Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise — Décision N° TA95-2114225

vendredi 9 août 2024

JuridictionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
SectionTribunal Administratif de Cergy-Pontoise
N° DossierTA95-2114225
TypeOrdonnance
RecoursExcès de pouvoir
Avocat requérantCABINET RSDA

Résumé IA

Le Tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté la requête de M. B, qui contestait une saisie administrative à tiers détenteur émise pour recouvrer 803 319,98 euros d’impôt sur les sociétés (années 1996-1997) dont il était déclaré solidairement redevable. Le juge a estimé que la saisie était demeurée improductive et que M. B ne disposait plus de compte auprès du tiers saisi, le privant ainsi d’intérêt à agir dès l’origine. La requête a été jugée manifestement irrecevable sur le fondement de l’article R. 222-1 4° du code de justice administrative. Les conclusions accessoires au titre de l’article L. 761-1 du même code ont également été rejetées, l’administration n’étant pas la partie perdante.

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 9 novembre 2021 et 12 décembre 2022, M. A B, représenté par Me Royaï, doit être regardé comme demandant au tribunal :

1°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer la somme de 803 319,98 euros visée par une saisie administrative à tiers détenteur émise le 21 mai 2021 par le service des impôts des particuliers de Vanves en vue du recouvrement de cotisations d'impôt sur les sociétés dues au titre des années 1996 et 1997 par la SARL Setibat dont il a été déclaré solidairement redevable ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-14 du code de justice administrative.

Par trois mémoires en défense, enregistrés les 7 octobre 2022, 11 janvier 2023 et 8 juillet 2024, la directrice départementale des finances publiques des Hauts-de-Seine conclut au rejet de la requête.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des tribunaux () peuvent, par ordonnance: / () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; / 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ; () ".

2. Il résulte de l'instruction que le 21 mai 2021, le Service des Impôts des Particuliers de Vanves a décerné à la Caisse Régionale de Crédit Agricole Mutuel (CRCAM) de Paris et Île-de-France une saisie administrative à tiers détenteur en vue du recouvrement d'une somme de 803 319,98 euros représentative de cotisations d'impôt sur les sociétés dues au titre des années 1996 et 1997 par M. B en sa qualité de débiteur solidaire de la SARL Setibat.

3. En premier lieu, il n'est pas contesté, ainsi que le fait valoir l'administration, que la saisie à tiers détenteur contestée est demeurée improductive, de sorte qu'elle n'a jamais eu d'effet sur le recouvrement du surplus des impositions litigieuses. Par ailleurs le requérant ne dispose plus désormais de compte bancaire auprès du tiers détenteur sollicité. Par suite,

M. B était sans intérêt dès l'origine à former réclamation puis à saisir le tribunal administratif d'une contestation de cet acte. Les conclusions aux fins de décharge de l'obligation de payer la somme visée par cet acte de poursuite doivent donc être rejetées comme manifestement irrecevables.

4. Enfin, dès lors que l'administration n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, doivent également être rejetées les conclusions tendant à l'application, au profit du requérant, des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

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O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et à la directrice départementale des finances publiques des Hauts-de-Seine.

Fait à Cergy-Pontoise, le 9 août 2024.

Le président de la 2ème chambre,

signé

C. Huon

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.