assistés de Mme Ricaud, greffière.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 22 décembre 2022.

La présidente-rapporteure,

Signé

C. ORIOL

L'assesseure la plus ancienne,

Signé

L. CLa greffière,

Signé

V. RICAUD

La République mande et ordonne au préfet des Hauts-de-Seine ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour ampliation,

La greffière

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