mardi 9 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| Section | Tribunal Administratif de Cergy-Pontoise |
| N° Dossier | TA95-2114234 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 8ème Chambre |
| Avocat requérant | KERIHUEL |
Vu la procédure suivante :
Par une ordonnance du 16 novembre 2021, enregistrée le même jour au greffe du tribunal, la présidente du tribunal administratif de Versailles a transmis au tribunal le dossier de la requête de M. B C.
Par cette requête, enregistrée au greffe du tribunal administratif de Versailles le 15 septembre 2021, M. C, représenté par Me Kerihuel, demande au tribunal :
1°) de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle ;
2°) d'annuler la décision du 15 juillet 2021 par laquelle la directrice territoriale de Montrouge de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) lui a refusé le bénéfice des conditions matérielles d'accueil ;
3°) d'enjoindre au directeur général de l'OFII de lui rétablir le bénéfice des conditions matérielles d'accueil, et notamment le versement de l'allocation pour demandeur d'asile, avec effet à compter du 15 juillet 2021, dans un délai de quinze jours à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard, ou, à titre subsidiaire, de procéder à un nouvel examen de ses droits au bénéfice des conditions matérielles d'accueil dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
4°) de mettre à la charge de l'OFII le versement à son conseil d'une somme de 1 500 euros au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de mettre à la charge de l'Etat les entiers dépens.
Il soutient que :
- la décision attaquée a été prise par une autorité incompétente ;
- elle a été prise au terme d'une procédure irrégulière dès lors qu'il n'a pas bénéficié d'une évaluation de sa situation de sa vulnérabilité par un agent dûment qualifié en application de l'article L. 522-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- elle est dépourvue de base légale dès lors, d'une part, qu'il bénéficiait des conditions matérielles d'accueil depuis le 12 mai 2020 et que l'OFII ne pouvait lui refuser le bénéfice de ces conditions sur le fondement des dispositions de l'article L. 551-15 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et, d'autre part, que le caractère prétendument tardif du dépôt de sa demande d'asile ne permet pas de justifier une cessation du bénéfice des conditions matérielles d'accueil sur le fondement des dispositions de l'article L. 551-16 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur d'appréciation de sa situation de vulnérabilité.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er décembre 2022, le directeur général de l'OFII conclut, à titre principal, au non-lieu à statuer et, à titre subsidiaire, au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction de la requête sont devenues sans objet dès lors que, postérieurement à l'introduction de la requête, le 1er décembre 2022, l'OFII a décidé de procéder au rétablissement des conditions matérielles d'accueil de M. C pour la période comprise entre le 1er juillet 2021, date de la cessation de ses conditions matérielles d'accueil, et le 31 juillet 2022, soit le dernier jour du mois suivant la notification de la décision de la Cour nationale du droit d'asile lui reconnaissant la qualité de réfugié ;
- aucun des moyens soulevés par M. C n'est fondé.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Le président de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. A a été entendu au cours de l'audience publique.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, ressortissant malien né le 31 décembre 1994, a présenté une demande d'asile qui a été enregistrée le 7 mai 2020 en procédure accélérée. Le même jour, il a accepté les conditions matérielles d'accueil proposées par l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) et en a bénéficié à compter de cette date. Par courrier en date du 15 juillet 2021, l'OFII lui a notifié son intention de mettre fin à son droit au bénéfice des conditions matérielles d'accueil au motif qu'il n'avait pas sollicité le bénéfice de l'asile, sans motif légitime, dans le délai de quatre-vingt-dix jours suivants son arrivée en France. Si, à l'appui de sa requête, M. C demande au tribunal d'annuler ce courrier du 15 juillet 2021, il doit être regardé comme demandant l'annulation de la décision par laquelle le directeur général de l'OFII a mis fin à son droit au bénéfice des conditions matérielles d'accueil à compter du mois de juillet 2021, révélée par l'interruption du versement de l'allocation pour demandeur d'asile le même mois.
Sur la demande d'admission provisoire à l'aide juridictionnelle :
2. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de prononcer, en application des dispositions de l'article 20 de la loi du 10 juillet 1991 visée ci-dessus, l'admission provisoire de M. C au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions aux fin d'annulation et d'injonction sous astreinte :
3. Il ressort des pièces du dossier que, postérieurement à l'introduction de la requête, l'OFII a décidé de procéder au rétablissement des conditions matérielles d'accueil de M. C pour la période comprise entre le 1er juillet 2021, date de la cessation de ses conditions matérielles d'accueil, et le 31 juillet 2022, soit le dernier jour du mois suivant la notification de la décision de la Cour nationale du droit d'asile lui reconnaissant la qualité de réfugié. En outre, il ressort des pièces du dossier que l'intéressé a été convoqué par l'OFII le 6 décembre 2022 afin qu'il transmette les documents nécessaires au paiement des sommes qui lui sont dues et notamment son relevé d'identité bancaire. Ainsi, la décision attaquée a été implicitement mais nécessairement retirée. Par suite, les conclusions à fin d'annulation et d'injonction sous astreinte de la requête sont devenues sans objet.
Sur les frais liés au litige :
4. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la requête, présentées sur le fondement des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : M. C est admis provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Article 2 : Il n'y a plus lieu de statuer sur les conclusions aux fins d'annulation et d'injonction sous astreinte de la requête.
Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et au directeur général de l'OFII.
Délibéré après l'audience du 17 mars 2023, à laquelle siégeaient :
M. Féral, président, M. Amazouz, premier conseiller et Mme Cuisinier-Heissler, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 mai 2023.
Le rapporteur,
signé
S. ALe président,
signé
R. FÉRALLa greffière,
signé
M. D
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour ampliation
La greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026